Hélène's profileLe voyage de Mandragore ...PhotosBlogListsMore ![]() | Help |
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November 26 Chapitre 26 : 25 octobre – 16 novembre : Guadeloupe, Les Saintes, Marie-Galante, AntiguaLes légendes sous les photos vous ont apparemment bien plu sur le dernier carnet de bord. Nous renouvelons donc la formule… Suit ensuite notre carnet de bord, écrit le 16 novembre dernier en mer, alors que nous quittions notre dernier mouillage dans le nord de la Guadeloupe. Il relate nos pérégrinations maritimes en Guadeloupe et ses îles environnantes Marie-Galante, Les Saintes, ainsi qu’Antigua, une île un peu plus au nord. Evelyne, la maman de Laurent nous a rejoints pendant une quinzaine de jours. Puis mi-novembre, au-revoir la Guadeloupe, on continue notre remontée des Caraïbes, tout d’abord St Barth quelques jours (on vous racontera tout ça dans notre prochain carnet…), puis St Martin dont nous vous écrivons actuellement. On repart ce soir vers les iles vierges, puis Haiti en vue d’atteindre Cuba vers le 10 décembre. Quentin, un ami de Laurent viendra nous rejoindre pour une quinzaine de jours. Nous passerons donc les fêtes de fin d’année sur les terres cubaines… Cette fin d’année approche… Déjà… J’imagine les rues et les églises déjà décorées de mille guirlandes lumineuses à l’approche des fêtes de Noël… Une pensée aussi pour le Salon Nautique début décembre à Paris, un défilé « Voiles et Voilages » aura lieu sur le stand de la Région des Pays de la Loire. Nous penserons bien a vous, et de nombreuses animations sur le stand de Noirmoutier et de la Vendée. Vous nous raconterez ! Une pensée pour chacun de vous, où que vous soyez, portez vous bien, que vos projets se réalisent comme vous le souhaitez. Cela m’évoque une petite citation d’Olivier Wendell Holmes : « L’essentiel, en ce monde, n’est pas l’endroit où nous sommes, mais la direction dans laquelle nous marchons ! »… A bientôt par mail ! Vous pouvez continuer de nous écrire sur notre adresse mail à bord (tout en mettant nos adresses yahoo en copie, notamment pour les pièces jointes). Laurent et Hélène
Evelyne est avec nous à bord pour 15 jours, une équipe de choc ! Sans oublier Mandragore bien sûr !!
Sur la partie Grande-Terre de la Guadeloupe, la pointe des Chateaux à son extrême est, la pointe de la Vigie au nord, les magnifiques plages de Sainte Anne, Pointe-à-Pitre, son marché…
De la langouste à bord, ou du pain aux noix tout chaud cuit sur le bateau pour notre petit-déjeuner… Pour l’iguane, évidemment on n’en a pas mangé. Mais alors que nous déjeunions dans un petit restaurant, un couple d’iguanes peu farouches, s’est quasiment invité à notre table !
L’île de Marie-Galante…
Les Saintes… La première photo est prise depuis le Fort Napoléon, y reconnaissez-vous Mandragore parmi les bateaux mouillés sur la première photo ?
L’île d’Antigua, de jolies plages, mais des paysages dans l’ensemble beaucoup plus secs que ses voisines plus au sud. Le centre-ville de Saint Georges, les enfants sortant de l’école en uniforme (comme dans toute les îles de culture anglaise)
Des paquebots déversant les touristes (principalement américains) par milliers, le marché et la rencontre (sur la dernière photo) d’un cuisinier bien sympathique travaillant à côté de la station de bus. Le chauffeur n’est pas là, on attend un peu plus d’une heure, mais cela nous permet d’en apprendre davantage sur la cuisine antillaise. On le voit ici râper l’intérieur de sa noix de coco, il en séparera ensuite la pulpe du lait.
Retour en Guadeloupe, Evelyne à la barre. Découverte de Basse-Terre, la partie ouest du « papillon » guadeloupéen. Notre mouillage à Deshaies… et nos retrouvailles de Claire, Jérôme et Enzo (nous les avions rencontrés sur Catafjord avec Domi et Malou aux Canaries, retrouvé au Brésil. Ils travaillent à présent quelques temps en Guadeloupe).
Balades en forêts autour de la Soufrière et des chutes du Carbet…
Nous rencontrons Micheline près de Petit-Bourg. Elle prépare quotidiennement des galettes de tapioca, appelées plus familièrement kassav, que l’on peut fourrer avec des produits salés ou sucrés selon ses envies. Un délice… Il faut faire cuire du manioc, qui devient une sorte de pâte humide que l’on fait sécher, puis que l’on tamise. Au bout d’une semaine pour tout ce travail, on peut étaler la poudre blanche sur une plaque brûlante, fourrer l’intérieur et mmmh déguster ! Nous avions déjà goûté au Brésil, mais on demeurait bien intrigué par la méthode de fabrication.
Nous retrouvons Micheline le lendemain dans une toute autre tenue ! Ce soir, c’est le FESKAD, le festival annuel de kadri, où les différentes académies de danses traditionnelles offrent un spectacle au public.
La Soufrière, volcan toujours en activité. Les quelques heures de grimpette en valent la peine. Le spectacle de la marmite de souffre à son sommet est impressionnant !
Quelques photos de près… La nature est belle, n’est-ce pas !...
Et pour finir, un coucher de soleil sur les Antilles… et le matériel d’Evelyne pendant ses vacances (photo sans trucage ! prise sur le vif !) : son chapeau, ses lunettes de soleil, quelques chocos pour le goûter, son tuba... et le masque me direz-vous ? Elle l’utilise, elle est à l’eau !
