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June 29 Mail envoye le 16 juin 2008Nous sommes actuellement en Martinique, ou nous avons retrouvé nos amis Mary et Michel sur leur bateau "Lascar". Finalement on a decide avec Laurent de rentrer en France en decale afin de ne pas laisser le bateau tout seul pendant la saison des cyclones. Laurent rentre donc du 28 juin au 5 aout. Pour ma part du 30 juillet au 16 septembre.
Grosses bises et à bientot !
Helene et Laurent June 16 Chapitre 22 : 18 mai – 8 juin 2008 : La Guyane françaiseLa vie est faite d’amour, de joies, de bonheurs… et pourtant il arrive que celle-ci nous fasse faire face à des combats… La vie est si belle et pourtant si fragile à la fois. Je ne peux commencer ce carnet sans une pensée pour Jean-Pierre, cet ami proche, que la maladie a récemment emporté…, sans une pensée pour tous ceux qui nous ont quittés et que nous gardons intacts dans notre cœur. Je relis le carnet de bord sur la Guyane que j’avais écrit au brouillon, j’y ressens un tel décalage entre la joie de vivre que je ressentais au moment de son écriture et ma peine aujourd’hui, que j’ai dû mal à le relire, et le terminer. Beaucoup de pensées se bousculent dans ma tête. Pourquoi raconter notre voyage ? Quel en est l’intérêt ? J’ai envie de tout effacer, faire un bref résumé, et puis arrêter de raconter. Et puis je me reprends, je me dis il faut avancer… continuer à vivre pleinement, intensément, partager… Pourquoi écrire ? Car dans la situation inverse, j’apprécie tellement lire les nouvelles de mes amis partis en voyage, c’est un peu une manière de voyager avec eux, découvrir par leurs descriptions de nouveaux paysages, en apprendre davantage sur les cultures, ses habitants, je lis avec attention leurs conseils, leurs expériences, leurs ressentis… et puis, savoir s’ils vont bien. Pourquoi écrire ? En résumé, qu’il s’agisse de l’écriture ou de beaucoup d’autres domaines, j’essaie de garder en tête cette maxime : « agis avec les gens, comme on aimerait qu’ils agissent avec toi-même ». Cette petite phrase donne souvent réponse à beaucoup de mes questions. Je vous livre donc notre carnet de bord de Guyane en terminant ce prélude par une jolie métaphore de Marc Chagall : « Si toute vie va inévitablement vers sa fin, nous devons durant la notre, la colorier avec nos couleurs d’amour et d’espoir ».
Quinze jours en Guyane, quinze jours excellents mais comme souvent ils sont passés trop vite ! Cette fois-ci encore plus que d’habitude ! Quinze jours imprégnés de marches en forêt amazonienne, de balades en pirogue ou en kayak dans le fleuve, mais aussi de rencontres marquantes… La pluie et les moustiques sont les seuls désagréments de notre escale, petits désagréments logiques et inévitables puisque nous sommes en pleine saison des pluies. On serait bien resté plus longtemps, on en a même raté le lancement de la fusée Ariane (elle devait décoller la veille de notre départ, mais un problème de logiciel dans le lanceur a reporté son lancement d’une semaine…), mais si nous voulons profiter un peu des Antilles avant la saison des cyclones, il ne nous faut pas tarder à reprendre la mer. Initialement nous avions prévu de passer d’abord à Trinidad puis remonter quelques îles de l’arc antillais avant de laisser début août le bateau dans une zone hors cyclone. Finalement, nous montons directement en Martinique, puis descendrons en saut de puce d’île en île et laisserons le bateau dans un lieu sûr fin juillet dans les alentours de Trinidad. On ne sait pas encore où précisément, nous préférons nous renseigner davantage et voir sur place.
