Hélène's profileLe voyage de Mandragore ...PhotosBlogListsMore ![]() | Help |
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January 16 Annexe chapitre 28 : Echange questions / réponses entre l’ « Ecole Etoile du Matin » de l’Ile à Vache, Haïti et l’ « Ecole Rose des Dunes » de Barbâtre, Ile de Noirmoutier, France
Nous rendant sur l’île à vache, à Haïti, les enfants de l’école Rose des Dunes de Barbâtre à Noirmoutier souhaitaient en savoir plus sur la vie d’un enfant là-bas. Nous avons proposé à l’une des écoles sur place, l’Ecole « Etoile du Matin », zone Caille Coq, de répondre à leurs questions… Voici le résultat de cet échange…
· France : Bonjour à tous, les enfants et la maîtresse. Nous sommes très heureux de correspondre avec vous et ainsi savoir comment vous vivez sur votre île. Nous aussi nous habitons sur une île. Voici quelques questions que nous aimerions vous poser. · Haïti : Bonjour à tous les enfants et les responsables de l’école Rose des Dunes de Barbâtre. Nous sommes si contents de recevoir votre lettre et d'apprécier vos questions pour nous permettre de faire pour vous la description de notre école. Nous aimerions aussi connaître vos réponses à ces questions. · France : Merci pour vos réponses et voici les nôtres.
1. Avez-vous déjà fait une correspondance avec d'autres enfants ? · Haïti : Non, nous n’avons pas encore fait de correspondance avec d'autres enfants · France : Oui, l'année dernière avec une autre classe de France.
2. Est-ce que votre école est grande? Combien y a-t-il de classes ? · Haïti : Oui, notre école est grande, elle a 9 salles de classes. · France : Oui, notre école est assez grande, il y a 5 classes.
3. Combien êtes-vous dans votre classe ? · Haïti : Nous sommes 46 enfants, 23 filles, et 23 garçons dans notre classe. · France : Dans notre classe, nous sommes 26 élèves 7 CE1 et 19 CE2.
4. Y a –t-il plusieurs niveaux par classe ? · Haïti : Il y a plusieurs âges autour de 7-8ans, mais un seul niveau dans notre classe, c’est la 2ème Fondamentale. En Haîti, de 3 a 6 ans, nous sommes en 1ère, 2ème, puis 3ème Kindergarden. De 6 à 11-12 ans à peu près nous avons la 1ère année Fondamentale, puis 2ème année Fondamentale, 3ème, 4ème, 5ème, 6ème année Fondamentale. Nous passons alors un examen d’Etat. Ensuite à partir de 12-13 ans, nous commençons le cycle Secondaire 7ème Secondaire (équivalent de la 6ème), 8ème, 9ème, 10ème,11ème (équivalent de la Seconde), puis Rétho 1ère partie Bac 1, Philo 2ème partie Bac 2. Et enfin, l’université. · France : Oui, il y a deux niveaux dans notre classe : CE1 (7 ans) et CE2 (8 ans).
5. Avez-vous un programme scolaire à suivre ? · Haïti : Oui, nous avons un programme scolaire à suivre. · France : Oui, nous avons un programme scolaire à suivre.
6. Aimez-vous l'école? · Haïti : Nous aimons beaucoup l'école · France : On aime bien l'école (Léo dit qu'il n'aime pas toutes les matières)
7. A quoi jouez-vous sur la cour de récréation ? · Haïti : Nous jouons au ballon · France : Nous jouons aux loups, au ballon, à la corde à sauter, à l'élastique.
8. Comment allez-vous à l'école? Combien de temps mettez-vous pour venir à l'école? · Haïti : Nous venons à l'école à pied. Nous prenons 15, 20 à 30 minutes. (Pour certaines écoles de l'île, les enfants mettent 1h de marche aller, 1 heure pour le retour) · France : On peut arriver à pied, en voiture ou à vélo. Nous mettons de 1 minute (au minimum) à 10 minutes (au maximum)
9. Avez-vous classe toute le journée ? · Haïti : Non, seulement le matin. · France : Oui, nous avons classe toute la journée.
10. A quelle heure arrivez-vous le matin ? A quelle heure rentrez-vous le midi, le soir ? · Haïti : Nous arrivons à 7h50. Nous avons classe de 8h à 13h. · France : De 9 heures à 12 heures et de 13H30 à 16h30.
11. Est-ce que vous travaillez-bien ? · Haïti : Nous travaillons assez bien. · France : Oui nous travaillons bien en classe. La maîtresse est fière de nous.
12. A quel âge avez-vous commencé l'école et jusqu'à quel âge ? · Haïti : Nous avons commencé l'école à l'âge de 3 ans Kingergarden, Fondamentale de l'âge de 6 ans à 12 ans. · France : On a l'école maternelle de 2 à 6 ans et l'école primaire de 6 à 11 ans puis le collège, le lycée et l'université.
12. Parlez-vous plusieurs langues ? · Haïti : Nous parlons créole et français. Le créole est notre langue maternelle. · France : On parle le français et nous apprenons depuis cette année l'anglais.
13. Qu'apprenez-vous en classe? Faites-vous de la lecture, de l'écriture, de l'anglais, du français, des mathématiques, du sport...? · Haïti : Dans notre classe, la maîtresse enseigne la lecture, de l'écriture, du français, des mathématiques. · France : Nous faisons toutes ces matières
14. Que faîtes-vous après l'école ? Avez-vous des devoirs ? Est-ce que vous travaillez ? · Haïti : Après l'école, nous étudions notre leçon, nous faisons des devoirs et nous aidons nos parents à travailler à la maison. · France : Oui nous avons des devoirs après l'école et quand on a terminé, on peut jouer.
15. Etes-vous tous habillés de la même façon ? Avez-vous un uniforme obligatoire ? · Haïti : Nous sommes habillés de la même façon. L'uniforme est obligatoire pour les élèves (jupe ou bermuda + chemise), mais aussi pour les professeurs (tailleur). · France : Non, nous ne portons pas les mêmes vêtements. Nous avons nos propres tenues.
16. Qu'avez-vous comme matériel scolaire? Avez-vous des manuels scolaires, des bureaux ? · Haïti : Nous avons comme matériel scolaire une carte de géographie, un globe, une table de Pythagore, et des bureaux. · France : Nous travaillons avec des manuels, des cahiers... Nous avons chacun notre bureau.
17. D'où viennent vos manuels et matériels scolaires? · Haïti : Les matériels scolaires viennent de l’école. Nos familles donnent de l’argent à l’école pour les frais de scolarité, l’uniforme, acheter des livres, des cahiers et des crayons pour la classe. Mais nous en manquons… · France : Les manuels sont fournis par l'école et nous achetons tout notre matériel (cartable, crayon, trousse....)
18. Fêtez-vous vos anniversaires en classe et fêtez-vous Noël ? · Haïti : Oui, nous fêtons nos anniversaires en classe. Oui, nous fêtons Noël le 24 et 25 décembre, mais pas en classe, nous sommes en vacances. · France : Pour nous, c'est la même chose. Les anniversaires se font en classe et Noël tombe pendant les vacances scolaires.
19. Est-ce que vous avez des vacances scolaires? · Haïti : Nous avons des vacances scolaires, trois fois par an, pour Noel (2 semaines et demie), pour Pâques (2 semaines et demie) et pour les grandes vacances (2 mois). La veille de chaque vacance, nous avons un examen bilan. · France : Nous avons 5 périodes de vacances : les vacances de la toussaint (1 semaine et demie), les vacances de noël (2 semaines), les vacances d'hiver ( 2 semaines), les vacances de pâques (2 semaines) et les grandes vacances d'été ( 2 mois)
20. Que mangez-vous? Mangez-vous équilibré ? Y-a-t-il une cantine ? · Haïti : Nous mangeons du blé et de la farine. La nourriture est équilibrée. Il y a une cantine. Nous mangeons à 10h30 pendant la récréation. · France : Nous mangeons de tout ou presque car certains enfants sont difficiles. Tous nos repas sont équilibrés.
21. Comment faites-vous pour vous procurer de l'eau potable ? · Haïti : Nous nous procurons de l’eau quand la pluie tombe en conservant dans le château d’eau pour la rendre potable. Nous ajoutons 4 gouttes de chlore par gallon (Le gallon est l’unité de mesure utilisée. 1 gallon = presque 4 litres) · France : Nous n'avons qu'à tourner le robinet. Nous nous rendons compte du gaspillage que nous pouvons faire et allons essayer d'économiser l'eau désormais. Chapitre 27 (écrit par Laurent) : 16 novembre – 05 décembre 2008 : St Barthélémy, St Martin, les îles ViergesAlizés soutenus entre La Guadeloupe et St Barth
St Barthélémy, Port de Gustavia. Vue sur la baie et sur différents panoramas de l’île. L’accueil chaleureux de Mowgli, Martine, Tania et… Tia ! Premier bébé à bord !
A l’ouest de l’île, de l’anse des Flammands à l’Anse de Colombier, sentier superbe, lieu de prédilection de millions de papillons…
et des fleurs…
A l’opposé de l’île, sur la pointe est, entre Grand Fond et l’anse Toiny, des piscines naturelles
St Martin, Marigot. Le montage de notre panneau solaire. Pendant… Après… On peut même l’incliner vers le soleil pour améliorer son rendement. Le pont de Sandy Ground, relevé trois fois par jour pour laisser passer les bateaux
Les Iles Vierges Britanniques, Virgin Gorda. The Baths et ses impressionnants blocs de granit
L’accueil des dauphins alors que nous sommes à quelques miles d’Haïti
St Barthélémy
Arrivée de nuit : 3h du matin, le 17 novembre, Mandragore capeye tranquillement sous le vent de St Barth, devant la rade de Gustavia, en attendant que le jour se lève. Nous ne pensions pas naviguer si vite depuis la Guadeloupe, mais l’alizé soutenu nous fait arriver un poil trop tôt. L’entrée du port n’a pas l’air bien compliquée, néanmoins par principe nous préférons éviter les arrivées de nuit dans des ports inconnus. Vers 6h, nous remettons en route et la pioche glisse enfin dans l’eau translucide de la baie. Sous le bateau, deux bestiaux d’un mètre (que nous avons pris pour des petits requins, mais en fait non !) et quelques raies nous invitent à la baignade avant d’aller faire une bonne sieste de quelques heures.
Le St-Trop des Caraïbes : Nous resterons trois jours à St Barth. C’est une jolie île, avec des plages de sable blanc, des lagons et des collines volcaniques. Des bretons et normands s’y installèrent les premiers au 17ème siècle, avant que l’île ne soit cédée à la Suède fin 18ème en échange de droit de négoce dans le port de Goteburg. Le port de Gustavia devient franc, ce qui allie à la neutralité de l’île dans la plupart des conflits au fil des siècles, lui assura prospérité et paix. Un siècle plus tard, un référendum rendit St Barth à la France, sous condition de garder le statut de port franc, qui aujourd’hui encore en fait la prospérité. On dit que St-Barth est le St-Trop des Caraïbes, et c’est vrai. Ici, le kilo de tomates se vend entre 7 et 12 euros le kilo, et les locations peuvent atteindre 25 000 euros la semaine. A côté des boutiques grand luxe et Jet-set sur les yachts « MATUVU » vivent également des gens « comme nous », que nous rencontrons au fil de nos balades en stop dans l’île. Le cadre de vie est sans conteste très agréable, le climat aéré, les gens semblent heureux… je me sens quand même loin, très loin du vrai monde malgré tout.
Les champions de l’hospitalité Nous garderons surtout de St-Barth le souvenir de l’accueil de Mowgli, neveu de Jean-Paul Boulan (association la Chaloupe, Noirmoutier), Tania, sa femme, leur adorable fille Tia âgée de six semaines (un record de jeunesse sur Mandragore et dans l’annexe), et Martine, la mère de Mowgli et sœur de Jean-Paul. Martine et son mari sont arrivés ici en voilier il y a une vingtaine d’années, s’y sont plu, et y ont scolarisé Mowgli. Les années ont passé et Mowgli a épousé Tania, st-barth « pure souche ». A notre grande surprise, ils organisent un véritable festin en notre honneur sur le port, avec des spécialités locales commandées chez un traiteur, et nous passons une excellente soirée en leur compagnie à apprendre quantité de choses sur leur île. Une formidable rencontre, trop brève. Nous gardons beaucoup de reconnaissance pour leur accueil chaleureux, et espérons pouvoir leur rendre la pareille lorsque nos routes se recroiseront.
St-Martin 21-27 novembre :
Après une petite journée de mer, nous contournons la pointe Nord-Ouest de St-Martin pour aller mouiller dans l’anse de Marigot. Une grosse houle de Nord se lève pendant la nuit, et dès le lendemain nous allons mouiller dans l’immense lagon qui occupe toute la partie ouest de l’île. St Martin est coupée en deux, une partie française, capitale Marigot, et une partie hollandaise, capitale Philsburg. Ici le dollar est roi, l’ambiance et le gros de la clientèle sont américains. Chaque jour sur Philsburg, les paquebots vomissent des milliers de touristes US qui font leur emplettes duty free, piquent une tête dans la grande bleue, enfilent bières sur bières, avant de tituber jusqu’à leur bord et se faire traîner jusqu’à la prochaine escale.
Escale technique Ici, nous n’avons pas envie de faire du tourisme, de nous noyer dans la masse. La semaine sera entièrement consacrée à dorloter Mandragore. En vrac, nous achetons un panneau solaire de 80 watts, une nouvelle hélice pour le hors-bord de l’annexe, 15 litres d’antifooling de la marine américaine (le prochain carénage est prévu au Costa Rica, où il y a 3 mètres de marnage), de la peinture pour le pont (encore… parce que celle appliquée cet été ne tient pas… Sans commentaire, je me suis déjà assez énervé avec ça !), un nouveau transfo 12-220V (l’ancien donnant des signes manifestes de fatigue), des filtres et des courroies de rechange pour le moteur Volvo… et tout un tas de petits équipements qu’on n’est pas prêts de retrouver sur la route vers la Polynésie. Et enfin, pour 100 euros, oui Madame, pas un de plus, nous trouvons un pilote automatique identique au notre en parfait état de marche (il s’agit de la récup d’un électronicien sur un bateau. Il fonctionnait, mais son propriétaire voulait mettre du neuf…) Nous avons donc à présent deux pilotes automatiques qui fonctionnent et un régulateur d’allure qui après moultes déboires semble commencer à coopérer. On se verrait mal 30 jours 24 heures sur 24 à la barre entre le Costa Rica et la Polynésie. Ce serait des coups à revendre le bateau au premier marquisien venu ! A côté de cela, Hélène s’abîme les yeux devant l’ordi à dévéroler la bestiole infectée au fil des escales dans les différents cybercafés. Impossible d’attraper la bande de malfrats, ils se sont glissés à la racine du disque dur… A force de tentatives, de patience, et finalement grâce à de gentilles âmes venant à son aide, la bête ressuscite au bout de quelques jours, quand moi j’en serais venu au marteau au bout de quelques heures. C’est aussi pour cela que je l’ai épousée ! On se complète !
Iles Vierges Britanniques, Virgin Gorda, 28-29 novembre :
Comme une envie de snober les Vierges ! Les Antilles, c’est la mer éternellement bleue, un paradis de la voile pour qui aime les plages de sable blanc, les cocotiers, les levers et couchers de soleil clichés mais superbes, les grains, les vents bien établis qui forcissent quelquefois dans les canaux pour faire croire que ça peut barder. Parmi les îles visitées, nous avons adoré les Grenadines avec François et Circé, parce que nous étions « presque » le seul bateau en cette fin de saison cyclonique. Cette solitude est un luxe qui devient rare avec la saison touristique qui démarre. Il y a des voiliers partout, en charter, en location, rien de l’esprit voyage comme au Cap Vert ou au Brésil, les gens sont souvent individualistes et peu aimables. Bien sûr il faut relativiser, nous avons rencontré des gens fort chaleureux, mais la sensation d’être un « couillon à plumer » comme d’autres commence à nous envahir, avec le sentiment que si notre périple devait se poursuivre dans ces eaux, on y perdrait l’esprit voyage et découvertes que nous sommes venus chercher.
On nous avait pourtant dit, allez aux Baths très tôt le matin ! Le couperet tombe définitivement le jour de notre arrivée à Virgin Gorda, aux Iles Vierges Britanniques. Le célèbre mouillage des Baths est une splendide baie bordée d’un dédale de gros blocs de granits ronds, classée Parc National, Patrimoine et tout et tout. Curieux d’explorer cette « Mecque du yachting nord Caraibe », nous commençons à crapahuter sur le granit (pas rose comme à Perros Guirec, mais le même genre sans la pluie), quand soudain… 300 américains fraichement « dépaquebotisés » déboulent à coup de « Oh my Goooood, it’s gooorgeous ! » et suivent en file indienne une « adventure official guide » aux ongles de cinq centimètres peints en rose. On revient lorsque le gros de la troupe est passé, les paysages sont tout de suite plus beaux ! Mais bon, la coupe est pleine, partons, soif d’autre chose, notre voyage ce n’est pas ça. Dès le lendemain, cap sur Haïti… November 26 Chapitre 26 : 25 octobre – 16 novembre : Guadeloupe, Les Saintes, Marie-Galante, AntiguaLes légendes sous les photos vous ont apparemment bien plu sur le dernier carnet de bord. Nous renouvelons donc la formule… Suit ensuite notre carnet de bord, écrit le 16 novembre dernier en mer, alors que nous quittions notre dernier mouillage dans le nord de la Guadeloupe. Il relate nos pérégrinations maritimes en Guadeloupe et ses îles environnantes Marie-Galante, Les Saintes, ainsi qu’Antigua, une île un peu plus au nord. Evelyne, la maman de Laurent nous a rejoints pendant une quinzaine de jours. Puis mi-novembre, au-revoir la Guadeloupe, on continue notre remontée des Caraïbes, tout d’abord St Barth quelques jours (on vous racontera tout ça dans notre prochain carnet…), puis St Martin dont nous vous écrivons actuellement. On repart ce soir vers les iles vierges, puis Haiti en vue d’atteindre Cuba vers le 10 décembre. Quentin, un ami de Laurent viendra nous rejoindre pour une quinzaine de jours. Nous passerons donc les fêtes de fin d’année sur les terres cubaines… Cette fin d’année approche… Déjà… J’imagine les rues et les églises déjà décorées de mille guirlandes lumineuses à l’approche des fêtes de Noël… Une pensée aussi pour le Salon Nautique début décembre à Paris, un défilé « Voiles et Voilages » aura lieu sur le stand de la Région des Pays de la Loire. Nous penserons bien a vous, et de nombreuses animations sur le stand de Noirmoutier et de la Vendée. Vous nous raconterez ! Une pensée pour chacun de vous, où que vous soyez, portez vous bien, que vos projets se réalisent comme vous le souhaitez. Cela m’évoque une petite citation d’Olivier Wendell Holmes : « L’essentiel, en ce monde, n’est pas l’endroit où nous sommes, mais la direction dans laquelle nous marchons ! »… A bientôt par mail ! Vous pouvez continuer de nous écrire sur notre adresse mail à bord (tout en mettant nos adresses yahoo en copie, notamment pour les pièces jointes). Laurent et Hélène
Evelyne est avec nous à bord pour 15 jours, une équipe de choc ! Sans oublier Mandragore bien sûr !!
