Hélène's profileLe voyage de Mandragore ...PhotosBlogListsMore ![]() | Help |
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February 22 Mail envoye le 15 fevrier 2008 : Direction La Patagonie,,,Bonjour a tous !
Depuis l ecriture de notre dernier mail, notre programme s est precise. Nous avons trouve une marina dans la baie de Salavador, ou nous allons pouvoir laisser le bateau en toute securite un ou deux mois afin de visiter davantage l interieur des terres. Nous partons en bus samedi prochain, le 23, direction le Paraguay (un peu moins de 3000 kms et 50 heures de bus !). De là, nous avons envie de profiter du Chili et de l’Argentine : s arreter aux chutes d Igacu, les plus grandes du Monde avec celles du Niagara, puis descendre la Cordillere des Andes, direction Ushuaia et la Patagonie... On vous racontera tout ca a notre retour…. Bises a tous. A bientôt !
Laurent et Helene February 02 Chapitre 15 (écrit par Laurent et Hélène) : 4 janvier – 31 janvier 2008 : Transatlantique Cap Vert – Récife (Brésil)La préparation de la transat à Mindelo :
Le même jour où Karen et François quittent notre bord, arrivent à Mindelo Prue et Aurélien, un couple d’amis de Noirmoutier, qui nous proposent de nous rejoindre et traverser l’Atlantique avec nous. Tout s’est fait très vite, l’envoi de leur premier texto date du 31 décembre, les voici avec nous 5 jours plus tard ! Le soir de leur arrivée, se répartissant entre le carré et le cockpit 19 personnes sont à bord pour un apéro qui se transforme rapidement en dîner... Les connaissances entre voiliers au mouillage se font vite ! Cette préparation transatlantique à Mindelo nous offre souvent l’occasion d’apéros, dîners, soirées guitare… Parmi eux, nous retrouvons « Lascar », et rencontrons « Pokapok », « Shark », « Kastoa », « Métisse »… Prévoir trois semaines d’autonomie complète à quatre sur un bateau n’est pas une mince affaire : - 400 litres d’eau douce, soit 5 litres par jour et par personne. La vaisselle, la douche, et la cuisson des pâtes, riz… se font à l’eau de mer. L’idéal serait d’avoir d’un dessalinisateur, comme en sont équipés de plus en plus de voiliers, mais cela demande de l’énergie, donc un plus gros parc de batteries, une plus grosse source d’énergie, donc une éolienne ou un panneau solaire adapté (ce que nous n’avons pas) ou un plus gros groupe électrogène, et le carburant qui va avec, etc.. De plus, c’est cher à l’achat. Un jour peut-être ! - 270 litres de gasoil : soit environ 130 heures de moteur (environ 5 jours) à 1800 tours/minute, soit 5 nœuds par mer plate. Cela équivaut à 500-600 miles d’autonomie moteur. Cela parait beaucoup, mais l’avenir nous apprendra que pour une traversée trans-équatoriale, à la différence d’une transat vers les Caraïbes, il n’en faut pas moins. En règle générale, nous lançons le moteur sous la barre des 3 nœuds à la voile pendant plus d’une heure. Sinon, ça claque dans les mâtures, et ça use prématurément les voiles. - 40 litres de super pour le groupe électrogène, soit 80 heures de fonctionnement. En effet, si le moteur tombe en panne, nous avons besoin d’une source d’énergie alternative pour faire fonctionner les feux de navigation, la radio, le GPS, etc… - De la nourriture en quantité : Hélène et Prue passent deux journées entières à écumer les supérettes et marchés locaux en quête de fruits, légumes, biscuits, 10 kg de farine, autant de sucre. La conservation des aliments n’est pas simple à bord puisque nous n’avons pas de frigo. Mais c’est une question d’habitude. Alors on utilise les vieux trucs de grand-mères, on retourne les œufs tous les 4-5 jours, on enveloppe chaque carotte dans du papier journal, on prépare et stérilise des bocaux de viande et de poisson, on abrite les bananes des UV etc… Tous les emballages sont retirés pour limiter les déchets qu’il ne sera évidemment pas question de jeter par-dessus bord. Pendant la traversée, nous laverons chaque brique de lait ou boite de conserve utilisée afin de limiter les odeurs des poubelles. - On passe enfin beaucoup de temps à fignoler le bateau, installation de toiles antiroulis, nettoyage des fonds, vérification complète du gréement, inspection et renfort des voiles, check-up du moteur et du générateur, étanchéité de la cabine avant qui laisse toujours à désirer, graissage des winches, grosses lessives à la main…
L’île de Brava, dernière île au Cap Vert avant le grand saut :
Jusqu’au moment où il faut savoir dire « on est prêt ». Après presque 15 jours passés à Mindelo, sur l’île capverdienne de Sao Vicente, nous quittons le port le 12 janvier à 14h, sous les au-revoir de bateaux amis. Certains restent au Cap Vert pour une durée indéterminée comme Philippe et Virginie à bord de « Pokapok », d’autres comme Mary et Michel sur « Lascar » prévoient de partir vers les Caraïbes très prochainement. Le chenal qui sépare les îles montagneuses de Sao Vicente et San Antao est réputé très venteux, 10 à 15 nœuds de plus qu’ailleurs. Nous partons à vive allure, sous 2 ris grand-voile et un peu de génois cap au Sud. L’effet Venturi se prolonge assez loin après les îles. Nous mettons 22 heures pour rejoindre l’île de Brava, la dernière avant le grand saut vers le Brésil. Mouillés par 15 mètres d’eau dans la baie de Faja d’Agua, nous sommes parfaitement protégés de la houle et des alizés de Nord Est. C’est le mouillage le plus tranquille que nous trouvons depuis notre départ. Aucun bateau ne nous entoure, nous sommes seuls devant le hameau de pêcheurs, entourés de falaises de plus de 500 mètres de hauteur. Cette escale est un repos bien mérité après la course de cette dernière semaine. La journée du 13 se passe à découvrir les vallées verdoyantes de Brava, des petits villages isolés, des cultures en terrasse. On se défoule avant l’océan : natation, footing, randonnée, match de foot avec l’équipe du village. Hélène et Prue font la connaissance de Jony, l’un des trois professeurs de l’école locale. Ils se donnent rendez-vous pour le lendemain matin et préparent un gâteau marbré pour les vingt-deux enfants de l’école. Les langues des enfants, au premier abord timides, se délient très vite. Elles expliquent d’où elles viennent, le bateau, et leur apprennent quelques mots de français, et d’anglais, tandis qu’ils leur apprennent quelques mots de créole cap-verdien.
14–25 janvier : 11 jours et 6 heures de traversée du Cap Vert à Fernando de Noronha :
Le 14 à 12 heures, c’est le départ… Sportif ! Le vent déboule en rafale des montagnes jusqu’à trente nœuds. Curieuse journée, nous commençons trois heures à fond les manettes au portant par mer formée. Pointe à 8,7 nœuds ! Puis subitement, le vent vire de 180 degrés en s’atténuant nettement. Trente minutes plus tard, et pour les six heures suivantes, nous sommes au moteur. Bizarre ! Nous comptons rejoindre Fernando de Noronha, la première île brésilienne sur notre route, distante de 1350 miles. Ensuite, l’idée est de filer sur Salvador de Bahia à 150 miles plus au sud-ouest pour arriver avant la fin du carnaval début février. Il ne va pas falloir traîner ! Les quatre premiers jours de mer se font à vive allure poussés par les bons alizés de nord-est. Le cap est sud-sud est. A la différence d’une transat vers les Caraïbes (cap à l’ouest), celle que nous entreprenons nous fera changer d’hémisphère et donc quitter les alizés de nord-est (hémisphère nord) pour rejoindre les alizés de sud est (hémisphère sud). Le problème est qu’entre ces deux zones de vent, existe la zone de convergence inter-tropicale, plus souvent appelée en France le « poteau noir », centré en gros autour du 3ème parallèle nord. Toute la stratégie consiste à déterminer à quelle longitude nous allons passer l’équateur. Plus on va faire l’est, plus le « poteau noir » est large, mais si on va trop vers l’ouest, on prend le risque de devoir batailler durement contre les alizés de sud-est pour descendre la côte brésilienne. Après le cinquième jour de mer, le vent tombe peu à peu, et le sixième jour à 6 degrés de latitude Nord, nous lançons le moteur. A la chaleur déjà présente, 30°C dans le carré s’ajoute le bruit de machine ! La pétole nous accompagnera jusqu’à l’équateur. Pendant cinq jours le ronron du moulin nous cassera les oreilles la plupart du temps. Nous le coupons à la moindre brise, en envoyant alors toute la toile, mais ça ne dure jamais plus de quelques heures. Le ciel alterne entre bleu limpide et noir d’encre. Par moments, les grains nous encerclent, au point qu’on se demande bien par où on va passer pour les éviter. Nous n’avons pas eu de nombreuses averses comme nous l’attendions, deux seulement qui nous permettent de prendre de bonnes douches et de récupérer 80 litres d’eau douce dans les réservoirs. Pour se faire, nous mettons un entonnoir en bout de bôme, prolongé par un tuyau qui va dans le réservoir. Nous récupérons ainsi toute l’eau qui tombe dans le lazybag. Ca marche bien. Au bout du cinquième jour de moteur, près de l’équateur, le niveau de gasoil dans les cuves devient un peu préoccupant. Rien d’alarmant, puisque de toute façon à la voile, on finira bien par arriver un jour, mais c’est plutôt par rapport au carnaval que nous allons finir par rater. Alleluia, le 10ème jour le vent de sud revient. Mandragore retrouve de bonnes moustaches à l’étrave, lancé entre 6 et 7 nœuds au pré-bon plein.
La vie à bord :
Concernant la vie à bord, la bonne ambiance est de mise. Chacun prend rapidement ses marques. Les quarts s’organisent, les diverses tâches quotidiennes et surtout… la cuisine ! Mais celle-ci n’est pas une tâche, elle devient très vite un plaisir. Tout le monde appréciant cuisiner à bord, chacun y va de ses idées recettes plus ou moins élaborées : tartes, gâteaux, salades, milk-shakes, pizzas, soupes, gratins, on ne s’ennuie pas ! sans oublier la préparation du pain quasi-quotidien. Mais nous direz-vous avez-vous pêché ? Oui, une belle daurade coryphène qu’Aurélien nous a pêchée et cuisinée en filets le soir même. Mais nous devons reconnaître qu’avec un peu plus de temps consacré à cet art, on aurait certainement pu faire mieux que ce maigre exploit. Parmi nos autres activités « détente » à bord, les premières qui nous viennent à l’esprit sont lecture, écriture, guitare, chants et accordéon, baignades tirées par un bout accroché au bateau pendant la pétole, ou encore lecture du ciel étoilé qui offre de nouvelles constellations depuis que nous avons rejoint l’hémisphère sud. Les premiers jours de quart nécessitent le ciré, mais rapidement la chaleur même la nuit devient pesante. Lorsque la mer est calme, nous préférons souvent dormir sur le pont. Les tenues d’hiver sont rangées sous vide, Hélène m’a coupé les cheveux, on fait attention de se désaltérer régulièrement, cela ne nous empêche pas de suer à grosses gouttes ! mais on ne va tout de même pas s’en plaindre !!!
L’île Fernando de Noronha, et la traversée jusqu’à Récife :
Le 24 janvier au matin, il ne nous reste plus que 180 miles pour atteindre Fernando de Noronha. Nous avons dépassé le méridien 30 et retardons notre montre d’une heure, 2 heures en moins par rapport à l’UTC, soit 4 heures par rapport à la France. Vendredi 25, dernière journée… La mer est assez calme, mais on avance bien, qu’à la voile ! 14h Terre en vue ! Quatre heures plus tard on jette la pioche par 14 mètres de fond près du port de Santo Antonio. Champagne ! Distance parcourue depuis Brava : 1287 miles nautiques, sur les 4300 miles nautiques que nous avons réalisés avec Mandragore depuis notre départ de Noirmoutier en octobre dernier. Ces 36 heures d’escale sur l’île de Fernando nous permettent de refaire le plein de gasoil, d’eau, de fruits et légumes frais, mais aussi de nous dégourdir les jambes par une grande marche le long de la côte et ses falaises, et des baignades sportives à répétition dans les rouleaux de ses plages prisées des surfers. On y rencontre quasiment aucun touriste étranger. Cette île, où faune et flore sont protégées, accueille surtout une clientèle brésilienne. Nous gardons un très bon souvenir de cette île, et de l’accueil de ses habitants. Dommage que le coût du mouillage soit cher, et ne permette pas de s’y poser très longtemps. Lundi 28 janvier : Les formalités de sortie auprès de la police et de la capitainerie nous prennent toute la matinée. Tout est en règle, mais tout est long. C’est normal, alors on attend, et on se rattrape en sortant des bureaux en mangeant tous les quatre une bonne glace Magnum !! 14h, nous quittons enfin notre mouillage. De crainte d’arriver trop tard à Salvador de Bahia pour le Carnaval, nous préférons nous diriger vers Récife, à un peu plus de 2 jours de mer au lieu de six. De plus, son carnaval, parait-il, fait partie du trio des carnavals les plus beaux et festifs du Brésil, après Rio de Janeiro et Salvador de Bahia. Cap au 235. Cette fois-ci, le vent nous accompagnera tout au long de notre traversée. Jeudi 31 janvier, 8h, nous approchons le port de Récife. A quelques miles de notre arrivée, les buildings proéminents nous font craindre une ville industrielle et sans charme. Finalement, après une première journée à terre, nous sommes agréablement surpris par les maisons colorées de son centre-ville, le Carnaval de ce week-end se prépare… La suite au prochain épisode…
Chapter 15 (English version written by Prue !) : 4 January – 31 January 2008 : Transatlantic Capo Verde –- Recife (Brasil)
What comes to mind at the mention of Capo Verde? I imagined a green place (its namesake ??). I also dreamt up some palm trees and white sandy beaches to go with the sweet music of Cesaria Evora. So it was surprising to touch down on Sal – one of the ten Capo Verdean islands – resembling more like a piece of the Sahara plonked some 200 sea miles off the coast of Senegal! A desert island. No surprise to Aurelien however, who’d disembarked here a few years previous. Likewise, the larger island and our flight destination, Sao Vincente, has a similar harsh and arid landscape, only it’s impressively volcanic.