Retour en arrière… 18 mai, nous ancrons au petit port de pêche de Kourou, communément appelé le « vieux bourg ». Pourquoi monter jusqu’à Kourou, 40 miles après Cayenne ? Le mouillage de Cayenne à Degrades de Cannes est relativement éloigné du centre-ville, de plus ça craint un peu parait-il, et surtout Laurent connait déjà bien le port de Kourou. En effet, Kourou, c’est aussi la ville où nous nous sommes rencontrés avec Laurent pour la première fois il y a six ans. Laurent effectuait alors son stage de 2ème année d’ingénieur au Centre Spatial de Kourou pendant que je voyageais avec une amie, Karen, en sac à dos autour du Monde, dans le cadre du projet de notre association « Mode Sans Frontières » que nous avions monté avec toute une équipe en France et des couturiers de quarante pays. Nous voilà six ans après de retour sur nos premières traces… La ville n’a pas trop changé, mais de nombreux bâtiments et de nouvelles habitations ont fait leur apparition. Nous commençons par une grande marche à pied dans la ville et rapidement nous retrouvons nos marques. « - Allo, Yann, c’est Laurent et Hélène ! On est arrivé à Kourou… - Très bien, j’ai récupéré votre régulateur d’allure. Il vous attend à St Georges. Montez jusqu’à Cayenne. De là, deux amis pourront vous récupérer en voiture après-demain ». Tout se déroule comme prévu. Suite à la casse de notre régulateur au Brésil, le constructeur, conscient que cette casse est due à une imperfection de son modèle, nous propose de nous renvoyer un autre modèle censé être plus résistant. Nous préférons que l’envoi se fasse en Guyane, pays français, et à une adresse sûre. Ce sera celle de Yann, le fils d’un ami de Noirmoutier, installé avec sa femme Alice et leur fils Alonso, à Saint-Georges. Saint-Georges de l’Oyapock… Qui aurait pu croire que notre régulateur arrive jusqu’ici ? Yann, Alice et Alonso habitent du côté brésilien sur un terrain au milieu de la forêt. A force de travail et de patience, ils y ont construit en plus de leur maison, huit bungalows au bord du fleuve, qu’ils louent. Mais Yann m’a demandé de ne pas faire de publicité ! Promis, Yann, je m’arrête là ! Dernière ville avant la frontière brésilienne, le centre de St-Georges compte une école primaire et collège, une poste, une boutique d’alimentation, et quelques petits bars et restaurants autour de la grande place (dont le fameux « Chez Modestine » !). De l’autre côté Oyapock, des hôtels et chambres chez l’habitant en grand nombre, des échoppes, des bijouteries... L’or n’y est pas cher, ou disons moins cher, dans les 25 euros le gramme. La visite est rapide, l’intérêt est davantage dans les secrets que laissent découvrir son fleuve et ses forêts à qui veut s’y aventurer. Spectacle magique, lorsque nous empruntons la pirogue ou le kayak de Yann et flânons dans la mangrove à coup de pagaies dans différents bras du fleuve. Les racines des arbres sont impressionnantes, s’élevant majestueusement de l’eau dans une nature où bruits de la jungle et silence profond se mêlent, donnant une atmosphère à la fois fascinante et étrange aux lieux. Nos souvenirs de forêt à Saint-Georges, c’est aussi cette balade avec Patrick, débutant par un bel embourbement du 4x4 dans la piste trempée et pleine de trous qui nous mène vers Saut-Maripa. Un pick-up nous aide à nous dégager, mais Patrick s’en veut un peu… On aurait sûrement pu s’en sortir tout seul, il s’aperçoit après qu’il avait oublié de passer la seconde vitesse pour essayer de se dégager. T’en fais pas Patrick, tu as l’excuse que ta voiture est neuve et que tu n’es pas encore habitué aux boites de vitesses automatiques ! Nous rejoignons Saut-Maripa que nous avions approché de l’autre côté en pirogue quelques jours auparavant. Un militaire y surveille le passage des pirogues. Il fait partie des renforts envoyés suite au programme lancé par Sarkozy pour lutter contre l’exploitation clandestine de l’or. L’orpaillage clandestin, principalement orchestré par des réseaux de brésiliens, est conséquent. L’état français n’y voit pas d’un très bon œil cette perte de gains et de taxes dans les caisses du gouvernement… Nous laissons la voiture sur le bas-côté, et poursuivons par une marche dans la forêt tout près de Saut-Maripa. Ce circuit-découverte n’est plus entretenu. Très souvent, la végétation a repris ses droits, des arbres sont tombés bloquant parfois le passage, mais on retrouve de temps à autres des petites plaques indiquant le nom de certains arbres et leur utilisation par l’homme. Yann est professeur de Sciences-Naturelles au collège, et nous présente à plusieurs de ses collègues et amis, notamment Patrick et Papy (il s’appelle Christian, mais tout le monde l’appelle Papy !) tous deux professeurs d’éducation physique et sportive. Ils nous apprennent beaucoup sur les qualités et difficultés d’enseigner dans ce collège à la frontière brésilienne. Enfants brésiliens, amér-indiens, créoles et parfois quelques « métros » (élèves des professeurs) étudient ensemble. Malgré les difficultés dont nous parlent les enseignants, problèmes de langues, échecs scolaires, difficiles conditions familiales des enfants…, le plaisir d’enseigner est toujours là.