Dimanche 16 novembre, nous avions prévu de partir hier de Deshaies en Guadeloupe, mais les grains et les rafales de vent même à notre mouillage nous refroidissent un peu. Ce matin, autant de vent, mais un ciel plus ensoleillé. 8h30, nous partons avec deux ris dans la grand-voile, génois roulé à 50%, 30 nœuds de vent, une houle de 2 mètres 50, 3 mètres. Rapidement on enroule davantage le génois. Le chant du vent dans les voiles est puissant. La mer moutonne, certaines vagues plus hardies que d’autres recouvrent le pont, son barreur ou sa barreuse par la même occasion ! Mais Mandragore poursuit sa route, il fend la houle, avance au vent de travers à 8 nœuds de moyenne, cap Nord-Nord Ouest vers Saint-Barthélémy. 114 miles nous séparent de Gustavia, son port principal, soit une quinzaine d’heures de navigation à priori. « Si ça continue comme ça, on ne va pas beaucoup dormir cette nuit… » murmure Laurent. Nos veilles risquent de ne pas être de tout repos. Pour l’instant, nous préférons barrer nous-mêmes pour préserver notre régulateur d’allure. Le vent et la mer devraient se calmer un peu. Laurent est en ce moment à la barre, j’écris cramponnée dans le cockpit, les pieds calés contre l’hiloire bâbord. Heureusement ni l’un, ni l’autre n’avons le mal de mer. Néanmoins ce n’est pas aujourd’hui qu’on se lancera dans de grandes préparations culinaires. Lorsque la houle est forte, il vaut mieux éviter de rester trop longtemps à l’intérieur, c’est propice aux hauts de cœur. Voir les vagues bouger avec soi permet d’adapter plus facilement son corps aux éléments. Un dernier regard vers la poupe. La côte montagneuse guadeloupéenne s’efface peu à peu de notre regard. Avant qu’elle ne disparaisse complètement, je me presse de vous conter les trois dernières semaines que nous y avons passées…
Samedi 25 octobre, Evelyne, la maman de Laurent débarque à l’aéroport de Pointe-à-Pitre en fin de journée. Malgré sa tenue hivernale (arrivée de métropole oblige…), nous l’emmenons directement à la plage du Gosier. Les chaussures encore à la main et le jean remonté aux mollets, il fait bon se tremper les pieds !! Au programme de demain matin, une grande balade sur Grande Terre, l’aile plate du « papillon ». La Guadeloupe est ainsi surnommée car ses terres vues du ciel ressemblent tout simplement aux deux ailes d’un papillon : Grande-Terre à l’est, un vaste plateau calcaire aux formes vallonnées, et Basse-Terre à l’ouest, constituée pour sa majeure partie d’un massif montagneux et volcanique, couvert d’une abondante végétation. Départ de Pointe-à-Pitre de bonne heure (Evelyne devrait pourtant être fatiguée, même pas ! trop excitée par la journée de découvertes qui l’attend !). Nous longeons la côte par la route littorale. Premier arrêt à Ste Anne et son marché, puis St François et la Pointe des Châteaux à l’extrême-est, énorme éperon de falaises abruptes qui affronte la houle atlantique. Etonnant ! C’est aussi là que nous allons goûter notre premier sorbet coco… mmh… Beaucoup d’autres suivront… Cette préparation délicieuse est préparée dans des sorbetières en bois, conservée en actionnant régulièrement une manivelle pour la mélanger et la maintenir au froid. Nous continuons vers le nord, le Moule, l’Anse à la barque… La côte au vent est assez austère, parsemée de sites sauvages comme l’impressionnante Porte de l’Enfer, où des trains de vagues s’engouffrent dans un tracas de tous les diables… En empruntant un sentier menant à l’extrémité des falaises, la vue depuis la Pointe de la Vigie est impressionnante. Ce matin, petit tour au marché de Pointe-à-Pitre, mais au lieu de s’y rendre à pied ou en bus, nous venons quasiment juste devant en bateau ! Avec notre annexe, nous pouvons accoster au cœur même de la ville, dans le bassin de la Darse qui touche l’une des places principale du centre-ville, la Place de la Victoire. Au marché on en profite pour faire le plein de fruits et légumes qu’Evelyne n’a pas l’habitude de cuisiner en métropole : cristophine, arbre à pain, banane plantain, corossol, pomme cannelle, igname et patate douce… On nous demande souvent : Que mangez-vous en mer ? Péchez-vous ? Comment faites-vous sans frigo ? On cuisine tout simplement autrement, mais on cuisine de tout. Pour les fruits, légumes et autres matières premières, on fait nos réserves à terre. Pour la viande, lorsque l’on tombe sur une offre intéressante, on l’achète en quantité suffisante pour remplir une cocotte minute de bocaux que nous cuisinons et mettons ensuite à stériliser une bonne heure. Ces bocaux ainsi préparés peuvent se conserver des mois à température ambiante. Pour le poisson, la pêche… Lorsque les conditions de mer le permettent on laisse filer une traîne derrière le bateau. Mais les résultats de ces derniers temps ne sont pas très convaincants. On en a plus acheté que pêché… Cela vient-il de notre matériel ? de la zone ? du pêcheur ? De toute façon, aujourd’hui la question ne se pose pas, le bateau fougueux avance trop vite pour mettre la traîne. C’est déjà assez périleux d’écrire… Je vais d’ailleurs m’arrêter là, et vous retrouverai tout à l’heure pendant mon quart de nuit.
21 heures, la lune est belle, bien ronde, bien claire. Je reprends la même position que tout à l’heure, mon cahier sur les genoux, mais cette fois je guide ma plume à la lumière rouge de ma lampe frontale. Avec toujours deux ris dans la grand voile, et le génois roulé de moitié, nous poursuivons notre route à 7 nœuds de moyenne. Hercule, le régulateur d’allure, nous remplace à la barre. Touchons du bois, cette dernière version du constructeur fonctionne bien. Naviguer sous régulateur est plus complexe que sous pilote électrique : si le vent tourne, baisse, forcit, le cap du bateau se modifie aussi. Il faut donc surveiller, mais le gros intérêt de ce matériel est qu’il n’a pas besoin de l’énergie des batteries, le vent lui suffit. 7 nœuds, c’est bien, mais pour le coup nous arriverons trop tôt ! Généralement on préfère arriver de jour dans un lieu qu’on ne connait pas, surtout que de nombreux ilets et autres dangers isolés précèdent l’accès au chenal. Mais la lune est claire et d’après les cartes les bouées sont bien signalées. Nous verrons si nous attendrons à la cape le lever du jour. Laurent est censé essayer de dormir un peu, mais le voilà de nouveau sur le pont, trop soucieux par la navigation pour trouver le sommeil sûrement ! Mais tout va bien, Mandragore poursuit sa course. J’ai un peu de temps pour poursuivre mon récit interrompu tout à l’heure. Ou en étais-je ?...
