Hélène's profileLe voyage de Mandragore ...PhotosBlogListsMore ![]() | Help |
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July 25 Chapitre 7 : 13 juillet – 20 juillet 2007 : Galère et grosse frayeur… Retour sur NoirmoutierLes nouvelles que je m’apprête à vous raconter sont difficiles à écrire… Nous aurions bien aimé nous abstenir de ce type de récit… et pourtant… et pourtant cela nous est bel et bien arrivé… mais à présent que nous avons quelques journées de recul derrière nous, nous pouvons relativiser et prendre conscience que nous avons eu beaucoup de chance dans notre malchance. Nos vies et le bateau sont saufs, c’est l’essentiel. Trop d’images défilent encore dans nos têtes… Cette eau qui monte si vite dans le bateau, Laurent cherchant d’où pouvait venir cette énorme voie d’eau pendant que je lance un appel de détresse sur le canal 16 de la VHF, réaliser que nous sommes en train de… « couler », je n’aime pas prononcer ce terme et pourtant, et pourtant… Vite, vite, tout cela est passé si vite. Mais que s’est-il réellement passé ? Nous avions quitté Royan le matin en vue de traverser le Golfe de Gascogne, direction la Corogne en Espagne, puis Porto au Portugal où deux amis devaient nous rejoindre. 350 miles (soit 650 kms pour les néophytes) nous séparaient de la côte espagnole. Nous avancions tranquillement à la voile soutenus par le moteur en raison de la faiblesse du vent depuis quelques heures. Un début de traversée paisible en attendant que les vents se lèvent davantage. Puis tout s’est enchainé. 13h, l’alarme du moteur s’enclenche anormalement, nous avons juste le temps de l’éteindre précipitamment. Nous nous rendons compte que le compartiment moteur et les fonds sont déjà plein d’eau, le niveau continue de monter à une vitesse folle. D’où vient cette énorme voie d’eau ? La vanne des toilettes ? La prise d’eau de mer ? Non. Laurent plonge le bras dans le compartiment moteur, je ne vois dépasser que péniblement sa tête – je garderai toujours cette image -, puis il me crie « Lenou, j’ai trouvé la fuite ! j’ai trouvé la fuite. Vite, une pinoche, un chiffon, vite, vite, dans l’équipet 9 !! ». En moins de dix minutes, nous avons de l’eau jusqu’aux genoux. Les secours arrivent. Nous avons beaucoup de chance, une patrouille des affaires maritimes naviguait non loin de nous lorsque nous avons lancé notre appel. Equipés d’une motopompe, ils nous aident à pomper les 4000 litres d’eau qui se sont accumulés dans le bateau. Grâce à leur aide, le principal des fonds est vidé en ¾ d’heure, ce que nous aurions faits seuls en… ne comptons pas le nombre d’heures, nous nous ferions peur. L’entrée d’eau fut provoquée par la perte inexpliquée et inattendue de l’hélice du moteur et de son arbre, provoquant un trou de 4 cm de diamètre, permettant à l’eau de s’engouffrer à grande pression, telle une lance à incendie. Comment l’arbre d’hélice a-t-il pu se détacher du moteur ? Nous avons buté nulle part, le moteur a toujours bien fonctionné, et nous l’avons fait réviser avant notre départ ! Nous espérons trouver bientôt l’explication. La patrouille des Affaires Maritimes revient nous voir. Ils nous proposent de plonger afin de poser une pinoche depuis l’extérieur et stopper plus sûrement la fuite. Un si grand Merci à eux cinq, Philippe, Raymond, Damien, Pascal et Philippe. Le bateau est à présent parfaitement étanche, mais nous ne pouvons plus poursuivre notre voyage. La SNSM nous propose de remorquer le bateau jusqu’au port le plus proche à cinq heures de là environ, mais le coût de l’affrètement à l’heure est exorbitant !! Nous préférons rentrer seuls à la voile jusqu’à Noirmoutier. Nous serons plus à l’aise pour sortir le bateau, réparer les dégâts, et réviser entièrement le bateau. Nous nous relayons régulièrement à la barre. Quatre-vingt dix miles nous séparent de Noirmoutier à vol d’oiseau. Les vents nous contraignent à tirer des bords quasiment sur tout notre parcours. Après deux-cent miles de navigation et 48 heures plus tard, nous atteignons sans encombre le mouillage du Bois de la Chaise que nous avions quitté le 6 juillet dernier… Ouf ! nous sommes arrivés. Quand repartirons-nous ? Nous n’en sommes pas là. Nous allons d’abord prendre le temps de nous poser, réparer, affiner nos préparatifs, tirer les leçons de cette mésaventure, et repartir lorsque le bateau et nous-mêmes seront prêts. July 14 chap 6 : 7 juillet - 14 juillet 2007, les Sables d'Olonne, l'île de Ré, la RochelleEn espérant que la météo maintienne des conditions favorables pour les prochains jours, ce samedi 14 juillet devrait être notre dernière journée sur le territoire français. Nous avons enfin récupéré « Hercule » notre régulateur d’allure ! Il a retrouvé depuis ce matin sa place sur la poupe arrière de Mandragore. Sur le même ponton, un autre bateau de voyage, un Galapagos, attend un régulateur, identique au nôtre. Sylvain prépare lui aussi un tour du Monde avec trois copains et leur chien. Mais pour l’heure, ils sont en pleins travaux. La vue des outils et machines sur le pont nous replonge quelques mois en arrière… Nous profitons de cette dernière journée pour finaliser plusieurs petites choses à bord, ajouter des poulies sur la drisse de grand voile, remonter le génois qui frottait sur le balcon, ajouter une pompe d’eau de mer pour la chasse d’eau des toilettes, changer ce fouttu collier de canalisations qui a encore lâché cette nuit, nous réveillant brusquement et surtout imbibant à nouveau toutes nos affaires dans le placard de la salle de bain ! Juste le temps de stopper la fuite pour cette nuit, et vue l’heure… il fera jour demain ! Heureusement que nous sommes à bord pendant ce genre d’incidents, nos 300 litres de réserves d’eau douce se seraient répandus en quelques minutes dans les fonds ! L’entretien et le bricolage d’un bateau demandent une attention continuelle. Outre la possibilité de profiter des rues animées par les Francofolies, ces deux jours d’attente à la Rochelle ont permis à mes parents de venir avec nous à bord. Eux qui n’avaient jamais navigué de leur vie sur un voilier ! Nous sommes heureux de leur faire ce cadeau aujourd’hui, d’autant plus que les conditions pour une première navigation étaient idéales ! Temps superbe, léger vent, parfois même pétole… Autant vous dire, qu’ils n’ont pas pas eu le mal de mer ! Ils faisaient plaisir à voir. Maman posant multiples questions, et Papa tout heureux d’aider aux manœuvres. Nous débarquons en annexe sur l’île d’Aix, belle balade sur cette petite île tranquille, où les parvis des maisons arborent généreusement des allées de roses trémières. Napoléon n’y est resté que trois jours avant son expulsion sur Sainte Hélène, mais un musée, une maison, certains noms de rues nous rappellent clairement son passage. Nous passons la nuit au mouillage près de l’île, et rejoignons la Rochelle tranquillement le lendemain matin. Quant à nos escales précédentes aux Sables d’Olonne, puis à l’île de Ré… Nous n’avons passé qu’une nuit aux Sables, mais elle fut l’occasion de retrouver Karen, François, Gérald, et deux de leurs amis autour d’un verre dans un pub. Soirée bien sympa ! Nous rejoignons le lendemain l’île de Ré. Belle nav, belle mer, mais le vent se lève fortement en fin de journée. Nous arrivons trop tôt au port de St Martin, deux heures avant l’ouverture de l’écluse à 21h. Voiles affalées, nous sommes contraints d’attendre au large et se soumettre docilement à la forte houle et au vent dépassant à présent les 70 km/h. Mandragore est balloté par les vagues, son nez plonge, se redresse, mais on s’y sent en sécurité. Comme le disent souvent les marins, le danger n’est pas en mer, mais le plus souvent près des terres. Vu cette houle, pourvu que notre arrivée au port se déroule sans encombre. Coïncidence heureuse, nous retrouvons au port Kiki et Michelle, un couple d’amis naviguant le long de la côte atlantique pendant les deux mois d’été. Ils nous proposent un dîner réconfortant à leur bord. Après cette fin de journée, cela ne se refuse pas ! Entre bricolage et entretien du bateau, découverte de l’île, 25 kms de balades à vélo, le lendemain à pied… les deux jours et demi sur l’île passent si vite ! Laurent est déjà venu plusieurs fois sur St Martin