Hélène's profileLe voyage de Mandragore ...PhotosBlogListsMore ![]() | Help |
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October 30 Chapitre 10 : 16 octobre – 30 octobre : Panne de pilote, et escale sur l’archipel de MadèreMardi 16 octobre. Le baromètre se maintient à 1020 hp. Cap au 230° direction Madère, plus précisément Porto Santo. 480 miles, soit environ 4 jours et 4 nuits de navigation. Pour cette première journée, une heure de guitare et d’accordéon sur Tri Martelo, une délicieuse tarte suisse que nous a préparée Laurent, et une longue partie d’échecs jusqu’au coucher du soleil. Il fallait en effet en profiter, car la suite ne nous permettra pas de pareils moments de détente. Dans la nuit, vers 3 heures et demie alors que nous changeons de quart et prenons deux ris, le pilote automatique ne fonctionne plus… N’a-t-il pas aimé l’empannage ? La soudure a-t-elle lâché ? Avec le vent et la houle, il est trop dangereux d’aller vérifier dès cette nuit dans le poste arrière. Nous y regarderons de plus près demain. Mais, maintenant que nous n’avons ni régulateur d’allure, ni pilote, il va nous falloir barrer constamment. Les heures de quarts sont plus fatigantes, il faut rester sans cesse concentré, et surtout on ne peut pas bouger de son poste pendant plusieurs heures, le temps que son équipier se soit reposé et prenne la relève ! C’est d’ailleurs assez étrange d’être sur le même bateau, mais pourtant se voir à peine. Dans ces moments-là, les CDs de musique sur notre baladeur sont plus que bienvenus ! Je n’ai jamais écouté autant de musique d’affilée ! Néanmoins, il faut relativiser, cela n’a duré que 3 jours et 1/2, nous sommes en bonne santé et le bateau avance bien, c’est le principal ! Nous commençons et terminons notre navigation avec un vent constant de NE, force 5-6. Au portant, c’est impressionnant à regarder, surtout l’arrière, le bateau se soulève, la vague passe et continue sa course... Mais on se sent toujours autant en sécurité sur le bateau. Le jour se lève, Laurent va voir dans le coffre arrière, si le problème ne vient pas de la soudure. Non, tout est en place. En testant à nouveau le pilote, on s’aperçoit qu’il parvient à redresser son cap dans un sens, mais pas dans l’autre. La panne serait donc interne. Il faudra le réparer ou en trouver un autre sur une prochaine escale. Nous aurons finalement beaucoup de chance, nous pourrons le réparer dès notre arrivée à Funchal quelques jours plus tard grâce aux talents d’un électronicien exerçant tout près de la marina. Nous lui démontons le pilote, lui laissons à son magasin le matin, le soir-même il est réparé. Il s’agissait d’une plaque de composants qui avait grillé. Lors de notre dernière navigation, nous avions eu le plaisir de voir jouer autour du bateau des dauphins de nuit, cette fois-ci, ils viennent nous rendre visite au coucher du soleil, puis à nouveau le lendemain après-midi et le surlendemain juste avant notre arrivée à Porto ! Mais on ne se lasse toujours pas du spectacle ! Nous parvenons à bien les filmer. Pour les photos, ça va trop vite, elles ne rendent malheureusement pas bien.