Lundi 27 je crois… Nous changeons de mouillage et nous posons à Saint-Anne, juste devant le Club Med. Jolie plage ! « Sable blanc, cocotiers, mer à 29°C » comme le décrit si bien Evelyne les pieds dans l’eau ! Nous partons le lendemain midi à Marie-Galante. Petite navigation qui nous fera arriver en fin de journée à Port-Louis, mais vers 15 heures, un gros grain orageux nous surprend, qui plus est la poulie d’écoute de grand voile lâche... La baume me tombe sur la tête, mais rien de grave, je m’en tire juste avec un bon bleu sur le haut du crâne ! On répare de manière provisoire en remplaçant cette poulie par celle de l’artimon. Nous arrivons finalement comme prévu juste pour le coucher du soleil… Il n’y a pas que le soleil qui semble se coucher tôt, pas un chat à terre, les rues de Port-Louis sont bien endormies… On en fait de même, il fera jour demain ! Trois communes principales se partagent le territoire, Grand-Bourg, Capesterre et Saint-Louis. Cette grande galette de 160 km², est souvent appelée « l’île aux cent moulins ». Il en subsiste 70 plus ou moins en ruines, mais la culture de la canne à sucre, a fortiori la fabrication de sucre, de sirop de batterie, et de rhum, demeure une activité importante de l’île. Avant de vous emmener sur une autre destination, on se doit de mentionner notre coup de cœur tout particulier pour la beauté d’une de ses plages, celle près de Capesterre au sud-est de l’île, la plage de la Feuillère… Nouvel embarquement ! Nous changeons d’île, nous allons mouiller à quelques heures de là sur une autre dépendance de la Guadeloupe, l’archipel des Saintes. Ce micro-archipel mesurant pourtant moins de 15 km², se compose de deux îles principales habitées, Terre-de-Haut et Terre-de-Bas, trois plus petites, et de nombreux ilets. A la différence de sa consœur Marie-Galante, les Saintes vivent principalement du tourisme, mais l’île n’en demeure pas moins charmante. A pied ou à scooter, nous avons tous les trois beaucoup apprécié notre passage aux Saintes, de jolies plages, de belles balades à pied, un centre-ville agréable... Au sommet du morne Mire, le fort Napoléon offre une très belle vue sur la baie. Parait-il que l’Anse du Bourg (celle où Mandragore est mouillé) pourrait s’enorgueillir d’être classée troisième plus belle baie du Monde après Rio au Brésil et la baie d’Along au Vietnam ! Le Fort Napoléon fut construit par l’empereur du même nom, mais il n’a jamais servi en tant que fort et Napoléon n’y a même jamais mis les pieds ! Il servit de garnison, puis de prison pendant la 2ème Guerre Mondiale. Aujourd’hui il abrite un musée de la marine très intéressant qui retrace l’histoire des Saintes, et plus généralement l’histoire des îles antillaises. Laurent, qui est en ce moment en pleine lecture des récits de combats navals aux Antilles racontés par Aleksander Kent, est d’autant plus sensible aux archives, photos et maquettes exposées. Mais en résumé, l’histoire des différentes îles antillaises se ressemble, une population d’origine amérindienne, chassée et exploitée par l’arrivée des colons européens. Des îles découvertes par Christophe Colomb et autres grands navigateurs de la même époque, espagnols, français, anglais... S’en suivent des batailles entre puissances européennes pour le partage des îles, d’où les nombreux combats navals dans la région. Les fonds sous-marins aux abords des îles sont depuis truffés d’épaves et de trésors enfouis à jamais… Alors que nous rentrons vers le bateau, Laurent reconnait au mouillage « Calmis », l’ancien bateau d’un couple d’amis voileux rencontrés en Martinique, Eric et Simone. Ce bateau a la particularité d’être un ancien bateau de pêche, adapté par la suite à la plaisance. Mais il conserve son moteur d’origine avec démarrage à air comprimé ! Construit en 1907 aux Sables d’Olonne, il a roulé sa bosse comme chalutier sur la côte atlantique. Eric a passé toute son enfance à bord, et vers 30 ans, il est parti avec sa douce traverser l’Atlantique à bord de son bon vieux Calmis ! Navigation réussie sans souci. Aujourd’hui Eric et Simone souhaitent continuer leur circumnavigation et rejoindre l’Australie où la famille de Simone habite. Ils ont donc changé de bateau et transmis le relai à Jean-Marie, le nouveau propriétaire. On se donne rendez-vous pour un barbecue le lendemain midi à bord de Calmis. Longues discussions avec Jean-Marie, l’après-midi est déjà presque passée lorsque nous nous séparons ! On reprend la mer direction Antigua. Nous contournons la Guadeloupe par sa côte ouest. Petite escale à l’îlet Pigeon, le temps d’une belle plongée en masque et tuba et d’une petite nuit… car le lendemain alors que le jour commence à peine à poindre, nous relevons l’ancre. Cap au Nord ! Antigua… Que dire d’Antigua ? Nos impressions sont un peu mitigées. Nous sommes ravis d’y être allés, nous y gardons d’excellents souvenirs, certaines plages et criques sont magnifiques (comme Half Moon Bay), mais s’il fallait faire un classement, elle ne ferait pas partie de nos favorites. Ceux qui veulent faire le tour de l’île à un prix raisonnable comme nous, ne pourrons pas aller bien loin. Evidemment, si vous êtes en bateau, vous mouillerez à English Harbour, ce port étant un très bon abri, notamment en cas de cyclone. Mais de là, pour bouger ailleurs sur l’île en bus, soyez assez patients, car il vous faudra toujours repasser par St John, la ville principale. Et oubliez l’option location d’une voiture ou d’un scooter, c’est hors de prix. Idem pour les courses de fruits et légumes au marché… Quasiment tout est importé de Dominique, je vous laisse donc imaginer. Sur le port des paquebots déversent des touristes par milliers, principalement américains. Non loin de là, des cabanes « spéciales touristes » proposent des souvenirs en tout genre. Bizarrement, tous les prix sont écrits en dollars américains alors que la monnaie nationale est l’EC, le dollar caraïbe. En effet m’explique une vendeuse, les locaux ne viennent pas ici, et les touristes sont quasiment tous américains… alors… alors il n’en demeure pas moins que c’est étrange de voir les tarifs dans une monnaie différente que la monnaie utilisée par la