Hélène's profileLe voyage de Mandragore ...PhotosBlogListsMore ![]() | Help |
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March 27 Chapitre 17 : 23 février – 09 mars : Du Brésil au sud de la PatagonieAujourd’hui 26 mars, cela fait déja un peu plus d’un mois que nous avons quitté le bateau en direction de la Patagonie. N’ayant accès que rapidement à un ordinateur dans les cybercafés, cela fait aussi un mois que nous n’avons pas écrit de carnet de bord. Il va nous être plus difficile de résumer tout ce que nous avons fait, vu, ressenti depuis ces quatre semaines. Mais en résumé, partis de Salvador (Brésil), nous sommes descendus jusqu’à Punta Arenas (à la frontière avec la Terre de Feu), en ponctuant notre périple de nombreux treks dans les montagnes patagones. Forêts, glaciers, lacs, icebergs... font partie de nos paysages quotidiens. Seul point parfois gênant, nous sommes à présent un peu tard dans la saison, l’été austral est fini, et il fait de plus en plus froid sous la tente ! Mais plus on remonte vers le nord, plus ca se réchauffe ! Hier, après avoir fait 400 kms en stop (dans six voitures différentes) une petite partie de la Carretara australe (route chilienne de 1300 kms serpentant entre montagnes, forêts, glaciers, lacs, rivières, le plus souvent en terre et graviers), nous venons d’arriver à Puerto Aïsen (latitude 46 degres Sud). Nous rejoindrons dans les prochains jours l’île de Chiloe en ferry en traversant fjors et canaux pendant 26 heures. Nous serons alors à la même latitude que Noirmoutier, 43 degrés mais dans l´hémisphère sud !
Ci-après les extraits de notre carnet de route journalier. La suite viendra lors de notre prochaine connexion internet :
Extraits de notre carnet de route journalier :
Samedi 23 février : Salvador, 5h30, sacs sur le dos, nous quittons Mandragore. Cela nous fait bizarre de laisser le bateau tout seul... mais il est bien surveillé, nous pouvons partir sans crainte. Nous nous apprêtons à passer 51 heures de bus jusqu’aux fameuses chutes d’Iguacu dans le sud du Brésil.
Lundi 25 : Ces chutes, classées par l’UNESCO Patrimoine Mondial, font partie des plus grandes du Monde. On peut les visiter soit du côté brésilien, soit argentin. L’angle brésilien offre une meilleure vue d’ensemble, l’argentin permet de les approcher et les longer de plus près. Nous choisissons l’option brésilienne. Très impressionnant, mais dommage que le sentier pour s’y rendre, soit si aseptisé pour les touristes...
Mardi 26 : Nous passons la frontière, les formalités sont simples et rapides. Nous voici donc en Argentine. Les paysages sont très verts. Difficile les deux premiers jours de passer du portugais à l’espagnol. « Obrigado » pour dire « Merci » vient souvent plus vite que « Gracias ». Nous rencontrons Stéphanie, une étudiante belge en médecine qui a choisi de voyager huit mois en Amérique latine avant de reprendre des études dans le Développement. Rencontre furtive le temps d’une balade dans le centre et d’un sandwich partagé, mais rencontre bien appréciée.
Jeudi 28 : Buenos Aires... Un mélange de Paris, Madrid et Londres. C’est étonnant comme certains quartiers nous rappellent nos capitales européennes. On ne se sent pas dépaysé. De plus, on se fond davantage dans la population. Ils se rapprochent davantage des européens, espagnols, italiens, français, contrairement aux brésiliens beaucoup plus « blacks ». Outre le climat plus frais, cela s’explique aussi par le passé colonial de ces civilisations. Nous passons deux journées à marcher dans les différents quartiers de la ville, notamment la plaza de Mayo, San Telmo, la Boca, Recoleta et ne manquons pas de profiter du fameux tango argentin et d’en apprendre plus sur son histoire. Des couples dansent à la nuit tombée sur la Plaza de San Telmo, des affiches dans les rues proposent des cours de tango, spectacles et concerts. Cette danse aujourd´hui si populaire en Argentine, comme en Europe, doit son origine aux immigrés européens venus s’ínstaller en grand nombre dans les quartiers pauvres de Buenos Aires au XIXème siècle. Pour ces travailleurs du port, le seul accès aux femmes était dans les bordels. On louait de beaux costumes et des chaussures pour aller le danser. Pour ces gens au bas de l´échelle sociale, le tango devenait une façon d’obtenir une certaine dignité. Paroles et gestes frisaient l’obscénité, le tango était une danse des bas-fonds. Puis les figures apparaissent, le tango se structure. Il conte souvent des histoires d’amours déçues, de séparations, de nostalgie d’émigrés déracinés. Il raccompagne dans les années 20 les immigrés qui préfèrent rentrer en Europe. Il fait fureur et acquiert ses lettres de noblesse à Paris. Lorsqu’il retraverse l’Atlantique, il s’est embourgeoisé, les paroles se sont assagies, la musique est sensuelle et mélancolique. Vers les années 60, le tango est en nette perte de vitesse des deux côtés de l’Atlantique, mais a repris de plus belle sa cote de popularité depuis les années 90.
