Hélène's profileLe voyage de Mandragore ...PhotosBlogListsMore ![]() | Help |
|
August 17 www.levoyagedemandragore.comLa suite du voyage sera à présent actualisée sur notre nouveau site internet :
Chapitre 37 : 11 juillet – 02 août 2009, les atolls des TuamotusNavigation des Marquises aux Tuamotus
Entre les Marquises et les Tuamotus, nous n’avions que quatre jours de mer, les trois premiers jours s’accompagnaient d’un bon 15-20 nœuds, qui plus est au portant, donc parfait, excepté la dernière nuit... Laurent commençait son quart et je m’apprêtais à me reposer quelques heures pendant ce temps-là, un grain nous a surpris, en générale qui dit grain veut dire pluie, mais là que du vent. Laurent n’a pas eu le temps de réduire la toile, on était déjà en plein dedans... Il m’a crié : « Lenou, debout !!! » En moins de deux, j’étais sur le pont, on essayait tous deux de rouler le génois, mais le vent était si fort qu’on n’arrivait pas à border l’écoute. Et je sentais le bateau qui tremblait, l’enrouleur du génois qui vibrait, la voile qui faseyait et le vent qui sifflait si fort... J’avoue, j’ai eu peur, comme j’ai rarement eu peur depuis notre départ. Enfin, il vaut mieux que ce soit rarement !! Finalement le coup de vent a duré une trentaine de minutes, le "tourbillon" était passé, on a rien cassé, et Mandragore a retrouvé ses bruits et vibrations habituelles.
Pour ne pas arriver de nuit dans la passe, et faire correspondre notre heure d’arrivée à l’heure de l’étale de marée, nous réduisons les voiles. Vers 8h, nous abordons Fakarava par la passe Garue. Elle se révèle assez difficile pour rentrer, de grosses vagues et un courant contraire, alors que nous en sortons sans difficulté. Les conditions de navigation dans les Tuamotus sont assez aléatoires, les passes peuvent être très faciles certains jours, certaines heures, dans certaines conditions, comme elles peuvent être terrifiantes dans d’autres. Le jour où nous aurons eu le plus peur sera pour sortir de Toau… Nous étions pourtant à l’heure de l’étale, mais la mer était si grosse, des murs de vagues se déversaient sur tout le pont. Balancé comme un bouchon au gré des creux et des bosses, Mandragore souffrait, Laurent a vraiment assuré à la barre. Ca a duré une dizaine de minutes, peut-être quinze, pas plus, mais on se sent tellement mieux une fois la passe derrière nous.
Atolls de Fakarava et Toau
Les atolls des Tuamotus... Rien à voir avec les Marquises montagneuses volcaniques et riches de végétation. Des bandes de sable blanc et coraux larges d’une centaine de mètres, en plein océan, quelques mètres au-dessus du niveau de la mer. Rien ne pousse à part des cocotiers et quelques familles qui vivent là depuis des générations. Au centre de ces volcans à fleur d’eau, un lagon, une eau translucide, et plein de poissons à observer avec son masque et son tuba, même des requins !
Nous ne ferons que trois atolls aux Tuamotus : Fakarava, Toau et Rangiroa. On aurait pu en faire davantage, c’est ce que nous avions prévu au départ, mais même si nous apprécions tous deux passer des heures dans l’eau à observer la vie sous-marine, les coraux, la multitude de poissons… la végétation, la montagne, et la vie dans les villages nous manquent ! Nous ne ressentons pas le même accueil, la même chaleur avec les habitants des Tuamotus que ceux des Marquises. Peut-être simplement que nous n’avons pas eu la chance de rencontrer de familles avec qui nous avons lié amitié comme aux Marquises, mais nous ressentons des habitants plus distants, certainement un des effets néfastes du tourisme, surtout Fakarava et Rangiroa facilement reliés à Tahiti par avion. A Toau, c’est différent, seule une famille y a élu domicile ! Les autres y viennent de temps en temps pour couper le copra, puis retournent sur Fakarava, l’île principale voisine. Nous ressentons aussi que les conditions de vie sont bien différentes des Marquises, plus rudes. Rien ne pousse, il faut quasiment tout importer. L’eau est une denrée souvent rare. A Fakarava, il y a un tuyau d’eau potable à disposition à la mairie où l’on peut faire son plein d’eau dans des bidons. Sinon, les habitants récupèrent l’eau de pluie et pompent l’eau du sol, souvent saumâtre, mais elle sert pour la vaisselle et la douche.