This is where Aurelien and I met Hélène and Laurent, anchored in the bay of Mindelo on their fine sailing vessel, Mandragore. (Google it to find out one of its curiously kinky meanings). And a very social welcome aboard it was that evening, January 4th with a mere 18 or so sea-farers (all French incidentally) for drinks. ‘A good sign’ and immediately we realised how lucky we were to embark on a voyage across the Atlantic sea with such a great easy-going couple, making us feel ‘at home’ right from the start; an impromptu decision for all but clearly meant to be.
The following days passed quickly, first with an overnight venture across to Santa Antao Island further west. There we discovered that perhaps Capo Verde was a brighter colour green prior to the Portuguese’ pillage of wood some 500 years ago. We encountered an unexpected verdant oasis covering the western flank. Unlike its dusty neighbour, the deep valleys burst with lush vegetation, groomed vegetable plots, mango groves, papaya and quint-essential sugar cane responsible for the local firewater, or ‘grog’ as they call it. We got two bottles for the boat, mango and chocolate.
Back in Mindelo, jobs preparing to go to sea continued. Aurel demonstrating heroic patience with the generator; Laurent didn’t set foot ashore for two days. Otherwise, evenings were enjoyed with friends anchored beside us, whether for a drink on board or at one of the many haunts for live music, which is as varied as it is rhythmical and island-ish. I was happy to find a strong Capoeira following and joined in on a class. About a week later, time had come to brave the big blue, stocked up with supplies having sort the best deal possible for outsiders; Laurent’s bartering for water, and Hélène and I super-savvy about the local price for a fish to an egg, thanks to our guided advice and haggling with Mani we met nearby where the fishermen pass their day playing cards.
It was early Friday afternoon, January 10th, when we waved goodbye to friends sailing out of the harbour with a gusting 25 knot north-westerly wind and heading south…hoping it would turn north-easterly to push us along downwind. Some 24 hours later we pulled into the tiny island (and most south-westerly of Capo Verde) Brava. This stopover at the humble fishing village, Faja d’Agua, proved to be a worthwhile rest away from a busy town and – we all agreed – sort of epitomised the Capo Verde we’d hoped to experience - as we did with a steep two-hour walk up into the green valley behind. The locals charmed us too with their friendly openness. Aurel braved a couple of fast-paced soccer sessions with the local lads; sampled ‘quality’ (strong!!) grog at the rudimentary distillery – right where the donkey and mule take turns to turn the mill extracting sugar cane water. Hélène and I visited the small school of 23 beaming brown faces who taught us some essential Creole; fish, friend, what’s your name? Etc. before having a piece of ‘French’ marble cake we’d baked.
So it happened incidentally that we didn’t depart on Friday – apparently bad luck for French and English. Come to think of it, it’s a good thing bananas aren’t bad luck on board in the northern hemisphere cause we’re loaded up to the portholes with them! Instead we set sail bound for Salvador de Bahia – bearing 205° SSW – late Monday morning 14th, again with a breezy 25-30 knot wind. Not long after with confused wind direction and swell; the wind drops to dead calm and we need to motor for a few hours. Eventually we console ourselves with a Kir aperitif (white wine and crème de cassis). Actually the Captain has instilled a good habit of a daily sun-downer beverage, usually more symbolic than alcoholic. It’s religiously complemented by somebody’s tasty snack creation – sometimes a challenge to avoid tinned fish combos though these are equally exalted as ‘trés bon’! Occasionally the ‘Salicorne’, a plant growing in salty marshes, from Noirmoutier (island south of Brittany and Mandragore’s home port) appears as garnish, or Hélène’s germinated sprouts. And from that point, the culinary flow continues; evening of Day 1; a potato salad-turn ‘fry-up’, then a desert extravaganza from Laurent – lemon tart and chocolate. Hélène and Laurent straight to bed at 8-ish when we, Aurel and I, commence the first watch until 01:00 (5 hours).
Extracts from my scribbles…..(you’re not missing out on my beginner graphics!!!)
Day 1; Monday Jan. 14; 1100 hrs
…I’m on the morning watch sitting at the chart table. Every 10-15 minutes I take a look up on deck for boats if I’m down here. Couldn’t sleep last night rolling round on the starboard bunk in the forehead cabin, boat sounds amplified 3-fold while unwillingly pressed against the hull. Thinking this must be what a storm feels like…pots, plates and glasses clinking in the galley, waves splashing and crashing against the portholes. You hear everything in the hull straining, creaking (even a concrete hull!) and I wonder at what point does the auto-pilot hold out ‘til it gives way under pressure. Not a good thought so I switch to tomorrow’s dish or cake because real sleep just ain’t gonna happen…Huh! 5000 metres below us! Contemplate for a moment the other big world that exists beneath us. Up on deck, again a few unfortunate flying fish from the night that didn’t manage to ‘fly off’ need to be got rid of. Observing all the extra features and add-ons for an ocean cruising yacht and really Mandragore feels very safe. Every spot a bungy cord could help, it’s there serving its practical purpose – it’s as if Hélène and Laurent have done this trip already.
Day 2; 20:30 hrs (13 ° north of equator)
…grey day and the sea maintained a choppy sizeable swell. Good speed at 6 knots (about 10.8 km/hr for land lubbers). Day passed very easily; a song-along, Laurent on the guitar, screeched out way through ‘What’s Goin’ On?’ by 4 Non Blondes. Plenty of French classics and couldn’t resist a dramatic ‘Je ne regrette rien’. And then a tune from Brittany, Hélène playing the squeeze box (piano accordion). Lotsa laughs. What else to do on a grey day but cook desert! Frangipani tart with pear – viola! It’s a French boat. Very few veggies to play with in the galley. Holding out what we can with all wrapped in newspaper and turning the eggs every few days… just spotted a ship to portside headed north to Africa. Not much boating action out here. Warm evenings – beautiful.
Day 4; 18:10 hrs
…sailing gently over this massive steely-blue liquid ‘mar d’ huile’ (oil sea) as they say for dead calm waters – mesmerizing under a soft late afternoon sun. Gotta have a wash on the foredeck. I love it at this time of the day, pouring buckets of water over yourself, cooling down and clean again. Ahh… sunset to follow with a drink. Bread making today; half of our 1kg dough mix made raisin bread and the other metamorphised into look-alike ‘escargot’ pastries. Without light flaky pastry they more closely resembled ‘rock cakes’ but it preoccupied most of the afternoon, playing up to the camera (Laurent filming) pounding balls on the table like they were rubber stress balls in the office – no wonder they had a hard time rising! So for today’s ‘gouter’ (trad. French after school snack time, 4pm) we were dipping (because the French dip EVERYTHING!!!) our raisin snails in banana smoothie. This crossing in fact will be rembered too as the return of banana milkshakes!
Day 6; 08:15 hrs
…at around 5° latitude north we’re bobbing about (wind has dropped as we near the equator) alongside the southern tip of the horn of Africa and on the east of the Atlantic, Suriname. Everyday has a different feel about it depending on the colour of the sky and what mood it brings which determines the activities we each busy ourselves with. Hélène and Aurel mended the canvas canopy; I’m well into translating Astrix in French, ‘La Grande Traversée’ (very apt ‘The Great Ocean Crossing’ and amusing the number of references between ours and theirs!). It must be recorded too that yes, fish have –just one so far- been caught, à la Aurelien! Laurent says it’s the 2nd question after ‘storms’ that everyone asks, so pressure is on so we can allude to plenty of fish caught. Yesterday he pulled in a baby 2ft King Dorado, greeny-blue ‘beau poisson’, which he cooked for dinner. Fantastic.
Day 7; January 20
...I think it’s Sunday – day of rest…again (smiling). Que vida!! Beautiful morning - I’m lucky to have this part of the day on deck, fresh and ‘tranquille’. I’ve taken to doing a round of exercises – with this elastic strap – to combat the kick-back from crumbles and tarts devoured daily. And I think, well, such a routine out here is as good as it gets! And it’s a moment to reflect watching the sun get up and climb the sky, that there’s no place I’d rather be; also think of family and friends. Climbed the mast this morning – big pendulum swing of atleast 4 metres – and took some good pics of Hélène and Laurent sleeping on the foredeck. Ahh, magic! A pod of dolphins jumping in the distance but they won’t come closer to play.
Day 8; 17:20 hrs
…some unarguable evidence that this is truly un bateau français; a double whammy of tarts for dinner last night!! Potato-onion, then a self-styled banana one from the desert king. Only the Frogs could be bothered, let alone think of making them. Bless ‘em! Unremarkable day besides the ominous ‘Poteau Noir’ we’d been waiting for – an equatorial weather system of surrounding black-wall clouds hovering low on the horizon. Somehow we escaped heavy downfalls by steering round the clearly defined darkness.
…what else? Laurent has declared we need a break from too much butter, too many eggs so we’re all content with soup. I’m relieved.
Day 10; 10:00 hrs (Full moon)
Finally crossed the anticipated equator last night at 0230 hrs. That’s about 1000 nautical miles (1852 km) from Capo Verde and just over half way to Salvador. Was trying to sleep so I was glad we didn’t wait to celebrate and sip champagne – instead we had a great meal last night; Beef Bourguignon (cooked and preserved on Noirmoutier by Laurent’s mother) with Vin Noir (sweet, spiced red wine prepared by Hélène’s grandmother – normally good for the mountains but now aperitif of choice on the equator!), and bananas flambée au rhum. Too good. De trop peu! Sailing with a nice breeze, averaging 4.5 knots, taking turns to swing in the hammock – ideal for star-gazing. Hot days (all turning darker shades of brown) but thanks to this big bath of sea we’re in we can cool off, tagging behind on a rope with the boogie board.
Day 12; Friday Jan. 25 (Australia Day!)
…bound for dry land today; the tiny National Park island, Fernando de Noronha, about 200 miles off the Brazilian coast. We’ve made good progress these past couple of days fortunately under sail (7 knots!) because we have little fuel remaining. Generally distance has varied from 140 to 80 miles a day.
Hanging out for fresh fruit and veggies, and some restful sleep under anchor. Hélène’s finished sewing the Brazilian flag. It’s customary to fly the flag of the country you’re entering – a sign of respect too.
Yeeh haa! Finished translating Asterix! …these green-clad islands are close in view now and the prospect of discovering (??) this natural paradise (that even attracted Charles Darwin) is pretty exciting. A gentle welcome back to civilisation too, as opposed to confronting sky-scrapers and a city thronging with full festive action of the biggest non-stop party of the year, Carnival. So, we’ve done the crossing!! And it must be mentioned, we toast a chilled champagne! Good feeling all-round, sunset in port, appreciating our good fortune to find each other to sail this leg together.
Fernando de Noronha Island – National Park and Marine Reserve
The sun gently slides down towards the Atlantic horizon. We’ve toasted each other a well deserved beer (and the first cold one since Capo Verde) at a chilled out bar nestled amongst coconut palms. It’s just rained, the others are still playing in the waves taking the last swim for the day along a beautifully vast yellow sandy beach. Unlikely we’ll come across one so clean and quiet on the mainland. There’s even a rainbow dipped in the sea a few waves beyond! Have had a full, magical nature-lovin’ day beginning with an early coastline walk along the cliffs through some big leafy green foliage. Didn’t spot the infamous pods of dolphins doing their morning acrobatics but instead some turtles and ‘land-lubber’ inhabitants; an endemic rabbit-like rodent, iguanas and cheeky little lizards on the search for crumbs. Down on the idyllic Sancho Beach – accessible via a ladder down a crevice in the cliffs behind – there was good snorkelling and a few hours to relax and swim lots under a sizzling tropical sun. Followed the western coast round… nice to stumble across this bar with good beats, summer vibe with bronzed bods sharing a sun-downer beverage. Now to hitch a ride back to port in the back of a beach buggie
Wednesday, January 30; 23:00 hrs :
…now sailing to Recife and ‘linda’ (pretty) Olinda after meeting some guys who say it’s the best place for Carnival, more diversity of music and on a smaller scale. Now about 15-20 miles off the coast. I usually hit the sack about now and Aurel takes over but since this is our last night before reaching the mainland and the masses partying, I want to enjoy the peacefulness of the night – wind has found us again. It whistles and wavers round the sails and the coolness is refreshing. Good speed of 6.5 knots! Hard to believe the glow beneath low clouds to starboard is actually the lights from a massive stretch of land. Suddenly it feels like this crossing has passed quickly. Today?? Scorching hot; chess; Laurent played guitar a bit; Hélène worked on the blog; gave Aurel a massage; HOT… did our own thing but gathered around for dinner in good spirits, revitalised by the cooler night breeze.
Thursday, January 31; Arrival in Recife :
…as if the chain of coastal skyscraper cities we’d been following weren’t scary enough!! As we motored into the protected waters of Recife’s industrial port, we all felt a little dumbfounded by the greyness and massive development of a concrete jungle – what had we expected? Nothing like this. And certainly being the poorer region of Brazil it probably wasn’t fair to expect much more than the very basic – unloved, scarcely patronised – yacht club. We were the only ones there, besides a few small local boats. However, thanks to Eduardo (night watch fella) who guided us through the thick beaurocratic process, it only took us 4 hours rather than a whole day to be legit. I was threatened to leave without a visa in my Aussie passport but luckily the big guy softened and stamped my Euro one – phew! Later that evening we were rowed across to the old town, set on an island (you’d never guess this is the Venice of Brazil!) and toasted the start of Carnival with a Caiparinha – only 1.25 euros, we get ripped off! – amongst hundreds dressed up and filling the streets following their ‘maracatu’ percussion/horn band. Full of colourful decoration, lights, music, singing, street stalls and promise of a ‘bigger-than-Ben Hur’ Carnival experience! Legao.