Vendredi 29 : 9h, nous traversons depuis hier soir la pampa argentine, très plat, d’immenses champs avec des vaches ou cultures, notamment beaucoup de maïs. Ça en fait des kilomètres de bus pour rejoindre la Patagonie ! Depuis Salvador, soit six jours, nous cumulerons à notre arrivée à Bariloche 90 heures de bus. Plutòt que descendre plus bas, on préfère s’arrêter là et commencer un premier trek dans le Parc Nahuel Mapi, en pleine Région des Lacs. Nous rencontrons Elisabeth et Jacques. Tous deux à la retraite, ils parcourent le Monde à bord de leur camping-car sans limitation de durée ! Ils sont descendus en Terre de Feu et remontent tranquillement jusqu’à Panama. Ils nous font part de leurs coups de coeur des meilleurs coins à visiter (www.touthorizon.com).
Mercredi 5 mars : Après ces cinq jours de trek et ses six à neuf heures de marche chaque jour, nous avons bien mérité un bon steak argentin (l’Argentine est réputée pour sa viande, dont son plat typique « la parilla », un assortiment de viandes grillées). Nous partageons ce réconfort gustatif avec Romain, Claire et Blanche, trois français rencontrés en chemin. Ce premier trek fut physiquement assez dur. Chacun de nous est tombé au moins une fois, mais personne ne s’est vraiment fait mal, un pantalon déchiré, des chevilles enflées, des maux de dos ou de pied, mais tout va bien. Les paysages en valaient vraiment la peine, on en prend plein les yeux : glaciers, escalade, forets, prairies, pierriers, lacs...
Jeudi 6 : Bus jusqu’à Rio Gallegos. Paysages monotones, pampa, terrains plats parsemés de puits de pétrole ou de moutons. Battue par le vent local « le pampero », la végétation est si pauvre qu’il faut un hectare pour nourrir un mouton. Une exploitation n’est parait-il rentable qu’à partir du millionième mouton. Ça vous laisse imaginer la taille des propriétés. Aucune ville sur des centaines de kilomètres, seuls quelques bâtiments et maisons nés au milieu de nulle part de la découverte de gaz et de pétrole.
Vendredi 7 : 13h, nous passons la frontière chilienne. Plus pointilleuse qu’en Argentine, la loi chilienne interdit l’entrée de tout produit d’origine animale ou végétale, comme la viande, le fromage, les fruits, afin de lutter contre la prolifération de la fièvre aphteuse. Nous devons passer nos sacs dans un détecteur. On venait juste de faire les courses... Nous nous voyons dépossédés des pommes et du jambon fumé de notre sacoche. Pour le reste dans notre sac à dos, ils n’ont rien vu, tant pis pour eux ! A notre arrivée à Punta Arenas, je n’ai plus mes chaussures de trek... Elles ont dû disparaître au passage de la frontière chilienne. Je suis bonne pour m’en racheter une nouvelle paire.
Dimanche 9 : Punta Arenas. Nous avions déja lu pas mal de choses sur l’histoire de la colonisation, l’extermination des indiens et l’implantation des européens, mais découvrir tout ceci dans un musée, vu sous des angles différents, par des archives, textes, photos, objets... fut fort intéressant. Mais ce que l’on retient de tout ça est que la colonisation a fait bien des dégâts en exterminant jusqu’au dernier les peuples indiens... 17h, mème jour, ah des manchots ! Depuis le temps que je m’étais mise en tête, si on va en Patagonie, j’aimerais voir « des icebergs et des manchots », l’un de mes voeux est à présent réalisé (NB : des « manchots », non pas des « pingouins ». La langue française différencie les deux espèces. Les pingouins vivent au pòle Nord, et les manchots au pòle Sud !). Les manchots de Magellan ne sont pas très hauts, à la hauteur du genou, alors que les manchots Empereurs en Antarctique atteignent 1m50 environ. Vu que nous étions déjà tard dans la saison, nous craignions de ne plus en voir, mais là où nous sommes dans le Détroit de Magellan, il en reste encore une ou deux centaines. L’abandon complet de la colonie se fait en général vers le 20 mars. Ils reviendront par milliers en septembre prochain se reproduire et occuper le même nid.
Lundi 10 : Nous sommes déjà bien bas en latitude. Nous voulions descendre encore plus bas en Terre de Feu, jusque Ushuaïa, mais ce trajet de bus s’ajoute encore au budget de notre voyage, et beaucoup de voyageurs rencontrés nous disent qu’à part être heureux d’avoir foulé la ville la plus australe du Monde, les randonnées ne valent pas celles à ne pas manquer plus au nord. Il vaut mieux que nous gardions cette dernière étape pour un futur voyage en voilier... Nous pourrons alors profiter des fjords et canaux. D’ici là, profitons de ce que nous ne pouvons pas faire à la voile. 14h, on remonte vers Puerto Natales, à quelques heures de bus en prévision d’un trek de quelques jours dans le Parc National Torres Del Paine... March 10 Mail envoyé le 29 février 2008Bonjour a tous !
Apres les chutes d'Iguacu ( Grandioses ! patience, nous vous raconterons tout dans notre prochain carnet), puis Buenos Aires, nous venons d'arriver a Bariloche (toujours en Argentine), et nous appretons a faire notre premier trek patagonien demain matin... En perspective, cinq jours de marche la tente sur le dos, mais bien recompenses par la beaute des paysages.
Grosses bises a tous. Et a bientot !
Laurent et Helene |
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