Nous atteignons les côtes de Porto Santo samedi après-midi, une île en plein océan atlantique à 500 kms environ au large des côtes du Maroc. Depuis Cascais, nous totalisons une route de 530 miles sur les 470 de la route orthodromique. En effet, étant le plus souvent pile en vent arrière, nous avons dû tirer plusieurs bords de largue. Nous n’avons pas de pavillon portugais à bord. Or la règle veut que tout voilier entrant dans un port hisse, outre le pavillon de son pays d’origine, mais aussi en signe de courtoisie le drapeau du pays qui l’accueille. Et bien, nous allons en fabriquer un… Qu’avons-nous à bord ? Allez zouh, deux morceaux de tissus destinés initialement à faire des sacs, un gros rouge, un plus petit vert, une couture reliant les deux morceaux avec la machine à coudre manuelle de Mamyvonne ! Tant pis pour le dessin jaune censé être au milieu, nos amis portugais nous excuseront, c’est l’intention qui compte ! Et voilà ! merci Mamie, impeccable ta machine ! Nous nous posons d’abord au mouillage peu avant l’entrée du port. Nous nous attendions à des paysages verdoyants, mais se dressent devant nous des montagnes désertiques, à peine quelques arbustes, plutôt des cactus, un panorama lunaire ! Nous découvrirons par la suite que l’archipel de Madère doit sa réputation d’île fleurie non pas de Porto Santo mais de sa grande sœur, l’île principale, à 40 miles au sud, le paradis des randonneurs… C’est étonnant de voir de telles différences entre deux îles si proches. Elles sont pourtant toutes deux d’origine volcanique, de la même époque à peu près, soit 35 millions d’années, mais la végétation de l’une est aussi clairsemée que l’autre n’est luxuriante, la population de l’une est aussi réduite et concentrée que l’autre n’est dense et répartie sur toute l’île, même si bien sûr la capitale Funchal concentre indubitablement une grosse partie des habitants. Le vent souffle fort, le mouillage n’est pas très confortable. Après nos quatre jours de mer, et une première nuit houleuse au mouillage, nous préférons rejoindre le port le lendemain. L’accueil y est chaleureux, d’autres propriétaires de voiliers de voyage, français, anglais, sont en escale. Ce ne sont pas les mains qui manquent pour attraper nos amarres sur le quai ! L’enregistrement à la capitainerie puis aux douanes durent comme d’habitude trois plombes, le personnel n’a pas l’air d’être débordé ! Le long du quai, il est étonnant de voir les peintures à perte de vue de centaines et centaines de voiliers de voyage passés par le port. La tradition veut que chacun y peigne selon son inspiration et ses talents picturaux son logo, en y ajoutant le nom du voilier, l’année, le pays d’origine et éventuellement l’équipage à bord. Certains dessins sont vraiment magnifiques ! Cette tradition se répercute dans de nombreux ports. C’est ainsi que nous retrouverons un peu plus loin le logo de Fleur de Lampaul passé par le port de Funchal ! Après-midi, lessive sur le quai, nettoyage du bateau, petit tour en ville, et qui retrouvons-nous à la terrasse d’un café ! Christian et Franck du voilier « Adaggio » dont nous avions fait la connaissance au port de la Corogne. La suite du voyage vous révélera que nous les retrouverons à nouveau sur Funchal, et qui sait peut-être rdv aux Canaries ! Le monde de la mer est finalement petit ! Nous sommes à présent prêts pour louer une mobylette et nous lancer lundi matin dans le tour de l’île. Temps superbe, le soleil et la chaleur font désormais partie de nos compagnons quotidiens. L’île de Porto a connu un fort développement surtout depuis ces vingt dernières années, avec la construction de son port et de son aéroport. On le remarque d’ailleurs bien par l’aspect neuf des maisons, et nombreuses sont celles en construction. En poursuivant notre petite virée, nous tombons sur une parcelle verte au fond d’une vallée. Oui, il s’agit bien d’un golfe construit au beau milieu d’un paysage très sec, c’en est presque écœurant lorsqu’on s’imagine la quantité d’irrigation nécessaire pour atteindre un tel résultat. Le climat y est à peu près constant toute l’année entre 16 et 29 degrés. Comme la plupart des îles, sa géologie est très dissemblable d’un versant à l’autre. Aux falaises abruptes de la côte Est dues à la rudesse des vents et de la mer, lui répond une côte Ouest plus paisible, réputée notamment pour sa belle plage de sable fin. Nous achevons notre découverte de l’île par un trek le jour suivant jusqu’au sommet du Pico de Castello à 560m d’altitude. Belle balade et cette fois entourée d’arbres. Ce pic porte son nom de par sa forme bien régulière, on croirait une montagne dessinée par un enfant ! Elle permettait à ses habitants de se réfugier lors des attaques portugaises, et tel d’un château-fort surveiller de toutes parts l’arrivée des assaillants. C’est aussi sur Porto Santo, que navigua Christophe Colomb en 1478. Il s’y est, parait-il, arrêté initialement pour y acheter du sucre, mais y rencontra et épousa la fille du gouverneur de Porto Santo ! On raconte aussi que c'est ici qu'il eut l'idée d'entreprendre son voyage en 1492.