Les Tuamotus doivent notamment leur réputation à leurs superbes sites de plongée sous-marine. A chaque plongée on se régale sous notre masque et tuba d’observer les milliers de poissons multicolores, mais aussi… les requins. Il faut avouer que les premières fois, se retrouver à nager avec ces grosses bébêtes qui nous tournent autour, on ne joue pas les fiers. Mais on apprend à reconnaître les dits « inoffensifs », comme les pointes noires et pointes blanches. Les plus dangereux sont plutôt les gris, parait-il. Laurent, comme moi, n’avions jamais nagé aussi prêt et aussi longtemps avec des requins, ça fait tout drôle ! Tout le monde s’accorde à dire qu’ils sont gentils si on ne fait pas attention a eux, mais ça, c’est ce qu’on dit quand on est hors de l’eau ! Je me souviens de la première fois qu’on a plongé sur Toau, la première fois que j’étais si près d’eux en milieu naturel. Bien qu’écarquillant mes yeux devant le spectacle des trois quatre requins nageant à quelques mètres de moi, j’avais la frousse !!!!!!! Une fois mes yeux rassasiés, j’étais heureuse de rejoindre le fond dur de l’nnexe ! Et là, voila qu’un ami anglais qui plongeait dans la même zone sort la tête de l’eau s’écriant : eh M... je viens de me faire bouffer mon poisson par un requin, il a également emporté la flèche de mon harpon !!! On est déjà ravi de tout ce que nous avons pu voir, mais avis aux navigateurs qui nous lisent et qui passeront par les Tuamotus, allez à la passe sud de Fakarava. En plongée bouteille, sur ce site ce n’est pas quelques uns qui se comptent sur les doigts d’une main que vous verrez autour de vous, mais dixit plusieurs amis qui en reviennent, vous verrez des « murs de requins », des troupes se déplaçant par plusieurs centaines.
Nous quittons Toau et nos amis anglais Kalida, un voilier ami, pour finalement rejoindre Rangiroa par la passe d’Avatoru au Nord. C’est assez déroutant ces Tuamotus. Autant notre arrivée dans la passe de Rangiroa se fait sans encombre, mer très calme. Rien à voir avec notre départ de Toau… J’en ai encore froid dans le dos rien que d’y repenser.
Atoll de Rangiroa
Nous avons à peine mis l’ancre que nous entendons depuis la plage des cris « Mandragore ! Mandragore ! ». Nous retrouvons des voiliers amis rencontrés lors d’étapes précédentes, notamment « Jonathan » et « Qovop ». Nos souvenirs de Rangiroa, comme tous les atolls une longue route. De part en part des maisons, quelques petits magasins, des pensions pour les touristes, quelques boutiques, forcément plus que dans les autres atolls puisque Rangiroa est l’archipel principal des Tuamotus, mais cela reste très raisonnable, et pour végétation comme dans les autres atolls, bien sûr des cocotiers ! Mais on produit aussi du vin ! Si si ! Un entrepreneur s’est amusé à y faire pousser des vignes entre le lagon et une cocoteraie ! On y a pas goûté, on ne vous dira donc pas s’il est bon. Rangiroa est aussi l’occasion de visiter une ferme perlière, et d’en apprendre plus sur ces fameuses perles de Tahiti. En fait la pratique de la perliculture en Polynésie est loin d’être ancestrale. La technique fut créée au Japon au début du XXème et apportée en Polynésie dans les années 70 par un japonais. Aujourd’hui encore le Japon est le principal acheteur des perles de Polynésie. Auparavant les perles étaient uniquement obtenues par le hasard. Il s’agit d’une réaction de l’huître qui recouvre de carbonate de calcium sous la forme d'aragonite ou de calcite le corps étranger qui s’est inséré dans sa coquille, ce qu’on appelle plus communément la nacre. Dans les fermes perlières, la greffe se fait en insérant un « nucléus », une petite bille fabriquée généralement à partir de coquillages. Ceux qui cherchent à faire des perles à bas prix y mettent des billes