population locale. Mais dès que l’on rentre davantage dans le centre-ville, cela est fini. Etant à quelques jours de l’élection américaine, de nombreuses affiches collées sur les murs arborent « Antigua for Obama, President of America ». Aujourd’hui indépendante, l’île fut découverte comme beaucoup d’autres par Christophe Colomb. La couronne espagnole l’abandonna vue sa sécheresse, mais elle fut récupérée par les anglais (les français ne l’ont occupée qu’une seule année). Les colons anglais y ont alors développé l’exploitation de la canne à sucre. Pour se faire, ils ont fait venir de nombreux esclaves africains, ce qui a rapidement influencé la répartition ethnique de l’île. Aujourd’hui plus de 95% de la population sont d’origine africaine. Nous aurions aimé monter plus haut, pousser jusque Saint-Barthélémy, mais les jours filent et Evelyne doit reprendre son avion dans quatre jours… Nous redescendons en Guadeloupe en vue de nous consacrer à la découverte de l’aile ouest du papillon, Basse-Terre, son volcan la Soufrière et ses environs. Ce volcan, toujours actif, est le point culminant des Petites Antilles à 1467 mètres (Comme le reste des Antilles, la Guadeloupe constitue la partie émergée d’une chaîne montagneuse sous-marine, née de la rencontre des plaques tectoniques atlantique et caraïbe, il y a 55 millions d’années). Après 120 ans d’inactivité, le volcan de la Soufrière connut un réveil brutal en 1956. Mais cette éruption ne fut rien comparée à celle de 1976. En quelques heures, les villages de Matouba et Saint-Claude furent en partie ensevelis. Désormais un observatoire volcanologique surveille son activité constamment. Le spectacle de fumerolles de soufre et de marmite bouillonnante à son sommet valent bien les efforts de la marche qui précède, même ceux du dernier tronçon plus raide (n’est-ce pas Evelyne ! Prête à recommencer !). Petit conseil si vous vous y rendez et que le temps le permet, chut, c’est entre nous… c’est normalement interdit… Passez sur le côté de la barrière où un panneau mentionne « accès interdit », vous accéderez à la partie la plus active du volcan. Le spectacle visuel et sonore est détonant ! Mais on ne peut y rester longtemps. Les nappes de fumées aux odeurs d’ammoniac et de soufre deviennent rapidement handicapantes. Au retour de notre marche, nous profitons d’un témoin de cette activité magmatique, un bain dans une source d’eau chaude, comme on peut en trouver de nombreuses autres dans ces régions volcaniques. Certaines restent naturelles, d’autres sont aménagées pour les visiteurs. Nous profitons de ces derniers jours sur Basse-Terre pour se faire de belles balades en forêts, se baigner parmi les nombreuses cascades de l’île. L’un de nos souvenirs marquants sera aussi la rencontre de Micheline à Petit-Bourg. Habillée de noir, une longue jupe et un tablier, les cheveux tirés, nous faisons sa connaissance dans sa petite fabrique de kassav (elle prépare et vend des galettes de tapioca fourrées d’une délicieuse préparation mêlant coco, sucre et amande amère…). Le lendemain, nous la retrouvons dans une toute autre tenue. Maquillée, coiffée et habillée d’une robe colorée, la robe traditionnelle antillaise, elle attend son passage parmi ses amies. En effet, ce soir, c’est le festival annuel de danse de Kadri ! Chacune des académies de Kadri de l’île et même certaines de Martinique vient faire une représentation devant le public. Cette danse fut apportée par les colons au XVIIème siècle. Les antillais y ont ajouté leurs couleurs et leurs rythmes d’inspiration africaine. Pendant tout notre petit tour de Basse-Terre, nous restons mouillés à Deshaies au nord-ouest de l’île, mouillage bien agréable que l’on le recommande à nos lecteurs voileux. La veille du départ d’Evelyne, nous restons tranquillement au bateau, et qui arrive à la nage, frappant à la coque ! Jérôme (de Catafjord, la famille en catamaran que nous avons rencontrée et revue à plusieurs reprises pendant notre voyage) !! Claire, sa femme, et Enzo, leur fils de deux ans, nous rejoignent dans la foulée ! Quel plaisir de les retrouver. Après un an de navigation, ils viennent de se poser en Guadeloupe, ont tous les deux trouvé du travail dans leur branche, et surprise… Claire nous annonce que… elle est enceinte ! Cette fois, si… il va falloir repartir ! C’est déjà fini… Il faut reprendre l’avion pour Evelyne… Au-revoir ! A la prochaine sur notre bord !! On prend soin de ton masque et de ton tuba ! November 25 Mail envoyé à tous le 25 novembre 2008Bonjour à tous de Saint-Martin ! Nous avons un peu de retard sur nos récits, mais un nouveau carnet de bord et des photos seront très prochainement en ligne. D’ici là, nous vous invitons à lire quelque chose de tout nouveau sur notre site… Nous vous avions parlé d’un échange que nous avions mis en place à la rentrée de septembre avec des enfants qui suivent notre voyage autour du Monde. Régulièrement, nous échangeons, répondons à leur question. Cette expérience est vraiment très enrichissante, autant pour eux que pour nous. Avec Nathalie, leur institutrice, la classe de CE1-CE2 de l’Ecole des Dunes de Barbâtre à Noirmoutier a réalisé des recherches sur les volcans et les DROM-COM. Nous avons mis le résultat de leurs travaux en ligne sur notre blog. Très intéressants ! Pour les consulter, il vous suffit de cliquer sur : http://levoyagedemandragore.spaces.live.com A bientôt ! Laurent et Hélène Exposé sur les volcans réalisé par la classe de CE1-CE2 de l'Ecole des Dunes, Barbâtre, Ile de Noirmoutier, Thomas et Romain1-Vocabulaire lié au volcan I) Complète par les mots : magmatique, lave, magma, fissure, cheminée, éruption.
Tous les volcans ont à peu près la même structure. Sous terre, une …………... venant des profondeurs aboutit à la chambre ………………... : c'est ici que les bulles de gaz apparaissent. Le ………….. continue son chemin vers la surface quand la pression est suffisamment forte pour créer une ……….., ou faire sauter un bouchon de lave refroidie. C'est alors l'…………..., avec son nuage de cendres, ses projections de pierres, et ses coulées de ……………... . Peu à peu, le volcan grandit à mesure que la lave se refroidit sur ses pentes.