Le stop en Guyane marche bien. Nous rentrons, parait-il, dans la catégorie du « petit couple qui inspire confiance ». Sur la route du retour entre Saint-Georges et Kourou, nous levons donc notre pouce. Nous sommes rapidement pris par un militaire en congé. Régulièrement le long de la route, une dizaine de voitures volées puis brûlées et abandonnées gisent sur le bas-côté. Deux minutes d’attente au grand rond point de Cayenne, et c’est Dominique, infirmière dans un lycée à Kourou, qui nous prend sous son aile. Le feeling passe vraiment bien. On s’échange nos mails, et on se dit, peut-être à bientôt ! La suite est encore plus amusante. Quelques jours plus tard, alors que Laurent pédale sur son mini-vélo, une voiture s’arrête ! « Vous n’êtes pas à bord d’un voilier s’appelant Mandragore ? voyageant en couple autour du Monde ? – Si, tout à fait ! – Mais où est votre femme ? – Justement, je la cherche, on était tous les deux en mini-vélos, et je l’ai perdue ! – Mettez votre vélo dans le coffre, on va la chercher ensemble ! ». Pendant ce temps, ne trouvant pas Laurent, j’ai continué ma route jusqu’au Centre Spatial de Kourou, point final initialement prévu. Et quelques minutes plus tard, je vois mon Laurent arrivé grand sourire avec Carlos et Delphine, couple avec qui nous partagerons beaucoup de temps les jours suivants. Delphine est professeur de mécanique dans le même lycée que celui où Dominique est infirmière. Carlos et Delphine aimant beaucoup naviguer, Dominique lui a parlé de nous, et la suite s’est enchaînée comme un concours de circonstances organisé ! Balades en forêt (« Petit-Saut », « Montagne des Singes »…), séance kyte-surf, dîners crevettes, mérou ou requin… nous les remercions encore pour leur gentillesse et leur accueil, sans oublier un petit clin d’œil à Bernadette, la maman de Delphine, et son inconditionnelle bonne humeur. Nous retrouvons aussi au mouillage Benjamin, un jeune de 28 ans sur son bateau Braz Lebowski, ketch d’une dizaine de mètres, que nous avions déjà rencontré à Itaparica près de Salvador de Bahia. En France, Benjamin était charpentier de marine. En plus d’être charpentier, c’est un vrai bricoleur ! Après avoir bien navigué avec un copain, il se pose en Guyane, le temps de remplir la caisse de bord et de reprendre la mer dans quelques mois. On peut le suivre sur son blog : http://ouestubrazlebowski.spaces.live.com Impossible de parler de toutes les personnes rencontrées, je terminerai seulement sur nos amis australiens, une famille et leurs trois enfants. Ils sont venus en France acheter un voilier Océanis 435 qu’ils baptisent « All the colors ». Ils ne savaient pas naviguer, ils ont donc passé trois ans à apprendre par eux-mêmes en faisant de petites navigations en Méditerranée, puis de plus en plus longues, jusqu’à la traversée de l’Atlantique l’hiver dernier. On a de grandes chances de se retrouver sur de prochaines escales. Eux aussi veulent traverser Panama en février prochain, faire le Pacifique, avant de rejoindre leur terre nourricière. Une autre manière de rencontrer de nouvelles personnes à Kourou est tout simplement de se rendre le mardi ou le vendredi vers 17h sous le carbet près des pompiers. C’est une tradition entre bateaux au mouillage ou au ponton depuis quelques années. L’ambiance y est sympa, chacun ramène un petit quelque chose à boire ou à manger, et discute jusqu’à la nuit tombée…
Nous parlions tout à l’heure du CSG, le Centre Spatial de Guyane. Si vous passez par Kourou, peut-être aurez vous la chance de voir décoller une fusée. Dans tous les cas, vous pourrez visiter gratuitement son site. On y apprend énormément de choses. C’est vraiment intéressant. Je vais essayer de vous faire un bref résumé. Avant la Guyane, la France lançait ses fusées depuis l’Algérie, mais au moment de l’indépendance elle dut trouver un autre lieu. La Guyane arrivait en tête, car elle rassemblait de nombreux critères, notamment sa proximité de l’équateur (qui permet de bénéficier de la vitesse d’entraînement de la Terre), sa possibilité d’envoyer vers l’est ou le nord (dans de meilleures conditions de sécurité grâce au survol de l’océan plutôt que les terres et ses populations.), et sa grande superficie disponible : 650 km². En 1964, Kourou est donc choisie comme port spatial de l’Europe. Son implantation engendre un développement économique considérable pour l’ensemble de la Guyane. On construit des routes, des hôpitaux, des commerces… Peuplée à l’origine de 600 âmes, essentiellement des pêcheurs et des orpailleurs, Kourou compte aujourd’hui près de 20.000 habitants. Le CSG comprend trois structures et 1400 employés : le CNES, l’ESA (l’agence spatiale européenne) et Ariane Espace. Aujourd’hui seules des fusées type Ariane 5 sont lancées depuis Kourou. Ariane 5 marche très bien et permet d’envoyer de gros satellites. Ses principaux clients sont la télécommunication. Pour donner un ordre d’idée, l’envoi de satellite dans une fusée Ariane coûte dans les 160 millions de dollars, le lanceur Ariane 5 est aussi haut qu’un immeuble de 15 étages, il