en plastique… La greffe ne prend pas toujours, les taux de réussite tournent autour de 25 à 30 %. Visite donc très intéressante, mais ensuite le prix en boutique réfrène toute envie d’en avoir une en collier… En revanche, c’est possible d’en acheter à bon prix, voire très bon prix, en allant dans les fermes et lieux de vente dits moins « à touristes ». Encore quelques plongées sous-marines, des poissons et des requins pour compagnie, puis cette fois on reprend la mer, direction Tahiti… Tahiti, une étape importante dans notre voyage, puisque nous comptons nous y poser quelques mois, y passer la saison cyclonique (il y existe de très bons abris à cyclones), refaire la caisse de bord, avant de poursuivre notre voyage. Chapitre 36 : 23 juin – 11 juillet 2009 Les Iles Marquises (suite 2) : Ua PouEcrit le 20 juillet 2009
Haakuti
Nous avons quitte les îles Marquises depuis une semaine, mais elles nous manquent déjà… Notre dernière escale à Ua Pou était géniale, la rencontre d’une famille extra, ainsi que plein de personnes dans le village, tous tellement accueillants, une ambiance perdue des villes, mais que l’on peut surement encore trouver dans nos petits villages de campagne. La rencontre de cette famille marquisienne est assez étonnante. Nous avions rencontré leur fils Arsène, militaire en Guyane. Il n’est pas rentré dans sa famille depuis cinq ans, depuis son engagement dans l’armée, mais il nous disait que sa famille, ses amis, son île lui manquaient beaucoup... Du coup, puisqu'on se rendait quelques mois plus tard aux Marquises, on lui a proposé de le prendre en photo et d’amener la photo à sa famille en surprise. Imaginez la maman et le papa tout étonnés et heureux lorsqu’on leur a tendu la photo en arrivant chez eux... On ne pensait rester que le temps d’un café ou une journée ou deux, et puis chaque jour on disait on partira demain, et finalement chaque jour on reportait au lendemain... On est content de finir ainsi notre escale aux Marquises, un quotidien au rythme des villageois, pêche au harpon, chasse, pirogue, papoter sans regarder le temps passer, cuisiner marquisien... mais aussi manger... Ils mangent beaucoup !! Quasiment tout vient de la nature ! Ca tombait bien, nous étions en pleines fêtes de juillet, danses marquisiennes, fêtes de village sur le terrain de volley avec la centaine d’habitants, c’était bien sympa. A part pour moi une entorse au retour d’une rando, mais bon ça se remet assez vite, j’ai dansé sur un pied !
Vaiehu
Le seul défaut d’Haakuti est que son mouillage n’est pas bien abrité. La houle rentre, le bateau roule continuellement, J’entends encore Pauline, habitante d’Haakuti, nous dire avec l’accent marquisien après un dîner sur Mandragore : « Maintenant je comprends pourquoi les bateaux ne restent pas longtemps chez nous, et vont plutôt à Hakahetau ou Vaiehu, ça bouge ! » On se propose de changer de mouillage avec eux. Pour nous, ça nous permettra de mieux dormir la nuit prochaine, pour Pauline, Serge, et leurs deux enfants Vaitaua et Ridaline, ce sera une expérience nouvelle, la première fois qu’ils navigueront sur un voilier ! Une fois mouillés, la journée se poursuit à chasser au harpon, pêcher les oursins, manger le fruit de notre pêche à bord, etc… Vaiehu est une baie inhabitée, mais réputée pour ses pierres fleuries. Les pierres dites « fleuries » sont naturellement ornées de fleurs oranges, blanches, rouges… Les dessins naturels sur la pierre sont particulièrement visibles lorsque la pierre est mouillée ou taillée, puis polie. Serge y récupère souvent des pierres qu’il taille pour faire des colliers, ou autres objets. Quant à Pauline, elle fabrique des colliers de graines et vend leur travail commun aux touristes de l’Aranui ou aux expositions bi-annuelles de Papeete.