Sur la partie Grande-Terre de la Guadeloupe, la pointe des Chateaux à son extrême est, la pointe de la Vigie au nord, les magnifiques plages de Sainte Anne, Pointe-à-Pitre, son marché…
De la langouste à bord, ou du pain aux noix tout chaud cuit sur le bateau pour notre petit-déjeuner… Pour l’iguane, évidemment on n’en a pas mangé. Mais alors que nous déjeunions dans un petit restaurant, un couple d’iguanes peu farouches, s’est quasiment invité à notre table !
L’île de Marie-Galante…
Les Saintes… La première photo est prise depuis le Fort Napoléon, y reconnaissez-vous Mandragore parmi les bateaux mouillés sur la première photo ?
L’île d’Antigua, de jolies plages, mais des paysages dans l’ensemble beaucoup plus secs que ses voisines plus au sud. Le centre-ville de Saint Georges, les enfants sortant de l’école en uniforme (comme dans toute les îles de culture anglaise)
Des paquebots déversant les touristes (principalement américains) par milliers, le marché et la rencontre (sur la dernière photo) d’un cuisinier bien sympathique travaillant à côté de la station de bus. Le chauffeur n’est pas là, on attend un peu plus d’une heure, mais cela nous permet d’en apprendre davantage sur la cuisine antillaise. On le voit ici râper l’intérieur de sa noix de coco, il en séparera ensuite la pulpe du lait.
Retour en Guadeloupe, Evelyne à la barre. Découverte de Basse-Terre, la partie ouest du « papillon » guadeloupéen. Notre mouillage à Deshaies… et nos retrouvailles de Claire, Jérôme et Enzo (nous les avions rencontrés sur Catafjord avec Domi et Malou aux Canaries, retrouvé au Brésil. Ils travaillent à présent quelques temps en Guadeloupe).
Balades en forêts autour de la Soufrière et des chutes du Carbet…
Nous rencontrons Micheline près de Petit-Bourg. Elle prépare quotidiennement des galettes de tapioca, appelées plus familièrement kassav, que l’on peut fourrer avec des produits salés ou sucrés selon ses envies. Un délice… Il faut faire cuire du manioc, qui devient une sorte de pâte humide que l’on fait sécher, puis que l’on tamise. Au bout d’une semaine pour tout ce travail, on peut étaler la poudre blanche sur une plaque brûlante, fourrer l’intérieur et mmmh déguster ! Nous avions déjà goûté au Brésil, mais on demeurait bien intrigué par la méthode de fabrication.
Nous retrouvons Micheline le lendemain dans une toute autre tenue ! Ce soir, c’est le FESKAD, le festival annuel de kadri, où les différentes académies de danses traditionnelles offrent un spectacle au public.
La Soufrière, volcan toujours en activité. Les quelques heures de grimpette en valent la peine. Le spectacle de la marmite de souffre à son sommet est impressionnant !
Quelques photos de près… La nature est belle, n’est-ce pas !...
Et pour finir, un coucher de soleil sur les Antilles… et le matériel d’Evelyne pendant ses vacances (photo sans trucage ! prise sur le vif !) : son chapeau, ses lunettes de soleil, quelques chocos pour le goûter, son tuba... et le masque me direz-vous ? Elle l’utilise, elle est à l’eau !
Dimanche 16 novembre, nous avions prévu de partir hier de Deshaies en Guadeloupe, mais les grains et les rafales de vent même à notre mouillage nous refroidissent un peu. Ce matin, autant de vent, mais un ciel plus ensoleillé. 8h30, nous partons avec deux ris dans la grand-voile, génois roulé à 50%, 30 nœuds de vent, une houle de 2 mètres 50, 3 mètres. Rapidement on enroule davantage le génois. Le chant du vent dans les voiles est puissant. La mer moutonne, certaines vagues plus hardies que d’autres recouvrent le pont, son barreur ou sa barreuse par la même occasion ! Mais Mandragore poursuit sa route, il fend la houle, avance au vent de travers à 8 nœuds de moyenne, cap Nord-Nord Ouest vers Saint-Barthélémy. 114 miles nous séparent de Gustavia, son port principal, soit une quinzaine d’heures de navigation à priori. « Si ça continue comme ça, on ne va pas beaucoup dormir cette nuit… » murmure Laurent. Nos veilles risquent de ne pas être de tout repos. Pour l’instant, nous préférons barrer nous-mêmes pour préserver notre régulateur d’allure. Le vent et la mer devraient se calmer un peu. Laurent est en ce moment à la barre, j’écris cramponnée dans le cockpit, les pieds calés contre l’hiloire bâbord. Heureusement ni l’un, ni l’autre n’avons le mal de mer. Néanmoins ce n’est pas aujourd’hui qu’on se lancera dans de grandes préparations culinaires. Lorsque la houle est forte, il vaut mieux éviter de rester trop longtemps à l’intérieur, c’est propice aux hauts de cœur. Voir les vagues bouger avec soi permet d’adapter plus facilement son corps aux éléments. Un dernier regard vers la poupe. La côte montagneuse guadeloupéenne s’efface peu à peu de notre regard. Avant qu’elle ne disparaisse complètement, je me presse de vous conter les trois dernières semaines que nous y avons passées…
Samedi 25 octobre, Evelyne, la maman de Laurent débarque à l’aéroport de Pointe-à-Pitre en fin de journée. Malgré sa tenue hivernale (arrivée de métropole oblige…), nous l’emmenons directement à la plage du Gosier. Les chaussures encore à la main et le jean remonté aux mollets, il fait bon se tremper les pieds !! Au programme de demain matin, une grande balade sur Grande Terre, l’aile plate du « papillon ». La Guadeloupe est ainsi surnommée car ses terres vues du ciel ressemblent tout simplement aux deux ailes d’un papillon : Grande-Terre à l’est, un vaste plateau calcaire aux formes vallonnées, et Basse-Terre à l’ouest, constituée pour sa majeure partie d’un massif montagneux et volcanique, couvert d’une abondante végétation. Départ de Pointe-à-Pitre de bonne heure (Evelyne devrait pourtant être fatiguée, même pas ! trop excitée par la journée de découvertes qui l’attend !). Nous longeons la côte par la route littorale. Premier arrêt à Ste Anne et son marché, puis St François et la Pointe des Châteaux à l’extrême-est, énorme éperon de falaises abruptes qui affronte la houle atlantique. Etonnant ! C’est aussi là que nous allons goûter notre premier sorbet coco… mmh… Beaucoup d’autres suivront… Cette préparation délicieuse est préparée dans des sorbetières en bois, conservée en actionnant régulièrement une manivelle pour la mélanger et la maintenir au froid. Nous continuons vers le nord, le Moule, l’Anse à la barque… La côte au vent est assez austère, parsemée de sites sauvages comme l’impressionnante Porte de l’Enfer, où des trains de vagues s’engouffrent dans un tracas de tous les diables… En empruntant un sentier menant à l’extrémité des falaises, la vue depuis la Pointe de la Vigie est impressionnante. Ce matin, petit tour au marché de Pointe-à-Pitre, mais au lieu de s’y rendre à pied ou en bus, nous venons quasiment juste devant en bateau ! Avec notre annexe, nous pouvons accoster au cœur même de la ville, dans le bassin de la Darse qui touche l’une des places principale du centre-ville, la Place de la Victoire. Au marché on en profite pour faire le plein de fruits et légumes qu’Evelyne n’a pas l’habitude de cuisiner en métropole : cristophine, arbre à pain, banane plantain, corossol, pomme cannelle, igname et patate douce… On nous demande souvent : Que mangez-vous en mer ? Péchez-vous ? Comment faites-vous sans frigo ? On cuisine tout simplement autrement, mais on cuisine de tout. Pour les fruits, légumes et autres matières premières, on fait nos réserves à terre. Pour la viande, lorsque l’on tombe sur une offre intéressante, on l’achète en quantité suffisante pour remplir une cocotte minute de bocaux que nous cuisinons et mettons ensuite à stériliser une bonne heure. Ces bocaux ainsi préparés peuvent se conserver des mois à température ambiante. Pour le poisson, la pêche… Lorsque les conditions de mer le permettent on laisse filer une traîne derrière le bateau. Mais les résultats de ces derniers temps ne sont pas très convaincants. On en a plus acheté que pêché… Cela vient-il de notre matériel ? de la zone ? du pêcheur ? De toute façon, aujourd’hui la question ne se pose pas, le bateau fougueux avance trop vite pour mettre la traîne. C’est déjà assez périleux d’écrire… Je vais d’ailleurs m’arrêter là, et vous retrouverai tout à l’heure pendant mon quart de nuit.
21 heures, la lune est belle, bien ronde, bien claire. Je reprends la même position que tout à l’heure, mon cahier sur les genoux, mais cette fois je guide ma plume à la lumière rouge de ma lampe frontale. Avec toujours deux ris dans la grand voile, et le génois roulé de moitié, nous poursuivons notre route à 7 nœuds de moyenne. Hercule, le régulateur d’allure, nous remplace à la barre. Touchons du bois, cette dernière version du constructeur fonctionne bien. Naviguer sous régulateur est plus complexe que sous pilote électrique : si le vent tourne, baisse, forcit, le cap du bateau se modifie aussi. Il faut donc surveiller, mais le gros intérêt de ce matériel est qu’il n’a pas besoin de l’énergie des batteries, le vent lui suffit. 7 nœuds, c’est bien, mais pour le coup nous arriverons trop tôt ! Généralement on préfère arriver de jour dans un lieu qu’on ne connait pas, surtout que de nombreux ilets et autres dangers isolés précèdent l’accès au chenal. Mais la lune est claire et d’après les cartes les bouées sont bien signalées. Nous verrons si nous attendrons à la cape le lever du jour. Laurent est censé essayer de dormir un peu, mais le voilà de nouveau sur le pont, trop soucieux par la navigation pour trouver le sommeil sûrement ! Mais tout va bien, Mandragore poursuit sa course. J’ai un peu de temps pour poursuivre mon récit interrompu tout à l’heure. Ou en étais-je ?...
Lundi 27 je crois… Nous changeons de mouillage et nous posons à Saint-Anne, juste devant le Club Med. Jolie plage ! « Sable blanc, cocotiers, mer à 29°C » comme le décrit si bien Evelyne les pieds dans l’eau ! Nous partons le lendemain midi à Marie-Galante. Petite navigation qui nous fera arriver en fin de journée à Port-Louis, mais vers 15 heures, un gros grain orageux nous surprend, qui plus est la poulie d’écoute de grand voile lâche... La baume me tombe sur la tête, mais rien de grave, je m’en tire juste avec un bon bleu sur le haut du crâne ! On répare de manière provisoire en remplaçant cette poulie par celle de l’artimon. Nous arrivons finalement comme prévu juste pour le coucher du soleil… Il n’y a pas que le soleil qui semble se coucher tôt, pas un chat à terre, les rues de Port-Louis sont bien endormies… On en fait de même, il fera jour demain ! Trois communes principales se partagent le territoire, Grand-Bourg, Capesterre et Saint-Louis. Cette grande galette de 160 km², est souvent appelée « l’île aux cent moulins ». Il en subsiste 70 plus ou moins en ruines, mais la culture de la canne à sucre, a fortiori la fabrication de sucre, de sirop de batterie, et de rhum, demeure une activité importante de l’île. Avant de vous emmener sur une autre destination, on se doit de mentionner notre coup de cœur tout particulier pour la beauté d’une de ses plages, celle près de Capesterre au sud-est de l’île, la plage de la Feuillère… Nouvel embarquement ! Nous changeons d’île, nous allons mouiller à quelques heures de là sur une autre dépendance de la Guadeloupe, l’archipel des Saintes. Ce micro-archipel mesurant pourtant moins de 15 km², se compose de deux îles principales habitées, Terre-de-Haut et Terre-de-Bas, trois plus petites, et de nombreux ilets. A la différence de sa consœur Marie-Galante, les Saintes vivent principalement du tourisme, mais l’île n’en demeure pas moins charmante. A pied ou à scooter, nous avons tous les trois beaucoup apprécié notre passage aux Saintes, de jolies plages, de belles balades à pied, un centre-ville agréable... Au sommet du morne Mire, le fort Napoléon offre une très belle vue sur la baie. Parait-il que l’Anse du Bourg (celle où Mandragore est mouillé) pourrait s’enorgueillir d’être classée troisième plus belle baie du Monde après Rio au Brésil et la baie d’Along au Vietnam ! Le Fort Napoléon fut construit par l’empereur du même nom, mais il n’a jamais servi en tant que fort et Napoléon n’y a même jamais mis les pieds ! Il servit de garnison, puis de prison pendant la 2ème Guerre Mondiale. Aujourd’hui il abrite un musée de la marine très intéressant qui retrace l’histoire des Saintes, et plus généralement l’histoire des îles antillaises. Laurent, qui est en ce moment en pleine lecture des récits de combats navals aux Antilles racontés par Aleksander Kent, est d’autant plus sensible aux archives, photos et maquettes exposées. Mais en résumé, l’histoire des différentes îles antillaises se ressemble, une population d’origine amérindienne, chassée et exploitée par l’arrivée des colons européens. Des îles découvertes par Christophe Colomb et autres grands navigateurs de la même époque, espagnols, français, anglais... S’en suivent des batailles entre puissances européennes pour le partage des îles, d’où les nombreux combats navals dans la région. Les fonds sous-marins aux abords des îles sont depuis truffés d’épaves et de trésors enfouis à jamais… Alors que nous rentrons vers le bateau, Laurent reconnait au mouillage « Calmis », l’ancien bateau d’un couple d’amis voileux rencontrés en Martinique, Eric et Simone. Ce bateau a la particularité d’être un ancien bateau de pêche, adapté par la suite à la plaisance. Mais il conserve son moteur d’origine avec démarrage à air comprimé ! Construit en 1907 aux Sables d’Olonne, il a roulé sa bosse comme chalutier sur la côte atlantique. Eric a passé toute son enfance à bord, et vers 30 ans, il est parti avec sa douce traverser l’Atlantique à bord de son bon vieux Calmis ! Navigation réussie sans souci. Aujourd’hui Eric et Simone souhaitent continuer leur circumnavigation et rejoindre l’Australie où la famille de Simone habite. Ils ont donc changé de bateau et transmis le relai à Jean-Marie, le nouveau propriétaire. On se donne rendez-vous pour un barbecue le lendemain midi à bord de Calmis. Longues discussions avec Jean-Marie, l’après-midi est déjà presque passée lorsque nous nous séparons ! On reprend la mer direction Antigua. Nous contournons la Guadeloupe par sa côte ouest. Petite escale à l’îlet Pigeon, le temps d’une belle plongée en masque et tuba et d’une petite nuit… car le lendemain alors que le jour commence à peine à poindre, nous relevons l’ancre. Cap au Nord ! Antigua… Que dire d’Antigua ? Nos impressions sont un peu mitigées. Nous sommes ravis d’y être allés, nous y gardons d’excellents souvenirs, certaines plages et criques sont magnifiques (comme Half Moon Bay), mais s’il fallait faire un classement, elle ne ferait pas partie de nos favorites. Ceux qui veulent faire le tour de l’île à un prix raisonnable comme nous, ne pourrons pas aller bien loin. Evidemment, si vous êtes en bateau, vous mouillerez à English Harbour, ce port étant un très bon abri, notamment en cas de cyclone. Mais de là, pour bouger ailleurs sur l’île en bus, soyez assez patients, car il vous faudra toujours repasser par St John, la ville principale. Et oubliez l’option location d’une voiture ou d’un scooter, c’est hors de prix. Idem pour les courses de fruits et légumes au marché… Quasiment tout est importé de Dominique, je vous laisse donc imaginer. Sur le port des paquebots déversent des touristes par milliers, principalement américains. Non loin de là, des cabanes « spéciales touristes » proposent des souvenirs en tout genre. Bizarrement, tous les prix sont écrits en dollars américains alors que la monnaie nationale est l’EC, le dollar caraïbe. En effet m’explique une vendeuse, les locaux ne viennent pas ici, et les touristes sont quasiment tous américains… alors… alors il n’en demeure pas moins que c’est étrange de voir les tarifs dans une monnaie différente que la monnaie utilisée par la population locale. Mais dès que l’on rentre davantage dans le centre-ville, cela est fini. Etant à quelques jours de l’élection américaine, de nombreuses affiches collées sur les murs arborent « Antigua for Obama, President of America ». Aujourd’hui indépendante, l’île fut découverte comme beaucoup d’autres par Christophe Colomb. La couronne espagnole l’abandonna vue sa sécheresse, mais elle fut récupérée par les anglais (les français ne l’ont occupée qu’une seule année). Les colons anglais y ont alors développé l’exploitation de la canne à sucre. Pour se faire, ils ont fait venir de nombreux esclaves africains, ce qui a rapidement influencé la répartition ethnique de l’île. Aujourd’hui plus de 95% de la population sont d’origine africaine. Nous aurions aimé monter plus haut, pousser jusque Saint-Barthélémy, mais les jours filent et Evelyne doit reprendre son avion dans quatre jours… Nous redescendons en Guadeloupe en vue de nous consacrer à la découverte de l’aile ouest du papillon, Basse-Terre, son volcan la Soufrière et ses environs. Ce volcan, toujours actif, est le point culminant des Petites Antilles à 1467 mètres (Comme le reste des Antilles, la Guadeloupe constitue la partie émergée d’une chaîne montagneuse sous-marine, née de la rencontre des plaques tectoniques atlantique et caraïbe, il y a 55 millions d’années). Après 120 ans d’inactivité, le volcan de la Soufrière connut un réveil brutal en 1956. Mais cette éruption ne fut rien comparée à celle de 1976. En quelques heures, les villages de Matouba et Saint-Claude furent en partie ensevelis. Désormais un observatoire volcanologique surveille son activité constamment. Le spectacle de fumerolles de soufre et de marmite bouillonnante à son sommet valent bien les efforts de la marche qui précède, même ceux du dernier tronçon plus raide (n’est-ce pas Evelyne ! Prête à recommencer !). Petit conseil si vous vous y rendez et que le temps le permet, chut, c’est entre nous… c’est normalement interdit… Passez sur le côté de la barrière où un panneau mentionne « accès interdit », vous accéderez à la partie la plus active du volcan. Le spectacle visuel et sonore est détonant ! Mais on ne peut y rester longtemps. Les nappes de fumées aux