January 07 Chapitre 14 (écrit par Karen et François) : 29 décembre 2007 - 04 janvier 2008 : Cap Vert (Les îles de Sao Vicente et San Antao)Karen et François, un couple d’amis, sont venus nous rejoindre dix jours au Cap Vert. Nous leur avons proposé d’écrire à notre place le carnet de bord…
Aéroport de l’île de Sal le samedi 29 décembre à 2 heures du matin : C’est avec une grande joie que nous retrouvons Hélène et Laurent venus nous accueillir, puis nous embarquons sur Mandragore ! Il nous faut un petit temps d’adaptation pour nous familiariser à la vie sur un bateau et notamment aux toilettes… Le lendemain matin, nous visitons sous le soleil le petit village haut en couleurs de Palmeira, puis nous levons l’ancre direction Mindelo. La traversée ne dure que 24 heures mais que ces heures furent longues pour des marins d’eau douce comme nous. Eh oui, nous connaissons effectivement les affres du mal de mer pendant une bonne partie du trajet ! Cependant, la beauté du ciel étoilé nous fit rapidement oublier notre état comateux et nous passons le reste de la nuit à contempler les étoiles, à repérer les constellations et à pousser la chansonnette à l’aide du précieux livre « Diapason » d’Hélène. Nous arrivons le lundi à Mindelo où nous faisons la connaissance de Michel et Mary, les amis d’Hélène et Laurent adeptes de la plongée sous-marine. Nous avons parcouru les rues de cette petite ville portuaire où les habitants sont d’une rare gentillesse. Le soir, les marins se réunissent au club nautique, lieu musical et chaleureux dans lequel on peut faire de très belles rencontres et où il est possible de prendre une petite douche !
Le réveillon du nouvel an : Nous débutons la soirée sur Mandragore en compagnie de Michel, Mary et Christophe, un sympathique français originaire des Alpes voulant lui aussi tenter l’aventure d’une traversée transatlantique. Nous avons droit à un véritable festin préparé par Hélène et Mary, nos deux cordons bleus. L’ambiance à bord est très conviviale. Ensuite, nous assistons au feu d’artifice de Mindelo et à la folie de ces jeunes se jetant à l’eau en bordure de plage pour exprimer leur joie et enterrer leurs soucis accumulés pendant l’année. Que de rires, d’hystérie collective, de coups de klaxons et de danses improvisées !! …autant vous dire qu’en France ce type de liesse populaire n’a lieu que dans des occasions telles que la victoire des bleus en 98… Cependant, la ferveur des habitants laisse place rapidement à des rues calmes et désertes. Donc direction le Syrius, la seule discothèque que nous trouvons ouverte sur Mindelo avec banquet, open bar et salsa caliente tout le reste de la nuit…
Mardi 1er janvier : Nous nous réveillons tôt pour visiter l’île de Sao vicente après 3 heures de sommeil... Nous louons un « aluguar » (genre de pick up transformé en taxi) pour monter au sommet du « Monte Verde », lieu mythique de l’île. Bon, il faut être franc, cette île n’est pas la plus belle au Monde… du fait de ses terres arides où rien ne pousse. Nous sommes un peu déçus car le paysage est pauvre, le soleil inexistant depuis notre arrivée et le vent omniprésent (normal remarquez pour une île appelée « île sous le vent »). Malgré notre petite déception, nous gardons le sourire et poursuivons notre périple vers la plage de « Baia das Gatas ». Mais malheureusement le soleil continue son jeu de « cache cache » et notre bain de mer tombe à l’eau. Puis tout en dégustant dans un petit restaurant les délicieux « garoupas » (poissons typiques du cap vert), nous décidons à l’unanimité de prendre le lendemain le premier ferry pour découvrir l’île de San Antao dont tout le monde nous a vanté la beauté.
L’île « San Antao » : Le mercredi matin, lever 6h30 pour embarquer à bord du ferry direction San Antao. Lorsque nous arrivons, nous voyons une île aride, un peu similaire à celle de Sao Vicente. Mais grande fut notre surprise lorsque nous découvrons l’autre versant de l’île et sa végétation luxuriante. Nous parcourons bon nombre de kilomètres à travers les petits villages et les vallées verdoyantes de cette île typique du cap vert. De belles images et souvenirs de rencontres nourriront désormais nos esprits : ces enfants venus demander des stylos, les anciens des villages au sourire radieux, Sandro le français qui nous a accueillis chez lui, dans ses chambres d’hôte, et qui y vit depuis près de 8 années ! On se souviendra longtemps des paysages de cette île, de ses habitants et du goût parfumé du « grogue », le rhum local.
Notre retour à bord d’ « Ouekan » : De retour à Mindelo, le jeudi en fin d’après-midi un problème se pose : comment allons-nous repartir vers l’île de Sal pour prendre notre avion le dimanche à minuit ? Pas de ferry disponible avant la semaine prochaine, nous sommes coincés sur Mindelo. Les conditions de retour s’annoncent très difficiles (vents contraires, courants…). Nous voulons éviter ce périple à Hélène et Laurent qui nous proposent de nous ramener. Par chance, nous faisons la connaissance de Gérard et Michel qui justement s’en vont en direction de Sal à bord de leur catamaran « OUEKAN » avec un petit détour par l’île de Santa Luzia. Ils acceptent de nous prendre avec eux. Nous quittons Hélène et Laurent le vendredi matin 4 janvier, direction Santa Luzia, magnifique petite île déserte aux plages de sable blanc. Nous en profitons pour gravir les cols escarpés de l’ile avec Michel, grand amateur de randonnées. Gérard, lui, préfère nous attendre sur le bateau, occupé à nous mitonner de bons petits plats. (Il viendra nous chercher à la tombée de la nuit avec sa lampe torche, mais l’annexe fut victime de l’assaut des vagues, Gérard tomba à l’eau. Ce fut un moment d’anthologie et de rires…). Nous quittons l’ile de Santa Luzia le samedi à 17 heures. Nous vivons alors une traversée très difficile en direction de Sal à tel point que nous sommes arrivés in extremis le dimanche soir à 23h30 à Sal pour prendre notre avion. Un grand merci à Gérard et Michel qui se sont battus comme des lions de jour comme de nuit pour nous mener à bon port. Inoubliable ! Nous tenons à remercier Hélène et Laurent pour cette très belle expérience sur leur bateau et ce séjour au Cap Vert que nous ne sommes pas prêts d’oublier. Nous vous souhaitons une très belle traversée de l’Atlantique et de très belles escales sur le continent américain. Encore un grand merci pour votre accueil et votre gentillesse et surtout nous vous souhaitons bon vent !!!
Karen et François Chapitre 13, 16 décembre - 26 décembre 2007 : Traversée de six jours et six nuits entre Canaries et Cap VertJeudi 20 décembre. Nous quittons San Sebastian au petit matin, début de journée couvert mais égayé par un magnifique arc-en-ciel. Six jours de mer nous attendent. Nous partons juste après « Lascar », nous nous suivons une bonne partie de la journée. Les conditions météo sont clémentes les premiers jours, mais s’avèrent beaucoup plus sportives à partir du 24 décembre, mer de force 6 avec rafales à 7, et houle courte de 4 à 6 mètres. Avec deux ris dans la grand-voile et le génois bien enroulé, nous avançons toujours entre 6 et 7 nœuds, avec des pointes à plus de 8 nœuds ! A l’intérieur on pense avoir tout calé, mais même le four et le tiroir à vaisselle s’ouvrent, alors que ça n’arrive jamais d’habitude. Après ses quarts, Laurent dort parfois par terre dans le carré. Pour ma part, je persiste à me reposer dans la cabine arrière, mais après tout je ferais peut-être mieux de faire comme lui. Etant le lieu le plus bas du bateau, c’est sur le plancher que ça bouge le moins. Nous passons le réveillon de Noël avec ce roulis bien prononcé, loin d’être agréable, mais on s’y habitue, de toute façon on n’a pas le choix, n’est-ce pas ! Et ce pourrait être pire, il faut relativiser. Nous parviendrons quand même à nous offrir nos cadeaux, et nous faire un rapide petit festin : trouspinette noirmoutrine en apéro, biscottes avec de la terrine de sanglier en entrée, puis un bocal de bœuf bourguignon lentilles. Dommage pour la bûche de Noël au Nutella que j’avais eu peine à préparer, mais rester trop longtemps à l’intérieur commence à nous barbouiller et nous enlève toute envie de dessert ce soir. Tant pis, nous la dégusterons demain ! Nous sommes quand même ravis d’avoir pu marquer le coup ! Joyeux Noël ! Nous pensons fort à nos familles et nos amis. Parmi nos cadeaux, je tiens à recommander le livre de Maud Fontenoy « Le Sel de la Vie ». Je l’ai dévoré en quelques jours. Superbe livre, et sacré bout de femme. Au-delà du défi sportif de cette femme qui a effectué seule à 29 ans un tour du Monde à la voile à contre-courant, j’apprécie beaucoup ses valeurs, son humanisme et son dynamisme à toute épreuve. Sa ligne de conduite : « Ne laissez jamais personne vous dire que votre rêve est impossible ». De plus, on sent qu’elle aime les mots, et apprécie intégrer des citations littéraires qui se marient très bien à ses propos.
Mail du 23 décembre 2007 : « Notre radio BLU refonctionne !! »Bonjour a tous !
Notre radio BLU a vraisemblablement décidé de nous faire un beau cadeau de Noël... Pour qui pour quoi, après avoir joué la capricieuse pendant près de deux mois, la voici qui accepte d'envoyer et recevoir nos mails sans difficulté à présent ! La panne incompréhensible se clôture par une remise en route toute aussi mystérieuse. Me direz-vous, le principal est que ca marche ! Nous pouvons donc désormais échanger des courriers textes depuis notre bord, même en pleine mer. Je n ose pas le crier trop fort, on ne sait jamais, je me méfie des sauts d’humeur de Mme BLU ! Néanmoins, à l'avant-veille de Noel, elle nous permet de vous souhaiter de bonnes fêtes de Noel depuis la cabine arrière de notre bateau ! Le temps s’est-il radoucit en France ? De notre côté, nous traversons bientôt le tropique du Cancer et entamons notre deuxième nuit et troisième jour de mer en direction du Cap Vert, 213 miles parcourus sur les 750 qui nous permettront d’atteindre vers le 27 décembre l’ile de Sal. Nous passerons alors récupérer à l’aéroport Karen et François, un couple d’amis, puis Cap sur Mindelo, l’ile de Sao Vicente où nous fêterons ensemble le cap de la nouvelle année. Nous nous sommes également donnés rdv avec d’autres voiliers de voyage rencontrés pendant nos précédentes escales, comme Mary et Michel, à bord de leur voilier de 11 mètres Lascar. Ils préparent eux aussi une traversée de l’Atlantique courant janvier. D ici là, notre traversée se déroule sans encombre. Vitesse entre 4 et 7 nœuds et demi. Vent 15-20 nœuds, Nord Ouest passant Nord Est cette nuit, mer oscillant entre belle et forte. Position actuelle 24°54'90"N / 18)49'47"W. Espérons que ces bonnes conditions de navigation se maintiennent le soir de Noel... Nous pensons bien à vous tous. Joyeux Noel ! A bientôt !
Laurent et Helene
NB : Pour nous répondre sur notre adresse mail à bord de Mandragore, de préférence effacez notre texte avant d écrire votre message, nous mettrons ainsi moins de temps à recevoir vos mails. Mail du 19 décembre 2007 : « Bonnes fêtes de fin d’année ! »Bonjour à tous,
Après près de trois semaines à terre (retour en France pour la présentation de notre défilé « Voiles et Voilages » au Salon Nautique de Paris, puis préparation en Chine de notre prochain défilé pour les JO 2008 à Qingdao), me voici de retour à bord. Laurent et Mandragore sont restés aux Canaries, les deux premières semaines sur l’île de Grand Canaria à Las Palmas, puis Santa Cruz sur Ténérife. Cette halte dans le voyage fut l’occasion pour Laurent d’apporter un certain nombre d’améliorations sur le bateau, et de rencontrer d’autres voiliers en voyage. Il a notamment retrouvé « Catafjord », la famille nantaise de trois générations dont nous avons déjà parlé à plusieurs reprises dans nos précédents carnets de bord. Mais je lui laisse la plume... Il m’a promis de nous écrire bientôt un carnet de bord. Le but de ce mail est de vous souhaiter à tous de très bonnes fêtes de fin d’année, et tout particulièrement un Joyeux Noël. Quant à nous, nous le passerons en mer entre les îles des Canaries et celles du Cap Vert. Nous nous apprêtons dans un peu moins d’une heure à larguer les amarres pour une semaine de navigation. Malheureusement notre radio BLU est toujours aussi capricieuse, nous ne pourrons donc ni envoyer ni recevoir de mails pendant cette traversée. Mais vous pouvez toujours nous écrire sur gouletlaurent@yahoo.fr et leroyerhelene@yahoo.fr Nous serons ravis de vous lire à notre arrivée à terre. Grosses bises à tous ! et encore Bonnes Fêtes de Noël !
Laurent et Hélène November 21 Chapitre 11 : 31 octobre – 21 novembre 2007, Les îles des Canaries (Graciosa, Lanzarote et Fuerte Ventura)Nous vous parlions dans notre dernier carnet de bord du fameux marché de Madeire, voici que nous repartons pour les Canaries les filets pleins de fruits et légumes aux noms et saveurs méconnues de nos papilles… Un vrai régal à bord ! Cette traversée de deux jours est l’occasion de tester avec succès la réparation de notre pilote ! Un vent pré-bon plein de 4-5 nœuds nous accompagne à peu près tout au long du trajet. La première journée ensoleillée se couronne avec une moyenne avoisinant les 7 nœuds ! Si nous continuons ainsi, ce ne sera pas à la tombée de la nuit que nous arriverons, mais au petit matin ! Le deuxième jour se révèle plus couvert et nuageux. Etonnant, alors qu’on traverse bientôt le 30ème parallèle, nous faisons nos quarts de nuit en polaires et cirés ! Le soleil se couche comme il s’est levé, marquant seulement sa présence à ces deux moments de la journée par une fugace apparition entre deux nuages. On le croirait jeter rapidement un œil dans la fente de la serrure d’une porte. Feignantise ou voyeurisme aujourd’hui Mr Soleil ? Nous croisons très peu de bateaux pendant cette traversée, quelques bateaux de pêche seulement (de jour comme de nuit, toujours au travail…) mais pas un seul voilier de voyage, et pourtant nombreux sont ceux que nous rencontrons et retrouvons dans les ports au fur et à mesure de nos escales. Nous profitons aussi de nos quarts pour lire. Nous avons emmené pas mal de livres avec nous, et comptons aussi en échanger avec d’autres voiliers au cours de notre voyage. Cela me fait penser à une jolie métaphore de St Exupéry dans le Petit Prince : « De chacune de nos lectures, germe une graine ». C’est vrai, et l’ensemble de nos lectures peut alors s’assimiler à un champ qui forme notre expérience, qui grandit, se développe année après année. C’est au travers de ces lectures que nous nous construisons. Mais lorsqu’on parle de lectures, il ne s’agit pas que des livres, mais la lecture de ce qui nous entoure, de ce que l’on voit, ce qu’on entend... Nous concevons aussi ce voyage comme une lecture intensive d’une partie de ce grand ouvrage. Et si nous nous appliquons à écrire ces carnets, c’est pour vous faire partager de notre mieux ce fabuleux livre qui nous est ouvert chaque jour.