pèse au moment du décollage 750 tonnes, soit un dixième de la Tour Eiffel. Deux minutes après le décollage, sa vitesse est supérieure à 8000 km/h pour une vitesse finale de 10 km/s. L’an passé, 7 lancements ont lieu, mais la cadence va augmenter. Bientôt, d’ici la fin de l’année à priori, seront également lancées depuis Kourou une fusée moyenne « Soyouz » (lanceur russe) et « Véga » (lanceur européen) fusée qui enverra des satellites plus petits. Ariane peut envoyer des satellites lourds, jusqu’à 10 tonnes en orbite géostationnaire, Soyouz 3 tonnes, et Véga 300 kgs à 2 tonnes, notamment pour des missions scientifiques et des programmes d’observation de la Terre. Environ 4000 satellites tournent autour de la terre aujourd’hui, mais seulement 10% sont en fonctionnement. Ils admettent que cela va bientôt devenir un problème, car les satellites s’entrechoquent, et les orbites de la terre deviennent une vraie poubelle. Des solutions sont cherchées pour y remédier, l’idée d’un filet par les américains qui permettrait d’envoyer les satellites inutiles dans des orbites encore plus loin, des « orbites poubelles », mais pour l’instant rien de bien concret et cela couterait cher. Comme d’habitude, l’homme s’en inquiètera que lorsqu’il sera trop tard…
Alors que nous sommes en train de recoudre un bout de bordure du génois, une fille dans nos âges à bord d’un zodiac, s’approche de notre coque. « - Je travaille au CNK (Centre Nautique de Kourou, je dois y passer mon brevet de skipper en Martinique, les billets sont chers, je cherche à monter en bateau-stop. A tout hasard, est-ce votre prochaine destination ? Vous ne cherchez pas une équipière ? – On ne cherche pas d’équipier, mais si ça peut te rendre service, on peut t’emmener jusqu’à Trinidad. Viens ce soir au bateau, on en discutera autour d’un apéro ! » Finalement, nous changeons nos plans, et montons jusqu’au Marin en Martinique, ce qui arrange bien Julia… Quelques courses de produits frais au marché, un peu de gasoil au cas où l’on manque de vent (prenez en le minimum, pour info 1,64€/litre !), et nous voilà tous les trois embarqués. On s’arrête une nuit et une journée aux îles du Salut. Nous connaissions déjà tous les deux, mais avions envie d’y retourner. Lieu agréable de balade aujourd’hui, ces trois îles, Royale, Saint-Joseph et l’île du Diable sont marquées d’un triste passé. Le bagne y est officiellement institué de 1852 à 1939, 74.000 bagnards passent pas les îles du Salut, dont certains noms sont devenus tristement célèbres comme Dreyfus, Seznec et Papillon. Les conditions de détention sont déplorables et les pertes enregistrées chez les détenus sont énormes. Les derniers bagnards quittent le bagne seulement en 1953. Lorsque nous débarquons de notre annexe sur Saint-Joseph, nous sommes seuls sur l’île, le catamaran de touristes n’arrive que plus tard, seuls deux militaires gardent l’île. On tombe bien, ils ont besoin de dégager un arbre de l’eau qui vient de tomber, mais n’ont pas de bateau. On les aide à la manœuvre, et nous invitent à boire un café. Youri est ukrainien, Arsène marquisien. L’île est ainsi gardée toute l’année par deux militaires, seuls habitants de l’île. Comme nous irons aux Marquises, nous promettons à Arsène d’aller voir sa maman et lui transmettre la photo que nous venons de prendre de son fils. Elle ne l’a pas vu depuis 5 ans ! Nous repartons les bras plein de bananes, d’avocats et de deux bouteilles de vin, série spéciale « Légion étrangère ».
17h, l’équipage et le bateau sont prêts, on lève l’ancre direction la Martinique ! Cette navigation n’aura rien à voir avec les autres navigations ! Les alizés nous accompagnent, Est-Nord Est force 3 le premier jour, puis un bon 4-5. Pas besoin du moteur pendant ces quatre jours et demi, à part une petite heure juste le temps de recharger les batteries ! De plus, le courant est avec nous. On fonce, et sans forcer ! Ca fait plaisir ! Les moyennes de chaque jour sont bonnes, entre 140 et 180 miles. Seul point noir, notre régulateur d’allure lâche encore après quelques heures de fonctionnement… toujours au même endroit… Le constructeur va devoir réviser complètement son système… D’ici là, nous avons le pilote automatique, mais le plus souvent nous préférons barrer. Les miles s’enchaînent, Barbade en vue, et bientôt… la Martinique… May 30 Chapitre 21 bis (Carnet de bord écrit par Laurent) : 3 mai – 18 mai : Jacaré – Kourou, navigation du Brésil à la Guyane française2h du matin, « Laurent, vite, il y a un grain qui se ramène ! ». J’entends Hélène dévaler l’échelle de descente et fermer tous les panneaux de pont. A peine le temps de bondir de ma couchette que la piaule est déjà sur nous. Mandragore prend une bonne gîte, un coup d’œil au GPS m’indique 8 nœuds et demi. Quelque part dans le ciel quelqu’un a dû ouvrir le robinet géant, et des cataractes se déversent sur le pont. Le temps de choper mon ciré et je suis sur le pont. Hélène coupe le pilote automatique qui ne tient plus son cap dans ces conditions et je prends la barre. Le ciel est noir d’encre, la mer bave