de Ré. Pour ma part, une seule fois en hiver. Cela change du tout au tout ! Les rues autour du port grouillent de vie. J’ai aussi beaucoup apprécié ses paysages, ses marais, ses maisons aux volets verts… peut-être parce que tout cela me rappelle Noirmoutier ! Néanmoins, je ne les confondrai pas ! Un moment m’a beaucoup touchée, il est certes tout simple, mais il fait partie de ces moments où l’on a envie d’appuyer sur la touche « Pause » et de se dire « Mmmh, bonheur… ». Laurent a besoin de retourner au bateau chercher un pull. Je profite de cette attente pour m’asseoir près de deux musiciens jouant dans la rue, un couple je pense, à peu près de notre âge ou un peu moins, peut-être étudiants, la fille jouant de l’accordéon et le garçon de la guitare. Sublime… les deux instruments s’accordant si bien. Les morceaux s’enchainent, mais je ne me lasse pas de les écouter. Tiens, l’air d’Amélie Poulain, celui que Laurent aimerait que j’apprenne pour l’accompagner à la guitare. J’attends vivement d’être en capacité de le faire. Pour l’instant je n’en suis encore qu’à mes débuts d’accordéon, mais cela me motive à travailler… En partant je glisse une pièce dans la boîte à leurs pieds, et j’y ajoute un petit mot pour les féliciter et les remercier de leur musique. Je les imagine ce soir en comptant le pécule de la journée, cela fait toujours plaisir de voir son travail apprécié. Si j’avais eu un calepin j’aurais eu envie d’écrire, comme certains peuvent avoir envie de dessiner ce qu’ils voient, j’avais envie d’écrire… July 12 chap 5 : 14 juin - 06 juillet 2007, les préparatifs se prolongent, mais enfin départNous pensions partir quelques jours après le 14, mais finalement nous quitterons notre mouillage de l’Anse Rouge à Noirmoutier pratiquement un mois après, le 06 juillet. Retards prévus et imprévus se cumulent, les jours s’enchaînent, nous allons finir par croire que Neptune veut vraiment que nous restions à Noirmoutier ! Hélène nous fait une poussée de dents de sagesse, Laurent est bloqué du cou et du dos le jour de son anniversaire et toute la semaine qui suit. Premier essai de la grand-voile, trop large sur les 2/3 de la chute… Nous avons réussi à tout reprendre avec David en une après-midi et une soirée (un grand merci à lui !). Samedi 23, essai en baie de Bourgneuf, nous sommes ravis du comportement du bateau, de la nouvelle grand-voile, du génois et… du régulateur d’allure ! Mais nous manifestons notre joie trop vite… Lundi matin, en faisant un tour de vérification du bateau, nous nous apercevons qu’une pièce du régulateur a disparu, plus précisément le pignon conique et sa grosse poignée en inox. Bizarre, volée ? mais pourquoi cette pièce. De plus, nous avons toujours été à bord. Est-elle tombée à l’eau avec la tempête de la nuit ? Les trois sécurités censées intervenir en cas de problème ont-elles lâché ? Est-ce une faute du fabricant ? Des plongeurs professionnels ont tenté à deux reprises de la retrouver, mais en vain. Nous rapportons le reste du régulateur au fabricant à Nantes, et récupèrerons la nouvelle pièce le 11 juillet à la Rochelle. A cela s’ajoute un vent dépressionnaire sud-est inhabituel pour la saison. Les nuits au mouillage riment le plus souvent avec roulis, sommeil léger, voire nuit blanche pour une certaine nuit… Néanmoins, je ne regrette pas cette nuit, elle avait quelque chose de magique. Ces bruits, ce vent, la chaîne qui tirait et la peur qu’elle lâche à chaque effort. Nous préférons dormir habillés et nous lever la nuit pour vérifier que tout va bien. Je garderai bien en mémoire ce moment. Ne trouvant pas mes lunettes, j’ai même remis de nouvelles lentilles pour mieux mesurer et admirer le spectacle. Cela m’a toujours fascinée qu’une même mer, disons sur un même lieu, puisse dégager des personnalités, des comportements si différents. Endormie, enjouée ou effrayante, elle se révèle tellement vivante. Les couleurs, la texture de sa peau, un beau bleu rond plus ou moins translucide en harmonie avec le ciel, un gris triste et ridé, ou une apparence verdâtre les lendemains de grosse houle dû au brassage des algues.