Finalement, nous atteignons la petite île de Graciosa, la plus au nord des Canaries, vers midi. L'archipel des Canaries représente une région autonome de l’Espagne, et compte sept îles principales, divisée en deux provinces : l’île de Gran Canaria, comprenant également les îles de Lanzarote et Fuerteventura, et l’île de Tenerife, avec La Gomera, La Palma et El Hierro. Le nom de Canaries ne provient pas, comme on pourrait le supposer, du nom de l’oiseau mais serait lié aux chiens (« canis » en latin) qui vivaient dans l’île de Gran Canaria. Ce sont principalement des îles volcaniques, des éruptions sont encore visibles, notamment sur l'île de Lanzarote et un volcan sous-marin est toujours en activité entre Gran Canaria et Lanzarote... Les îles de Lanzarote et de Fuerteventura sont pratiquement désertiques, les îles plus à l’ouest des Canaries, telles que Tenerife et plus particulièrement Goméra le sont beaucoup moins. Je n’aurai pour ma part pas le loisir de les découvrir pleinement, puisque je rentre en France entre fin novembre et mi-décembre (En effet, nous présentons avec l’association « Voiles et Voilages » notre défilé de Mode en voiles de bateaux au Salon Nautique de Paris, je pars ensuite pour un repérage en Chine de quelques jours en vue d’une présentation de notre défilé aux JO 2008). Mais Laurent pourra nous raconter les beautés de cette île dans le prochain carnet de bord ! Nous pensions avoir le temps d’atteindre le Cap Vert, mais l’envoi du safran du régulateur prend plus de temps que prévu, nous devons rester près de Puerto Caléro, au sud de Lanzarote, adresse d’expédition de notre colis.
Deux heures après notre arrivée à Graciosa, une famille française de Nantes, passe nous voir au bateau. Nous les invitons pour un apéro à bord le soir-même, et repassons la soirée ensemble le lendemain, mais cette fois à bord de leur voilier, un catamaran de 18 mètres, gréé en ketch. Cette famille a la particularité d’associer trois générations sur le même bateau ! Les parents Malou et Dominique, leur fille et son mari Claire et Jérôme, et le petit dernier de 17 mois Enzo ! Leur site internet racontant leurs pérégrinations s’intitule tout naturellement http://www.levoyagedenzo.com ! Ils ont ramené leur bateau du Canada. Après avoir travaillé de nombreux mois dessus, ils ont largué les amarres françaises en septembre dernier. Nous espérons que la Mer nous offrira l’occasion de les revoir sur une prochaine destination. Ces six jours à Graciosa nous offrent l’occasion de bien découvrir l’île, en marchant, en footing parfois, nous partons découvrir une nouvelle partie chaque jour. Aucune trace de goudron, toutes les routes et les rues sont de sable, les rares voitures, toutes des Land-Rovers tous terrains, se font rares, le poisson sèche à même le sol devant le port, le village de la Sociedad respire quiétude et tranquillité. A la couleur blanche et éclatante des murs des maisons fait écho la couleur des coques des barques de pêcheurs rehaussées de liserés rouge, bleu, vert… Le port ne compte qu’un seul ponton. Ni eau, ni électricité ne sont fournies, juste la garantie d’un abri sous la bienveillance de quatre volcans endormis. Vu le faible coût de ce port, autant laisser de côté l’idée du mouillage pour cette fois. La végétation y est quasi-désertique, des buissons chétifs jalonnent la côte aride. Les deux volcans que nous avons grimpés ont le point commun d’être surplombés d’une demie-caldeira seulement. Les parties de terre volcanique manquantes, toutes deux tournées vers la Mer, ne laissent pas de doute sur leur destinée. Lorsque nous descendons le versant opposé du volcan le plus au sud de l’île, quelle ne fut pas notre surprise de voir des couleurs si différentes de ce que nous avions vues jusqu’à présent. Des strates aux dégradés d’ocre, de jaune rendent encore si prégnant l’histoire volcanique de l’île. Une large épaisseur de terre sableuse a glissé vers la Mer laissant des murets de lave noire, droits, séchés et fendus par le soleil et les années. Au pied du volcan, nous profitons d’une piscine naturelle s’ouvrant sur l’océan. L’eau n’y est profonde que jusqu’au buste, mais elle nous laisse néanmoins l’agréable plaisir de se baigner, puis de se sécher sur les rochers au soleil. D’autres criques et plages de sable fin plus accessibles offrent l’occasion de bonnes baignades et balades le long de la Mer. Graciosa nous offre aussi l’occasion de bricolage sur le bateau, et autres tâches communes aux escales. L’avant-veille de notre départ, nous faisons la connaissance d’un couple allemand-belge, Véronica et Jean-Paul, propriétaires du bateau sur lequel nous nous sommes mis à couple. Ils ont déjà un voilier, un Trismus de 35 pieds tout équipé voyage, mais voulant plus gros ils ont acheté ce deuxième bateau, une occasion très intéressante mais sur lequel demeure pas mal de travail et du temps. Il n’a pour l’instant ni voiles, ni moteur, et n’ont pas suffisamment d’argent pour avancer efficacement. Ils recherchent donc à vendre vite leur premier bateau. Une bonne affaire à faire, si ça vous intéresse, nous pouvons transmettre le contact.
Vendredi 9, nous quittons les volcans de Graciosa pour rejoindre le sud de l’île de Lanzarote. Le vent se fait absent sur une bonne moitié de notre traversée, et pourtant Lanzarote est connue pour être une île très convoitée par les amateurs de surf et planche à voile. Mais d’autres journées nous confirmeront largement cette réputation. Encore plus que Graciosa, nous sommes surpris par l’absence totale de végétation sur des centaines d’hectares ! Une multitude de cônes volcaniques et de larges plaines de lave noire forment la majeure partie du paysage. Et pourtant ces éruptions ne sont pas ancestrales ! Débutées en 1730, elles ont recouvert en six ans la partie la plus fertile de l’île en repoussant le rivage à l’ouest de 8 kms ! Compte tenu des faibles précipitations et en conséquence du peu d'érosion, le paysage est resté presque intact. Les entreprises de désalinisation y sont très développées pour faire face à l’accroissement du tourisme. Au regard des langues parlées dans la rue, et des menus affichés sur les devantures des restaurants, l’île semble surtout fréquentée par les touristes espagnols, allemands, finlandais et anglais. C’est ce que nous avons regretté à Rubicon et Playa Blanca, ces villes sont vraiment trop touristiques. Les plages sont dénaturées par des successions de centaines de parasols et transats méthodiquement rangés à perte de vue... Que de restos, magasins de souvenirs et de produits détaxés (appareils numériques, parfums, alcools, cigarettes…) ! Pour ainsi dire, il n’y a que ça. Le lendemain nous louons une petite voiture (moins chère qu’un scooter, surprenant !) et partons faire le tour de l’île. Nous voulons nous faire un trek dans les « Montaña del Fuego » (les montagnes de Feu) situées dans le Parc National de Timan Faya. Mais nous déchantons vite, l’accès n’est autorisé qu’à ceux qui acceptent d’y aller en chameau, avec le guide et tout le tralala. Nous poursuivons un peu plus loin, idem péage pour accéder à l’autre partie du Parc National, et des panneaux rappellent régulièrement qu’il est interdit de s’aventurer en dehors du sentier ! J’arrête les critiques, mais il est vrai que Lanzarote, à part pour ceux qui aiment surfer sur les vagues, n’est pas une destination que nous conseillons. Même si se poser sur la plage le jour et se balader ou aller au resto le soir est un type de vacances apprécié par certains, nous conseillons dans ce cas plus Coralejo, sur l’île de Fuerte Ventura, à 5 miles juste en face. Le centre fait moins « construit spécialement pour les touristes », les maisons, les rues, le bord de mer ont plus de charme, il y a une âme. En attendant l’arrivée de notre régulateur, nous allons au mouillage près du port de Coralejo. Comme sur Lanzarote, nous louons une petite voiture pour faire le tour de l’île. Nous partons de l’extrémité nord, traversons les paysages volcaniques jusqu’à rejoindre par des chemins cabossés et caillouteux de la pointe tout au sud, Punta Jandya. Nous ne sommes pas déçus de notre effort. Une jolie crique, sable blanc et eau turquoise nous invitent. Nous ne sommes que tous les deux sur la plage, alors qu’à quelques kilomètres à vol d’oiseau les plagistes s’alignent par milliers ! Nous poursuivons notre escapade par une marche dans des dunes, formées par le sable fin du Sahara poussé par le sirocco. Il y a aussi les dunes de Corralejo, juste à la périphérie de la ville. Mais ne faites pas comme nous, ne vous trompez pas de chemin, longez bien la mer, ou n’y allez pas à vélo ! car vous vous retrouverez à pousser vos vélos dans le sable, ça ne roule pas très bien. Mais au final, ce fut une bonne partie de rires ! Le lendemain, nous partons en bus à El Cotillo. A nouveau, grosses vagues et rouleaux sont au rendez-vous. Au retour d’une de nos balades dans le centre, nous rencontrons devant la grille fermée du port, Luc et Martine, un couple de français, propriétaires de « Tarpon », un cata de 14 mètres. Comme nous, ils sont bloqués pour rejoindre leur bateau dans la marina. Finalement le gardien vient rapidement nous ouvrir. Nous continuons notre discussion à bord de leur voilier autour d’un apéro. Eux aussi, sont de Nantes ! Décidément nous rencontrons beaucoup de bateaux de la région. A croire que les Pays de la Loire attirent les Pays de la Loire ! Leur bateau est devenu depuis quelques mois leur maison principale, ils comptent traverser vers les Antilles d’ici un mois. Nous poursuivons notre découverte des lieux par l’île de Lobos que nous rejoignons en annexe, à quelques miles de notre mouillage. Cette petite île vaut le détour, un lagon, quelques petites maisons, l’occasion d’une belle balade à pied et de baignades sans modération. Enfin, ce jour que nous attendions si impatiemment arriva ! Dimanche 18 au soir, nous découvrons grâce au suivi sur internet que le colis du régulateur est arrivé à Puerto Caléro ! On se rend au port dès le lendemain matin. Le safran auxiliaire est bien là. Ni une, ni deux le voici remonté quelques heures après. Le port étant cher, nous voulons reprendre la mer le lendemain pour rejoindre Tenerife, d’où nous pourrons faire l’ascension du Mont Teide et d’où je pourrai prendre mon avion. Malheureusement les alizés de Nord-Est ont laissé place à un fort vent de Sud-Ouest, qui nous contraint à tirer des bords, avec la mer debout. Sachant que le Nord-Est reviendra dans les prochaines 24 heures, nous relâchons une vingtaine de miles plus loin à Rubicon. Comme nous le disions plus haut, la ville ne nous attire pas trop, mais nous y savourons ce soir l’immobilité du bateau. October 30 Chapitre 10 : 16 octobre – 30 octobre : Panne de pilote, et escale sur l’archipel de MadèreMardi 16 octobre. Le baromètre se maintient à 1020 hp. Cap au 230° direction Madère, plus précisément Porto Santo. 480 miles, soit environ 4 jours et 4 nuits de navigation. Pour cette première journée, une heure de guitare et d’accordéon sur Tri Martelo, une délicieuse tarte suisse que nous a préparée Laurent, et une longue partie d’échecs jusqu’au coucher du soleil. Il fallait en effet en profiter, car la suite ne nous permettra pas de pareils moments de détente. Dans la nuit, vers 3 heures et demie alors que nous changeons de quart et prenons deux ris, le pilote automatique ne fonctionne plus… N’a-t-il pas aimé l’empannage ? La soudure a-t-elle lâché ? Avec le vent et la houle, il est trop dangereux d’aller vérifier dès cette nuit dans le poste arrière. Nous y regarderons de plus près demain. Mais, maintenant que nous n’avons ni régulateur d’allure, ni pilote, il va nous falloir barrer constamment. Les heures de quarts sont plus fatigantes, il faut rester sans cesse concentré, et surtout on ne peut pas bouger de son poste pendant plusieurs heures, le temps que son équipier se soit reposé et prenne la relève ! C’est d’ailleurs assez étrange d’être sur le même bateau, mais pourtant se voir à peine. Dans ces moments-là, les CDs de musique sur notre baladeur sont plus que bienvenus ! Je n’ai jamais écouté autant de musique d’affilée ! Néanmoins, il faut relativiser, cela n’a duré que 3 jours et 1/2, nous sommes en bonne santé et le bateau avance bien, c’est le principal ! Nous commençons et terminons notre navigation avec un vent constant de NE, force 5-6. Au portant, c’est impressionnant à regarder, surtout l’arrière, le bateau se soulève, la vague passe et continue sa course... Mais on se sent toujours autant en sécurité sur le bateau. Le jour se lève, Laurent va voir dans le coffre arrière, si le problème ne vient pas de la soudure. Non, tout est en place. En testant à nouveau le pilote, on s’aperçoit qu’il parvient à redresser son cap dans un sens, mais pas dans l’autre. La panne serait donc interne. Il faudra le réparer ou en trouver un autre sur une prochaine escale. Nous aurons finalement beaucoup de chance, nous pourrons le réparer dès notre arrivée à Funchal quelques jours plus tard grâce aux talents d’un électronicien exerçant tout près de la marina. Nous lui démontons le pilote, lui laissons à son magasin le matin, le soir-même il est réparé. Il s’agissait d’une plaque de composants qui avait grillé. Lors de notre dernière navigation, nous avions eu le plaisir de voir jouer autour du bateau des dauphins de nuit, cette fois-ci, ils viennent nous rendre visite au coucher du soleil, puis à nouveau le lendemain après-midi et le surlendemain juste avant notre arrivée à Porto ! Mais on ne se lasse toujours pas du spectacle ! Nous parvenons à bien les filmer. Pour les photos, ça va trop vite, elles ne rendent malheureusement pas bien.