Hakahau
Sur Ua Pou, nous avons « expérimenté » trois mouillages au nord et nord-ouest de l’île : Hakahetau, Haakuti et Vaieu. En arrivant sur Ua Pou, on pensait mouiller à Hakahau, et puis on a changé d’avis, Hakahau nous semblait trop exposé aux vents de Nord-Est, et vu que les vents d’Est étaient bien soutenus cette semaine… On a donc commencé par mouiller à Hakahetau, au Nord-Ouest de l’ile. Le village est plus petit, a beaucoup de charme. Toujours des jardins joliment entretenus, des gens très gentils et accueillants. Le lendemain de notre arrivée, nous allons à pied et stop jusqu’à Hakahau ou nous avons passé la journée. Nous avons pu voir qu’en effet le port est bien protégé par une digue artificielle. Il y avait deux bateaux au port. La seule contrainte est de déplacer son bateau lorsque l’Aranui vient ravitailler l’île une fois par mois. Nous retrouvons « Qovop », trois copains de 25 ans sur leur voilier rouge rencontrés à Panama (cf. www.qovop.eu). On rentre avec eux sur leur voilier à Hakahetau. Mandragore et Qovop sont désormais mouillés l’un à côté de l’autre et ne se séparent plus jusqu’au départ des Marquises.
Hakahetau
« Ua Pou » trouve sa signification dans sa morphologie géographique, « ua » le trou, et « pou » le pic. Par suite, on dit aussi, que « ua » représente la femme, et « pou » l’homme. L’île n’est pas bien grande, ce qui rend ses fameux pics visibles d’à peu près partout dans l’île, Pomaka le plus haut s’élève à un peu plus de 800 mètres, c’est également celui qu’on peut le plus facilement approcher depuis Hakahetau après une jolie marche de deux heures, parfois abrupte, mais très sympa : traversée d’une rivière, cocoteraies, pans d’anus, marche le long de crêtes… Une autre marche très sympa est la cascade d’Hakahetau, parait-il très belle, mais pour notre part on n’a rien vu. Un panneau est censé indiquer quand il faut prendre le petit sentier à droite, pourtant on ne le voit pas, on comprendra rapidement pourquoi. On continue tout droit, on se retrouve chez un couple assez étonnant. Lui est allemand, elle marquisienne, ils vivent en ermite dans leur petite maison qu’ils ont construit dans la montagne à l’écart du village. Ils fabriquent leur propre électricité, leur eau vient de la source un peu plus haut. Depuis quinze ans les journées passent à s’occuper de leurs animaux, de leurs plantations, fruits, légumes, café, cacao… En arrivant, ils nous ont bien fait rire, on leur demande : « Excusez nous, on cherche le chemin de la cascade. » - « Venez à la maison, la cascade est bien plus bas, mais c’est normal que vous ne l’ayez pas trouvé, j’ai enlevé la pancarte, nous dit-il. Avant à l’intersection, il y avait deux pancartes, à gauche pour aller chez moi, à droite vers la cascade. Mais du coup, plus personne ne venait nous voir. Maintenant qu’il n’y a plus de pancarte, tous les gens des voiliers se trompent et viennent nous voir ! ». Parmi leurs animaux (chevaux, canards, chèvres, poules, chiens...), ils ont notamment une chèvre plus proche de ses maitres qu’un chien d’appartement ! Elle les suit, cherche à rentrer dans la maison, sautille pour jouer autour de ses maîtres ! Mais le plus drôle est que cette petite chèvre adore le café !!!! Tous les jours, elle attend impatiemment de pouvoir se glisser en douce dans la cuisine, et qu’on lui tende une tasse de café qu’elle boit goulument ! et ce deux trois fois par jour ! Ils lui ont tendu une tasse un jour pour rigoler, elle s’est régalée, depuis c’est une habitude que la petite chèvre ne tient pas à manquer ! |
|
|