d’écume phosphorescente. Nous sommes à 1° Sud et 38 Ouest, en plein pot au noir, à hauteur de l’Amazone. Depuis dix jours, le temps alterne successivement et sans transition du calme plat aux bourrasques à 30 nœuds. C’est éreintant. Prendre un ris, larguer le ris, affaler le genaker, rouler du génois, ferler l’artimon… plusieurs fois par jour, puis tout ré-hisser… Pour la seconde fois en cinq mois, nous traversons cette mer de misère, calvaire des marins d’autrefois (et d’aujourd’hui) comprise grosso modo entre 5° de latitude Nord et Sud. Pour dire vrai, y en a marre, et je me dis que dorénavant on restera bien sagement dans les alizés. Au début les grains on les appréhende, en voyant ces énormes masses sombres très basses et zébrées d’éclairs, qui nous arrivent dessus. Mais au bout de quelques jours de pétole exaspérante, on les bénit ! Mandragore n’est pas un bateau de très petit temps. Dans moins de 5 nœuds de vent, on ne bouge pas, ou disons à peine. Et puis, c’est le piège, à chaque fois qu’on envoie un maximum de toile légère, on peut être sûr qu’un grain va débouler pour tout arracher. La mer enseigne la patience. Ce n’est pas tant l’absence de vent qui irrite à la longue, mais plutôt la grosse houle faisant rouler le bateau bord sur bord, claquer les voiles, et souffrir le gréement. Ainsi deux nuits de suite, à défaut de vent, nous avons dû nous mettre à la cape. On affale presque tout et on met la barre sous le vent. Le bateau conserve alors un angle constant par rapport à la houle, et on se fait moins balloter. Le quart se limite alors à jeter un œil à 360° tous les quarts d’heures pour voir s’il n’y a pas de cargos aux alentours. Il est bien rare qu’une petite brise n’accompagne pas le lever du jour, et nous pouvons alors nous remettre en route. Les occupations en mer ne manquent pas. La navigation proprement dite, l’entretien et le nettoyage courant, le contrôle quotidien d’un certain nombre de points sensibles dans le gréement et les voiles, la réception des fichiers gribs météo nous occupent déjà pas mal de temps. A cela s’ajoutent la cuisine (on mange très très bien à bord, c’est une sorte de concours à chaque repas !), les bricolages les plus divers, la lecture, l’accordéon et la guitare, un petit DVD occasionnellement le soir, l’écriture du journal de bord, ou encore l’observation des dauphins qui viennent parfois jouer devant notre étrave… Et la pêche dans tout ça ? Jusqu’à présent on n’a pas trop fait d’étincelles dans ce domaine, mais un jour viendra… Mile après mile, lentement le trait s’allonge sur la carte, nous gagnons du nord et l’équateur est enfin dans le sillage. Bientôt l’eau passe du bleu profond au marron de l’Amazone. Nous sommes ahuris de constater les remous et courants de marée du grand fleuve à plus de 140 miles des côtes, 1 à 2 nœuds avec nous, puis contre nous, ou sur le travers. Qu’il est bon d’avoir le GPS dans ces conditions ! La navigation au sextant dans ces eaux doit être d’autant plus ardue que le soleil est loin d’être au rendez-vous tous les jours. Le 13ème jour, vers 4° Nord, le flux se mobilise, et nous entrons véritablement dans le courant des Guyanes. Plus 2 à 3 nœuds avec nous. La récompense ! L’alizé de Nord apparait alors et c’est à des vitesses record que nous fonçons sur Kourou. 180 miles sur les dernières 24 heures avec des pointes régulières à 10 nœuds, grand largue, quasiment tout dessus. Même si la fatigue commence à se faire sentir, c’est un régal de barrer. Le 18 mai, vers 14 heures, sous un ciel saturé de grains noirs, une touffe de terre émerge de l’horizon, ce sont les îles du Salut (Royale, St Joseph et l’île du Diable) à quelques encablures de Kourou et sa station spatiale. Deux heures plus tard, nous embouquons l’étroit chenal du fleuve Kourou dont les eaux raniment en moi de bons souvenirs de funboard et de hobbie 16 six ans auparavant… Le sondeur se met à brailler. Un œil à son écran nous indique qu’il n’y a plus que 60 cms d’eau sous la quille, alors que nous sommes à l’étale de pleine mer, au beau milieu du balisage latéral. Devant nous, une dragueuse (ou comme la surnomment les marins, une « Marie-salope ») brasse des tonnes de vase. Nous les contactons par VHF. Le commandant nous rassure, la cote minimale est à 2 mètres 50, et nous pouvons continuer à évoluer sans souci. Plus tard, nous apprendrons que l’embouchure du fleuve Kourou est draguée 365 jours par an pour permettre au « MN Colibri » de livrer les morceaux d’Ariane 5 en provenance d’Europe. La fin justifie les moyens. A hauteur du modeste port de pêche, nous jetons la pioche par-dessus bord, par 5 mètres de fond vaseux avec 35 mètres de chaîne. Une dizaine de bateaux de voyage évitent tranquillement autour de nous, la lumière se fait plus douce, des senteurs boisées et des chants d’oiseaux accompagnent notre traditionnel apéro-débriefing de chaque arrivée. Une agréable page de 15 jours de vie marine se tourne. A nous la Guyane !! May 28 Nouvelles du 28 mai 2008Bonjour a tous depuis Kourou où nous faisons escale depuis une dizaine de jours.