Nous atteignons les côtes de Porto Santo samedi après-midi, une île en plein océan atlantique à 500 kms environ au large des côtes du Maroc. Depuis Cascais, nous totalisons une route de 530 miles sur les 470 de la route orthodromique. En effet, étant le plus souvent pile en vent arrière, nous avons dû tirer plusieurs bords de largue. Nous n’avons pas de pavillon portugais à bord. Or la règle veut que tout voilier entrant dans un port hisse, outre le pavillon de son pays d’origine, mais aussi en signe de courtoisie le drapeau du pays qui l’accueille. Et bien, nous allons en fabriquer un… Qu’avons-nous à bord ? Allez zouh, deux morceaux de tissus destinés initialement à faire des sacs, un gros rouge, un plus petit vert, une couture reliant les deux morceaux avec la machine à coudre manuelle de Mamyvonne ! Tant pis pour le dessin jaune censé être au milieu, nos amis portugais nous excuseront, c’est l’intention qui compte ! Et voilà ! merci Mamie, impeccable ta machine ! Nous nous posons d’abord au mouillage peu avant l’entrée du port. Nous nous attendions à des paysages verdoyants, mais se dressent devant nous des montagnes désertiques, à peine quelques arbustes, plutôt des cactus, un panorama lunaire ! Nous découvrirons par la suite que l’archipel de Madère doit sa réputation d’île fleurie non pas de Porto Santo mais de sa grande sœur, l’île principale, à 40 miles au sud, le paradis des randonneurs… C’est étonnant de voir de telles différences entre deux îles si proches. Elles sont pourtant toutes deux d’origine volcanique, de la même époque à peu près, soit 35 millions d’années, mais la végétation de l’une est aussi clairsemée que l’autre n’est luxuriante, la population de l’une est aussi réduite et concentrée que l’autre n’est dense et répartie sur toute l’île, même si bien sûr la capitale Funchal concentre indubitablement une grosse partie des habitants. Le vent souffle fort, le mouillage n’est pas très confortable. Après nos quatre jours de mer, et une première nuit houleuse au mouillage, nous préférons rejoindre le port le lendemain. L’accueil y est chaleureux, d’autres propriétaires de voiliers de voyage, français, anglais, sont en escale. Ce ne sont pas les mains qui manquent pour attraper nos amarres sur le quai ! L’enregistrement à la capitainerie puis aux douanes durent comme d’habitude trois plombes, le personnel n’a pas l’air d’être débordé ! Le long du quai, il est étonnant de voir les peintures à perte de vue de centaines et centaines de voiliers de voyage passés par le port. La tradition veut que chacun y peigne selon son inspiration et ses talents picturaux son logo, en y ajoutant le nom du voilier, l’année, le pays d’origine et éventuellement l’équipage à bord. Certains dessins sont vraiment magnifiques ! Cette tradition se répercute dans de nombreux ports. C’est ainsi que nous retrouverons un peu plus loin le logo de Fleur de Lampaul passé par le port de Funchal ! Après-midi, lessive sur le quai, nettoyage du bateau, petit tour en ville, et qui retrouvons-nous à la terrasse d’un café ! Christian et Franck du voilier « Adaggio » dont nous avions fait la connaissance au port de la Corogne. La suite du voyage vous révélera que nous les retrouverons à nouveau sur Funchal, et qui sait peut-être rdv aux Canaries ! Le monde de la mer est finalement petit ! Nous sommes à présent prêts pour louer une mobylette et nous lancer lundi matin dans le tour de l’île. Temps superbe, le soleil et la chaleur font désormais partie de nos compagnons quotidiens. L’île de Porto a connu un fort développement surtout depuis ces vingt dernières années, avec la construction de son port et de son aéroport. On le remarque d’ailleurs bien par l’aspect neuf des maisons, et nombreuses sont celles en construction. En poursuivant notre petite virée, nous tombons sur une parcelle verte au fond d’une vallée. Oui, il s’agit bien d’un golfe construit au beau milieu d’un paysage très sec, c’en est presque écœurant lorsqu’on s’imagine la quantité d’irrigation nécessaire pour atteindre un tel résultat. Le climat y est à peu près constant toute l’année entre 16 et 29 degrés. Comme la plupart des îles, sa géologie est très dissemblable d’un versant à l’autre. Aux falaises abruptes de la côte Est dues à la rudesse des vents et de la mer, lui répond une côte Ouest plus paisible, réputée notamment pour sa belle plage de sable fin. Nous achevons notre découverte de l’île par un trek le jour suivant jusqu’au sommet du Pico de Castello à 560m d’altitude. Belle balade et cette fois entourée d’arbres. Ce pic porte son nom de par sa forme bien régulière, on croirait une montagne dessinée par un enfant ! Elle permettait à ses habitants de se réfugier lors des attaques portugaises, et tel d’un château-fort surveiller de toutes parts l’arrivée des assaillants. C’est aussi sur Porto Santo, que navigua Christophe Colomb en 1478. Il s’y est, parait-il, arrêté initialement pour y acheter du sucre, mais y rencontra et épousa la fille du gouverneur de Porto Santo ! On raconte aussi que c'est ici qu'il eut l'idée d'entreprendre son voyage en 1492.
Mercredi 24, nous reprenons la mer pour rejoindre la capitale sur l’autre île, Funchal, une petite journée de navigation tranquille sous le soleil…
15 h 00, notre première vue sur l’île de Madère est si différente de Porto, des maisons à perte de vue, autant dans la vallée qu’en haut des montagnes, et surtout beaucoup de végétation ! D’ailleurs, lorsque les colons portugais la découvrirent en 1418, ils l’appelèrent « Ilha de Madeira », l’île boisée. Après des siècles de domination principalement portugaise, Madère reçut le statut de territoire autonome en 1974, et rejoint l’Union Européenne en même temps que le Portugal en 1986. Aujourd’hui, environ 270.000 habitants vivent sur une surface de 741kms². Lors de nos randonnées sur l’île, nous avons surtout rencontré des allemands ! Pourquoi n’en parle-t-on pas davantage dans les agences de voyage françaises ? Cette ile en vaut vraiment la peine, non pas pour ses plages, il n’y en a aucune -sur ses 150 kms de côtes rocheuses, 80% sont des falaises !- mais pour ses variées et superbes opportunités de randonnées qu’offrent les levadas. Les levadas sont des canaux d'irrigation de 10 à 40 cm de large, qui permettent d'acheminer l'eau des versants nord jusqu'aux cultures en terrasses (vignes, bananiers, pommes de terre...) situées au sud de l'île. Ainsi 2150 km de canaux ont été construits au fil des siècles, à flanc de montagne. Comme sur Porto Santo, nous louons une mobylette pour découvrir l’île tout en étant autonome. Finalement on se rend vite compte que le réseau des bus est très bien desservi, il faut juste ne pas s’étonner de retards en demi-heure ou plus… Sur les quatre jours successifs de randos dans l’île que nous avons faits, nous avons tous les deux préféré le premier et dernier jour, la première pour sa végétation luxuriante, sa brume donnant un côté mystérieux à notre parcours, la dernière pour ses précipices, ses tunnels, ses chutes d’eau… En un mot, superbe ! Dans laquelle préférez-vous que nous vous emmenions ? La dernière, celle de la Ponta Da Sol ? Après une bonne heure de bus depuis le centre de Funchal, descendez à Ponta da Sol, l’arrêt Levada Nova. Ne faites pas comme nous, n’attendez-pas d’être tout en bas du village pour descendre du bus, il vous faudra tout remonter ensuite… soit une petite heure de marche bien abrupte… Rejoignons le manoir Solar dos Esmeraldos, c’est d’ici que part notre trek. Nous suivons le canal du levada en sens inverse en marchant sur un muret de 30cms de largeur environ. Nous traversons d’abord des champs de canne à sucre, puis longeons la falaise sur notre droite alors que les paysages sur le flanc gauche de la vallée se dégagent de plus en plus loin et profondément. C’est ici qu’il ne vaut mieux pas avoir le vertige… Le ciel bien dégagé nous permet d’admirer la vallée jusqu’à la mer. Après ¾ d’heure de marche sur la levada, nous arrivons à un tunnel. Munissez-vous de votre lampe torche, la sortie et la lumière du jour apparaitront peu à peu, dans 200 mètres. En marchant légèrement penché, et de manière attentionnée, on peut aisément rejoindre l’autre côté sans se mouiller. Mais c’est maintenant qu’on se mouille ! Devant nous, une chute d’eau a creusé une large dépression dans le roc et se jette d’une manière spectaculaire et à grand bruit sur le muret de la levada. Le seul moyen d’échapper à la douche est de passer dessous le plus près du rocher. Continuons de longer la levada Nova jusqu’à rejoindre sa source. Vous avez alors bien mérité une petite pause ! Reprenons la marche. Descendons le sentier modeste et extrêmement raide vers la Levada do Moinho, passant parallèlement à côté du lit du fleuve. Nous retrouvons des sentiers parfois mouillés et glissants, des passages escarpés et vertigineux, mais la levada récemment entretenue offre un retour plus sécurisant. Après 1h et demie de marche, nous retrouvons la chapelle et le manoir du point de départ. Ca vous a plu ? On s’en fait une autre demain ?
Quant à la ville, il fait vraiment bon s’y balader, elle respire la jeunesse, la vie, son centre-ville est très agréable. Comme à Lisbonne et à Porto, les trottoirs sont faits de pavés noirs et blancs joliment disposés. Les gens y sont accueillants. Je repense notamment à Gloria, cette femme très sympathique et serviable dans le bus. Les décorations de Noël sont déjà installées. Madère est d’ailleurs réputée pour son feu d’artifice de la St Sylvestre, et attire à cette époque de nombreux bateaux de croisière. Avant de repartir, vous ne pouvez occulter la visite du marché aux fruits et légumes. Je vous propose que nous y allions ensemble de suite. Nous avons besoin d’y faire notre avitaillement pour notre prochain départ en mer demain, direction les Canaries… October 23 Chapitre 9 : 9 octobre – 15 octobre : Dernières escales sur le continent européen…
Depuis notre dernière mise à jour du blog, reprenons le carnet de bord… Finalement, suite au remorquage de « Loco », le voilier des français de Vannes, nous sommes restés deux jours de plus à la Corogne. L’équipage de « Loco » rejoindra la France quelques jours plus tard, son propriétaire François reviendra dans un mois terminer la remontée du bateau jusqu’à Vannes, son port d’attache. Nous faisons également la connaissance de quatre compères Franck, René, Christian et Michel. Ils réparent les toilettes de bord de leur voilier (c’est une réparation fréquente en mer !!) avant de descendre comme nous sur Madère, puis les Canaries. Mardi 9 octobre, nous larguons les amarres du port de la Corogne en milieu de matinée, direction Lisbonne. Comme pour la descente du Golfe de Gascogne, trois jours et trois nuits de navigation nous attendent. De quatre personnes, nous ne serons cette fois plus que deux à se relayer pour assurer les quarts de nuit. Nos heures de sommeil seront certes plus limitées, mais ces quarts nous laissent le temps d’apprécier des instants privilégiés avec cet élément puissant et fascinant qu’est la Mer… Moments magiques, plaisirs simples et pourtant intenses. C’est par exemple le plaisir chaque nuit renouvelé de lire le ciel étoilé, y reconnaître ici le pied d’Hercule posé sur la constellation du Dragon, en continuant plus à droite le long cou du Cygne, puis les ailes déployées de l’Aigle… J’ai d’ailleurs entrepris une partie de mes quarts de nuit à écrire, à l’aide de mon guide sur les étoiles et de mes observations, ma propre visite guidée du ciel, comment les retrouver dans le ciel, pourquoi portent-elles ce nom, à quoi font-elles référence dans la mythologie grecque. Vaste programme, mais fort intéressant. Au cours de ces nuits de quarts, nous avons également eu, et ce à plusieurs reprises, l’agréable visite d’un groupe d’une dizaine de dauphins jouant et sautant autour du bateau pendant plusieurs heures ! Il est bien évidemment difficile de décrire un tel spectacle. Mais fermez les yeux un instant… Ecoutez le bruit de la houle qui se fend dans l’étrave, le vent saisit vos oreilles, il fait pourtant pratiquement nuit noire, la lune en est à son dernier quart, et vos yeux sont hypnotisés par ces lumières fluorescentes à la surface de l’eau, le plancton y est dense, puis tout à coup un premier dauphin, puis deux, puis trois, leurs allées et venues s’enchaînent, leurs formes sont bien distinctes, ils sont tout près de la coque, tout près du cockpit, comme s’ils venaient nous offrir le privilège d’admirer leur prestation aux premières loges ! On pourrait penser dommage que ce spectacle soit de nuit, nous pourrions mieux les voir de jour, les filmer, les photographier. Non, qu’importe, non seulement nous aurons sûrement l’occasion d’en rencontrer d’autres de jour sur une prochaine navigation, et ce spectacle nocturne offre à la mémoire un souvenir inégalable. Depuis notre départ, on ne peut pas dire qu’on ne mange pas bien à bord, nous n’avons pas ouvert une seule boîte de conserve. Avec un peu de temps, la cuisine en mer offre finalement plein de possibilités. Belles conditions de navigation, pour une distance de 380 miles, nous ferons une moyenne de près de 6 nœuds sans avoir besoin une seule fois du moteur ! avec des pointes jusqu’à 8 nœuds et demi ! Cette descente vers Lisbonne fut pour ma part également l’occasion d’une bonne leçon : faire attention à sa place dans le cockpit lorsque nous sommes en vent arrière ! Se prendre la baume ou le palan de grand-voile en pleine tête pendant un empannage intempestif peut faire très mal. C’est en effet ce qui m’est arrivé… Laurent m’avait pourtant prévenu… et puis… voilà, juste le temps de prendre une photo, je n’y pense plus, et vlan… Heureusement rien de grave, plus de peur que de mal, mes lunettes ont valsé, mais ont pu être récupérées à temps. Je m’en tire avec quelques bleus, et l’assurance de faire plus attention la prochaine fois.