II) Relie les mots à leur signification,
cheminée . . matière liquide rejetée par le volcan
cratère . . canal par lequel monte la lave
éruption . . roche fondue à l'intérieur de la terre
lave . . ouverture évasée par où sort la lave
magma . . jaillissement de lave, de gaz, de pierres par un volcan
III) Relie les mots à leur signification.
vulcanologie . . relatif aux volcans
volcanisme . . étude des volcans
volcanique . . ensemble des manifestations des volcans
Les différents types de volcans:
LES VOLCANS EFFUSIFS OU VOLCANS ROUGES
LES VOLCANS EXPLOSIFS OU VOLCANS GRIS
Quand le magma n'est pas trop visqueux, la lave jaillit du cratère sous forme de coulées qui dévalent les pentes du volcan.
Si le magma est très visqueux, les bulles de gaz qu'il contient ont du mal à remonter à la surface. Du coup la pression du gaz dans les bulles augmente. Quand les bulles arrivent enfin à l'air libre, elles éclatent violemment en projetant de la lave à des dizaines, voire des centaines de kilomètres, sous la forme de bombes, de blocs ou de cendres.
Expérience réalisée en classe:
Comment fabriquer un volcan de type effusif?
matériel: un gobelet, un cône en plastique, une cuillère.
du vinaigre, du bicarbonate de soude, du produit vaisselle
Mettre du vinaigre à la moitié du verre puis une goutte de colorant rouge.
Mettre 3 gouttes de produit vaisselle.
Ajouter 10 cuillères à café de bicarbonate de soude.
Puis mélanger le tout avec la cuillère à café.
Voici notre volcan effusif
Expérience réalisée en classe:
Comment fabriquer un volcan de type explosif?
Eau +colorant bouchon efferalgan On met de l'eau colorée dans un tube puis un efferalgan. On met le bouchon.
Alors le bouchon saute comme une explosion.
Voici notre volcan explosif
Pourquoi les volcans se réveillent-ils ?
Le magma qui est monté dans la cheminée lors de la dernière éruption s’est refroidi et solidifié, formant un bouchon. Mais, sous la terre, le magma continue à s’infiltrer dans les fissures du volcan et fait que quand la pression est trop forte, le bouchon saute à la manière d’un bouchon de champagne.
Comment les volcans s’éteignent-ils ?
Peu à peu, les failles par lesquelles le magma remonte se bouchent les unes après les autres. Dans les profondeurs du volcan, le magma se refroidit légèrement et le volcan s’éteint.
Comment sait-on qu’un volcan est éteint ?
C’est très difficile à dire. Certains volcans, qui ne sont pas entrés en éruption pendant des milliers d’années, se réveillent brutalement. On peut juste affirmer que ceux qui n’ont pas connu d’éruptions pendant des millions d’années sont éteints.
Les volcans sont-ils responsables de la disparition des dinosaures ?
Il y a plus de 65 millions d’années, les dinosaures disparaissaient. Deux raisons possibles : une météorite ou une éruption volcanique. Ces deux phénomènes pourtant différents auraient eu la même conséquence : un refroidissement climatique et une importante quantité de poussière dans l’atmosphère. Les dinosaures n’y auraient pas survécu.
Volcan de la soufrière en Guadeloupe (images d’Hélène et Laurent (Mandragore)
Exposé sur les DROM-Com et pays francophones, réalisé par la classe de l'Ecole des Dunes CE1-CE2, Barbâtre, Ile de Noirmoutier (Pierre, Laura et Manon)1-LES DROM- COM
Quelques définitions
Les Drom: « départements et régions d'outre- mer »
Les Com: «collectivités d'outre-mer »
La métropole: « La France métropolitaine et la France d'outre -mer »
Les DROM-COM sont les nouveaux noms des DOM-TOM
La Guadeloupe
Le tout premier nom de la Guadeloupe était Karukera, ça voulait dire : Île aux belles eaux . Quand Christophe Colomb a découvert cette île lors de son deuxième voyage, il lui a donné le nom « La Santa Maria de la Guadeloupa» ensuite devenue Guadeloupe.
2-LES PAYS FRANCOPHONES
November 14 Chapitre 25 : 30 septembre – 25 octobre 2008 : Martinique, Dominique et Guadeloupe
Bonjour à tous ! Pour cette étape, où Amélie, une amie de Noirmoutier, était avec nous, nous vous proposons de lire son carnet de bord (après les photos). Amélie voyage depuis un an en Amérique du Sud (pour consulter son blog complet, cliquez sur http://estrelladelviaje.spaces.live.com), elle nous a rejoints à Grenade pendant près d'un mois. Nous sommes remontés ensemble en Martinique avec une petite escale aux Grenadines, avons vécu le cyclone Omar (mais aucun souci pour notre bateau), sommes partis en Dominique, puis retour en Guadeloupe avec un petit arrêt aux Saintes. Ci-après quelques photos, cette fois légendées, de cette étape... Plongée sous-marine en Martinique, près du port du Marin (Encore Merci à Mary et Michel grâce et avec qui nous avons pu faire cette plongée !) Le marché du port du Marin en Martinique. Parmi les fruits et légumes aux noms ensoleillés, nous avons mangé des maracujas, de la pomme cannelle, des christophines, de l'igname, de la goyave, du chou caraïbe... Nous attendions une bonne fenêtre météo pour monter en Dominique. Nous avons bien fait ! Le cyclone Omar a fait de nombreux dégâts surtout à St Barthélémy, St Martin, la Guadeloupe, mais aussi en Martinique. Ici, Pointe-à-Pitre, et la Pointe du Bout, tout près des Anses d'Arlets où nous étions venus nous abriter. Le ciel en mer... Grand ciel bleu, pluvieux pour la journée, seulement des grains, ou mêlant les deux et nous offrant le beau spectacle d'un arc-en-ciel ! Mandragore pris en photos sous toutes les coutures... On a déjà plein de photos, mais on ne s'en lasse pas, n'est-ce pas ! La vie à bord : nos lessives à la main qui sèchent ensuite sur les filiaires, les repas et apéros dans le cockpit, l'observation de la mer, et plein d'autres choses encore bien sûr ! Nos rencontres en voyage : Mary et Michel, Simone et Eric, Isabelle et Laurent au Marin en Martinique, Roger aux Anses d'Arlets (si vous y allez, allez déguster ses "jus de fruits frais fraichement pressés" de son petit resto devant le port !), Fabienne, Bernard et leurs deux enfants en Dominique... Paysages de Dominique : plages de sable fin, chutes d'eau, forêts tropicales, rivières... Balade en pirogue et petite baignade dans la rivière indienne en Dominique : La flore... Carnet de bord écrit par Amélie, 30 septembre - 25 octobre 2008, Grenade, Martinique, Dominique à bord de Mandragore... : Et enfin, me voici à bord de Mandragore, aventure tant rêvée ou je vais pouvoir enfin me forger le pied marin et alimenter, c'est sûr, de nouvelles passions amoureuses (avec la mer bien sur!)