odeurs d’ammoniac et de soufre deviennent rapidement handicapantes. Au retour de notre marche, nous profitons d’un témoin de cette activité magmatique, un bain dans une source d’eau chaude, comme on peut en trouver de nombreuses autres dans ces régions volcaniques. Certaines restent naturelles, d’autres sont aménagées pour les visiteurs. Nous profitons de ces derniers jours sur Basse-Terre pour se faire de belles balades en forêts, se baigner parmi les nombreuses cascades de l’île. L’un de nos souvenirs marquants sera aussi la rencontre de Micheline à Petit-Bourg. Habillée de noir, une longue jupe et un tablier, les cheveux tirés, nous faisons sa connaissance dans sa petite fabrique de kassav (elle prépare et vend des galettes de tapioca fourrées d’une délicieuse préparation mêlant coco, sucre et amande amère…). Le lendemain, nous la retrouvons dans une toute autre tenue. Maquillée, coiffée et habillée d’une robe colorée, la robe traditionnelle antillaise, elle attend son passage parmi ses amies. En effet, ce soir, c’est le festival annuel de danse de Kadri ! Chacune des académies de Kadri de l’île et même certaines de Martinique vient faire une représentation devant le public. Cette danse fut apportée par les colons au XVIIème siècle. Les antillais y ont ajouté leurs couleurs et leurs rythmes d’inspiration africaine. Pendant tout notre petit tour de Basse-Terre, nous restons mouillés à Deshaies au nord-ouest de l’île, mouillage bien agréable que l’on le recommande à nos lecteurs voileux. La veille du départ d’Evelyne, nous restons tranquillement au bateau, et qui arrive à la nage, frappant à la coque ! Jérôme (de Catafjord, la famille en catamaran que nous avons rencontrée et revue à plusieurs reprises pendant notre voyage) !! Claire, sa femme, et Enzo, leur fils de deux ans, nous rejoignent dans la foulée ! Quel plaisir de les retrouver. Après un an de navigation, ils viennent de se poser en Guadeloupe, ont tous les deux trouvé du travail dans leur branche, et surprise… Claire nous annonce que… elle est enceinte ! Cette fois, si… il va falloir repartir ! C’est déjà fini… Il faut reprendre l’avion pour Evelyne… Au-revoir ! A la prochaine sur notre bord !! On prend soin de ton masque et de ton tuba ! November 25 Mail envoyé à tous le 25 novembre 2008Bonjour à tous de Saint-Martin ! Nous avons un peu de retard sur nos récits, mais un nouveau carnet de bord et des photos seront très prochainement en ligne. D’ici là, nous vous invitons à lire quelque chose de tout nouveau sur notre site… Nous vous avions parlé d’un échange que nous avions mis en place à la rentrée de septembre avec des enfants qui suivent notre voyage autour du Monde. Régulièrement, nous échangeons, répondons à leur question. Cette expérience est vraiment très enrichissante, autant pour eux que pour nous. Avec Nathalie, leur institutrice, la classe de CE1-CE2 de l’Ecole des Dunes de Barbâtre à Noirmoutier a réalisé des recherches sur les volcans et les DROM-COM. Nous avons mis le résultat de leurs travaux en ligne sur notre blog. Très intéressants ! Pour les consulter, il vous suffit de cliquer sur : http://levoyagedemandragore.spaces.live.com A bientôt ! Laurent et Hélène Exposé sur les volcans réalisé par la classe de CE1-CE2 de l'Ecole des Dunes, Barbâtre, Ile de Noirmoutier, Thomas et Romain1-Vocabulaire lié au volcan I) Complète par les mots : magmatique, lave, magma, fissure, cheminée, éruption.
Tous les volcans ont à peu près la même structure. Sous terre, une …………... venant des profondeurs aboutit à la chambre ………………... : c'est ici que les bulles de gaz apparaissent. Le ………….. continue son chemin vers la surface quand la pression est suffisamment forte pour créer une ……….., ou faire sauter un bouchon de lave refroidie. C'est alors l'…………..., avec son nuage de cendres, ses projections de pierres, et ses coulées de ……………... . Peu à peu, le volcan grandit à mesure que la lave se refroidit sur ses pentes.
II) Relie les mots à leur signification,
cheminée . . matière liquide rejetée par le volcan
cratère . . canal par lequel monte la lave
éruption . . roche fondue à l'intérieur de la terre
lave . . ouverture évasée par où sort la lave
magma . . jaillissement de lave, de gaz, de pierres par un volcan
III) Relie les mots à leur signification.
vulcanologie . . relatif aux volcans
volcanisme . . étude des volcans
volcanique . . ensemble des manifestations des volcans
Les différents types de volcans:
LES VOLCANS EFFUSIFS OU VOLCANS ROUGES
LES VOLCANS EXPLOSIFS OU VOLCANS GRIS
Quand le magma n'est pas trop visqueux, la lave jaillit du cratère sous forme de coulées qui dévalent les pentes du volcan.
Si le magma est très visqueux, les bulles de gaz qu'il contient ont du mal à remonter à la surface. Du coup la pression du gaz dans les bulles augmente. Quand les bulles arrivent enfin à l'air libre, elles éclatent violemment en projetant de la lave à des dizaines, voire des centaines de kilomètres, sous la forme de bombes, de blocs ou de cendres.
Expérience réalisée en classe:
Comment fabriquer un volcan de type effusif?
matériel: un gobelet, un cône en plastique, une cuillère.
du vinaigre, du bicarbonate de soude, du produit vaisselle
Mettre du vinaigre à la moitié du verre puis une goutte de colorant rouge.
Mettre 3 gouttes de produit vaisselle.
Ajouter 10 cuillères à café de bicarbonate de soude.
Puis mélanger le tout avec la cuillère à café.
Voici notre volcan effusif
Expérience réalisée en classe:
Comment fabriquer un volcan de type explosif?
Eau +colorant bouchon efferalgan On met de l'eau colorée dans un tube puis un efferalgan. On met le bouchon.
Alors le bouchon saute comme une explosion.
Voici notre volcan explosif
Pourquoi les volcans se réveillent-ils ?
Le magma qui est monté dans la cheminée lors de la dernière éruption s’est refroidi et solidifié, formant un bouchon. Mais, sous la terre, le magma continue à s’infiltrer dans les fissures du volcan et fait que quand la pression est trop forte, le bouchon saute à la manière d’un bouchon de champagne.
Comment les volcans s’éteignent-ils ?
Peu à peu, les failles par lesquelles le magma remonte se bouchent les unes après les autres. Dans les profondeurs du volcan, le magma se refroidit légèrement et le volcan s’éteint.
Comment sait-on qu’un volcan est éteint ?
C’est très difficile à dire. Certains volcans, qui ne sont pas entrés en éruption pendant des milliers d’années, se réveillent brutalement. On peut juste affirmer que ceux qui n’ont pas connu d’éruptions pendant des millions d’années sont éteints.
Les volcans sont-ils responsables de la disparition des dinosaures ?
Il y a plus de 65 millions d’années, les dinosaures disparaissaient. Deux raisons possibles : une météorite ou une éruption volcanique. Ces deux phénomènes pourtant différents auraient eu la même conséquence : un refroidissement climatique et une importante quantité de poussière dans l’atmosphère. Les dinosaures n’y auraient pas survécu.
Volcan de la soufrière en Guadeloupe (images d’Hélène et Laurent (Mandragore)
Exposé sur les DROM-Com et pays francophones, réalisé par la classe de l'Ecole des Dunes CE1-CE2, Barbâtre, Ile de Noirmoutier (Pierre, Laura et Manon)1-LES DROM- COM
Quelques définitions
Les Drom: « départements et régions d'outre- mer »
Les Com: «collectivités d'outre-mer »
La métropole: « La France métropolitaine et la France d'outre -mer »
Les DROM-COM sont les nouveaux noms des DOM-TOM
La Guadeloupe
Le tout premier nom de la Guadeloupe était Karukera, ça voulait dire : Île aux belles eaux . Quand Christophe Colomb a découvert cette île lors de son deuxième voyage, il lui a donné le nom « La Santa Maria de la Guadeloupa» ensuite devenue Guadeloupe.
2-LES PAYS FRANCOPHONES
November 14 Chapitre 25 : 30 septembre – 25 octobre 2008 : Martinique, Dominique et Guadeloupe
Bonjour à tous ! Pour cette étape, où Amélie, une amie de Noirmoutier, était avec nous, nous vous proposons de lire son carnet de bord (après les photos). Amélie voyage depuis un an en Amérique du Sud (pour consulter son blog complet, cliquez sur http://estrelladelviaje.spaces.live.com), elle nous a rejoints à Grenade pendant près d'un mois. Nous sommes remontés ensemble en Martinique avec une petite escale aux Grenadines, avons vécu le cyclone Omar (mais aucun souci pour notre bateau), sommes partis en Dominique, puis retour en Guadeloupe avec un petit arrêt aux Saintes. Ci-après quelques photos, cette fois légendées, de cette étape... Plongée sous-marine en Martinique, près du port du Marin (Encore Merci à Mary et Michel grâce et avec qui nous avons pu faire cette plongée !) Le marché du port du Marin en Martinique. Parmi les fruits et légumes aux noms ensoleillés, nous avons mangé des maracujas, de la pomme cannelle, des christophines, de l'igname, de la goyave, du chou caraïbe... Nous attendions une bonne fenêtre météo pour monter en Dominique. Nous avons bien fait ! Le cyclone Omar a fait de nombreux dégâts surtout à St Barthélémy, St Martin, la Guadeloupe, mais aussi en Martinique. Ici, Pointe-à-Pitre, et la Pointe du Bout, tout près des Anses d'Arlets où nous étions venus nous abriter. Le ciel en mer... Grand ciel bleu, pluvieux pour la journée, seulement des grains, ou mêlant les deux et nous offrant le beau spectacle d'un arc-en-ciel ! Mandragore pris en photos sous toutes les coutures... On a déjà plein de photos, mais on ne s'en lasse pas, n'est-ce pas ! La vie à bord : nos lessives à la main qui sèchent ensuite sur les filiaires, les repas et apéros dans le cockpit, l'observation de la mer, et plein d'autres choses encore bien sûr ! Nos rencontres en voyage : Mary et Michel, Simone et Eric, Isabelle et Laurent au Marin en Martinique, Roger aux Anses d'Arlets (si vous y allez, allez déguster ses "jus de fruits frais fraichement pressés" de son petit resto devant le port !), Fabienne, Bernard et leurs deux enfants en Dominique... Paysages de Dominique : plages de sable fin, chutes d'eau, forêts tropicales, rivières... Balade en pirogue et petite baignade dans la rivière indienne en Dominique : La flore... Carnet de bord écrit par Amélie, 30 septembre - 25 octobre 2008, Grenade, Martinique, Dominique à bord de Mandragore... : Et enfin, me voici à bord de Mandragore, aventure tant rêvée ou je vais pouvoir enfin me forger le pied marin et alimenter, c'est sûr, de nouvelles passions amoureuses (avec la mer bien sur!)... je passerai les détails de mon arrivée fracassante où au lieu de retrouver l'équipage, je dormis dans un hôtel hors de prix, en face du mouillage du voilier ! Mais c'est bon, j'y suis ! et j'ai bien l'intention d'en profiter au maximum. Hélène et Laurent sont donc des amis de Noirmoutier, partis, eux aussi il y a un an, à la poursuite de leur rêve, le tour du monde en voilier ! magnifique non ? et quelle chance j'ai moi aussi de pouvoir les rejoindre a bord pour un mois de navigation dans les Caraïbes. Mandragore est un beau ketch de 15 mètres de long. Sa coque est en ferro-ciment, mélange donc de ces deux matières. ketch signifie un deux mâts, le plus court (mât d'artimon) placé à l'arrière. Lorsque le plus court est à l'avant (mât de misaine), c'est une goélette (eh oui j'ai appris le voc marin maintenant! j'en aurais plein d'autres à vous sortir...). Il est vieux de 30 ans mais rigoureusement maintenu par notre équipage et parait toujours fringuant comme lors de ses premières sorties en mer (je suppose!). Un très beau voilier en tout cas, à la coque noire et fine, il taille la route dignement. Très spacieux, un beau carré, avec la cabine des capitaines à l'arrière tandis que les apprentis matelots dont je fais partie logent à l'avant. Ca défile d'ailleurs, il a du succès Mandragore ! Je suis en effet précédée par un couple d'amis de Laurent qui nous quitteront quelques jours après mon arrivée, et après moi c'est la maman de Laurent qui viendra profiter du fougueux voilier. Nous nous retrouvons donc tous à Grenade, belle île à la population noire parlant exclusivement anglais, tous très aimables et gentils. Nous n'y passons pas beaucoup de temps malheureusement car il faut ramener François et Circée à l'aéroport de Fort de France. Nous remontons tels des éclairs les Grenadines, faisant une halte dans une baie magnifique, où la mer des Caraïbes joue à narguer l'Océan Atlantique, à travers un mince filet de terre. C'est d'ailleurs cette soirée-là que François demandera la main de Circé... (wahooo). Nous repartons le lendemain pour une nav' de 14h jusqu'à Sainte Lucie, île anglaise juste en-dessous de la Martinique. C'est l'occasion pour moi de découvrir les magies de la navigation de nuit, d'autant que nous sommes gâtés, le ciel est dégagé et magnifique, et les étoiles brillent de milles feux. Bon, Laurent ne dira pas la même chose lui qui a veillé lorsque nous étions principalement au moteur et quand ça tapait beaucoup. J'ai eu de la chance, me réveillant à 4h du mat', le vent se levait juste. Hélène était déjà à son quart, nous avons pu ensemble rêver sous les étoiles aux bruits de l'eau sur la carène et du vent dans les voiles. J'ai peu de mots pour décrire ce que j'ai ressenti, mais ça y est, je me voyais déjà accro et grande navigatrice parcourant le monde sur son fidèle voilier ! même si la vaillante aventurière avait jusque là de sévères difficultés à être dans le bateau lorsque celui-ci avançait. Et oui, le pied marin ça s'apprivoise, ça vient pas comme ça quoi ! Il faut de la pratique, du souffle, un estomac bien accroché et de la mo-ti-va-tion! Un peu chaud au début, limite le mal de mer... Enfin, un magnifique souvenir que de tracer la route sous les étoiles. Tout est plus silencieux, plus important, prend une autre consistance et un autre mystère. C'est un temps privilégié, propice à l'introspection et aux pensées poétiques. Nous arrivons à Sainte Lucie après une aurore lumineuse, vite rattrapée par des amas de nuages pluvieux qui jouent à se poursuivre sur l'immensité de la mer, créant ça et là quelques arcs en ciel. Je fais la connaissance d'Eric et Simone, déjà amis de l'équipage que nous devons ramener jusqu'en Martinique. On a de la chance, c'est Friday Night, la nuit des sorties, repas sur le pouce en ville et bière à gogo dans les rues ! Et nous arrivons au port du Marin, trou à cyclone, le plus gros port de plaisance des petites Antilles, situé au sud de la Martinique. Simone et Eric nous quittent, et commencent une semaine tranquillette au mouillage en attendant de reprendre leur boulot de skipper et cuisinière sur des voiliers de charters. Un peu trop tranquille d'ailleurs, nous commençons à tourner en rond, mais sommes un peu coincés à cause des pluies fréquentes et de la menace d'une tempête tropicale pour la semaine prochaine. Notre prochaine étape est la Dominique mais cette île ne possède pas d'abri pour les voiliers, il est donc plus prudent d'attendre et savoir ce que devient cette fameuse tempête. Bien nous en prend car nous apprendrons que c'est un cyclone qui se prépare, Omar, le 15ème de l'année. Un autre couple d'amis, Mary et Michel, nous emmène généreusement plonger avec des bouteilles (ce sera mon baptême !) près du canal d'entrée au port, et l'expérience constitue aussi un souvenir fort de ce dernier mois. Quelle magie en effet que de pénétrer dans ce monde bleu et silencieux (enfin mis à part le bruit entêtant de notre respiration !!). Observer les poissons et leurs comportements, tous différents. Les petits noirs nerveux qui défendent jalousement leur morceau de caillou, ceux qui se déplacent en bande, dans un ballet silencieux et parfait, les solitaires, errants d'un récif à l'autre, les bleus phosphorescents, les rayés jaunes et noirs, les poissons clowns, les plats, les gris, les transparents, et les étoiles de mer !!! Grosses et parfaites, elles sont écrasées sur le sol et ne bougent pas. C'est comme un paysage à l'envers, la tête en bas, avec un fin miroir souple et transparent qui nous sépare du monde de l'air, miroir où se reflètent nos mains lorsqu'elles brassent pour nager. C'est beau, très beau, et très touchant. L'appareil photo ne pourra malheureusement pas retranscrire toute cette magie, mais quelle liberté le corps atteint lorsqu'il voltige ainsi en totale apesanteur dans cet élément magnifique qu'est l'eau, devenant souple et aérien, subtile et léger... Sûr que notre mémoire cellulaire est activement sollicitée lors de ces immersions dans cet élément premier et pré-natale. Enfin, j'adore, et j'en profite a fond. Mais la semaine est longue et nous commençons à nous ennuyer ferme de ce repos forcé, même si il est permet de mettre à jour blog et photos, c'est de l'action auquel nous rêvons nous, pauvres marins cloitrés au port ! Alors nous prenons la mer, malgré la pluie et le ciel gris. A t'on déjà prosé sur la poésie d'un jour de pluie sur la mer silencieuse ? Ce drôle de « cotonnement » dans l'air et sur l'eau ? non ? Avec raison parce qu’il n’y a pas grand chose à en dire. Arrêt à petite Anse, après 4h de nav' en remontant au nord, toujours en Martinique. Petite plage mignonette, barques de pêche de couleurs et bières au soleil. (J'ai retrouvé la Leffe, quel bonheur !). Nous traquons les tortues mais elles se refusent à notre regard, seul Laurent aura l'œil assez aiguisé pour apercevoir quelques têtes parfois, remontant à la surface pour venir y respirer. Il parait que ca va barder, nous avons la confirmation par la météo, que nous écoutons plusieurs fois par jour, que c'est un cyclone qui se prépare et qu'il passera sur St Martin, au nord de la Guadeloupe dans deux jours. Il faut trouver un mouillage sûr, d'autant qu'il est annoncé une houle de 2m sur les côtes Ouest des iles, là où tous les ports sont situés, du coté de la mer Caraïbes, là où rien n'est préparé... Mais Laurent, en marin aguerri, nous dégotte une baie du tonnerre de dieu, à l'abri de vent et marées. Et nous partons nous y abriter, serrant les fesses pour que Mandragore y soit bien protégé...