Nous décidons de faire une pause d’une nuit au port de Figueira Da Foz. Cette escale nous rallonge à peine et nous offre le temps de se faire une bonne sieste, une douche, une ballade dans le centre-ville et une bonne nuit de sommeil. Pas grand-chose à Figueira le soir, les rues sont peu animées, mais on se souviendra de ce fameux magasin chinois, telle une caverne d’Ali Baba, où rien est classé dans les rayons, on y trouve quelques petites trouvailles parmi plein de choses qui ne servent à rien…
Lorsque nous repartons le lendemain matin, nous ne sommes plus qu’à 24h de navigation de Lisbonne. Bonnes conditions météo pour cette dernière journée et nuit en mer avant notre arrivée à Cascais, dans la banlieue ouest de Lisbonne. Nous n’avons besoin ni d’eau, ni d’électricité, nous préférons donc nous arrêter dans ce mouillage d’où Lisbonne est facile d’accès par le train, plutôt que de remonter le Tage et payer une place chère au port. Le mouillage est bien abrité et la vue sur la côte est superbe. En revanche, le centre-ville est un peu décevant, certes mignon avec ses petites rues aux pavés joliment disposés, mais on y sent une banlieue neuve et surtout très touristique.
Dimanche 14, nous passons la journée à nous balader dans les différents quartiers de Lisbonne, le centre et ses rues commerçantes, le Castelo médiéval de Sao Jorge, le quartier de Bairro Alto, le Musée Maritme, la Tour de Belem... Située à l’embouchure du Tage, la capitale portugaise, qui compte aujourd’hui plus de deux millions d’habitants, s’est principalement construite sur sept collines, ce qui explique ses nombreuses rues qui montent et descendent ! La pente de certaines est si raide, que les trottoirs prennent la forme d’escaliers, les voitures ne peuvent y circuler, seul le tram y a sa ligne. Les rues du centre en bordure du Tage sont toutes rectilignes, et parallèles. Détruite par une gigantesque inondation au XVIIIème siècle, ses habitants ont ainsi reconstruit la ville suite pour que ce type de drame ne se reproduise plus. Comme à chaque fois que nous entendons quelqu’un jouer de l’accordéon, nous nous arrêtons… La manière dont ce jeune garçon demande l’offrande aux passants est amusante, ou disons plutôt commerciale ! Il ne se contente pas de poser une petite boîte pour recevoir la monnaie. Son chien de la taille d’une brique de lait se charge de porter le panier et attend les clients, mais à chaque fois qu’on y glisse une pièce, trop petit peut-être ou plutôt surpris, il laisse tomber le panier ! Le midi, nous flânons dans le quartier de Bairro Alto, censé être le quartier branché de la ville, mais à l’heure où nous passons, nous y découvrons davantage de petites rues paisibles aux murs colorés. A la nuit tombée les établissements qui les bordent se transforment en discothèques et restos peuplés d'une faune animée jusqu’au petit matin, parait-il ! Nous nous arrêtons dans ce quartier manger dans un petit resto, assez étonnant… Tenu par deux messieurs visiblement en âge d’être à la retraite, on a plus l’impression de les déranger lorsqu’ils nous avouent que le resto est bien ouvert. Mais surtout, leur déco, des portraits de Madone, des tableaux sombres, des oiseaux empaillés… Pour un restaurant, c’est un choix assez bizarre, n’est-ce pas ! Nous poursuivons par la visite du Musée maritime, connu pour être l’un des plus complets au Monde. Ses maquettes y sont en effet superbes, mais nous nous attendions à y apprendre plus de choses. En revanche, nous vous recommandons vivement le planétarium juste à côté si vous avez la chance de tomber au moment de la présentation des découvertes du satellite Hubble. Planètes, étoiles, c’est étonnant tout ce que ce satellite a permis à la science de découvrir depuis sa mise sur orbite en 1998 ! Par contre de l’autre côté de la rue, la vidéo présentant Lisbonne est vraiment éviter. A part le chouette panorama sur tout Lisbonne depuis ce bâtiment, ce film est purement et simplement un film de propagande ! Nous achevons notre escapade par la fameuse Tour de Belem, classée aujourd’hui Patrimoine mondial de l’UNESCO. Autrefois un faubourg et un avant-port, les caravelles aux temps des grandes découvertes coloniales du XV et XVIème siècle partaient principalement de ce quartier. Nous rentrons à Cascais, où est mouillé notre bateau, bien fatigués, mais surtout ravis de tout ce que nous avons pu découvrir aujourd’hui ! Nous consacrerons la journée du lendemain à se promener un peu dans Cascais, préparer le bateau, et compléter l’avitaillement en fruits et légumes frais, avant de reprendre la mer pour 4 jours et 4 nuits de navigation, direction l’archipel de Madère...
Nous sommes depuis 4 jours sur l’île de Porto Santo, l’île le plus au nord de l’archipel de Madère. Je n’ai malheureusement pas le temps d’écrire la suite du carnet de bord, et celui-ci est déjà bien long !! Il vaudrait mieux écrire moins et plus souvent, mais malheureusement tant que la BLU ne veut pas fonctionner, nous dépendons des connexions internet sur notre parcours. Dans le prochain épisode, nous vous relaterons aussi notre navigation entre Lisbonne et l’île de Porto Santo, nos bonheurs et nos ennuis, notamment la panne du pilote automatique… Nous étions déjà en panne de régulateur dans le Golfe de Gascogne, nous voilà donc contraints à barrer 24 heures sur 24 ! Enfin, ce n’est pas si grave, on se porte bien, c’est le principal, et nous espérons pouvoir réparer le pilote sur l’île principale de Madère à Funchal, au pire ce sera aux Canaries. Nous y attendons aussi le nouveau safran du régulateur d’allure. A bientôt ! October 08 Chapitre 8 : 21 juillet – 07 octobre : Réparations à Noirmoutier et nouveau départ, Trans-GascogneUn peu plus de deux mois se sont écoulés depuis la perte de notre arbre d’hélice dans le Golfe de Gascogne… Deux mois bien occupés à Noirmoutier, entre les réparations du moteur, un mois de travail pour ma part à la Chaloupe dans le cadre des Régates du Bois de la Chaise, quinze jours de vacances superbes en Corse avec Circé et François, mais aussi contretemps moins agréable… pour tous les deux un séjour à l’hôpital d’une semaine début octobre, à cause d’une méningite pour Laurent et d’une ponction lombaire qui s’est mal terminée pour ma part.
Samedi 30 septembre, le bateau et les hommes sont à présent fin prêts, nous profitons de la grande marée de ce week-end pour quitter le port de Noirmoutier. Le cotre corsaire de la Chaloupe nous accompagne dans la baie. Cette fois-ci, le soleil est avec nous ! Nous étions partis sous la grisaille les fois précédentes, c’est donc un bon signe me direz-vous ! Gageons qu’il soit porteur d’une suite de voyage à l’image de cette journée. En attendant la bonne fenêtre météo pour traverser le Golfe, nous rejoignons le port de l’Herbaudière, et profitons de ces quelques jours pour faire des essais dans la baie de Bourgneuf avant le grand saut.
Mardi 2 octobre, la météo annonce des vents un peu faiblards mais dans la bonne direction pendant plusieurs jours. Daphné et Guillaume, un couple d’amis de Noirmoutier, sont dispos cette semaine pour rejoindre notre bord et faire la descente du Golfe avec nous. C’est parti ! Outre la convivialité à bord, naviguer à quatre nous permettra d’effectuer des quarts plus reposants pendant la traversée. 76 heures nous furent nécessaires pour rejoindre la côte espagnole. 380 miles sur trois jours de navigation, un vent variable mais toujours portant. On voit bien que Daphné et Guillaume ont déjà des miles de longues traversées derrière eux. Ambiance excellente à bord, chacun prend très vite ses marques, les quarts et les tâches s’organisent naturellement. Compétition de cuisine à bord, nous attribuons une mention spéciale pour les plats délicieux de Daphné… Presque toute notre traversée fut accompagnée de visiteurs assez incongrus, prenant très vite leurs aises à l’intérieur du bateau et très fidèles : deux petits oiseaux que nous avons prénommés tous deux « Kiki ». Ils sont malins ses Kikis, pour rejoindre les pays chauds, autant ne pas se fatiguer et s’offrir une petite croisière à bord d’un voilier ! La navigation s’est passée sans encombre, excepté la perte à nouveau mystérieuse d’une pièce de notre régulateur d’allure le rendant inutilisable (petit rappel pour les néophytes, il s’agit du pilote automatique fonctionnant avec la force du vent) !! Par vents de force 5, au grand largue, mercredi 3, 22h, nous étions situés en plein Golfe à égale distance de La Corogne, la Rochelle et Noirmoutier, le bateau est soudainement parti au lof. Laurent reprend la barre, mais ne parvient pas à redresser le bateau. Daphné et moi affalons l’artimon, Laurent demande à Guillaume de retourner régler le régulateur. On s’aperçoit alors que nous avons perdu le safran auxiliaire, sa mèche est fendue en deux. Nous n’avons rien heurté, nous étions tous les quatre sur le pont, s’il y avait eu choc ou accrochage, nous aurions entendu quelque chose ! Nous avons pourtant choisi ce qui est censé se faire de mieux sur le marché ! Après la perte du pignon conique en juin dernier, on ne peut accepter ce deuxième défaut de la part du constructeur. Son matériel n’est pas au point, nous l’appellerons demain à notre arrivée à la Corogne. Finalement, celui-ci reconnaîtra ses torts. Un autre bateau à qui il a vendu le même régulateur vient de subir la même avarie. Des modifications censées perfectionner le régulateur ont finalement affaibli la solidité de la structure. Il nous promet de nous renvoyer un nouveau safran auxiliaire d’ici un mois aux Canaries.
Vendredi 5 octobre, 15h, première escale à la Corogne, non loin du Cap Finisterre. Nous devions être tout de même bien fatigués, notre sieste prévue d’une heure et demie avant d’aller boire un verre dans le centre-ville s’est transformée par une grosse nuit de sommeil de 19h à 9h le lendemain matin non stop ! Eh si ! Samedi 6 octobre, renfort du génois, rangement du bateau, plein d’eau et de gasoil, lessive, toutes ces petites choses… avant de se promener dans le centre de la Corogne. Dégustation de tapas, et balade dans les rues animées jusqu’à la nuit tombée. De retour au bateau, nous ne manquons pas de fêter l’anniversaire de Guillaume, champagne et bougies d’anniversaire sur un moelleux au chocolat pour fêter l’événement (mmh, toujours aussi délicieuse ta recette, Nicole !!). Après une soirée pleine d’éclats de rire et de bonne humeur, c’est à regret que nous nous quittons le lendemain midi. Daphné et Guillaume ont deux jours pour rejoindre Noirmoutier et Paris en stop.