... je passerai les détails de mon arrivée fracassante où au lieu de retrouver l'équipage, je dormis dans un hôtel hors de prix, en face du mouillage du voilier ! Mais c'est bon, j'y suis ! et j'ai bien l'intention d'en profiter au maximum. Hélène et Laurent sont donc des amis de Noirmoutier, partis, eux aussi il y a un an, à la poursuite de leur rêve, le tour du monde en voilier ! magnifique non ? et quelle chance j'ai moi aussi de pouvoir les rejoindre a bord pour un mois de navigation dans les Caraïbes. Mandragore est un beau ketch de 15 mètres de long. Sa coque est en ferro-ciment, mélange donc de ces deux matières. ketch signifie un deux mâts, le plus court (mât d'artimon) placé à l'arrière. Lorsque le plus court est à l'avant (mât de misaine), c'est une goélette (eh oui j'ai appris le voc marin maintenant! j'en aurais plein d'autres à vous sortir...). Il est vieux de 30 ans mais rigoureusement maintenu par notre équipage et parait toujours fringuant comme lors de ses premières sorties en mer (je suppose!). Un très beau voilier en tout cas, à la coque noire et fine, il taille la route dignement. Très spacieux, un beau carré, avec la cabine des capitaines à l'arrière tandis que les apprentis matelots dont je fais partie logent à l'avant. Ca défile d'ailleurs, il a du succès Mandragore ! Je suis en effet précédée par un couple d'amis de Laurent qui nous quitteront quelques jours après mon arrivée, et après moi c'est la maman de Laurent qui viendra profiter du fougueux voilier. Nous nous retrouvons donc tous à Grenade, belle île à la population noire parlant exclusivement anglais, tous très aimables et gentils. Nous n'y passons pas beaucoup de temps malheureusement car il faut ramener François et Circée à l'aéroport de Fort de France. Nous remontons tels des éclairs les Grenadines, faisant une halte dans une baie magnifique, où la mer des Caraïbes joue à narguer l'Océan Atlantique, à travers un mince filet de terre. C'est d'ailleurs cette soirée-là que François demandera la main de Circé... (wahooo). Nous repartons le lendemain pour une nav' de 14h jusqu'à Sainte Lucie, île anglaise juste en-dessous de la Martinique. C'est l'occasion pour moi de découvrir les magies de la navigation de nuit, d'autant que nous sommes gâtés, le ciel est dégagé et magnifique, et les étoiles brillent de milles feux. Bon, Laurent ne dira pas la même chose lui qui a veillé lorsque nous étions principalement au moteur et quand ça tapait beaucoup. J'ai eu de la chance, me réveillant à 4h du mat', le vent se levait juste. Hélène était déjà à son quart, nous avons pu ensemble rêver sous les étoiles aux bruits de l'eau sur la carène et du vent dans les voiles. J'ai peu de mots pour décrire ce que j'ai ressenti, mais ça y est, je me voyais déjà accro et grande navigatrice parcourant le monde sur son fidèle voilier ! même si la vaillante aventurière avait jusque là de sévères difficultés à être dans le bateau lorsque celui-ci avançait. Et oui, le pied marin ça s'apprivoise, ça vient pas comme ça quoi ! Il faut de la pratique, du souffle, un estomac bien accroché et de la mo-ti-va-tion! Un peu chaud au début, limite le mal de mer... Enfin, un magnifique souvenir que de tracer la route sous les étoiles. Tout est plus silencieux, plus important, prend une autre consistance et un autre mystère. C'est un temps privilégié, propice à l'introspection et aux pensées poétiques. Nous arrivons à Sainte Lucie après une aurore lumineuse, vite rattrapée par des amas de nuages pluvieux qui jouent à se poursuivre sur l'immensité de la mer, créant ça et là quelques arcs en ciel. Je fais la connaissance d'Eric et Simone, déjà amis de l'équipage que nous devons ramener jusqu'en Martinique. On a de la chance, c'est Friday Night, la nuit des sorties, repas sur le pouce en ville et bière à gogo dans les rues ! Et nous arrivons au port du Marin, trou à cyclone, le plus gros port de plaisance des petites Antilles, situé au sud de la Martinique. Simone et Eric nous quittent, et commencent une semaine tranquillette au mouillage en attendant de reprendre leur boulot de skipper et cuisinière sur des voiliers de charters. Un peu trop tranquille d'ailleurs, nous commençons à tourner en rond, mais sommes un peu coincés à cause des pluies fréquentes et de la menace d'une tempête tropicale pour la semaine prochaine. Notre prochaine étape est la Dominique mais cette île ne possède pas d'abri pour les voiliers, il est donc plus prudent d'attendre et savoir ce que devient cette fameuse tempête. Bien nous en prend car nous apprendrons que c'est un cyclone qui se prépare, Omar, le 15ème de l'année. Un autre couple d'amis, Mary et Michel, nous emmène généreusement plonger avec des bouteilles (ce sera mon baptême !) près du canal d'entrée au port, et l'expérience constitue aussi un souvenir fort de ce dernier mois. Quelle magie en effet que de pénétrer dans ce monde bleu et silencieux (enfin mis à part le bruit entêtant de notre respiration !!). Observer les poissons et leurs comportements, tous différents. Les petits noirs nerveux qui défendent jalousement leur morceau de caillou, ceux qui se déplacent en bande, dans un ballet silencieux et parfait, les solitaires, errants d'un récif à l'autre, les bleus phosphorescents, les rayés jaunes et noirs, les poissons clowns, les plats, les gris, les transparents, et les étoiles de mer !!! Grosses et parfaites, elles sont écrasées sur le sol et ne bougent pas. C'est comme un paysage à l'envers, la tête en bas, avec un fin miroir souple et transparent qui nous sépare du monde de l'air, miroir où se reflètent nos mains lorsqu'elles brassent pour nager. C'est beau, très beau, et très touchant. L'appareil photo ne pourra malheureusement pas retranscrire toute cette magie, mais quelle liberté le corps atteint lorsqu'il voltige ainsi en totale apesanteur dans cet élément magnifique qu'est l'eau, devenant souple et aérien, subtile et léger... Sûr que notre mémoire cellulaire est activement sollicitée lors de ces immersions dans cet élément premier et pré-natale. Enfin, j'adore, et j'en profite a fond. Mais la semaine est longue et nous commençons à nous ennuyer ferme de ce repos forcé, même si il est permet de mettre à jour blog et photos, c'est de l'action auquel nous rêvons nous, pauvres marins cloitrés au port ! Alors nous prenons la mer, malgré la pluie et le ciel gris. A t'on déjà prosé sur la poésie d'un jour de pluie sur la mer silencieuse ? Ce drôle de « cotonnement » dans l'air et sur l'eau ? non ? Avec raison parce qu’il n’y a pas grand chose à en dire. Arrêt à petite Anse, après 4h de nav' en remontant au nord, toujours en Martinique. Petite plage mignonette, barques de pêche de couleurs et bières au soleil. (J'ai retrouvé la Leffe, quel bonheur !). Nous traquons les tortues mais elles se refusent à notre regard, seul Laurent aura l'œil assez aiguisé pour apercevoir quelques têtes parfois, remontant à la surface pour venir y respirer. Il parait que ca va barder, nous avons la confirmation par la météo, que nous écoutons plusieurs fois par jour, que c'est un cyclone qui se prépare et qu'il passera sur St Martin, au nord de la Guadeloupe dans deux jours. Il faut trouver un mouillage sûr, d'autant qu'il est annoncé une houle de 2m sur les côtes Ouest des iles, là où tous les ports sont situés, du coté de la mer Caraïbes, là où rien n'est préparé... Mais Laurent, en marin aguerri, nous dégotte une baie du tonnerre de dieu, à l'abri de vent et marées. Et nous partons nous y abriter, serrant les fesses pour que Mandragore y soit bien protégé...