Il est intéressant d'observer un peu ce que met en cause le fait de poser les pieds sur un bateau (et y vivre quelques temps bien sur...). C'est un peu prendre conscience de sa place sur terre, d'une manière ou d'une autre, on est obligé de s'en informer. Calculer la position du bateau, les latitudes, longitudes, s'informer de la météo, observer les étoiles la nuit, la force du vent, les nuages qui s'accumulent à l'est, au-dessus des îles, le sens de la houle, sa force. Prendre conscience en quelque sorte de son environnement extérieur et naturel qui donne une foule d'indices sur ce qui se passe autour de nous. Plus encore sur un bateau, il s'agit d'anticiper. Mais cette relation à l'extérieur, à la nature, bien entendu nécessaire sur un bateau, nous montre aussi une voie d'observation et d'harmonisation avec notre environnement, acte dont nous sommes bien souvent coupés. C'est encore une fois, une question de regard. Petit résumé peut être de la leçon principale de cette année où il s'agissait d'ouvrir les yeux au monde, et de s'en émerveiller............................ la magie de la mer. Oui c'est sûr, c'est plus facile à dire lorsque l'on y passe quelques jours ou semaines et que l'on évite ainsi toute la maintenance du bateau, qui occupe plus ou moins 75% du temps du marin voyageur. Il faut en effet toucher à tout sur un bateau, non seulement la navigation, mais aussi savoir entretenir la mécanique du bateau, le guindeau de l'ancre, l'évacuation des eaux usées, les voiles, la coque, l'outillage de navigation tel que le gps, le pilote ou tout simplement le moteur. il faut être rigoureux et écrire à chaque déplacement du bateau un résumé sur le carnet de bord, sorte de boite noire du voilier. il faut aussi penser à l'énergie produite et consommée. Dans le cas de Mandragore, c'est le moteur qui produit tout. Laurent et Hélène n’ont pas d’éolienne, ni panneau solaire, seule un petit panneau qui maintient la charge, mais ne peut recharger les batteries. Ils comptent s’équiper sur Saint-Martin où les tarifs sont parait-il plus intéressants. Le navire est aujourd’hui indépendant en énergie, ce qui est très intéressant mais un minimum contraignant. Il faut aussi penser au ravitaillement en eau potable, en nourriture, en gasoil... C'est donc aussi une projection dans l'espace qui nous force à l'auto-gestion et à la responsabilisation de notre consommation. Un bateau, c'est donc une maison sur l'eau qui fait de vous un navigateur explorateur, un bricoleur, cuisinier et couturier ! Et le temps sur l'eau produit un drôle d'effet de retour à l'intérieur aussi, comme si l'élément liquide possédait réellement des qualités de connexion aux émotions, à des pensées rêveuses ou constructives. Même si le temps passe vite, une foule de choses se passe en nous alors que nous regardons le mouvement du voilier sur l'eau, les voiles qui se tendent sur le ciel... Le regard qui s'use parfois à scruter la mer à la recherche de ces dauphins tant attendus ! C'est fou d'ailleurs ce que l'esprit peut inventer comme visions folles lors de ces heures passées à rêver sur la crête des vagues… Je suis bercée par mes lectures, suis tour à tour exploratrice et navigatrice invétérée aux cotés de Moitessier dans « La Longue Route », puis vit au temps des grandes batailles navales et tremble sur le pont du trois mâts de « Bolitho », héros d’Alexender Kent, lorsque l'ennemi s'approche et que le combat devient inévitable. Ce voyage dans l'espace se transforme parfois en voyage dans le temps et double encore une fois d'une autre consistance cette expérience sur l'eau.
Retour sur nos aventures. nous avons donc trouvé un mouillage sûr pour Mandragore, et avons assisté, impuissants, aux déferlements des vagues sur la côte ouest de la Martinique, là où les ports de plaisance sont installés et où les pontons se sont faits dévastés. Tristesse de voir ces quelques bateaux balayés par la houle venir s'échouer sur le rivage, et en même temps, spectacle effrayant et captivant de la mer qui se déchaîne. C'était d'ailleurs curieux car il n'y avait pas du tout de vent alors que la mer à nos pieds vomissait tonnes d'embruns et déchets sous marins. Il a beaucoup plu ce jour là, et nous avions justement décidé de louer une voiture pour visiter le nord de la Martinique, que je ne connaissais toujours pas. Bon, la Martinique sous la pluie ne me laisse pas de souvenirs extraordinaires. Nous décidons au retour de passer à Fort-de-France, sa capitale. Il est 18 heures et la ville est déserte, pas un chat, ni souris d'ailleurs. Quelle déception, nous qui voulions danser ! Le hasard de nos pas nous conduit au front de mer, et là un spectacle magnifique nous attend. Le remblai, espace mangé sur la mer, a été agrandi peu de temps auparavant, et une zone de 5 mètres de large borde l'accès à la mer sur laquelle des bouches d'aération sont plantées tout les 3 mètres. Dessous c'est la mer. Elle s'énerve de plus en plus d'ailleurs, et nous envoie son mépris par de puissantes vagues. Il fait nuit et l'effet est d'autant plus saisissant, car les trous percés dans le sol, avec la pression des vagues qui se jettent contre le rivage, nous permettent en quelques sortes d'écouter la voix de la mer. C'est une sorte de respiration, rythmée par le va et vient de la houle, parfois des plaintes aigues ou lugubres, mais toujours une voix qui semble venue d'ailleurs, de très très loin. Nous sommes nombreux à assister à ce spectacle et à le commenter, car il est rare et d'importance en effet ! Nous assistons, émerveillés, à une symphonie de voix et de trompettes venues directement des profondeurs des océans. Une vraie cathédrale d'eau. Moments magiques d'osmose avec l'élément liquide, concert de tempête, aspirations, expirations, éclaboussures et mugissements.......... et la tempête finit par passer. Et nous reprenons la mer, enfin! La Dominique est en face de nous, à une journée de mer. la navigation est excellente, le soleil clair et brillant et le vent souffle bien, même si un bateau nous fait l'affront de nous doubler. Il doit être plus léger, sûr, ou peut être au moteur qui sait... Ces skippers payés par les agences ne regardent pas aux dépenses en gasoil, c'est bien connu (!...)… Combien d'heures passées à regarder la mer ? A rêver, s'envoler, s'imbiber de ce paysage mouvant où les nuages répondent à la mer et changent constamment de formes. Deux ailerons passent à quelques mètres mais ne daignent pas s'approcher… Tant pis, la rencontre avec ces cétacés sera pour une prochaine fois… Nous passons deux jours et trois nuits en Dominique, où il nous est bien difficile de trouver un ponton encore entier (on en trouve pas d'ailleurs). La Dominique est donc située entre la Martinique, au sud, et la Guadeloupe au nord. Elle se sent un peu laissée pour compte avec ses voisins bien développés qui bénéficient d'une aide extérieure française. Elle a peu de plages, et se dresse tout de suite en hautes montagnes alors qu'à 50 mètres du rivage, les fonds sont déjà à 200 mètres (plus ou moins). Très tropicale, elle est couverte d'une végétation touffue et luxuriante de forêt tropicale et 365 cours d'eau la parcourent. Encore protégée du tourisme de masse, ses espaces sont vierges, la population, black, parle anglais et on y trouve beaucoup de rastas à l'accent traînant. Peu de passages, donc beaucoup d'empressements de la part des locaux qui nous nous courent après pour nous faire visiter l'ile et que nous usions de leurs services plutôt que ceux du voisin. Nous nous retrouvons le premier soir à manger dehors, près du feu, un risotto fort goûtu, cuisiné par deux rastas défoncés, mais sympathiques. Le lendemain, on craque pour un tour à 80 euros la journée pour nous trois (gloup, quand même !), et partons à la découverte de l'ile. Le guide très sympa, nous fait la totale et zélé, s'arrête même plusieurs fois sur le bord de la route pour nous faire découvrir telle ou telle plante. C'est beau la Dominique, et sauvage en plus. C'est comme un bout de forêt planté sur l'eau, avec des hauteurs au milieu en plus. Retour au bateau, baignade, repos. Le lendemain, nous allons faire un tour à la Rivière Indienne, appelée ainsi parce que les indiens caraibes y vivaient et péchaient je suppose. Guidés par Friday, connaissance d'Hélène, le tour est sympa et ponctué de rires. C'est amusant d'ailleurs de constater les noms employés sur cette île, un certain manque d'imagination peut être ? Déjà que la Dominique s'appelle ainsi parce qu'elle fut découverte un jour dominicale... La dernière soirée, nous rencontrons un couple de français exilés par ici, et ils nous invitent à aller manger et se doucher chez eux. Sympa! après un petit déjeuner à l'aube avec la petite famille venue nous visiter, nous faisons cap vers les Saintes, premier archipel dépendant de la Guadeloupe. Mouillage très prisé parait-il des plaisanciers des Antilles, le lieu est en effet agréable avec son petit port, ses pêcheurs et son ambiance nonchalante. Nous partons à la découverte de ses plages et le temps défile sans que l'on puisse l'arrêter. Nous sommes le 22 octobre, et la maman de Laurent arrive dans deux jours. C'est déjà la fin de mon séjour sur Mandragore, et il a un goût de trop peu ! Une dernière navigation ensemble, sous un soleil radieux qui finit bien proprement de m'imprimer des marques sévères de maillot, sur ma peau qui semble ainsi me rappeler le temps passé ici sur l'eau. La dernière soirée tombe à l'eau (nous voulions sortir) car le moteur de l'annexe ne marche plus et nous sommes trop loin de la côte. Qu'à cela ne tienne, les étoiles nous tiennent compagnie, nous parlant de milles histoires et légendes, scintillant d'une lumière particulière pour ce dernier soir sur l'eau… Le temps d’une visite à Pointe à Pitre, quelques pas de repérages sur la terre, Laurent et Hélène sont déjà partis de leur côté et moi du mien, avec Alex, qui sera mon hôte pendant quelques jours... et seule de nouveau... Je profite savoureusement de mes derniers moments sur les plages paradisiaques de la Guadeloupe, méditant sur les beaux souvenirs de ce formidable voyage.......................... Seule, de nouveau, mais avec de nombreuses pages blanches, qu'il m'appartient de remplir, de la forme qu'il me plaira ! November 06 Mail envoyé le 6 novembre 2008Bonjour !
En attendant la mise en ligne du carnet de bord de Martinique-Dominique-Les Saintes, grosses bises à tous d'Antigua, une ile au nord de la Guadeloupe (anciennement anglaise et indépendante depuis un peu plus de 20 ans). Nous rejoignons demain la Guadeloupe, et visiterons plus particulièrement Basse Terre, l'aile gauche du "papillon guadeloupéen".
A bientot !
Laurent et Helene October 16 Mail envoyé le 16 octobre 2008Bonjour a tous !
Nous attendons depuis la Martinique une météo plus clémente pour remonter plus au nord vers la Dominique puis la Guadeloupe. Vous avez sûrement entendu parler du cyclone Omar qui sécit en ce moment sur les Antilles, surtout sur St Martin, les îles vierges, la Dominique, mais aussi en Guadeloupe et un un peu en Martinique. Heureusement, nous sommes dans un trou à cyclone bien protégé aux Trois ilets. Mandragore se porte bien. Depuis la Pointe du Bout, dans le cyber où nous vous écrivons, non loin des Trois ilets, l'ouragan a déjà fait des siennes, un ponton a coulé cette nuit, un restaurant dévasté, des bateaux échoués sur la côte... La tempête devrait se calmer à partir de demain.
Grosses bises a tous ! Chaleureuses pensées pour chacun.
A bientot !
Helene et Laurent October 14 Chapitre 24 : 31 juillet – 16 septembre 2008 Aller-Retour en France / 16 septembre – 9 octobre les petites Antilles d’île en île : Martinique, St Vincent, Ste Lucie, Les Grenadines, Grenade…
Cela fait bientôt deux mois et demi que je n’ai pas repris la plume sur le blog. Notre dernier carnet de bord date de la veille de mon retour en métropole le 29 juillet dernier… Aujourd’hui 9 octobre, Laurent bricole sur le bateau, je me suis éclipsée pour quelques heures à terre, j’écris à nouveau depuis le port du Marin en Martinique, assise dans le même café, le « Mango Bay », à la même place, tapotant sur le clavier de mon ordinateur et accédant à internet grâce à l’accès wifi, mais entre ces deux dates beaucoup de choses se sont passées. Retrouvailles de nos familles et amis en métropole, le lancement d’un échange régulier avec des enfants qui vont suivre notre voyage (deux classes de Noirmoutier et des enfants hospitalisés à Angers et au Mans), la découverte des Grenadines et de Grenade avec Circé et François (un couple d’amis venus nous rejoindre pendant trois semaines), les bons moments passés avec nos amis du Marin, et depuis quelques jours l’arrivée d’Amélie, une amie de Noirmoutier que nous accueillons à notre bord jusqu’en Guadeloupe. Demain matin, une page se tournera. Nous reprendrons la mer, remonterons la côte ouest de la Martinique, puis direction l’île de la Dominique, et la Guadeloupe… Avant de résumer les temps forts de nos dernières semaines de mer et de découvertes des îles Grenadines et Grenade, je vais vous parler davantage de cet échange avec les enfants évoqué plus haut… Etant en France au moment de la rentrée scolaire, nous avons proposé à des professeurs des écoles et des éducateurs en milieu hospitalier que nous échangeâmes avec les enfants pendant notre voyage. Nous pourrions ainsi répondre à leurs interrogations, le fonctionnement d’un bateau, la vie en mer, leur faire découvrir de manière plus concrète les parties du globe que nous traversons, travailler avec eux sur l’histoire, la faune, la flore, les différentes cultures de ces pays, les sensibiliser à des sujets forts tels que la protection de notre planète et le respect des cultures qui nous entourent… Tout cela grâce à un échange régulier via internet, photos, vidéos, textes, mais aussi nos discussions en direct grâce à « msn » et nos webcams interposées. Deux classes de Noirmoutier participent cette année, celle de Nathalie Charrier en CE1-CE2 à l’Ecole des Dunes de Barbâtre, et celle de Catherine Chesnier en CP-CE1 à l’Ecole de la Guérinière. Un échange est également mis en place de manière personnalisée aux enfants hospitalisés en long séjour à Angers et au Mans, avec le soutien de Matthieu Bizet, éducateur au CHU d’Angers et Jacky Lacroix et Sophie au Mans. Vous aurez donc parfois l’occasion de voir en ligne sur notre blog certains extraits des travaux des enfants…
16 septembre, c’est aussi le jour de nos deux ans de mariage avec Laurent. Je débarque de l’avion à Fort de France. Laurent, Circé et François viennent me chercher. Une heure plus tard, je retrouve Mandragore, sa belle coque noire, son intérieur dans lequel je retrouve rapidement mes marques. Il est toujours aussi beau, embelli des derniers travaux et améliorations que Laurent a réalisés le mois dernier. La nuit tombe, nos amis Mary et Michel, ainsi qu’Eric et Simone nous rejoignent pour un apéro-dîner. Le lendemain Antoine et Sébastien, des amis d’Angers, sont en vacances pour la semaine en Martinique. C’est pour eux l’occasion de naviguer avec nous du Marin à Ste Anne. La distance est courte, le vent est assez faible, mais pour fêter leur venue, nous hissons toutes voiles dehors ! et profitons de plonger depuis le bateau à notre arrivée.