Plein de choses a vous raconter... Nous profitons des beautés de la forêt, du fleuve, de rencontres formidables… mais nous vous donnerons plus d’infos dans notre prochain carnet de bord. D’ici là, le chapitre 21 et ses photos (« 3 mai – 18 mai : Jacaré – Kourou, navigation du Brésil à la Guyane française ») sont mis en ligne. http://levoyagedemandragore.spaces.live.com Nous pensons quitter la Guyane en début de semaine prochaine direction Trinidad, environ 5 jours de mer. A bientôt ! Helene et Laurent Chapitre 21 : 3 mai – 18 mai : Jacaré – Kourou, navigation du Brésil à la Guyane française
Samedi 17 mai, 17h, j’enchaîne direct sur une grosse sieste ! Crevés, mais heureux, nous venons d’atteindre le mouillage de Kourou. En deux semaines de mer, nous avons parcouru 1472 miles. Il s’agit de la plus longue navigation tous les deux à bord de Mandragore, distance même un peu plus longue que celle de notre traversée de l’Atlantique (1287 miles entre le Cap Vert et Fernando de Noronha). Comment décrire ces deux semaines ? Certains doivent sûrement penser, chaque jour se ressemble, toujours de l’eau autour de vous, peu d’espace où bouger, des activités qui se répètent… et pourtant chaque jour apporte son lot de nouveautés et de surprises. En attendant le carnet de bord de Laurent… (patientons, patientons…), et pour que vous ayez tout de même des nouvelles récentes, je vous propose de lire des extraits de notre journal de bord maritime. Ce journal n’a rien d’un journal intime, il est obligatoire à bord. Il sert à noter régulièrement son point pendant nos navigations, et autres infos utiles. A chaque fois, doivent être notés la date, l’heure (en UTC, ainsi pas de confusion lorsque l’on change de fuseau horaire), le loch (nombre de miles parcourus pendant cette navigation / et nombre de miles parcourus au total par le bateau depuis notre départ, abréviation : nm), le cap, la vitesse (en nb de nœuds, 1 nœud = 1,8 km/heure), la position (latitude et longitude), le baromètre, le vent et nos remarques. Vous suivrez ainsi une des tâches quotidiennes du bord, tâche répétée au moins cinq-six fois par jour. Bienvenue à bord de Mandragore pour deux semaines de navigation…
- Samedi 3 mai :
o 17h45 UTC, 14h45 heure locale, Loch 0/6255 nm, Cap 45°, Vitesse 4 nœuds, Position 7°02’S/34°51’W, Baromètre 1011 hp, Vent : Sud-Est force 2-3. Départ de Jacaré sous voiles, direction Kourou. Grand soleil.
o 20h25 UTC, 6 nœuds, SE force 3, on passe la dernière bouée du chenal. Mandragore a rejoint l’océan. Vent de travers. Bateau avance bien.
- Dimanche 4 mai :
o 3h50, 50 nm, 30°, 5 nœuds, 6°16’4’’S/34°38’6’’W, 1011 hp, SE force 3. Nuit étoilée, quelques nuages. Quelques grains pendant la nuit.
o 11h30, le vent passe au sud. Navigation plein vent arrière
o 18h10, 113 miles parcourues en 24 heures, soit une moyenne de 4,7 nœuds. Vent toujours Sud. Devrait passer Est lorsqu’on aura dépassé pointe Nord-Est du Brésil. Essais de contacter voilier Ghudull via la BLU sur fréquence et heure convenues : 8280 Khz à 12h et 18h heure locale, mais on ne reçoit rien… Douche sur le pont en écoutant Amélie Poulain.