A chaque fois que nous croisons quelqu’un à Noirmoutier, on ne pouvait s’empêcher de nous dire « Mais vous n’êtes toujours pas partis ! » Et bien non, mais c’est aussi cela le bateau, ne rien pouvoir prévoir, les casses et les impondérables éventuels, le vent qu’il fera demain… Et puis sur un grand voyage qui n’a pas de durée, sommes-nous à quelques semaines près au moment du départ ? Avec du recul, ce mois de retard ne fut pas inutile. Il nous aura permis de bien préparer le bateau, faire des essais en baie et bien tester le bateau par temps venteux, notamment lors de notre aller-retour à l’île d’Yeu… Grosse frayeur à quelques miles de notre retour, le câble de notre barre à roue lâche brusquement, plus de barre, plus rien, la barre tourne dans le vide ! Nous savions qu’il était vieux, cela faisait partie des choses que nous voulions rapidement remplacer, mais en attendant il nous faut trouver une solution très vite, tout de suite, maintenant ! Par chance, nous venons juste de passer les rochers des Bœufs, et notre cap nous en écarte encore davantage, Mandragore sous grand voile réduite d’un ris et génois tient étonnamment son cap. Continue mon grand, on compte sur toi ! Une heure-et-demie de réparation, le premier câble est trop court, nous utilisons finalement une filière. Ouf, nous reprenons la maîtrise de la barre, pouvons virer de bord et rejoindre à la nuit tombée Noirmoutier. Nous remplaçons notre câble solidement demain matin.
6 juillet 2007, cette fois-ci c’est pourtant un vendredi, mais aussi le premier jour qu’il fait beau depuis mi-juin, nous larguons la chaîne de notre mouillage. Cette fois-ci, c’est la bonne, j’ai même laissé mes clés de voiture à Evelyne, donc nous allons vraiment partir. Un dernier au-revoir à la maman de Laurent depuis la plage. Petit coup de blues, mêlé à l’excitation du départ, surtout Laurent ce matin. C’est vrai, pour ma part je reviens dans quelques semaines, mais toi Laurent, dans combien de temps ? Allez, c’est parti, cap sur la Bouée des Pères, puis direction Ile d’Yeu. Belle nav, belle mer, beau soleil. Nous réalisons que c’est la première fois que nous naviguons sur Mandragore sans avoir besoin de ciré ! Je m’octroie même le plaisir de me plonger dans un bon bouquin tout en étant allongée sur l’annexe au-dessus du coffre arrière. Nous n’avons pas encore le régulateur, mais en attendant le pilote automatique joue très bien son rôle, et nous permet de bien profiter de cette petite traversée. 17h, arrivée à l’île d’Yeu, baignade, douche, dîner à bord, consultation des mails et de la météo sur la BLU, puis lecture sous la couette !
Samedi 07/07/07 ! Etonnant ce jour comblé par trois fois du chiffre de la perfection ! Bonheur à tous les nouveaux mariés et les nouveaux nés ! Leurs proches n’auront pas de mal à se souvenir de cette date ! Une nuit au port change du mouillage de la Plage des Dames. Nous quittons Port-Joinville vers midi en vue de rejoindre les Sables d’Olonne en fin de journée. Le ciel est nuageux, mais la navigation demeure paisible et reposante. Cette navigation est aussi l’occasion de m’entraîner sur les différentes manœuvres à bord, grand-voile, génois, virements de bord… punaise, on se fait les bras ! Elle n’est pas légère à hisser notre grand-voile ! De la bonne musique dans le cockpit, un œil attentif sur les éventuels bateaux au large, jusqu’au moment où… oh non ! La pompe du groupe d’eau tourne à plein régime, un collier sur un tuyau dans la salle de bain a lâché… Les fonds sont plein d’eau et surtout tout ce qui était dans le placard de la salle de bain est trempé. Allez hop, c’est parti, seau, pompe à main et on vide, on vide, on soulève tous les planchers, on se rend compte qu’il y en a déjà presque partout et qu’un autre collier a lâché, celui du tuyau des eaux usés entre la cuisine et le carré… Une fois tout cela réparé, cela mérite bien un bon goûter ! Lorsque l’écriture rejoint le présent… La prochaine fois que nous vous écrirons, nous devrions avoir rejoint l’île de Ré, puis la Rochelle, avant de traverser le Golfe de Gascogne… |
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