Nous poursuivons notre navigation à quatre vers les Grenadines, la première île se trouvant à 110 miles, cap au sud ! Les deux premiers jours, les conditions météo ne nous sont pas favorables. Pluies régulières et vents de face nous contraignent à faire escale le soir même à l’Anse Cochon sur l’île de Sainte Lucie, puis le lendemain pas beaucoup plus loin, à la Soufrière, toujours à Sainte Lucie. Cette petite ville portuaire tient son nom du volcan et ses sources sulfureuses où jets de vapeur et fumerolles s’échappent encore aujourd’hui du sol. On retrouve le terme de « soufrière » dans plusieurs îles des caraïbes, comme à St Vincent, sur l’île de la Dominique, en Guadeloupe… Dernière escale forcée à cause de la pluie et des faibles vents de face, à Wallilabu sur l’île de St Vincent. On nous en avait dit méfiance, car des voiliers ont déjà été victimes d’agressions sur différents mouillages de l’île, mais finalement nous serons ravis de cette escale, tranquille et paisible à nos yeux. Nous apprendrons en débarquant que cette baie verdoyante servit de lieu de tournage pour une partie du film les Pirates des Caraïbes. Nous y retrouvons encore certains éléments de décor, canons, tombes de pirates, maisons… Un vendeur d’artisanat local portant un petit sac à dos « Pirate des Caraïbes » est fier de nous raconter qu’il a joué comme figurant marin dans le film !
Le beau temps est avec nous ! et cette fois il ne nous quitte plus jusqu’à notre retour en Martinique ! Les Grenadines… un archipel d’une trentaine d’îles, fidèles aux clichés de nos cartes postales, du sable blanc, des cocotiers, une mer turquoise, et des magnifiques spots de plongée sous-marine… D’île en île, nous naviguons par petits sauts de puce, Bequia, Canouan, Mayreau, Tobago Cays, Union, Petit Saint-Vincent. Sandy Island. L’un des avantages de naviguer à cette saison est que nous sommes très peu de bateaux, deux ou trois, parfois tout seul, alors qu’en pleine saison de novembre à juin ils peuvent se compter par plusieurs dizaines largement. Chaque île a son charme, ses attraits et ses atouts... Si l’on nous demandait de faire un classement ? Nous aurions bien du mal à répondre. En citer deux que nous avons préférées ? L’équipage s’accorde à répondre « Tobago Cays » et « Mayreau ». « Tobago Cays » pour sa plus belle plongée en masque et tuba, sa barrière de corail et sa multitude de poissons, ses tortues, son île voisine déserte « Petit Tabac », et peut-être aussi pour la frousse de François à la vue de son premier requin ! Mais rassurez, les quelques uns que nous avons pu voir sous l’eau étaient petits (moins d’1m50) et bien indifférents à notre présence, a priori pas dangereux. Néanmoins dans ces moments-là, on ne fait pas le malin, et on préfère vite rejoindre le pont du bateau ou la terre ferme ! L’île de « Mayreau »… et notre mouillage à Salt Wisthle Bay… Les premières images qui surgissent de ma mémoire sont ces trois raies attirées de nuit par la lumière du bateau et de notre lampe torche. Pendant près de trois heures, elles ont offert un joli ballet à Mandragore et pour nous un magnifique cadeau ! Trois raies de couleur sombre tachetées de blanc…. Mayreau, c’est aussi son petit village surplombant l’île à une vingtaine de minutes à pied de notre mouillage, la gentillesse de ses habitants, et comme beaucoup d’îles paradisiaques des Grenadines la beauté de ses plages, ses pélicans plongeant avec fugacité dans les bancs de poisson pour pêcher, ses cocotiers penchés vers la mer, comme s’ils cherchaient à protéger du soleil toute âme allongée sur le sable blanc et chaud à leurs pieds… A certains endroits, l’île n’est large de quelques dizaines de mètres. Nota Bene pour l’île Petit Saint-Vincent, ne faites pas comme moi en voulant goûter des fruits en chemin. Si c’est un petit fruit jaune ressemblant à une mirabelle, ne le goûtez pas, c’est un poison. Je l’ai pourtant juste touché de la langue, mais s’en est suivi la gorge qui brûlait et un mal de tête pendant deux bonnes heures. A part cette gêne temporaire, tout l’équipage fut en pleine forme tout au long des trois semaines. La vie à bord tous les quatre s’organise autour des manœuvres en navigation, la cuisine, les baignades et plongées, mais aussi… la pêche de François ! Malheureusement malgré toute sa bonne volonté et ses heures de patience, il n’a rapporté qu’un poisson ! La vie en mer, c’est aussi
Nous quittons les Grenadines pour l’île de Grenade où nous récupérerons Amélie, une amie de Noirmoutier pour trois semaines. Elle réalise un voyage seule en sac à dos depuis près d’un an en Amérique du Sud. Notre navigation est presque sur sa route. Elle s’organise pour nous rejoindre sur l’île de Grenade. Nous mouillons dans le bassin à l’intérieur du port. La ville de Saint-Georges a ce charme d’être au pied du port. Lorsque l’on débarque, l’on est déjà en plein centre-ville. Nous En avance d’une journée sur l’arrivée d’Amélie (finalement elle arrivera la veille, mais je passe les petites galères pour se retrouver !), nous profitons de louer une voiture pour découvrir l’intérieur de l’île, les cascades « Annadale Falls », « Grand Etang Lake » un ancien volcan, puis « Seven Falls ». Ce dernier site est à ne pas manquer ! Au départ, nous ne pensions pas prendre de guide. Vu qu’il ne coûtait que 2,50 euros par personne et que nous avions lu que sa présence était indispensable, on le prend, finalement nous n’avons nullement regretté ! On s’est retrouvé à faire du canyoning à la locale, s’engouffrant dans des endroits où nous ne serions jamais allés par nous-mêmes. 1ère chute nous nous baignons à son pied, mais ensuite nous crapahutons de chute en chute, certaines plus impressionnantes que d’autres jusqu’à la dernière… aie aie aie… grosse peur 12 mètres ! ça fait haut ! et puis après quelques hésitations, finalement on se lance ! C’était excellent mais ça fait quand même haut !
Le retour en Martinique se fait donc à cinq, Amélie s’ajoutant à notre équipage, puis sept avec Eric et Simone, entre Sainte-Lucie et le Marin en Martinique. En effet, Eric et Simone sont venus déposer leurs voiliers ici pour plusieurs mois, ils cherchaient un bateau pour revenir en Martinique. Notre escale un vendredi à Rodney sur Sainte-Lucie nous permet de profiter du « Friday Night », fête locale hebdomadaire, tout le monde mange et boit dans la rue, le tout dans une très bonne ambiance. Samedi 4, 17h nous arrivons au mouillage au Port du Marin, quelques heures avant l’heure de départ du vol de Circé et François pour la métropole. Tout s’enchaîne très vite, les voilà déjà partis… Nous restons quelques jours au Marin le temps de refaire les pleins d’eau, de nourriture, profiter des amis encore un peu, et puis il faut dire au-revoir, Mary et Michel, Eric et Simone, Alain et Marie-Laurence… Au-revoir ! A bientôt ! pour certains peut-être on se retrouvera dans le Pacifique… October 07 Chapitre 24 bis (écrit par Circé et François, un couple d’amis venus nous rejoindre 3 semaines à bord) : 13 septembre – 04 octobre, les petites Antilles d’île en île : Martinique, St Vincent, Ste Lucie, Les Grenadines, Grenade…Nous avons passé trois semaines avec Laurent et Hélène à bord de Mandragore. Ce carnet de bord s’adressera en particulier à ceux qui comme moi ne sont pas marins et qui n’ont qu’une légère idée de la vie à bord d’un voilier.
13 septembre, arrivée à Fort de France. Laurent nous accueille et nous conduit au port du Marin. Un peu plus loin se trouve une zone de mouillage, appelée communément « trou à cyclone », car bien protégé du vent grâce à la mangrove. C’est ici que Mandragore et d’autres voiliers ont choisi de s’abriter pendant la période cyclonique. Cette période s’étend de juin à novembre, mais les risques les plus importants sont d’août à septembre. Les cyclones se forment au Cap Vert, traversent l’Atlantique, arrivent aux Antilles, et généralement dévient leur route pour remonter plus au nord des Caraïbes. Nos amoureux de la mer ne feront donc pas route vers la Guadeloupe avant fin octobre. Nous ferons route ensemble cap au sud pour rejoindre les Grenadines et Grenade. Hélène profite encore de ses proches en France et nous rejoindra le 16 septembre. Ces trois jours nous permettent de visiter le Marin et ses environs, de prendre nos marques sur Mandragore et de faire connaissance avec les amis de Laurent et Hélène, qui ont eux aussi abrité leur voilier dans la mangrove. Nous rencontrons en particulier Mary et Michel, un couple très sympathique de français qui a décidé de travailler plusieurs mois ici le temps de mettre des sous de côté, ou selon leur expression « refaire leur caisse de bord ». Nous rencontrons aussi Eric et Simone. Lui est français, elle est australienne. Ils travaillent tous deux à bord de voiliers de locations, lui comme skipper, elle comme hôtesse. Ils ont l’intention de rejoindre la Polynésie en début d’année prochaine, donc à priori ils recroiseront la route de Mandragore. Avec Laurent, nous faisons une première navigation (« nav’ » dans le langage bien particulier des marins) de 3h pour rejoindre les Anses d’Arlet, petites baies à quelques miles au nord du Marin. Avant de continuer j’ai envie de faire un petit aparté sur les termes spécifiques aux marins. En effet, on a l’impression qu’ils ne peuvent pas se contenter de parler comme tout le monde ! Il existe des appellations particulières alors que la langue française nous offre déjà des mots pour ça ! Par exemple, on ne dit pas une « corde » mais un « bout » (et l’on prononce « boute »), on ne parle pas de droite et de gauche, mais de « tribord » et de « bâbord », on ne dit pas « tirer » et « lâcher », mais « border » et « choquer », etc. Pour compliquer tout ça, les distances ne sont pas en kilomètres, mais en miles (1 mile = 1,8 km) et les vitesses ne sont pas en km/h ou en mile/heure mais en nœuds (1 nœud = 1 mile/h). Je pensais que toutes les fenêtres sur un bateau s’appelaient des hublots. Mais non ! Les hublots sont seulement les ouvertures qui sont sur la coque. Celles qui donnent entre l’intérieur du bateau et le pont s’appellent des panneaux de pont. Encore quelques termes marins pour mieux comprendre la suite de mon récit... En bateau lorsqu’on s’arrête, soit on va au port et on s’amarre à un ponton (et c’est payant), soit on se met un peu plus au large et on jette l’ancre. Cela s’appelle « mouiller ». Pendant nos trois semaines, nous n’avons fait que des mouillages et c’est lorsqu’on est au mouillage que l’annexe (le petit zodiac à moteur) se révèle très utile pour rejoindre la terre autrement qu’à la nage ! Retour à l’Anse d’Arlet où nous avons passé une nuit. C’est ici que nous avons aperçu nos premières tortues. Equipés de nos masques et tubas, nous réalisons notre première rencontre avec la faune sous marine… Notamment je garde le souvenir de ces poissons trompettes, 20 cms de long, très fins et une bouche en forme de tête de cheval.
Mardi 16 septembre, au programme de la matinée, grosses courses afin de remplir les placards de nourriture pour trois semaines, plein de gasoil et d’eau (nous avons 400 litres d’eau douce à bord). Nous allons accueillir Hélène à l’aéroport, retrouvailles de nos aventuriers qui ne se sont pas revus depuis près de 2 mois. Nous avons convié Mary, Michel, Eric et Simone pour un apéro-dîner à bord. C’est aussi l’occasion de fêter les deux ans de mariage d’Hélène et Laurent. Le lendemain matin, Antoine et Sébastien, des amis d’Hélène de passage en Martinique, nous rejoignent le temps d’une petite navigation entre le Marin et Ste Anne. Après un bon repas à bord et une baignade, nous les laissons au port de Ste Anne et mettons le cap vers Ste Lucie. Au programme de notre voyage d’île en île : Ste Lucie, St Vincent, les îles Grenadines (parmi elles, Bequia, Mayreau, Tobago Cays, Union, Petit St-Vincent, Cariacou), Grenade. La plus grande navigation est entre Ste Lucie et Bequia (110 miles). Ensuite ce ne sont que des traversées de quelques heures pour aller d’île en île. Les premiers jours, les conditions de navigation ne sont pas à notre avantage. Pluies et vents de sud-est, très inhabituels ici, nous contraignent à avancer au « près-serré » (c’est-à-dire au plus près du vent) en ajoutant le moteur en continu pour l’aider à avancer contre le courant. Malgré un départ nocturne à 4h du matin, la pluie et la mer courte auront raison des nerfs de notre capitaine qui décide finalement que nous ferons escale. En attendant que les vents s’arrangent, nous choisissons de mouiller à Soufrière à Ste Lucie. puis Walilabu, sur l’île de St Vincent. Cette dernière baie accueillit le tournage d’une partie du film « Le Pirate des Caraïbes ». Le passage de l’équipe de tournage reste palpable au travers de décors, canons, tonneaux, cercueils toujours en place. A une dizaine de minutes à pied, nous profitons d’une chute d’eau pour nous baigner. Les voiliers s’arrêtent peu a St Vincent. En effet les rumeurs parlent de plusieurs agressions et vols sur des bateaux de plaisance. Etape improvisée donc, mais pour notre part, nous avons rien ressenti de tout cela, un accueil simple et chaleureux. Le lendemain, nous profitons de la météo plus clémente et partons dès l’aube en direction de Bequia dans les Grenadines.
La vie à bord… A ma grande surprise, Mandragore est mieux équipé que notre petit appartement parisien. Côté cuisine, un évier avec de l’eau douce pompée sur les réservoirs du bateau, que l’on peut basculer à l’aide d’une vanne sur eau de mer, une gazinière, un four et tous les ustensiles dont on peut avoir besoin. La cuisine et le carré (terme qui désigne le « salon ») sont aménagés avec de nombreux placards que l’on appelle des « équipées ». Sur un bateau, tout objet a sa place et est soit suspendu à un crochet, soit plaqué au mur par des élastiques, soit rangé dans une équipée fermée avec un verrou. En effet lorsqu’on navigue, on ne peut se permettre de laisser traîner un objet sur une table puisque le bateau est fréquemment amené à gîter. A bord il est important de faire attention à sa consommation d’eau et d’électricité. La douche se prend sur le pont à l’aide d’un bidon et d’une pompe. Sur un bateau, on a beaucoup de temps donc on prend le temps de cuisiner, lire, préparer la suite du voyage, pêcher et discuter… Avoir un voilier n’est pas de tout repos, les manœuvres en mer sont ponctuelles mais sportives, il faut tout surveiller, la météo, les vents, les fonds… Tout ça, c’est le boulot quotidien de nos deux marins, ils doivent toujours anticiper et à peine on est-on en train de jeter l’ancre que Laurent est déjà en train d’observer tout ce qui l’entoure et de tout prévoir en cas de départ en urgence pendant la nuit. Il ya fréquemment du matériel qui casse et il faut réfléchir à la manière la plus efficace et la moins coûteuse pour le réparer ou le remplacer. Ils doivent régulièrement grimper en haut du mât afin de faire le contrôle et l’entretien du gréement (c'est-à-dire la structure qui porte la voile). Ici, le jour se lève à 6h et le soleil se couche à 18h. La température à l’intérieur du bateau en pleine journée est généralement de 33°C et baisse à 29°C pendant la nuit. 29°C, c’est également la température de l’eau. Contrairement à nos habitudes de vacances, nous sommes donc très matinaux, mais il n’est pas très difficile de se lever à 7h quand on sait que la première chose que nous allons pouvoir faire avant même le petit-déjeuner est un plongeon ! En conclusion, la vie à bord est très saine. Nous sommes toujours en extérieur et nous prenons le temps de vivre. En ce qui concerne François et moi, nous oublions les soucis du quotidien parisien, mais cela n’empêche pas d’avoir des pensées pour notre famille et nos proches. September 23 Mail envoye le 22 septembre 2008La classe de l'Ecole des Dunes CE1-CE2, Barbâtre, Ile de Noirmoutier
Photo en attente
La classe de l'Ecole de la Guérinière, CP-CE1, la Guérinière, Ile de Noirmoutier
Photo en attente
Les enfants, CHU d'Angers, Service pédiatrie hospitalisation long séjour
Bonjour a tous depuis l'archipel des Grenadines !
Apres notre retour estival en France, nous voici tous les deux a nouveau a bord de Mandragore. Nous avons quitte notre mouillage pres du port du Marin en Martinique mercredi 17 septembre. Apres quelques escales sur Sainte Lucie, puis Saint Vincent, nous voici depuis hier soir sur l'ile de Bequia aux Grenadines, demain l'ile de Canouan... puis Grenade...
Nous vous enverrons bientot de plus longues nouvelles. Nous vous raconterons aussi les nouveaux échanges qui se sont mis en place avec deux écoles de Noirmoutier (la classe de Nathalie Charrier à Barbatre, et celle de Catherine Chesnier à la Guérinière), ainsi que les enfants hospitlalisés en long séjour à Angers.
Grosses bises a tous !