- Lundi 5 mai :
o 3h50, 156 nm, 350°, 4 nœuds, 4°76’’S/34°46’47’’W, 1013 hp, SE force 3. Belle nuit étoilée. Je repère des constellations comme la Croix du Sud, Centaure, le Loup, le Scorpion, la Balance. Un bateau de pêche est passé près ! Nous contourne par l’arrière.
o 12h30, Vent faiblit, passe à l’est.
o 17h00, 206 nm, 315°, 3 nœuds, E force 1-2. Pas un bruit, seul le grincement de la bôme dont on se passerait bien. Alors qu’il y a pétole et qu’on semble faire du sur place, on avance quand même à 3 nœuds. C’est parce que nous avons le courant avec nous. Il nous fait gagner pratiquement deux nœuds. Présence de quelques dauphins. 2ème jour = 93 miles parcourus.
o 20h00, 216 nm, 320°, NE force 3. Vent vire au Norde. J’ai coupé 10-12 cms à mes cheveux ! Ca me fait bizarre, je ne pensais pas en couper autant, mais Laurent les trouvait trop longs. C’est vrai qu’ils approchaient bientôt le nombril…
- Mardi 6 mai :
o 5h05, 262 nm, 290°, 3 nœuds, 6 nœuds pendant les grains, 3°37’9’’S/36°08’9W, 1011 hp, N force 3, Vent instable, ponctué de grains dans la nuit. Impression bizarre d’entendre un bruit de moteur dehors, mais je ne vois rien !
o 14h00, 295 nm, 330°, NW1, Vent faiblit et curieusement passe au Noroit, soit en plein dans le nez… On allume le moteur.
- Mercredi 7 mai :
o 1h45, 330 nm, 0,7 nœud, 3°14’S/37°08’W, 1011 hp, Vent 0… A la dérive, la mer est un lac, un miroir pour les étoiles qui s’y reflètent. Pas un nuage, courant pousse à l’ouest 0,7 nœud. Spectacle de cette nuit est superbe…
o 11h45, 2 nœuds, NW force 1, Vent se lève, mais faiblard. Dauphins viennent jouer près de l’étrave. On alterne avec et sans moteur, histoire d’avancer un peu.
- Jeudi 8 mai :
o 8h55, 443 nm, 300°, 5 nœuds, 2°26’57’’S/38°39’92’’W, 1010 hp, N force 3. Vent s’est levé avec levée du jour, mais malheureusement ne passe toujours pas à l’est. On tire des bords.
o 18h55, 482 nm, 320°, 6,5 nœuds, ESE force 5. Gros grain, réduction des voiles, vent a changé sa direction, puis tout est retombé…
- Vendredi 9 mai :
o 4h00, 520 nm, 320°, 4,5 nœuds, 1°54’26’’S/39°40’76’’W, 1010 hp, NE-E force 2. Petit vent, mais on avance et au cap. Présence quotidienne d’éclairs autour de nous.
o 9h15, 545 nm, 325°, 6,5-7 nœuds, NE force 4. Entre vent de travers et près. Ca fonce ! Retour des poissons volants, on voit qu’on se rapproche des alizés.
o 17h20, 300°, N force 2. Vent est retombé, on a viré de bord, ma ligne de pêche est passée sous le safran… On s’est mis à la cape, Laurent a plongé et on a tout récupéré !
- Samedi 10 mai :
o 4h00, 636 nm, 325°, 6,5 nœuds, 0°57’21’’S/41°21’47’’W, 1010 hp, NE force 4. Génois léger est sorti. Mandragore court… Dauphins et étoiles au rendez-vous.
o 6h50, 650 nm, NE force 3. Un grain, mais bizarrement pas de grosse accélération du vent cette fois-ci
o 17h40, 700 nm, 320°, 5 nœuds, NE force 0-1 : Plus de vent depuis ce midi. Moteur…
- Dimanche 11 mai :
o 01h45, 730 nm, 325°, 5 nœuds, 0’00’N/42°44’W. Nous passons l’équateur ! Bienvenue dans l’hémisphère nord. Dommage que ce soit au moteur…
o 17h15, 796 nm, 300°, 5,5 nœuds sous moteur, 1,5 nœud sous voiles, NE force 0-1. Pas la forme, et stress intérieur à la vue des rougeurs qui me sont subitement apparues sur la main et l’avant bras droit depuis ce matin. Peur de la dengue, mêmes symptômes de petits vaisseaux qui éclatent, mais ce n’est surement pas ça, je n’ai pas de fièvre. Certes je me sens fatiguée, mais pas plus que d’habitude, c’est seulement dû à notre peu de sommeil. Attendons donc de voir. Ma sieste tout à l’heure m’a fait du bien. Ca n’évolue pas. C est surement qu’une allergie au soleil ou à autre chose. J’espère que ça partira vite.
- Lundi 12 mai :
o 4h10, 838 nm, 0 nœud, 0°43'18"N/4'°07'91"W, Vent 0, à 150 miles au large de Sao Luis. Toujours des grains, un vent instable, et le reste du temps pétole. Merci moteur, mais nos ressources en gasoil ne sont pas inépuisables, alors on mettra surement plus de temps que prévu, on attend le vent, les grains, on avance par à-coups. Attendre est parfois mieux qu’avancer à 1 ou 2 nœuds avec les voiles qui claquent, au point que ce soir on s’est mis à la cape... Ciel bouché, pas d’étoiles.
o 9h30. Toujours pas de vent, toujours à la cape… On rallume le moteur…
o 13h30, 857 nm, 340°, 6-7 nœuds, ESE force 4. Vive le vent, vive le vent… ! C’est étonnant à quelle vitesse on peut passer d’un force 0 à un force 4-5 en moins d’une minute !