Il est intéressant d'observer un peu ce que met en cause le fait de poser les pieds sur un bateau (et y vivre quelques temps bien sur...). C'est un peu prendre conscience de sa place sur terre, d'une manière ou d'une autre, on est obligé de s'en informer. Calculer la position du bateau, les latitudes, longitudes, s'informer de la météo, observer les étoiles la nuit, la force du vent, les nuages qui s'accumulent à l'est, au-dessus des îles, le sens de la houle, sa force. Prendre conscience en quelque sorte de son environnement extérieur et naturel qui donne une foule d'indices sur ce qui se passe autour de nous. Plus encore sur un bateau, il s'agit d'anticiper. Mais cette relation à l'extérieur, à la nature, bien entendu nécessaire sur un bateau, nous montre aussi une voie d'observation et d'harmonisation avec notre environnement, acte dont nous sommes bien souvent coupés. C'est encore une fois, une question de regard. Petit résumé peut être de la leçon principale de cette année où il s'agissait d'ouvrir les yeux au monde, et de s'en émerveiller............................ la magie de la mer. Oui c'est sûr, c'est plus facile à dire lorsque l'on y passe quelques jours ou semaines et que l'on évite ainsi toute la maintenance du bateau, qui occupe plus ou moins 75% du temps du marin voyageur. Il faut en effet toucher à tout sur un bateau, non seulement la navigation, mais aussi savoir entretenir la mécanique du bateau, le guindeau de l'ancre, l'évacuation des eaux usées, les voiles, la coque, l'outillage de navigation tel que le gps, le pilote ou tout simplement le moteur. il faut être rigoureux et écrire à chaque déplacement du bateau un résumé sur le carnet de bord, sorte de boite noire du voilier. il faut aussi penser à l'énergie produite et consommée. Dans le cas de Mandragore, c'est le moteur qui produit tout. Laurent et Hélène n’ont pas d’éolienne, ni panneau solaire, seule un petit panneau qui maintient la charge, mais ne peut recharger les batteries. Ils comptent s’équiper sur Saint-Martin où les tarifs sont parait-il plus intéressants. Le navire est aujourd’hui indépendant en énergie, ce qui est très intéressant mais un minimum contraignant. Il faut aussi penser au ravitaillement en eau potable, en nourriture, en gasoil... C'est donc aussi une projection dans l'espace qui nous force à l'auto-gestion et à la responsabilisation de notre consommation. Un bateau, c'est donc une maison sur l'eau qui fait de vous un navigateur explorateur, un bricoleur, cuisinier et couturier ! Et le temps sur l'eau produit un drôle d'effet de retour à l'intérieur aussi, comme si l'élément liquide possédait réellement des qualités de connexion aux émotions, à des pensées rêveuses ou constructives. Même si le temps passe vite, une foule de choses se passe en nous alors que nous regardons le mouvement du voilier sur l'eau, les voiles qui se tendent sur le ciel... Le regard qui s'use parfois à scruter la mer à la recherche de ces dauphins tant attendus ! C'est fou d'ailleurs ce que l'esprit peut inventer comme visions folles lors de ces heures passées à rêver sur la crête des vagues… Je suis bercée par mes lectures, suis tour à tour exploratrice et navigatrice invétérée aux cotés de Moitessier dans « La Longue Route », puis vit au temps des grandes batailles navales et tremble sur le pont du trois mâts de « Bolitho », héros d’Alexender Kent, lorsque l'ennemi s'approche et que le combat devient inévitable. Ce voyage dans l'espace se transforme parfois en voyage dans le temps et double encore une fois d'une autre consistance cette expérience sur l'eau.