A bientot ! July 29 Chapitre 23 : 8 juin – 30 juillet : La Martinique et Sainte-LucieDimanche 8 juin, nous mouillons près du port du Marin, le temps de débarquer l’annexe, et… qui retrouvons nous ? Toc toc toc nous faisons sur la coque ! C’est nous ! Surprise ! Nous retrouvons Mary et Michel, nos amis de « Lascar », rencontrés aux Canaries et retrouvés au Cap Vert. Ils ont posé la pioche en Martinique le temps de refaire la caisse de bord. Mary est juste en vacances cette semaine, cela tombe bien, elle se demandait quel pourrait être son programme de la semaine ! Nous louons une voiture et faisons le tour de l’île pendant quelques jours. De 80 kms dans sa plus grande longueur et d’à peine 40 pour sa largeur, aucun point n’est distant de plus de 12 kms de la mer ! Lorsque l’on pense à la Martinique, la première image qui nous vient en tête est sûrement ses plages paradisiaques de sable blanc et ses cocotiers… En effet elles sont bien là, et on ne se gêne pas pour profiter des eaux turquoises des Salines à Saint-Anne. La Martinique c’est aussi des paysages verdoyants côtoyant d’autres plus arides, d’immenses champs de bananiers et des côtes rocheuses nous rappelant parfois nos côtes bretonnes travaillées par la mer et le vent. La presqu’île de Caravelle, la Montagne pelée, St-Pierre, Fort-de-France, la Pointe du Bout, l’Anse d’Arlet, le Diamant, Sainte-Luce… nous découvrons l’île en petit sauts de puce, sans oublier un arrêt dans une distillerie de rhum ! Lundi 16 juin, c’est demain l’anniversaire de Laurent… Nous reprenons la mer pour quelques heures et mouillons sur l’île voisine, Sainte-Lucie. Laurent rêvait pour son anniversaire d’activités comme se baigner, plonger, faire de la planche, se détendre… C’est un rêve réalisé agrémenté d’un gâteau d’anniversaire et de 29 bougies ! Nous quittons Rodney Bay le lendemain et retrouvons Gérard à Marigot Bay un ami que je n’ai pas revu depuis six ans ! Le bateau est amarré au ponton accolé au restaurant « JJ ». C’est surprenant de boire une bière et manger une glace dans un resto tout en pouvant toucher son bateau ! Gérard travaille à Marigot-Bay depuis quelques temps, il emmène les touristes à bord de son mini-bus pour des excursions dans l’île. Nous profitons du voyage et visitons des sites comme la Soufrière, de magnifiques jardins botaniques, des sources d’eaux chaudes… Les paysages terrestres de Sainte-Lucie et ses fonds marins nous ont beaucoup plu, le seul point noir est cette étiquette de « touriste » sur le front que nous gardons forcément si on reste peu de temps. De retour en Martinique, nous retrouvons « All the colours », le voilier d’une famille australienne et leurs trois enfants, rencontrés en Guyane, une famille comme on aime en rencontrer sur sa route…, une famille que nous sommes ravis d’apprendre à connaître davantage autour de petits dîners. Nous prenons le temps de bien amarrer le bateau dans la mangrove, près du port du Marin. Initialement, nous voulions descendre sur Trinidad, y laisser le bateau à l’abri pendant la saison des cyclones et rentrer tous les deux en France pour revoir nos familles et nos proches. Finalement pour des questions de coût de billets d’avion et rassurés par le trou à cyclone du Marin, nous choisissons de rester en Martinique. Mais nous rentrerons en décalé, préférant une présence constante sur le bateau. Près de nous, quelques bateaux qui comme nous ont choisi ce lieu pour passer la saison, comme le voilier Fanny et leurs trois petits loups, Julia, Titouan et Lou, avec qui on prend toujours plaisir à jouer et se baigner ! Samedi 28 juin, Laurent s’envole pour la métropole... Pendant ce mois d’absence, mes journées s’agrémentent de bricolage, nettoyage et couture à bord, réparations de voiles, baignade, internet, repas et apéros entre bateaux voisins surtout Lascar avec Mary et Michel, lecture, écriture... et puis quelques anecdotes et péripéties, comme le vols de nos sacs dans les douches de la capitainerie avec ordinateur, papiers, argent, téléphone, appareil-photos... Branle-bas de combat sur le port du Marin, mais tout fut retrouve par miracle ainsi que les voleurs même si forcement ils continuent de nier… Enfin le principal est qu’on ait tout retrouve ! Dans la série vols, nous avons eu droit au vol de notre essence de moteur d’annexe, alors que celle-ci était tranquillement amarrée à un ponton le temps de faire quelques courses. Quelques jours plus tard s’ajoute le vol de la housse de mon capot moteur, que je venais de coudre sur mesure deux jours avant… Enfin… pourtant on se sent en sécurité au Marin, mais leçon à retenir, cadenassez tout et n’emmenez avec soi que ce que vous acceptez de vous faire voler. Autre anecdote plus heureuse, la trouvaille d’un chiot de 2-3 mois que Mary découvre abandonné près du resto où elle travaille, mais après deux jours de garde et de quête d’un nouveau maitre, on a pu lui trouver une famille d accueil ! Celui-ci aura eu de la chance, mais parait-il que c’est un gros problème en Martinique. Pourtant la stérilisation des femelles est gratuite, mais beaucoup de gens ne le font pas, et les chiots sont abandonnés. Certaines personnes me disent même en avoir déjà retrouvé dans les poubelles ! Cela m’exaspère !! Dernière petite anecdote, notre retour à la nage avec Mary trainant notre annexe derrière nous à cause de… euh j’ai un peu honte de le dire une panne d’essence ! Oui, c’est de ma faute, je n’ai pas vérifié ce qu’il me restait en partant sachant que j’en avais ajouté la veille ! Mais pour ma défense, s’il n’y avait pas ses histoires de vols, je remplirais davantage ma nourrice ! Enfin, comme vous voyez mes journées sont parfois animées... Mardi 29 juillet, l’écriture de ce carnet de bord rejoint le présent. Le bateau est fin prêt, mon sac aussi. Mary a pris sa journée de congé de demain. Mon avion est le soir, mais ainsi nous pourrons profiter pleinement de cette dernière journée. Au programme balade au Tour des Yoles (une course annuelle de yoles rondes très connue en Martinique), sûrement baignade et puis… la suite s’écrira plus tard ! June 29 Mail envoye le 16 juin 2008Nous sommes actuellement en Martinique, ou nous avons retrouvé nos amis Mary et Michel sur leur bateau "Lascar". Finalement on a decide avec Laurent de rentrer en France en decale afin de ne pas laisser le bateau tout seul pendant la saison des cyclones. Laurent rentre donc du 28 juin au 5 aout. Pour ma part du 30 juillet au 16 septembre.
Grosses bises et à bientot !
Helene et Laurent June 16 Chapitre 22 : 18 mai – 8 juin 2008 : La Guyane françaiseLa vie est faite d’amour, de joies, de bonheurs… et pourtant il arrive que celle-ci nous fasse faire face à des combats… La vie est si belle et pourtant si fragile à la fois. Je ne peux commencer ce carnet sans une pensée pour Jean-Pierre, cet ami proche, que la maladie a récemment emporté…, sans une pensée pour tous ceux qui nous ont quittés et que nous gardons intacts dans notre cœur. Je relis le carnet de bord sur la Guyane que j’avais écrit au brouillon, j’y ressens un tel décalage entre la joie de vivre que je ressentais au moment de son écriture et ma peine aujourd’hui, que j’ai dû mal à le relire, et le terminer. Beaucoup de pensées se bousculent dans ma tête. Pourquoi raconter notre voyage ? Quel en est l’intérêt ? J’ai envie de tout effacer, faire un bref résumé, et puis arrêter de raconter. Et puis je me reprends, je me dis il faut avancer… continuer à vivre pleinement, intensément, partager… Pourquoi écrire ? Car dans la situation inverse, j’apprécie tellement lire les nouvelles de mes amis partis en voyage, c’est un peu une manière de voyager avec eux, découvrir par leurs descriptions de nouveaux paysages, en apprendre davantage sur les cultures, ses habitants, je lis avec attention leurs conseils, leurs expériences, leurs ressentis… et puis, savoir s’ils vont bien. Pourquoi écrire ? En résumé, qu’il s’agisse de l’écriture ou de beaucoup d’autres domaines, j’essaie de garder en tête cette maxime : « agis avec les gens, comme on aimerait qu’ils agissent avec toi-même ». Cette petite phrase donne souvent réponse à beaucoup de mes questions. Je vous livre donc notre carnet de bord de Guyane en terminant ce prélude par une jolie métaphore de Marc Chagall : « Si toute vie va inévitablement vers sa fin, nous devons durant la notre, la colorier avec nos couleurs d’amour et d’espoir ».
Quinze jours en Guyane, quinze jours excellents mais comme souvent ils sont passés trop vite ! Cette fois-ci encore plus que d’habitude ! Quinze jours imprégnés de marches en forêt amazonienne, de balades en pirogue ou en kayak dans le fleuve, mais aussi de rencontres marquantes… La pluie et les moustiques sont les seuls désagréments de notre escale, petits désagréments logiques et inévitables puisque nous sommes en pleine saison des pluies. On serait bien resté plus longtemps, on en a même raté le lancement de la fusée Ariane (elle devait décoller la veille de notre départ, mais un problème de logiciel dans le lanceur a reporté son lancement d’une semaine…), mais si nous voulons profiter un peu des Antilles avant la saison des cyclones, il ne nous faut pas tarder à reprendre la mer. Initialement nous avions prévu de passer d’abord à Trinidad puis remonter quelques îles de l’arc antillais avant de laisser début août le bateau dans une zone hors cyclone. Finalement, nous montons directement en Martinique, puis descendrons en saut de puce d’île en île et laisserons le bateau dans un lieu sûr fin juillet dans les alentours de Trinidad. On ne sait pas encore où précisément, nous préférons nous renseigner davantage et voir sur place.
Retour en arrière… 18 mai, nous ancrons au petit port de pêche de Kourou, communément appelé le « vieux bourg ». Pourquoi monter jusqu’à Kourou, 40 miles après Cayenne ? Le mouillage de Cayenne à Degrades de Cannes est relativement éloigné du centre-ville, de plus ça craint un peu parait-il, et surtout Laurent connait déjà bien le port de Kourou. En effet, Kourou, c’est aussi la ville où nous nous sommes rencontrés avec Laurent pour la première fois il y a six ans. Laurent effectuait alors son stage de 2ème année d’ingénieur au Centre Spatial de Kourou pendant que je voyageais avec une amie, Karen, en sac à dos autour du Monde, dans le cadre du projet de notre association « Mode Sans Frontières » que nous avions monté avec toute une équipe en France et des couturiers de quarante pays. Nous voilà six ans après de retour sur nos premières traces… La ville n’a pas trop changé, mais de nombreux bâtiments et de nouvelles habitations ont fait leur apparition. Nous commençons par une grande marche à pied dans la ville et rapidement nous retrouvons nos marques. « - Allo, Yann, c’est Laurent et Hélène ! On est arrivé à Kourou… - Très bien, j’ai récupéré votre régulateur d’allure. Il vous attend à St Georges. Montez jusqu’à Cayenne. De là, deux amis pourront vous récupérer en voiture après-demain ». Tout se déroule comme prévu. Suite à la casse de notre régulateur au Brésil, le constructeur, conscient que cette casse est due à une imperfection de son modèle, nous propose de nous renvoyer un autre modèle censé être plus résistant. Nous préférons que l’envoi se fasse en Guyane, pays français, et à une adresse sûre. Ce sera celle de Yann, le fils d’un ami de Noirmoutier, installé avec sa femme Alice et leur fils Alonso, à Saint-Georges. Saint-Georges de l’Oyapock… Qui aurait pu croire que notre régulateur arrive jusqu’ici ? Yann, Alice et Alonso habitent du côté brésilien sur un terrain au milieu de la forêt. A force de travail et de patience, ils y ont construit en plus de leur maison, huit bungalows au bord du fleuve, qu’ils louent. Mais Yann m’a demandé de ne pas faire de publicité ! Promis, Yann, je m’arrête là ! Dernière ville avant la frontière brésilienne, le centre de St-Georges compte une école primaire et collège, une poste, une boutique d’alimentation, et quelques petits bars et restaurants autour de la grande place (dont le fameux « Chez Modestine » !). De l’autre côté Oyapock, des hôtels et chambres chez l’habitant en grand nombre, des échoppes, des bijouteries... L’or n’y est pas cher, ou disons moins cher, dans les 25 euros le gramme. La visite est rapide, l’intérêt est davantage dans les secrets que laissent découvrir son fleuve et ses forêts à qui veut s’y aventurer. Spectacle magique, lorsque nous empruntons la pirogue ou le kayak de Yann et flânons dans la mangrove à coup de pagaies dans différents bras du fleuve. Les racines des arbres sont impressionnantes, s’élevant majestueusement de l’eau dans une nature où bruits de la jungle et silence profond se mêlent, donnant une atmosphère à la fois fascinante et étrange aux lieux. Nos souvenirs de forêt à Saint-Georges, c’est aussi cette balade avec Patrick, débutant par un bel embourbement du 4x4 dans la piste trempée et pleine de trous qui nous mène vers Saut-Maripa. Un pick-up nous aide à nous dégager, mais Patrick s’en veut un peu… On aurait sûrement pu s’en sortir tout seul, il s’aperçoit après qu’il avait oublié de passer la seconde vitesse pour essayer de se dégager. T’en fais pas Patrick, tu as l’excuse que ta voiture est neuve et que tu n’es pas encore habitué aux boites de vitesses automatiques ! Nous rejoignons Saut-Maripa que nous avions approché de l’autre côté en pirogue quelques jours auparavant. Un militaire y surveille le passage des pirogues. Il fait partie des renforts envoyés suite au programme lancé par Sarkozy pour lutter contre l’exploitation clandestine de l’or. L’orpaillage clandestin, principalement orchestré par des réseaux de brésiliens, est conséquent. L’état français n’y voit pas d’un très bon œil cette perte de gains et de taxes dans les caisses du gouvernement… Nous laissons la voiture sur le bas-côté, et poursuivons par une marche dans la forêt tout près de Saut-Maripa. Ce circuit-découverte n’est plus entretenu. Très souvent, la végétation a repris ses droits, des arbres sont tombés bloquant parfois le passage, mais on retrouve de temps à autre des petites plaques indiquant le nom de certains arbres et leur utilisation par l’homme. Yann est professeur de Sciences-Naturelles au collège, et nous présente à plusieurs de ses collègues et amis, notamment Patrick et Papy (il s’appelle Christian, mais tout le monde l’appelle Papy !) tous deux professeurs d’éducation physique et sportive. Ils nous apprennent beaucoup sur les qualités et difficultés d’enseigner dans ce collège à la frontière brésilienne. Enfants brésiliens, amér-indiens, créoles et parfois quelques « métros » (élèves des professeurs) étudient ensemble. Malgré les difficultés dont nous parlent les enseignants, problèmes de langues, échecs scolaires, difficiles conditions familiales des enfants…, le plaisir d’enseigner est toujours là.