De notre côté, nous quittons le port de la Corogne, direction Lisbonne ou Madère, soit 3 ou 7 jours de navigation. Nous adapterons nos escales en fonction des vents. Mais après deux petites heures de navigation, changement de programme, je crois entendre quelqu’un siffler sur un voilier rouge au loin. Ai-je mal entendu ou l’équipage nous appelle à l’aide ? Nous rentrons vite en contact avec eux par la VHF et nous approchons. Ils reviennent des Canaries, après avoir essuyé une grosse tempête et de grosses frayeurs, le vent est complètement tombé depuis trois jours, ils sont en panne de moteur et ne peuvent parcourir la dizaine de miles qui les sépare de la Corogne. Tant pis pour Lisbonne, nous repartirons demain, c’est important de savoir se rendre service en mer. Il n’y a pas si longtemps, nous étions nous-mêmes bien contents que le bateau des Affaires Maritimes prenne du temps pour détourner sa route et nous apporter de l’aide. Nous les remorquons et ramenons « Loco », un voilier Vulcain Acier de 10m, et son équipage jusqu’au port. Une fois amarrés, c’est l’occasion de rencontrer François, Fatya, et François, trois français de Vannes et Paris, qui ramenaient leur bateau des Canaries en France après un trajet aller l’année passée. Apéro à bord, et vous imaginez mon agréable surprise lorsque je vis François sortir son accordéon diatonique… j’ai encore beaucoup de progrès à faire, mais je ne pouvais évidemment pas résister au plaisir de sortir le mien… July 25 Chapitre 7 : 13 juillet – 20 juillet 2007 : Galère et grosse frayeur… Retour sur NoirmoutierLes nouvelles que je m’apprête à vous raconter sont difficiles à écrire… Nous aurions bien aimé nous abstenir de ce type de récit… et pourtant… et pourtant cela nous est bel et bien arrivé… mais à présent que nous avons quelques journées de recul derrière nous, nous pouvons relativiser et prendre conscience que nous avons eu beaucoup de chance dans notre malchance. Nos vies et le bateau sont saufs, c’est l’essentiel. Trop d’images défilent encore dans nos têtes… Cette eau qui monte si vite dans le bateau, Laurent cherchant d’où pouvait venir cette énorme voie d’eau pendant que je lance un appel de détresse sur le canal 16 de la VHF, réaliser que nous sommes en train de… « couler », je n’aime pas prononcer ce terme et pourtant, et pourtant… Vite, vite, tout cela est passé si vite. Mais que s’est-il réellement passé ? Nous avions quitté Royan le matin en vue de traverser le Golfe de Gascogne, direction la Corogne en Espagne, puis Porto au Portugal où deux amis devaient nous rejoindre. 350 miles (soit 650 kms pour les néophytes) nous séparaient de la côte espagnole. Nous avancions tranquillement à la voile soutenus par le moteur en raison de la faiblesse du vent depuis quelques heures. Un début de traversée paisible en attendant que les vents se lèvent davantage. Puis tout s’est enchainé. 13h, l’alarme du moteur s’enclenche anormalement, nous avons juste le temps de l’éteindre précipitamment. Nous nous rendons compte que le compartiment moteur et les fonds sont déjà plein d’eau, le niveau continue de monter à une vitesse folle. D’où vient cette énorme voie d’eau ? La vanne des toilettes ? La prise d’eau de mer ? Non. Laurent plonge le bras dans le compartiment moteur, je ne vois dépasser que péniblement sa tête – je garderai toujours cette image -, puis il me crie « Lenou, j’ai trouvé la fuite ! j’ai trouvé la fuite. Vite, une pinoche, un chiffon, vite, vite, dans l’équipet 9 !! ». En moins de dix minutes, nous avons de l’eau jusqu’aux genoux. Les secours arrivent. Nous avons beaucoup de chance, une patrouille des affaires maritimes naviguait non loin de nous lorsque nous avons lancé notre appel. Equipés d’une motopompe, ils nous aident à pomper les 4000 litres d’eau qui se sont accumulés dans le bateau. Grâce à leur aide, le principal des fonds est vidé en ¾ d’heure, ce que nous aurions faits seuls en… ne comptons pas le nombre d’heures, nous nous ferions peur. L’entrée d’eau fut provoquée par la perte inexpliquée et inattendue de l’hélice du moteur et de son arbre, provoquant un trou de 4 cm de diamètre, permettant à l’eau de s’engouffrer à grande pression, telle une lance à incendie. Comment l’arbre d’hélice a-t-il pu se détacher du moteur ? Nous avons buté nulle part, le moteur a toujours bien fonctionné, et nous l’avons fait réviser avant notre départ ! Nous espérons trouver bientôt l’explication. La patrouille des Affaires Maritimes revient nous voir. Ils nous proposent de plonger afin de poser une pinoche depuis l’extérieur et stopper plus sûrement la fuite. Un si grand Merci à eux cinq, Philippe, Raymond, Damien, Pascal et Philippe. Le bateau est à présent parfaitement étanche, mais nous ne pouvons plus poursuivre notre voyage. La SNSM nous propose de remorquer le bateau jusqu’au port le plus proche à cinq heures de là environ, mais le coût de l’affrètement à l’heure est exorbitant !! Nous préférons rentrer seuls à la voile jusqu’à Noirmoutier. Nous serons plus à l’aise pour sortir le bateau, réparer les dégâts, et réviser entièrement le bateau. Nous nous relayons régulièrement à la barre. Quatre-vingt dix miles nous séparent de Noirmoutier à vol d’oiseau. Les vents nous contraignent à tirer des bords quasiment sur tout notre parcours. Après deux-cent miles de navigation et 48 heures plus tard, nous atteignons sans encombre le mouillage du Bois de la Chaise que nous avions quitté le 6 juillet dernier… Ouf ! nous sommes arrivés. Quand repartirons-nous ? Nous n’en sommes pas là. Nous allons d’abord prendre le temps de nous poser, réparer, affiner nos préparatifs, tirer les leçons de cette mésaventure, et repartir lorsque le bateau et nous-mêmes seront prêts. July 14 chap 6 : 7 juillet - 14 juillet 2007, les Sables d'Olonne, l'île de Ré, la RochelleEn espérant que la météo maintienne des conditions favorables pour les prochains jours, ce samedi 14 juillet devrait être notre dernière journée sur le territoire français. Nous avons enfin récupéré « Hercule » notre régulateur d’allure ! Il a retrouvé depuis ce matin sa place sur la poupe arrière de Mandragore. Sur le même ponton, un autre bateau de voyage, un Galapagos, attend un régulateur, identique au nôtre. Sylvain prépare lui aussi un tour du Monde avec trois copains et leur chien. Mais pour l’heure, ils sont en pleins travaux. La vue des outils et machines sur le pont nous replonge quelques mois en arrière… Nous profitons de cette dernière journée pour finaliser plusieurs petites choses à bord, ajouter des poulies sur la drisse de grand voile, remonter le génois qui frottait sur le balcon, ajouter une pompe d’eau de mer pour la chasse d’eau des toilettes, changer ce fouttu collier de canalisations qui a encore lâché cette nuit, nous réveillant brusquement et surtout imbibant à nouveau toutes nos affaires dans le placard de la salle de bain ! Juste le temps de stopper la fuite pour cette nuit, et vue l’heure… il fera jour demain ! Heureusement que nous sommes à bord pendant ce genre d’incidents, nos 300 litres de réserves d’eau douce se seraient répandus en quelques minutes dans les fonds ! L’entretien et le bricolage d’un bateau demandent une attention continuelle. Outre la possibilité de profiter des rues animées par les Francofolies, ces deux jours d’attente à la Rochelle ont permis à mes parents de venir avec nous à bord. Eux qui n’avaient jamais navigué de leur vie sur un voilier ! Nous sommes heureux de leur faire ce cadeau aujourd’hui, d’autant plus que les conditions pour une première navigation étaient idéales ! Temps superbe, léger vent, parfois même pétole… Autant vous dire, qu’ils n’ont pas pas eu le mal de mer ! Ils faisaient plaisir à voir. Maman posant multiples questions, et Papa tout heureux d’aider aux manœuvres. Nous débarquons en annexe sur l’île d’Aix, belle balade sur cette petite île tranquille, où les parvis des maisons arborent généreusement des allées de roses trémières. Napoléon n’y est resté que trois jours avant son expulsion sur Sainte Hélène, mais un musée, une maison, certains noms de rues nous rappellent clairement son passage. Nous passons la nuit au mouillage près de l’île, et rejoignons la Rochelle tranquillement le lendemain matin. Quant à nos escales précédentes aux Sables d’Olonne, puis à l’île de Ré… Nous n’avons passé qu’une nuit aux Sables, mais elle fut l’occasion de retrouver Karen, François, Gérald, et deux de leurs amis autour d’un verre dans un pub. Soirée bien sympa ! Nous rejoignons le lendemain l’île de Ré. Belle nav, belle mer, mais le vent se lève fortement en fin de journée. Nous arrivons trop tôt au port de St Martin, deux heures avant l’ouverture de l’écluse à 21h. Voiles affalées, nous sommes contraints d’attendre au large et se soumettre docilement à la forte houle et au vent dépassant à présent les 70 km/h. Mandragore est balloté par les vagues, son nez plonge, se redresse, mais on s’y sent en sécurité. Comme le disent souvent les marins, le danger n’est pas en mer, mais le plus souvent près des terres. Vu cette houle, pourvu que notre arrivée au port se déroule sans encombre. Coïncidence heureuse, nous retrouvons au port Kiki et Michelle, un couple d’amis naviguant le long de la côte atlantique pendant les deux mois d’été. Ils nous proposent un dîner réconfortant à leur bord. Après cette fin de journée, cela ne se refuse pas ! Entre bricolage et entretien du bateau, découverte de l’île, 25 kms de balades à vélo, le lendemain à pied… les deux jours et demi sur l’île passent si vite ! Laurent est déjà venu plusieurs fois sur St Martin de Ré. Pour ma part, une seule fois en hiver. Cela change du tout au tout ! Les rues autour du port grouillent de vie. J’ai aussi beaucoup apprécié ses paysages, ses marais, ses maisons aux volets verts… peut-être parce que tout cela me rappelle Noirmoutier ! Néanmoins, je ne les confondrai pas ! Un moment m’a beaucoup touchée, il est certes tout simple, mais il fait partie de ces moments où l’on a envie d’appuyer sur la touche « Pause » et de se dire « Mmmh, bonheur… ». Laurent a besoin de retourner au bateau chercher un pull. Je profite de cette attente pour m’asseoir près de deux musiciens jouant dans la rue, un couple je pense, à peu près de notre âge ou un peu moins, peut-être étudiants, la fille jouant de l’accordéon et le garçon de la guitare. Sublime… les deux instruments s’accordant si bien. Les morceaux s’enchainent, mais je ne me lasse pas de les écouter. Tiens, l’air d’Amélie Poulain, celui que Laurent aimerait que j’apprenne pour l’accompagner à la guitare. J’attends vivement d’être en capacité de le faire. Pour l’instant je n’en suis encore qu’à mes débuts d’accordéon, mais cela me motive à travailler… En partant je glisse une pièce dans la boîte à leurs pieds, et j’y ajoute un petit mot pour les féliciter et les remercier de leur musique. Je les imagine ce soir en comptant le pécule de la journée, cela fait toujours plaisir de voir son travail apprécié. Si j’avais eu un calepin j’aurais eu envie d’écrire, comme certains peuvent avoir envie de dessiner ce qu’ils voient, j’avais envie d’écrire… July 12 chap 5 : 14 juin - 06 juillet 2007, les préparatifs se prolongent, mais enfin départNous pensions partir quelques jours après le 14, mais finalement nous quitterons notre mouillage de l’Anse Rouge à Noirmoutier pratiquement un mois après, le 06 juillet. Retards prévus et imprévus se cumulent, les jours s’enchaînent, nous allons finir par croire que Neptune veut vraiment que nous restions à Noirmoutier ! Hélène nous fait une poussée de dents de sagesse, Laurent est bloqué du cou et du dos le jour de son anniversaire et toute la semaine qui suit. Premier essai de la grand-voile, trop large sur les 2/3 de la chute… Nous avons réussi à tout reprendre avec David en une après-midi et une soirée (un grand merci à lui !). Samedi 23, essai en baie de Bourgneuf, nous sommes ravis du comportement du bateau, de la nouvelle grand-voile, du génois et… du régulateur d’allure ! Mais nous manifestons notre joie trop vite… Lundi matin, en faisant un tour de vérification du bateau, nous nous apercevons qu’une pièce du régulateur a disparu, plus précisément le pignon conique et sa grosse poignée en inox. Bizarre, volée ? mais pourquoi cette pièce. De plus, nous avons toujours été à bord. Est-elle tombée à l’eau avec la tempête de la nuit ? Les trois sécurités censées intervenir en cas de problème ont-elles lâché ? Est-ce une faute du fabricant ? Des plongeurs professionnels ont tenté à deux reprises de la retrouver, mais en vain. Nous rapportons le reste du régulateur au fabricant à Nantes, et récupèrerons la nouvelle pièce le 11 juillet à la Rochelle. A cela s’ajoute un vent dépressionnaire sud-est inhabituel pour la saison. Les nuits au mouillage riment le plus souvent avec roulis, sommeil léger, voire nuit blanche pour une certaine nuit… Néanmoins, je ne regrette pas cette nuit, elle avait quelque chose de magique. Ces bruits, ce vent, la chaîne qui tirait et la peur qu’elle lâche à chaque effort. Nous préférons dormir habillés et nous lever la nuit pour vérifier que tout va bien. Je garderai bien en mémoire ce moment. Ne trouvant pas mes lunettes, j’ai même remis de nouvelles lentilles pour mieux mesurer et admirer le spectacle. Cela m’a toujours fascinée qu’une même mer, disons sur un même lieu, puisse dégager des personnalités, des comportements si différents. Endormie, enjouée ou effrayante, elle se révèle tellement vivante. Les couleurs, la texture de sa peau, un beau bleu rond plus ou moins translucide en harmonie avec le ciel, un gris triste et ridé, ou une apparence verdâtre les lendemains de grosse houle dû au brassage des algues.
A chaque fois que nous croisons quelqu’un à Noirmoutier, on ne pouvait s’empêcher de nous dire « Mais vous n’êtes toujours pas partis ! » Et bien non, mais c’est aussi cela le bateau, ne rien pouvoir prévoir, les casses et les impondérables éventuels, le vent qu’il fera demain… Et puis sur un grand voyage qui n’a pas de durée, sommes-nous à quelques semaines près au moment du départ ? Avec du recul, ce mois de retard ne fut pas inutile. Il nous aura permis de bien préparer le bateau, faire des essais en baie et bien tester le bateau par temps venteux, notamment lors de notre aller-retour à l’île d’Yeu… Grosse frayeur à quelques miles de notre retour, le câble de notre barre à roue lâche brusquement, plus de barre, plus rien, la barre tourne dans le vide ! Nous savions qu’il était vieux, cela faisait partie des choses que nous voulions rapidement remplacer, mais en attendant il nous faut trouver une solution très vite, tout de suite, maintenant ! Par chance, nous venons juste de passer les rochers des Bœufs, et notre cap nous en écarte encore davantage, Mandragore sous grand voile réduite d’un ris et génois tient étonnamment son cap. Continue mon grand, on compte sur toi ! Une heure-et-demie de réparation, le premier câble est trop court, nous utilisons finalement une filière. Ouf, nous reprenons la maîtrise de la barre, pouvons virer de bord et rejoindre à la nuit tombée Noirmoutier. Nous remplaçons notre câble solidement demain matin.
6 juillet 2007, cette fois-ci c’est pourtant un vendredi, mais aussi le premier jour qu’il fait beau depuis mi-juin, nous larguons la chaîne de notre mouillage. Cette fois-ci, c’est la bonne, j’ai même laissé mes clés de voiture à Evelyne, donc nous allons vraiment partir. Un dernier au-revoir à la maman de Laurent depuis la plage. Petit coup de blues, mêlé à l’excitation du départ, surtout Laurent ce matin. C’est vrai, pour ma part je reviens dans quelques semaines, mais toi Laurent, dans combien de temps ? Allez, c’est parti, cap sur la Bouée des Pères, puis direction Ile d’Yeu. Belle nav, belle mer, beau soleil. Nous réalisons que c’est la première fois que nous naviguons sur Mandragore sans avoir besoin de ciré ! Je m’octroie même le plaisir de me plonger dans un bon bouquin tout en étant allongée sur l’annexe au-dessus du coffre arrière. Nous n’avons pas encore le régulateur, mais en attendant le pilote automatique joue très bien son rôle, et nous permet de bien profiter de cette petite traversée. 17h, arrivée à l’île d’Yeu, baignade, douche, dîner à bord, consultation des mails et de la météo sur la BLU, puis lecture sous la couette !