Retour sur nos aventures. nous avons donc trouvé un mouillage sûr pour Mandragore, et avons assisté, impuissants, aux déferlements des vagues sur la côte ouest de la Martinique, là où les ports de plaisance sont installés et où les pontons se sont faits dévastés. Tristesse de voir ces quelques bateaux balayés par la houle venir s'échouer sur le rivage, et en même temps, spectacle effrayant et captivant de la mer qui se déchaîne. C'était d'ailleurs curieux car il n'y avait pas du tout de vent alors que la mer à nos pieds vomissait tonnes d'embruns et déchets sous marins. Il a beaucoup plu ce jour là, et nous avions justement décidé de louer une voiture pour visiter le nord de la Martinique, que je ne connaissais toujours pas. Bon, la Martinique sous la pluie ne me laisse pas de souvenirs extraordinaires. Nous décidons au retour de passer à Fort-de-France, sa capitale. Il est 18 heures et la ville est déserte, pas un chat, ni souris d'ailleurs. Quelle déception, nous qui voulions danser ! Le hasard de nos pas nous conduit au front de mer, et là un spectacle magnifique nous attend. Le remblai, espace mangé sur la mer, a été agrandi peu de temps auparavant, et une zone de 5 mètres de large borde l'accès à la mer sur laquelle des bouches d'aération sont plantées tout les 3 mètres. Dessous c'est la mer. Elle s'énerve de plus en plus d'ailleurs, et nous envoie son mépris par de puissantes vagues. Il fait nuit et l'effet est d'autant plus saisissant, car les trous percés dans le sol, avec la pression des vagues qui se jettent contre le rivage, nous permettent en quelques sortes d'écouter la voix de la mer. C'est une sorte de respiration, rythmée par le va et vient de la houle, parfois des plaintes aigues ou lugubres, mais toujours une voix qui semble venue d'ailleurs, de très très loin. Nous sommes nombreux à assister à ce spectacle et à le commenter, car il est rare et d'importance en effet ! Nous assistons, émerveillés, à une symphonie de voix et de trompettes venues directement des profondeurs des océans. Une vraie cathédrale d'eau. Moments magiques d'osmose avec l'élément liquide, concert de tempête, aspirations, expirations, éclaboussures et mugissements.......... et la tempête finit par passer. Et nous reprenons la mer, enfin! La Dominique est en face de nous, à une journée de mer. la navigation est excellente, le soleil clair et brillant et le vent souffle bien, même si un bateau nous fait l'affront de nous doubler. Il doit être plus léger, sûr, ou peut être au moteur qui sait... Ces skippers payés par les agences ne regardent pas aux dépenses en gasoil, c'est bien connu (!...)… Combien d'heures passées à regarder la mer ? A rêver, s'envoler, s'imbiber de ce paysage mouvant où les nuages répondent à la mer et changent constamment de formes. Deux ailerons passent à quelques mètres mais ne daignent pas s'approcher… Tant pis, la rencontre avec ces cétacés sera pour une prochaine fois… Nous passons deux jours et trois nuits en Dominique, où il nous est bien difficile de trouver un ponton encore entier (on en trouve pas d'ailleurs). La Dominique est donc située entre la Martinique, au sud, et la Guadeloupe au nord. Elle se sent un peu laissée pour compte avec ses voisins bien développés qui bénéficient d'une aide extérieure française. Elle a peu de plages, et se dresse tout de suite en hautes montagnes alors qu'à 50 mètres du rivage, les fonds sont déjà à 200 mètres (plus ou moins). Très tropicale, elle est couverte d'une végétation touffue et luxuriante de forêt tropicale et 365 cours d'eau la parcourent. Encore protégée du tourisme de masse, ses espaces sont vierges, la population, black, parle anglais et on y trouve beaucoup de rastas à l'accent traînant. Peu de passages, donc beaucoup d'empressements de la part des locaux qui nous nous courent après pour nous faire visiter l'ile et que nous usions de leurs services plutôt que ceux du voisin. Nous nous retrouvons le premier soir à manger dehors, près du feu, un risotto fort goûtu, cuisiné par deux rastas défoncés, mais sympathiques. Le lendemain, on craque pour un tour à 80 euros la journée pour nous trois (gloup, quand même !), et partons à la découverte de l'ile. Le guide très sympa, nous fait la totale et zélé, s'arrête même plusieurs fois sur le bord de la route pour nous faire découvrir telle ou telle plante. C'est beau la Dominique, et sauvage en plus. C'est comme un bout de forêt planté sur l'eau, avec des hauteurs au milieu en plus. Retour au bateau, baignade, repos. Le lendemain, nous allons faire un tour à la Rivière Indienne, appelée ainsi parce que les indiens caraibes y vivaient et péchaient je suppose. Guidés par Friday, connaissance d'Hélène, le tour est sympa et ponctué de rires. C'est amusant d'ailleurs de constater les noms employés sur cette île, un certain manque d'imagination peut être ? Déjà que la Dominique s'appelle ainsi parce qu'elle fut découverte un jour dominicale... La dernière soirée, nous rencontrons un couple de français exilés par ici, et ils nous invitent à aller manger et se doucher chez eux. Sympa! après un petit déjeuner à l'aube avec la petite famille venue nous visiter, nous faisons cap vers les Saintes, premier archipel dépendant de la Guadeloupe. Mouillage très prisé parait-il des plaisanciers des Antilles, le lieu est en effet agréable avec son petit port, ses pêcheurs et son ambiance nonchalante. Nous partons à la découverte de ses plages et le temps défile sans que l'on puisse l'arrêter. Nous sommes le 22 octobre, et la maman de Laurent arrive dans deux jours. C'est déjà la fin de mon séjour sur Mandragore, et il a un goût de trop peu ! Une dernière navigation ensemble, sous un soleil radieux qui finit bien proprement de m'imprimer des marques sévères de maillot, sur ma peau qui semble ainsi me rappeler le temps passé ici sur l'eau. La dernière soirée tombe à l'eau (nous voulions sortir) car le moteur de l'annexe ne marche plus et nous sommes trop loin de la côte. Qu'à cela ne tienne, les étoiles nous tiennent compagnie, nous parlant de milles histoires et légendes, scintillant d'une lumière particulière pour ce dernier soir sur l'eau… Le temps d’une visite à Pointe à Pitre, quelques pas de repérages sur la terre, Laurent et Hélène sont déjà partis de leur côté et moi du mien, avec Alex, qui sera mon hôte pendant quelques jours... et seule de nouveau... Je profite savoureusement de mes derniers moments sur les plages paradisiaques de la Guadeloupe, méditant sur les beaux souvenirs de ce formidable voyage.......................... Seule, de nouveau, mais avec de nombreuses pages blanches, qu'il m'appartient de remplir, de la forme qu'il me plaira ! November 06 Mail envoyé le 6 novembre 2008Bonjour !
En attendant la mise en ligne du carnet de bord de Martinique-Dominique-Les Saintes, grosses bises à tous d'Antigua, une ile au nord de la Guadeloupe (anciennement anglaise et indépendante depuis un peu plus de 20 ans). Nous rejoignons demain la Guadeloupe, et visiterons plus particulièrement Basse Terre, l'aile gauche du "papillon guadeloupéen".
A bientot !
Laurent et Helene |
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