Le stop en Guyane marche bien. Nous rentrons, parait-il, dans la catégorie du « petit couple qui inspire confiance ». Sur la route du retour entre Saint-Georges et Kourou, nous levons donc notre pouce. Nous sommes rapidement pris par un militaire en congé. Régulièrement le long de la route, une dizaine de voitures volées puis brûlées et abandonnées gisent sur le bas-côté. Deux minutes d’attente au grand rond point de Cayenne, et c’est Dominique, infirmière dans un lycée à Kourou, qui nous prend sous son aile. Le feeling passe vraiment bien. On s’échange nos mails, et on se dit, peut-être à bientôt ! La suite est encore plus amusante. Quelques jours plus tard, alors que Laurent pédale sur son mini-vélo, une voiture s’arrête ! « Vous n’êtes pas à bord d’un voilier s’appelant Mandragore ? voyageant en couple autour du Monde ? – Si, tout à fait ! – Mais où est votre femme ? – Justement, je la cherche, on était tous les deux en mini-vélos, et je l’ai perdue ! – Mettez votre vélo dans le coffre, on va la chercher ensemble ! ». Pendant ce temps, ne trouvant pas Laurent, j’ai continué ma route jusqu’au Centre Spatial de Kourou, point final initialement prévu. Et quelques minutes plus tard, je vois mon Laurent arrivé grand sourire avec Carlos et Delphine, couple avec qui nous partagerons beaucoup de temps les jours suivants. Delphine est professeur de mécanique dans le même lycée que celui où Dominique est infirmière. Carlos et Delphine aimant beaucoup naviguer, Dominique lui a parlé de nous, et la suite s’est enchaînée comme un concours de circonstances organisé ! Balades en forêt (« Petit-Saut », « Montagne des Singes »…), séance kyte-surf, dîners crevettes, mérou ou requin… nous les remercions encore pour leur gentillesse et leur accueil, sans oublier un petit clin d’œil à Bernadette, la maman de Delphine, et son inconditionnelle bonne humeur. Nous retrouvons aussi au mouillage Benjamin, un jeune de 28 ans sur son bateau Braz Lebowski, ketch d’une dizaine de mètres, que nous avions déjà rencontré à Itaparica près de Salvador de Bahia. En France, Benjamin était charpentier de marine. En plus d’être charpentier, c’est un vrai bricoleur ! Après avoir bien navigué avec un copain, il se pose en Guyane, le temps de remplir la caisse de bord et de reprendre la mer dans quelques mois. On peut le suivre sur son blog : http://ouestubrazlebowski.spaces.live.com Impossible de parler de toutes les personnes rencontrées, je terminerai seulement sur nos amis australiens, une famille et leurs trois enfants. Ils sont venus en France acheter un voilier Océanis 435 qu’ils baptisent « All the colors ». Ils ne savaient pas naviguer, ils ont donc passé trois ans à apprendre par eux-mêmes en faisant de petites navigations en Méditerranée, puis de plus en plus longues, jusqu’à la traversée de l’Atlantique l’hiver dernier. On a de grandes chances de se retrouver sur de prochaines escales. Eux aussi veulent traverser Panama en février prochain, faire le Pacifique, avant de rejoindre leur terre nourricière. Une autre manière de rencontrer de nouvelles personnes à Kourou est tout simplement de se rendre le mardi ou le vendredi vers 17h sous le carbet près des pompiers. C’est une tradition entre bateaux au mouillage ou au ponton depuis quelques années. L’ambiance y est sympa, chacun ramène un petit quelque chose à boire ou à manger, et discute jusqu’à la nuit tombée…
Nous parlions tout à l’heure du CSG, le Centre Spatial de Guyane. Si vous passez par Kourou, peut-être aurez vous la chance de voir décoller une fusée. Dans tous les cas, vous pourrez visiter gratuitement son site. On y apprend énormément de choses. C’est vraiment intéressant. Je vais essayer de vous faire un bref résumé. Avant la Guyane, la France lançait ses fusées depuis l’Algérie, mais au moment de l’indépendance elle dut trouver un autre lieu. La Guyane arrivait en tête, car elle rassemblait de nombreux critères, notamment sa proximité de l’équateur (qui permet de bénéficier de la vitesse d’entraînement de la Terre), sa possibilité d’envoyer vers l’est ou le nord (dans de meilleures conditions de sécurité grâce au survol de l’océan plutôt que les terres et ses populations.), et sa grande superficie disponible : 650 km². En 1964, Kourou est donc choisie comme port spatial de l’Europe. Son implantation engendre un développement économique considérable pour l’ensemble de la Guyane. On construit des routes, des hôpitaux, des commerces… Peuplée à l’origine de 600 âmes, essentiellement des pêcheurs et des orpailleurs, Kourou compte aujourd’hui près de 20.000 habitants. Le CSG comprend trois structures et 1400 employés : le CNES, l’ESA (l’agence spatiale européenne) et Ariane Espace. Aujourd’hui seules des fusées type Ariane 5 sont lancées depuis Kourou. Ariane 5 marche très bien et permet d’envoyer de gros satellites. Ses principaux clients sont la télécommunication. Pour donner un ordre d’idée, l’envoi de satellite dans une fusée Ariane coûte dans les 160 millions de dollars, le lanceur Ariane 5 est aussi haut qu’un immeuble de 15 étages, il pèse au moment du décollage 750 tonnes, soit un dixième de la Tour Eiffel. Deux minutes après le décollage, sa vitesse est supérieure à 8000 km/h pour une vitesse finale de 10 km/s. L’an passé, 7 lancements ont lieu, mais la cadence va augmenter. Bientôt, d’ici la fin de l’année à priori, seront également lancées depuis Kourou une fusée moyenne « Soyouz » (lanceur russe) et « Véga » (lanceur européen) fusée qui enverra des satellites plus petits. Ariane peut envoyer des satellites lourds, jusqu’à 10 tonnes en orbite géostationnaire, Soyouz 3 tonnes, et Véga 300 kgs à 2 tonnes, notamment pour des missions scientifiques et des programmes d’observation de la Terre. Environ 4000 satellites tournent autour de la terre aujourd’hui, mais seulement 10% sont en fonctionnement. Ils admettent que cela va bientôt devenir un problème, car les satellites s’entrechoquent, et les orbites de la terre deviennent une vraie poubelle. Des solutions sont cherchées pour y remédier, l’idée d’un filet par les Américains qui permettrait d’envoyer les satellites inutiles dans des orbites encore plus loin, des « orbites poubelles », mais pour l’instant rien de bien concret et cela couterait cher. Comme d’habitude, l’homme s’en inquiètera que lorsqu’il sera trop tard…
Alors que nous sommes en train de recoudre un bout de bordure du génois, une fille dans nos âges à bord d’un zodiac, s’approche de notre coque. « - Je travaille au CNK (Centre Nautique de Kourou, je dois y passer mon brevet de skipper en Martinique, les billets sont chers, je cherche à monter en bateau-stop. A tout hasard, est-ce votre prochaine destination ? Vous ne cherchez pas une équipière ? – On ne cherche pas d’équipier, mais si ça peut te rendre service, on peut t’emmener jusqu’à Trinidad. Viens ce soir au bateau, on en discutera autour d’un apéro ! » Finalement, nous changeons nos plans, et montons jusqu’au Marin en Martinique, ce qui arrange bien Julia… Quelques courses de produits frais au marché, un peu de gasoil au cas où l’on manque de vent (prenez en le minimum, pour info 1,64€/litre !), et nous voilà tous les trois embarqués. On s’arrête une nuit et une journée aux îles du Salut. Nous connaissions déjà tous les deux, mais avions envie d’y retourner. Lieu agréable de balade aujourd’hui, ces trois îles, Royale, Saint-Joseph et l’île du Diable sont marquées d’un triste passé. Le bagne y est officiellement institué de 1852 à 1939, 74.000 bagnards passent pas les îles du Salut, dont certains noms sont devenus tristement célèbres comme Dreyfus, Seznec et Papillon. Les conditions de détention sont déplorables et les pertes enregistrées chez les détenus sont énormes. Les derniers bagnards quittent le bagne seulement en 1953. Lorsque nous débarquons de notre annexe sur Saint-Joseph, nous sommes seuls sur l’île, le catamaran de touristes n’arrive que plus tard, seuls deux militaires gardent l’île. On tombe bien, ils ont besoin de dégager de l’eau un arbre qui vient de tomber, mais n’ont pas de bateau. On les aide à la manœuvre, et nous invitent à boire un café. Youri est ukrainien, Arsène marquisien. L’île est ainsi gardée toute l’année par deux militaires, seuls habitants de l’île. Comme nous irons aux Marquises, nous promettons à Arsène d’aller voir sa maman et lui transmettre la photo que nous venons de prendre de son fils. Elle ne l’a pas vu depuis 5 ans ! Nous repartons les bras chargés de bananes, d’avocats et de deux bouteilles de vin, série spéciale « Légion étrangère ».
17h, l’équipage et le bateau sont prêts, on lève l’ancre direction la Martinique ! Cette navigation n’aura rien à voir avec les autres navigations ! Les alizés nous accompagnent, Est-Nord Est force 3 le premier jour, puis un bon 4-5. Pas besoin du moteur pendant ces quatre jours et demi, à part une petite heure juste le temps de recharger les batteries ! De plus, le courant est avec nous. On fonce, et sans forcer ! Ca fait plaisir ! Les moyennes de chaque jour sont bonnes, entre 140 et 180 miles. Seul point noir, notre régulateur d’allure lâche encore après quelques heures de fonctionnement… toujours au même endroit… Le constructeur va devoir réviser complètement son système… D’ici là, nous avons le pilote automatique, mais le plus souvent nous préférons barrer. Les miles s’enchaînent, Barbade en vue, et bientôt… la Martinique… May 30 Chapitre 21 bis (Carnet de bord écrit par Laurent) : 3 mai – 18 mai : Jacaré – Kourou, navigation du Brésil à la Guyane française2h du matin, « Laurent, vite, il y a un grain qui se ramène ! ». J’entends Hélène dévaler l’échelle de descente et fermer tous les panneaux de pont. A peine le temps de bondir de ma couchette que la piaule est déjà sur nous. Mandragore prend une bonne gîte, un coup d’œil au GPS m’indique 8 nœuds et demi. Quelque part dans le ciel quelqu’un a dû ouvrir le robinet géant, et des cataractes se déversent sur le pont. Le temps de choper mon ciré et je suis sur le pont. Hélène coupe le pilote automatique qui ne tient plus son cap dans ces conditions et je prends la barre. Le ciel est noir d’encre, la mer bave d’écume phosphorescente. Nous sommes à 1° Sud et 38 Ouest, en plein pot au noir, à hauteur de l’Amazone. Depuis dix jours, le temps alterne successivement et sans transition du calme plat aux bourrasques à 30 nœuds. C’est éreintant. Prendre un ris, larguer le ris, affaler le genaker, rouler du génois, ferler l’artimon… plusieurs fois par jour, puis tout ré-hisser… Pour la seconde fois en cinq mois, nous traversons cette mer de misère, calvaire des marins d’autrefois (et d’aujourd’hui) comprise grosso modo entre 5° de latitude Nord et Sud. Pour dire vrai, y en a marre, et je me dis que dorénavant on restera bien sagement dans les alizés. Au début les grains on les appréhende, en voyant ces énormes masses sombres très basses et zébrées d’éclairs, qui nous arrivent dessus. Mais au bout de quelques jours de pétole exaspérante, on les bénit ! Mandragore n’est pas un bateau de très petit temps. Dans moins de 5 nœuds de vent, on ne bouge pas, ou disons à peine. Et puis, c’est le piège, à chaque fois qu’on envoie un maximum de toile légère, on peut être sûr qu’un grain va débouler pour tout arracher. La mer enseigne la patience. Ce n’est pas tant l’absence de vent qui irrite à la longue, mais plutôt la grosse houle faisant rouler le bateau bord sur bord, claquer les voiles, et souffrir le gréement. Ainsi deux nuits de suite, à défaut de vent, nous avons dû nous mettre à la cape. On affale presque tout et on met la barre sous le vent. Le bateau conserve alors un angle constant par rapport à la houle, et on se fait moins balloter. Le quart se limite alors à jeter un œil à 360° tous les quarts d’heures pour voir s’il n’y a pas de cargos aux alentours. Il est bien rare qu’une petite brise n’accompagne pas le lever du jour, et nous pouvons alors nous remettre en route. Les occupations en mer ne manquent pas. La navigation proprement dite, l’entretien et le nettoyage courant, le contrôle quotidien d’un certain nombre de points sensibles dans le gréement et les voiles, la réception des fichiers gribs météo nous occupent déjà pas mal de temps. A cela s’ajoutent la cuisine (on mange très très bien à bord, c’est une sorte de concours à chaque repas !), les bricolages les plus divers, la lecture, l’accordéon et la guitare, un petit DVD occasionnellement le soir, l’écriture du journal de bord, ou encore l’observation des dauphins qui viennent parfois jouer devant notre étrave… Et la pêche dans tout ça ? Jusqu’à présent on n’a pas trop fait d’étincelles dans ce domaine, mais un jour viendra… Mile après mile, lentement le trait s’allonge sur la carte, nous gagnons du nord et l’équateur est enfin dans le sillage. Bientôt l’eau passe du bleu profond au marron de l’Amazone. Nous sommes ahuris de constater les remous et courants de marée du grand fleuve à plus de 140 miles des côtes, 1 à 2 nœuds avec nous, puis contre nous, ou sur le travers. Qu’il est bon d’avoir le GPS dans ces conditions ! La navigation au sextant dans ces eaux doit être d’autant plus ardue que le soleil est loin d’être au rendez-vous tous les jours. Le 13ème jour, vers 4° Nord, le flux se mobilise, et nous entrons véritablement dans le courant des Guyanes. Plus 2 à 3 nœuds avec nous. La récompense ! L’alizé de Nord apparait alors et c’est à des vitesses record que nous fonçons sur Kourou. 180 miles sur les dernières 24 heures avec des pointes régulières à 10 nœuds, grand largue, quasiment tout dessus. Même si la fatigue commence à se faire sentir, c’est un régal de barrer. Le 18 mai, vers 14 heures, sous un ciel saturé de grains noirs, une touffe de terre émerge de l’horizon, ce sont les îles du Salut (Royale, St Joseph et l’île du Diable) à quelques encablures de Kourou et sa station spatiale. Deux heures plus tard, nous embouquons l’étroit chenal du fleuve Kourou dont les eaux raniment en moi de bons souvenirs de funboard et de hobbie 16 six ans auparavant… Le sondeur se met à brailler. Un œil à son écran nous indique qu’il n’y a plus que 60 cms d’eau sous la quille, alors que nous sommes à l’étale de pleine mer, au beau milieu du balisage latéral. Devant nous, une dragueuse (ou comme la surnomment les marins, une « Marie-salope ») brasse des tonnes de vase. Nous les contactons par VHF. Le commandant nous rassure, la cote minimale est à 2 mètres 50, et nous pouvons continuer à évoluer sans souci. Plus tard, nous apprendrons que l’embouchure du fleuve Kourou est draguée 365 jours par an pour permettre au « MN Colibri » de livrer les morceaux d’Ariane 5 en provenance d’Europe. La fin justifie les moyens. A hauteur du modeste port de pêche, nous jetons la pioche par-dessus bord, par 5 mètres de fond vaseux avec 35 mètres de chaîne. Une dizaine de bateaux de voyage évitent tranquillement autour de nous, la lumière se fait plus douce, des senteurs boisées et des chants d’oiseaux accompagnent notre traditionnel apéro-débriefing de chaque arrivée. Une agréable page de 15 jours de vie marine se tourne. A nous la Guyane !! May 28 Nouvelles du 28 mai 2008Bonjour a tous depuis Kourou où nous faisons escale depuis une dizaine de jours.
Plein de choses a vous raconter... Nous profitons des beautés de la forêt, du fleuve, de rencontres formidables… mais nous vous donnerons plus d’infos dans notre prochain carnet de bord. D’ici là, le chapitre 21 et ses photos (« 3 mai – 18 mai : Jacaré – Kourou, navigation du Brésil à la Guyane française ») sont mis en ligne. http://levoyagedemandragore.spaces.live.com Nous pensons quitter la Guyane en début de semaine prochaine direction Trinidad, environ 5 jours de mer. A bientôt ! Helene et Laurent Chapitre 21 : 3 mai – 18 mai : Jacaré – Kourou, navigation du Brésil à la Guyane française
Samedi 17 mai, 17h, j’enchaîne direct sur une grosse sieste ! Crevés, mais heureux, nous venons d’atteindre le mouillage de Kourou. En deux semaines de mer, nous avons parcouru 1472 miles. Il s’agit de la plus longue navigation tous les deux à bord de Mandragore, distance même un peu plus longue que celle de notre traversée de l’Atlantique (1287 miles entre le Cap Vert et Fernando de Noronha). Comment décrire ces deux semaines ? Certains doivent sûrement penser, chaque jour se ressemble, toujours de l’eau autour de vous, peu d’espace où bouger, des activités qui se répètent… et pourtant chaque jour apporte son lot de nouveautés et de surprises. En attendant le carnet de bord de Laurent… (patientons, patientons…), et pour que vous ayez tout de même des nouvelles récentes, je vous propose de lire des extraits de notre journal de bord maritime. Ce journal n’a rien d’un journal intime, il est obligatoire à bord. Il sert à noter régulièrement son point pendant nos navigations, et autres infos utiles. A chaque fois, doivent être notés la date, l’heure (en UTC, ainsi pas de confusion lorsque l’on change de fuseau horaire), le loch (nombre de miles parcourus pendant cette navigation / et nombre de miles parcourus au total par le bateau depuis notre départ, abréviation : nm), le cap, la vitesse (en nb de nœuds, 1 nœud = 1,8 km/heure), la position (latitude et longitude), le baromètre, le vent et nos remarques. Vous suivrez ainsi une des tâches quotidiennes du bord, tâche répétée au moins cinq-six fois par jour. Bienvenue à bord de Mandragore pour deux semaines de navigation…
- Samedi 3 mai :
o 17h45 UTC, 14h45 heure locale, Loch 0/6255 nm, Cap 45°, Vitesse 4 nœuds, Position 7°02’S/34°51’W, Baromètre 1011 hp, Vent : Sud-Est force 2-3. Départ de Jacaré sous voiles, direction Kourou. Grand soleil.
o 20h25 UTC, 6 nœuds, SE force 3, on passe la dernière bouée du chenal. Mandragore a rejoint l’océan. Vent de travers. Bateau avance bien.
- Dimanche 4 mai :
o 3h50, 50 nm, 30°, 5 nœuds, 6°16’4’’S/34°38’6’’W, 1011 hp, SE force 3. Nuit étoilée, quelques nuages. Quelques grains pendant la nuit.
o 11h30, le vent passe au sud. Navigation plein vent arrière
o 18h10, 113 miles parcourues en 24 heures, soit une moyenne de 4,7 nœuds. Vent toujours Sud. Devrait passer Est lorsqu’on aura dépassé pointe Nord-Est du Brésil. Essais de contacter voilier Ghudull via la BLU sur fréquence et heure convenues : 8280 Khz à 12h et 18h heure locale, mais on ne reçoit rien… Douche sur le pont en écoutant Amélie Poulain.
- Lundi 5 mai :
o 3h50, 156 nm, 350°, 4 nœuds, 4°76’’S/34°46’47’’W, 1013 hp, SE force 3. Belle nuit étoilée. Je repère des constellations comme la Croix du Sud, Centaure, le Loup, le Scorpion, la Balance. Un bateau de pêche est passé près ! Nous contourne par l’arrière.
o 12h30, Vent faiblit, passe à l’est.
o 17h00, 206 nm, 315°, 3 nœuds, E force 1-2. Pas un bruit, seul le grincement de la bôme dont on se passerait bien. Alors qu’il y a pétole et qu’on semble faire du sur place, on avance quand même à 3 nœuds. C’est parce que nous avons le courant avec nous. Il nous fait gagner pratiquement deux nœuds. Présence de quelques dauphins. 2ème jour = 93 miles parcourus.
o 20h00, 216 nm, 320°, NE force 3. Vent vire au Norde. J’ai coupé 10-12 cms à mes cheveux ! Ca me fait bizarre, je ne pensais pas en couper autant, mais Laurent les trouvait trop longs. C’est vrai qu’ils approchaient bientôt le nombril…
- Mardi 6 mai :
o 5h05, 262 nm, 290°, 3 nœuds, 6 nœuds pendant les grains, 3°37’9’’S/36°08’9W, 1011 hp, N force 3, Vent instable, ponctué de grains dans la nuit. Impression bizarre d’entendre un bruit de moteur dehors, mais je ne vois rien !
o 14h00, 295 nm, 330°, NW1, Vent faiblit et curieusement passe au Noroit, soit en plein dans le nez… On allume le moteur.