Samedi 07/07/07 ! Etonnant ce jour comblé par trois fois du chiffre de la perfection ! Bonheur à tous les nouveaux mariés et les nouveaux nés ! Leurs proches n’auront pas de mal à se souvenir de cette date ! Une nuit au port change du mouillage de la Plage des Dames. Nous quittons Port-Joinville vers midi en vue de rejoindre les Sables d’Olonne en fin de journée. Le ciel est nuageux, mais la navigation demeure paisible et reposante. Cette navigation est aussi l’occasion de m’entraîner sur les différentes manœuvres à bord, grand-voile, génois, virements de bord… punaise, on se fait les bras ! Elle n’est pas légère à hisser notre grand-voile ! De la bonne musique dans le cockpit, un œil attentif sur les éventuels bateaux au large, jusqu’au moment où… oh non ! La pompe du groupe d’eau tourne à plein régime, un collier sur un tuyau dans la salle de bain a lâché… Les fonds sont plein d’eau et surtout tout ce qui était dans le placard de la salle de bain est trempé. Allez hop, c’est parti, seau, pompe à main et on vide, on vide, on soulève tous les planchers, on se rend compte qu’il y en a déjà presque partout et qu’un autre collier a lâché, celui du tuyau des eaux usés entre la cuisine et le carré… Une fois tout cela réparé, cela mérite bien un bon goûter ! Lorsque l’écriture rejoint le présent… La prochaine fois que nous vous écrirons, nous devrions avoir rejoint l’île de Ré, puis la Rochelle, avant de traverser le Golfe de Gascogne… June 26 chap 4 : 14 juin 2007, départ du port de Noirmoutier1er mai 2007, Laurent a posé sa démission fin janvier, ses trois mois de préavis sont écoulés. Les rotations en mer au large de l’Afrique de l’Ouest pour payer plus vite notre bateau ne sont bientôt que du passé. Pour ma part, je quitte mon travail à la Chaloupe (à regret oui, mais il parait qu’on ne peut pas tout faire dans la vie ! et puis je reviendrai quand même cet été aider l’équipe au moment des Régates !). Nous pouvons à présent nous consacrer à temps plein aux derniers préparatifs, et non des moindres. Il nous reste encore beaucoup de travail, mais si nous maintenons un rythme intense chaque jour, nous espérons être dans les temps et quitter le port à la grande marée de juin. Nous nous répartissons le travail, derniers aménagements intérieurs, couture des voiles, révision du moteur, fin d’installation du matériel… 10 juin : Histoire de fêter notre départ, un pot avec les proches de Noirmoutier serait sympa ! Oui, mais lorsque je veux proposer quelque chose, je vois que des choses sont déjà en train de s’organiser en douce avec des petites surprises là-dessous ! Hélène, t’occupe ! Tu invites juste les personnes dont tu as envie ! Les amis de la Chaloupe ont tout prévu, même un barbecue sardines et saucisses grillées, mmmh ! Et, surprise ! plusieurs personnes de Voiles et Voilages sont là grâce aux gentilles manigances de Nicole ! Visites répétées du bateau, un repas qui ne s’achève qu’en bon milieu d’après-midi, bonne ambiance… Encore merci à toutes les personnes présentes pour la cagnotte qui nous permettra notamment d’acheter un deuxième vélo pliable ! 14 juin, il nous reste encore quelques points, mais nous pourrons les achever depuis le mouillage du Bois de la Chaise. Marée haute prévue à 16h40. Moteur en marche dès 14h, le bateau flotte à 15, il ne nous reste plus qu’à larguer les amarres. Déjà ! voilà, c’est fait, déjà le bateau s’éloigne du quai, déjà il longe le chenal et quitte le port en quelques minutes. Je n’ai finalement pas eu le temps de réaliser que c’était un départ, j’ai à peine eu le temps de dire au revoir. Finalement c’est peut-être mieux, cela ressemble moins à un départ. Une page se ferme, une nouvelle s’ouvre… chap 3 : 16 septembre 2006, notre mariage à Noirmoutier, puis lune de miel en Bretagne sud à bord de MandragoreLe premier jour de notre venue avec le bateau à Noirmoutier, le 10 octobre 2005, après l’amarrage de Mandragore sur le quai, nous remercions ceux qui nous ont aidés autour d’un pot à bord et leur annonçons dans la discussion que nous comptons nous marier le 12 août prochain… Qu’avions nous dit là ? – Vous n’y parviendrez pas, c’est en plein cœur des Régates du Bois de la Chaise, juste le week-end le plus chargé de l’année. Toute l’île est occupée, vous ne trouverez aucun hébergement, aucun lieu pour inviter vos convives ! – En effet, nous avons rapidement décalé la date au 16 septembre 2006. Bonne franquette, mariage à l’église de la Guérinière, photo de groupe sur la plage, apéro-barbecue sur le port près du bateau, paëlla géante pour les 280 invités à la Boîte à sel. Et le lendemain, un bon pique-nique et baignade sur la plage de la Vendette. Quelques jours plus tard, nous quittons le port de Noirmoutier pour une lune de miel, tout simplement d’île en île en Bretagne sud à bord de notre Mandragore. Certes, nous avions déjà pu découvrir le comportement du bateau en mer lorsque nous l’avions ramené entre Nivillac et Noirmoutier, mais cette fois-ci nous apprenons davantage à le connaître. Il nous reste encore pas mal de travaux à effectuer, mais nous pouvons déjà bien en profiter et vaquer chaque jour d’un mouillage ou d’un port à l’autre, l’île d’Yeu, Groix, le Golfe du Morbihan, Belle-Île… chap 2 : octobre 2005 - juin 2007, la restauration de Mandragore se poursuit à NoirmoutierPourquoi Noirmoutier ? Laurent y a de nombreuses attaches. Il n’y a pourtant jamais vécu à l’année, mais lorsque nous nous sommes rencontrés et que je lui ai demandé « d’où viens-tu ? », il m’a tout simplement répondu « Difficile à dire, car j’ai été amené à souvent bouger, mais s’il y a bien un lieu qui m’accompagne depuis mon enfance, c’est l’île de Noirmoutier ! ». De nombreuses attaches y sont gravées, une maison de famille, toutes ses vacances, et beaucoup d’heures passées sur les eaux entourant cette île ! Pour ma part, je ne connaissais pas, ma famille est principalement sarthoise, mes parents sont agriculteurs mais je l’ai définitivement adoptée. Le milieu maritime a finalement beaucoup de liens avec celui de la terre, l’amour de la nature, de l’espace, des plaisirs simples. Vivre sur cette île à l’année me plait beaucoup, et correspond, je crois, à ma personnalité. Etre sur une île tout en étant relié au continent par le pont, être sur un lieu proche de la nature tout en étant relié à la ville si besoin. Je termine mon mémoire de stage, le présente en décembre 2005, tout en cherchant du travail. Il faut que l’un de nous reste près du bateau, Laurent gagnera davantage à l’étranger dans son domaine, il part donc régulièrement pour des missions d'installations sous-marines de six à huit semaines au large de l'Afrique de l'Ouest. Pour ma part, j’ai une proposition en coopération décentralisée à Nantes, lorsque l’association « La Chaloupe » (cf site www.lachaloupe.org ), association de protection du patrimoine maritime, située à trois mètres du bateau, me propose de rejoindre leur équipe et de travailler comme assistante chargée de mission avec Marc Tourneux. Les aider à organiser les Régates du Bois de la Chaise me plait beaucoup. De plus, Marc m’évoque l’idée d’un programme de développement à Madagascar, la construction d’une goélette servant de navette médicale et de transport de sel. Tout cela me plait ! et en plus je n’ai même pas à prévoir de temps de trajet pour aller au travail le matin ! Ce n’est pas rêvé tout ça ! Pour couronner le tout, l’ambiance y est excellente, ce n’est pas pour leur envoyer des fleurs, mais que ce petit mot soit aussi l’occasion de vous adresser un grand merci pour votre gentillesse, votre convivialité, votre constante bonne humeur ! Cette année à Noirmoutier m’aura réellement beaucoup marquée, et permis de rencontrer au fil de ces deux ans bientôt, des gens exceptionnels ! Mandragore trouve donc sa place près de l’atelier de la Chaloupe, soit à couple du « Martroger » ou du « Tahora ». Ci-après, le vieux port de Noirmoutier, Mandragore contre le quai, toutes les six heures… marée haute et marée basse ! Mandragrore vu du ciel. Nous sommes situés à mi-chemin du chenal sur la rive sud. Jetez un oeil dans le chapitre 2 de l'album photos, vous y verrez : Le carré -vu de la coursive, de la cabine avant, ou encore depuis la cuisine ! Etat des travaux en janvier 2006-, la cuisine -au fond à droite, puis vue d'un peu plus près, avant la pose des portes sur les équipées... Etat des travaux en mars 2006-, la salle de bain -Etat des travaux en janvier 2006. Initialement, il n'y avait pas de salle de bain, ou disons plutôt il n'y en avait plus. Les anciens propriétaires avaient gardé des toilettes dans la cabine arrière, et pour la douche... au jet sur le pont ! Cet endroit était réservé pour un lit bébé-, et enfin la cabine avant, où nous hébergerons nos invités, et puis bien sûr elle nous sera utile lorsque la famille s'agrandira... Nous y avons refait isolation, lambris, peinture, rangements, coussins…chap 1 : octobre 2004, découverte et restauration du bateau au chantier Folleux dans le MorbihanOctobre 2004 : Nous parcourons les annonces, les chantiers, les ports… à la recherche du bateau qui nous correspond, soit un voilier monocoque, gréé en ketch, coque acier, dans les 12m, et surtout dans nos prix ! Jusqu’au jour où… Le jour commence à baisser, nous avons déjà visité pas mal de chantiers sur la côte sud Bretagne, nous terminons par celui de Folleux, à Nivillac, près de la Roche Bernard. Il y a parait-il de bonnes affaires par là. Nous tombons sous le charme de ce grand bateau noir, visible depuis l’extérieur alors que Yann, s’apprête à fermer le portail. – Ce bateau, il est à vendre ? – Non, il appartient à mon patron. C’est lui qui l’a construit, il a beaucoup navigué, certains jours il dit qu’il ferait mieux de le vendre, il ne naviguera plus avec comme avant. Mais à chaque fois qu’il a eu des propositions, il n’a jamais voulu, il n’arrivera jamais à le vendre, il y est trop attaché ! Enfin, je peux lui en parler. » - Merci, voici nos coordonnées, tenez-nous au courant ! » Bien sûr, Jean-Yves n’a jamais rappelé, nous avons donc insisté. Un rendez-vous fut accepté. Retour au chantier Folleux. La phase test commence. Le rdv eut lieu à 14h, Jean-Yves termine de manger. Nous discutons, discutons… Quatre heures se passent… c’est bon, nous grimpons ensemble l’échelle pour monter à bord, le feeling est passé ! Et nous ne sommes pas déçus de la visite. Jean-Yves connait si bien son bateau. C’est lui qui l’a construit avec sa femme Marino en 1978. Ils ont ainsi navigué pendant 15 ans par périodes de 5 ans, en Méditerranée, Antilles, Amérique du Sud…, sont partis avec un enfant à bord, et sont revenus avec trois, Hervelyne, Noa et Molène ! Ce bateau fait partie de la dernière génération des ferro-ciments. Un bureau d’études a travaillé sur ce nouveau procédé. Sa coque est ainsi plus légère que les ferro classiques tout en étant plus résistant. Notre projet leur plait car il ressemble à ce qu’eux-mêmes ont pu réaliser à bord de ce bateau il y a 25 ans. Le seul problème pour nous… est de pouvoir le payer tout de suite… Laurent est en CDD, pour ma part je suis encore étudiante. Il est difficile de trouver une banque qui accepte un prêt dans ces conditions. On a beau promettre que Laurent aura bientôt un CDI, et que je trouverai du travail après mes études, mais cela ne suffit pas à convaincre une banque ! En attendant, nous donnons chaque mois une petite somme à Jean-Yves. Cela ne le gêne pas, puisqu’il n’a pas forcément envie de vendre son bateau trop vite. Dans l’affaire, tout le monde est content, et cela nous permet de commencer très vite les travaux. Nous commençons par la cabine arrière. Cela nous permettra de bien dormir tout en retapant le reste du bateau. Septembre 2005, nous rentrons tous deux d’Indonésie, Laurent de son VIE, pour ma part de mon expérience en ONG. Cette fois, nous sommes prêts à nous en occuper pleinement ! 8 octobre 2005, un an après notre première venue à Nivillac, nous mettons le bateau à l’eau, devant le chantier Folleux. Il s’apprête à rejoindre son nouveau port d’attache, Noirmoutier. 1...2...3... Il flotte !!! Premiers essais dans la Vilaine en direction d’Arzal… Incipit : 30 janvier 2002, notre rencontre en Guyane et très vite le projet de réaliser ensemble un grand voyage à la voileIl est vrai, notre rencontre, notre histoire est assez étonnante… 30 janvier 2002, Laurent est arrivé depuis quelques jours en Guyane afin de réaliser son stage d’ingénieur au Centre aérospatial de Kourou. Il est en collocation avec deux autres français. Hélène, avec son amie Karen, a quitté la France depuis décembre 2001 pour un tour du Monde en sac à dos d’un an, dans le cadre de leur association « Mode Sans Frontières » Cf. site internet www.modesansfrontieres.org Notre première rencontre eut lieu lors d’une soirée chez les nouveaux colloc de Laurent. Etait-ce un signe ? Laurent avait sur ses genoux un livre, pas n’importe quel livre « La Vlimeuse », narrant l’histoire d’une famille réalisant un tour du Monde à la voile ! Nos premiers mots furent donc déjà tournés vers la mer… Nous n’avons pourtant passé que trois soirées ensemble, mais le feeling est passé, nous restons en contact par mail. Je reprends ma route avec Karen direction Brésil, Chili, Tahiti, Australie… Courrier après courrier, nous apprenons à mieux nous connaître. Très vite, Laurent devient la personne avec qui j’échange le plus de choses sur nos voyages, nos vies… Nous nous rapprochons davantage, et Laurent m’avoue qu’il a depuis des années le projet de réaliser un grand voyage à la voile, le plus tôt possible, à ses 27 ans... Je suis alors en Chine, et lui réponds par mail, pourquoi pas à 2 ! 2 septembre 2002, alors que Laurent réalise le tour de l’Espagne avec quatre copains à bord du « Cap-Horn », bateau de 6,50m construit par son grand-père, je profite d’une escale en France entre les Maldives et l’Afrique pour le rejoindre à Ibiza. C’est la première fois que nous nous revoyons après 7 mois, et le projet de réaliser un voyage à la voile tous les deux est toujours bien présent dans nos têtes… Janvier 2003 : Je rentre avec Karen de notre périple à travers le Monde. Mars – juin 2003 : Laurent repart en stage ingénieur dans un centre de recherche d’hydrodynamique des fluides mais cette fois en Australie. Aout 2004 – août 2005 : Laurent travaille en VIE en Indonésie, à Balikpapan Septembre 2004 – mai 2005 : Je finis mes études, DESS-Master « Développement, Coopération Internationale et Action Humanitaire » à la Sorbonne, Paris. Mai 2005 – septembre 2005 : Puis, stage au sein de l’ONG « Oxfam » en Indonésie |
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