o 17h10, 871 nm, 320°, 5 nœuds, SW force 3. Le vent a tourné. Nouveau réglage de voiles, mais on avance sous voiles, c’est le principal ! (Pour la néophyte de la voile que je suis, le positif de toutes ces manœuvres est que j’apprends ! Je suis contente car je sens que je comprends de mieux en mieux, comment ca marche, pourquoi on choisit tel réglage, telle décision, le vent, les courants, les voiles, le bateau… comment tout ça s’imbrique. C’était un monde si méconnu pour moi. J’ai encore énormément à apprendre, mais chaque jour j’apprends un peu plus.)
o 20h25, 886 nm, 300°, 7-8 nœuds, S force 4. Toujours du vent et un bon et long grain en ce moment. Ca fonce !
- Mardi 13 mai :
o 4h25, 918 nm, 0°, 7-8 nœuds, 1°42’04’’N/44°56’02’’W, 1013 hp, SE force 5. Encore un grain. Mer étonnante, toute phosphorescente sous l’effet de la lune, parsemée de blanche écume. Magnifique…
o 16h40, 965 nm, 20°, 1,5 nœud, NW force 1-2. Phénomène bizarre. Cap à 20 au GPS et 280 au compas du cockpit ! Impression d’avancer alors qu’on est à moins de 2 nœuds. Jusque là nous avions un courant porteur, et là en comparant la vitesse GPS et notre vitesse à vue, nous avons clairement un courant contraire, dû à l’influence de la rivière Amazone qui se jette dans l’océan.
- Mercredi 14 mai :
o 3h10, 1013 nm, 340°, 5 nœuds, 2°35’20’’N/46°04’13’’W, 1014 hp, Vents qui tournent sans cesse, pluie non stop, houle croisée, obligés de rester constamment à la barre, c’est la fête ! Impression d’aller vite, mais nous sommes ralentis par un courant contraire. Grosse fatigue à bord, mais on garde le moral. N’est-ce pas Lenou ?
o 5h45, 7-8 nœuds, E force 4-5, Oui, toujours ! C’est le plus important. « L’épuisement des forces n’épuise jamais la volonté » comme dirait un certain Victor Hugo ! Courant à nouveau avec nous, on fonce !
o 18h05, 1083 nm, 295°, 5 nœuds, N force 3. Grand soleil, bon vent, belle mer. Après la nuit d’hier, ça fait du bien !
- Jeudi 15 mai :
o 3h00, 1124 nm, 310°, 5,5-6 nœuds, 3°31’77’’N/47°29’56’’W, 1014 hp, NE force 3-4. Nuit claire et reposante. Du vent, mais pas de grain. Génois moitié enroulé et 1 ris dans la grand-voile.
o 15h35, 1187 nm, 315°, 3-4 nœuds. Vents plus faibles, mais toujours à la voile.
o 19h25, 1202 nm, 275°, 0,5 nœud ; NE force 0-1. Surprenant, un grain, de la pluie, mais pas de vent.
- Vendredi 16 mai :
o 15h15, 1289 nm, 320°, 6-6,5 nœuds, 4°34’31’’N/49°56’37’’W, 1014 hp, E force 3. Depuis cette nuit, minuit toujours du vent. Il nous reste plus que 165 nm avant les îles du Salut !
o 21h45, 1331 nm, 300°, 7,5-8 nœuds. On avance toujours aussi vite. Mandragore doit avoir hâte d’arriver au port ! Si on maintient une bonne vitesse on arrivera avant la nuit dès demain.
- Samedi 17 mai :
o 7h05, 1405 nm, 300°, 8-10 nœuds, 5°14’49’’N/51°41’28’’W, 1012 hp, E force 5. Impressionnant ! Toujours autant de vent, voire force 7 pendant les grains. Même avec un ris et génois moitié enroulé, on a fait des pointes à 10,3 nœuds !
o 9h25, 1423 nm, 310°, 8-9,5 nœuds, E force 4. On barre tout le temps depuis cette nuit, car le pilote n’est pas précis. On gagne ainsi des miles et du temps pour atteindre Kourou avant la nuit.
o 19h00, 1472 nm. Nous voici au mouillage ! May 21 Mail envoyé à tous le 21 mai 2008 Bonjour à tous !
Bien fatigués, mais heureux, après deux semaines de mer et un peu moins de 1500 miles, nous venons d’atteindre la Guyane française, plus particulièrement le mouillage de Kourou. Cette navigation s’est composée, comme prévue, d’une alternance de grains et ses coups de vent, de pétole et ses heures de patience ou de moteur, de vent instable et ses successifs nouveaux réglages de voiles, de soleil et de pluie. Je n’en parlerai pas d’avantage car Laurent est en train de nous écrire le carnet de bord de ces deux semaines…
Grosses bises à tous. A bientôt !
Hélène et Laurent |