- Mercredi 7 mai :
o 1h45, 330 nm, 0,7 nœud, 3°14’S/37°08’W, 1011 hp, Vent 0… A la dérive, la mer est un lac, un miroir pour les étoiles qui s’y reflètent. Pas un nuage, courant pousse à l’ouest 0,7 nœud. Spectacle de cette nuit est superbe…
o 11h45, 2 nœuds, NW force 1, Vent se lève, mais faiblard. Dauphins viennent jouer près de l’étrave. On alterne avec et sans moteur, histoire d’avancer un peu.
- Jeudi 8 mai :
o 8h55, 443 nm, 300°, 5 nœuds, 2°26’57’’S/38°39’92’’W, 1010 hp, N force 3. Vent s’est levé avec levée du jour, mais malheureusement ne passe toujours pas à l’est. On tire des bords.
o 18h55, 482 nm, 320°, 6,5 nœuds, ESE force 5. Gros grain, réduction des voiles, vent a changé sa direction, puis tout est retombé…
- Vendredi 9 mai :
o 4h00, 520 nm, 320°, 4,5 nœuds, 1°54’26’’S/39°40’76’’W, 1010 hp, NE-E force 2. Petit vent, mais on avance et au cap. Présence quotidienne d’éclairs autour de nous.
o 9h15, 545 nm, 325°, 6,5-7 nœuds, NE force 4. Entre vent de travers et près. Ca fonce ! Retour des poissons volants, on voit qu’on se rapproche des alizés.
o 17h20, 300°, N force 2. Vent est retombé, on a viré de bord, ma ligne de pêche est passée sous le safran… On s’est mis à la cape, Laurent a plongé et on a tout récupéré !
- Samedi 10 mai :
o 4h00, 636 nm, 325°, 6,5 nœuds, 0°57’21’’S/41°21’47’’W, 1010 hp, NE force 4. Génois léger est sorti. Mandragore court… Dauphins et étoiles au rendez-vous.
o 6h50, 650 nm, NE force 3. Un grain, mais bizarrement pas de grosse accélération du vent cette fois-ci
o 17h40, 700 nm, 320°, 5 nœuds, NE force 0-1 : Plus de vent depuis ce midi. Moteur…
- Dimanche 11 mai :
o 01h45, 730 nm, 325°, 5 nœuds, 0’00’N/42°44’W. Nous passons l’équateur ! Bienvenue dans l’hémisphère nord. Dommage que ce soit au moteur…
o 17h15, 796 nm, 300°, 5,5 nœuds sous moteur, 1,5 nœud sous voiles, NE force 0-1. Pas la forme, et stress intérieur à la vue des rougeurs qui me sont subitement apparues sur la main et l’avant bras droit depuis ce matin. Peur de la dengue, mêmes symptômes de petits vaisseaux qui éclatent, mais ce n’est surement pas ça, je n’ai pas de fièvre. Certes je me sens fatiguée, mais pas plus que d’habitude, c’est seulement dû à notre peu de sommeil. Attendons donc de voir. Ma sieste tout à l’heure m’a fait du bien. Ca n’évolue pas. C est surement qu’une allergie au soleil ou à autre chose. J’espère que ça partira vite.
- Lundi 12 mai :
o 4h10, 838 nm, 0 nœud, 0°43'18"N/4'°07'91"W, Vent 0, à 150 miles au large de Sao Luis. Toujours des grains, un vent instable, et le reste du temps pétole. Merci moteur, mais nos ressources en gasoil ne sont pas inépuisables, alors on mettra surement plus de temps que prévu, on attend le vent, les grains, on avance par à-coups. Attendre est parfois mieux qu’avancer à 1 ou 2 nœuds avec les voiles qui claquent, au point que ce soir on s’est mis à la cape... Ciel bouché, pas d’étoiles.
o 9h30. Toujours pas de vent, toujours à la cape… On rallume le moteur…
o 13h30, 857 nm, 340°, 6-7 nœuds, ESE force 4. Vive le vent, vive le vent… ! C’est étonnant à quelle vitesse on peut passer d’un force 0 à un force 4-5 en moins d’une minute !
o 17h10, 871 nm, 320°, 5 nœuds, SW force 3. Le vent a tourné. Nouveau réglage de voiles, mais on avance sous voiles, c’est le principal ! (Pour la néophyte de la voile que je suis, le positif de toutes ces manœuvres est que j’apprends ! Je suis contente car je sens que je comprends de mieux en mieux, comment ca marche, pourquoi on choisit tel réglage, telle décision, le vent, les courants, les voiles, le bateau… comment tout ça s’imbrique. C’était un monde si méconnu pour moi. J’ai encore énormément à apprendre, mais chaque jour j’apprends un peu plus.)
o 20h25, 886 nm, 300°, 7-8 nœuds, S force 4. Toujours du vent et un bon et long grain en ce moment. Ca fonce !
- Mardi 13 mai :
o 4h25, 918 nm, 0°, 7-8 nœuds, 1°42’04’’N/44°56’02’’W, 1013 hp, SE force 5. Encore un grain. Mer étonnante, toute phosphorescente sous l’effet de la lune, parsemée de blanche écume. Magnifique…
o 16h40, 965 nm, 20°, 1,5 nœud, NW force 1-2. Phénomène bizarre. Cap à 20 au GPS et 280 au compas du cockpit ! Impression d’avancer alors qu’on est à moins de 2 nœuds. Jusque là nous avions un courant porteur, et là en comparant la vitesse GPS et notre vitesse à vue, nous avons clairement un courant contraire, dû à l’influence de la rivière Amazone qui se jette dans l’océan.
- Mercredi 14 mai :
o 3h10, 1013 nm, 340°, 5 nœuds, 2°35’20’’N/46°04’13’’W, 1014 hp, Vents qui tournent sans cesse, pluie non stop, houle croisée, obligés de rester constamment à la barre, c’est la fête ! Impression d’aller vite, mais nous sommes ralentis par un courant contraire. Grosse fatigue à bord, mais on garde le moral. N’est-ce pas Lenou ?
o 5h45, 7-8 nœuds, E force 4-5, Oui, toujours ! C’est le plus important. « L’épuisement des forces n’épuise jamais la volonté » comme dirait un certain Victor Hugo ! Courant à nouveau avec nous, on fonce !
o 18h05, 1083 nm, 295°, 5 nœuds, N force 3. Grand soleil, bon vent, belle mer. Après la nuit d’hier, ça fait du bien !
- Jeudi 15 mai :
o 3h00, 1124 nm, 310°, 5,5-6 nœuds, 3°31’77’’N/47°29’56’’W, 1014 hp, NE force 3-4. Nuit claire et reposante. Du vent, mais pas de grain. Génois moitié enroulé et 1 ris dans la grand-voile.
o 15h35, 1187 nm, 315°, 3-4 nœuds. Vents plus faibles, mais toujours à la voile.
o 19h25, 1202 nm, 275°, 0,5 nœud ; NE force 0-1. Surprenant, un grain, de la pluie, mais pas de vent.
- Vendredi 16 mai :
o 15h15, 1289 nm, 320°, 6-6,5 nœuds, 4°34’31’’N/49°56’37’’W, 1014 hp, E force 3. Depuis cette nuit, minuit toujours du vent. Il nous reste plus que 165 nm avant les îles du Salut !
o 21h45, 1331 nm, 300°, 7,5-8 nœuds. On avance toujours aussi vite. Mandragore doit avoir hâte d’arriver au port ! Si on maintient une bonne vitesse on arrivera avant la nuit dès demain.
- Samedi 17 mai :
o 7h05, 1405 nm, 300°, 8-10 nœuds, 5°14’49’’N/51°41’28’’W, 1012 hp, E force 5. Impressionnant ! Toujours autant de vent, voire force 7 pendant les grains. Même avec un ris et génois moitié enroulé, on a fait des pointes à 10,3 nœuds !
o 9h25, 1423 nm, 310°, 8-9,5 nœuds, E force 4. On barre tout le temps depuis cette nuit, car le pilote n’est pas précis. On gagne ainsi des miles et du temps pour atteindre Kourou avant la nuit.
o 19h00, 1472 nm. Nous voici au mouillage ! May 21 Mail envoyé à tous le 21 mai 2008 Bonjour à tous !
Bien fatigués, mais heureux, après deux semaines de mer et un peu moins de 1500 miles, nous venons d’atteindre la Guyane française, plus particulièrement le mouillage de Kourou. Cette navigation s’est composée, comme prévue, d’une alternance de grains et ses coups de vent, de pétole et ses heures de patience ou de moteur, de vent instable et ses successifs nouveaux réglages de voiles, de soleil et de pluie. Je n’en parlerai pas d’avantage car Laurent est en train de nous écrire le carnet de bord de ces deux semaines…
Grosses bises à tous. A bientôt !
Hélène et Laurent Chapitre 20 : 20 avril – 03 mai : De Salvador à Cabadelo-Jacaré, dernières escales brésiliennes Quittant Itaparica le 20 avril, nous faisons une dernière escale à Salvador, retrouvons le temps de deux soirées le voilier Catafjord, un voilier que nous aimons bien et dont nous vous avons déjà parlé. Ils voyagent à trois générations sur le même bateau, Enzo 2 ans, Claire et Jérôme les parents, Malou et Dominique les grands-parents (www.voyagedenzo.com). C’est toujours un vrai plaisir de les retrouver…
Nous remontons la côte de Salvador à Jacaré, près de Joao Pessoa dans le nord-est brésilien, 5 jours et demi de mer, les premiers jours peu de vent, et le si peu, un vent debout ponctué de grains réguliers. Pendant les grains, le vent monte fortement et puis rapidement retombe. Contre toute attente à cette saison, la remontée se fait donc en tirant des bords ! On profite de ces moments de calme pour s’adonner à des activités qu’on ne peut pas faire quand le bateau gîte trop, comme bricoler, écrire, cuisiner ou encore couper les cheveux de Laurent ! (Grâce à l’outil de professionnel que m’a offert Franck, un ami coiffeur à Angers, c’est beaucoup plus facile de faire un beau dégradé. Ca marche à tous les coups ! Laurent est content de sa coupe, c’est le principal. La prochaine pourra à présent attendre fin juillet juste avant notre prochain aller-retour en France.) La répartition de nos quarts s’installe, Laurent fait les débuts de nuit à partir de 19h, pendant 4 à 5 heures, puis je prends la relève 4 à 5 heures. En journée, à part une petite sieste de deux-trois heures, pour ma part au petit matin, et Laurent dans l’après-midi, on reste tous les deux éveillés. Les deux premières nuits de veille sont plus difficiles. Qui n’a pas la tête en vrac à trois heures du matin lorsqu’une voix, si réconfortante soit-elle, vous réveille en murmurant « Il est 1h du mat, c’est ton tour ! ». Mais une fois que l’organisme s’est habitué à ce nouveau rythme saccadé de sommeil, les quarts de nuit offrent des moments uniques. La nuit… A terre, je n’ai jamais remarqué qu’elle pouvait offrir autant de facettes. Nuit noire et inquiétante, nuit claire et apaisante, nuit magique et resplendissante d’étoiles, la nuit… Le ciel d’étain au ciel de cuivre Succède. La nuit fait un pas. Les choses de l’ombre vont vivre. Victor HugoSeuls quelques bateaux de pêche ou supertankers qu’il faut surveiller attentivement viennent interrompre notre affectueux dialogue avec les éléments. Le dernier jour changement étonnant, le vent passe au Sud. Cela nous permet d’avoir le vent de travers par rapport à notre cap. Au départ le vent est faible, on avance à 2-3 nœuds ! puis changement radical dans la matinée, le vent se lève franchement, montant rapidement à force 7, et se maintient toute la journée avec de la pluie. Avec 2 ris dans la grand-voile et le génois à moitié enroulé, on tient régulièrement des moyennes de 8 nœuds Afin de préserver le pilote automatique et pour bien sentir le bateau, nous barrons sous la pluie. Journée fatigante me direz-vous ? Si toutes étaient ainsi, je dirais sûrement oui, mais aujourd’hui je suis heureuse de vivre cet instant, sentir la mer, le vent, la houle, les embruns en pleine figure, sentir vivre les éléments, sentir mon ciré qui se trempe, la pluie n’est rien, elle est chaude, j’oserai même dire qu’elle fait du bien. C’est aussi cela la mer. Cette même mer, qui sait être si douce et délicate, elle sait devenir tout aussi agressive et effrayante... Elle est vivante, tout simplement. J’ai peur pour Mandragore, es-tu bien à l’aise ? Mais ses voiles assurées et sa coque fendant la houle semblent vouloir me rassurer. Elles me répondent ne t’inquiète pas, notre matériel est bon, on trace notre route, on vous protège. Nous atteignons Cabadelo à la tombée de la nuit. On ne voit pas grand-chose, il faut faire attention, il n’y a pas beaucoup d’eau et des bancs de sable à certains endroits, mais le chenal est bien balisé. Le lendemain matin, nous rejoignons quelques miles plus loin le village de Jacaré. Nous y retrouvons à la marina et au mouillage d’autres bateaux de voyage. Cette marina, construite par Philippe, un français installé ici depuis sept ans, est ouverte depuis septembre dernier seulement. Elle offre l’accès à l’eau, l’électricité, aux douches, au gasoil et à la wifi. L’ancre à peine jetée, un américain, voilier voisin du nôtre, vient nous voir sur son annexe, et nous invite à boire un verre à l’un des bars sur pilotis ce soir. Tom a acheté son bateau en Australie il y a trois ans. Il le ramène tranquillement aux Etats-Unis en ponctuant son retour de nombreuses escales en Asie, en Afrique. Le retour est à présent proche, mais ses yeux parlent pour lui, il pense déjà à repartir. Il travaillait avant dans la Navy en tant que pilote d’hélicoptère. Il a beaucoup navigué avec sa femme et sa fille quand celle-ci était âgée de 6 à 13 ans. Aujourd’hui sa femme préfère rester plus souvent aux Etats-Unis près de sa fille et ses petits-enfants. Il le regrette évidemment, mais ils ont trouvé un compromis et elle le rejoint de temps en temps. Jacaré n’est pas une escale incontournable pour ses paysages, quelques bars et restos touristiques, une plage assez éloignée, un village près d’une grande ville, beaucoup de moustiques… mais elle est une escale agréable et reposante avant la remontée jusqu’en Guyane. Bien sûr la côte offre par la suite d’autres ports sur notre route comme Fortaleza, Sao Luis, Belem… mais nous préférons rester éloignés des côtes, bénéficier ainsi des courants porteurs et éviter les barques de pêche naviguant sans feux même à plusieurs dizaines de miles au large. Nous en profitons pour faire un peu de bricolage et de couture, comme une housse imperméable pour une banquette de quart et une protection anti-UV pour notre annexe. Vendredi, journée papiers d’entrée à Cabadelo et dans la foulée sortie du territoire. Comme à chaque fois au Brésil, il faut compter minimum une demie-journée, voire quasiment la journée complète pour obtenir ses fameux papiers et coups de tampons, d’abord la police fédérale puis les douanes et enfin la capitainerie. Evidemment tout n’est pas au même endroit, voire pas dans la même ville puisqu’aujourd’hui vendredi 2 mai, la police fédérale de Cabadelo fait le pont. Les heures d’attente, de transport, et complications s’enchainent. Heureusement, ne restant que quelques jours, nous avons pu faire notre entrée et notre sortie en même temps. Amis navigateurs, rassurez-vous, il parait que certains ont eu plus de chance que nous ! Cette escale sera aussi l’occasion de rencontrer Michel et son fils François sur leur beau voilier bois Marie-Galante, que Michel a construit. Rencontre et coïncidence étonnantes, à Jacaré-même, mais il y a quelques semaines, Michel a fait la connaissance d’un autre couple de français, dans les mêmes âges que nous, eux aussi à bord d’un voilier nommé Mandragore ! Il nous transmet leurs coordonnées. Peut-être que nos prochaines escales maritimes nous permettront de les retrouver. La veille de notre départ, nous rencontrons Julie et Lionel, à bord d’un voilier, facilement reconnaissable, une copie conforme du Captain Brown de Loïc Fougeron, mais grée en côtre. (A bord de ce bateau, Fougeron, comme Bernard Moitessier, avait pris le départ de la première course autour du Monde en solitaire et sans escale en 1968). Julie et Lionel habitent à l’île de Ré. Elle est professeur à domicile, il est skipper de la Jonque d’Arz en Ré. Ils avaient prévu de faire la descente jusqu’en Casamance puis la transat ensemble, mais… Julie est tombée enceinte plus tôt que prévu ! Elle est restée en France le temps des examens obligatoires les trois premiers mois, et a pu rejoindre le futur papa à Fernando de Noronha. Quelques regrets d’une navigation écourtée pour Julie, mais rapidement estompés par la pensée de ce grand bonheur à venir ! Leur prochaine transat se fera donc à trois ! D’autres rencontres marquantes ? Oui, c’est aussi cela la richesse de ce voyage ! Nous ne raconterons pas tout ici, mais citons quand même Gabriela et Andre, un couple brésilo-italien sur Curupira, leur voilier bois portugais de 42 ans qu’ils restaurent depuis quelques mois, ou encore Pascal et Marie-Line à bord de Ghudull. Le plus drôle est que nous nous sommes déjà croisés aux Canaries, Fernando de Noronha, puis Salvador, mais sans jamais prendre le temps de discuter longuement. Soit nous partions lorsqu’ils arrivaient, ou inversement. Ils me rassurent, eux aussi ont une BLU, et autant de problèmes que nous à la faire fonctionner. Comme nous, la réception des mails est quasi nulle depuis le Cap Vert. Ils en ont parlé à d’autres qui connaissent les mêmes soucis. Parait-il que c’est normal, cela s’arrangera lorsque nous remonterons, à partir de la Guyane. En effet, cela s’avèrera vrai. Nous parviendrons à recevoir des bulletins grib météo quelques jours plus tard ! Allez, il faut y aller. La marée va bientôt redescendre, il nous faut lever l’ancre, remonter le chenal et atteindre le large avant la nuit. A bientôt ! On se retrouve dans 15 jours environ à Kourou ! |
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