Mercredi 24, nous reprenons la mer pour rejoindre la capitale sur l’autre île, Funchal, une petite journée de navigation tranquille sous le soleil…
15 h 00, notre première vue sur l’île de Madère est si différente de Porto, des maisons à perte de vue, autant dans la vallée qu’en haut des montagnes, et surtout beaucoup de végétation ! D’ailleurs, lorsque les colons portugais la découvrirent en 1418, ils l’appelèrent « Ilha de Madeira », l’île boisée. Après des siècles de domination principalement portugaise, Madère reçut le statut de territoire autonome en 1974, et rejoint l’Union Européenne en même temps que le Portugal en 1986. Aujourd’hui, environ 270.000 habitants vivent sur une surface de 741kms². Lors de nos randonnées sur l’île, nous avons surtout rencontré des allemands ! Pourquoi n’en parle-t-on pas davantage dans les agences de voyage françaises ? Cette ile en vaut vraiment la peine, non pas pour ses plages, il n’y en a aucune -sur ses 150 kms de côtes rocheuses, 80% sont des falaises !- mais pour ses variées et superbes opportunités de randonnées qu’offrent les levadas. Les levadas sont des canaux d'irrigation de 10 à 40 cm de large, qui permettent d'acheminer l'eau des versants nord jusqu'aux cultures en terrasses (vignes, bananiers, pommes de terre...) situées au sud de l'île. Ainsi 2150 km de canaux ont été construits au fil des siècles, à flanc de montagne. Comme sur Porto Santo, nous louons une mobylette pour découvrir l’île tout en étant autonome. Finalement on se rend vite compte que le réseau des bus est très bien desservi, il faut juste ne pas s’étonner de retards en demi-heure ou plus… Sur les quatre jours successifs de randos dans l’île que nous avons faits, nous avons tous les deux préféré le premier et dernier jour, la première pour sa végétation luxuriante, sa brume donnant un côté mystérieux à notre parcours, la dernière pour ses précipices, ses tunnels, ses chutes d’eau… En un mot, superbe ! Dans laquelle préférez-vous que nous vous emmenions ? La dernière, celle de la Ponta Da Sol ? Après une bonne heure de bus depuis le centre de Funchal, descendez à Ponta da Sol, l’arrêt Levada Nova. Ne faites pas comme nous, n’attendez-pas d’être tout en bas du village pour descendre du bus, il vous faudra tout remonter ensuite… soit une petite heure de marche bien abrupte… Rejoignons le manoir Solar dos Esmeraldos, c’est d’ici que part notre trek. Nous suivons le canal du levada en sens inverse en marchant sur un muret de 30cms de largeur environ. Nous traversons d’abord des champs de canne à sucre, puis longeons la falaise sur notre droite alors que les paysages sur le flanc gauche de la vallée se dégagent de plus en plus loin et profondément. C’est ici qu’il ne vaut mieux pas avoir le vertige… Le ciel bien dégagé nous permet d’admirer la vallée jusqu’à la mer. Après ¾ d’heure de marche sur la levada, nous arrivons à un tunnel. Munissez-vous de votre lampe torche, la sortie et la lumière du jour apparaitront peu à peu, dans 200 mètres. En marchant légèrement penché, et de manière attentionnée, on peut aisément rejoindre l’autre côté sans se mouiller. Mais c’est maintenant qu’on se mouille ! Devant nous, une chute d’eau a creusé une large dépression dans le roc et se jette d’une manière spectaculaire et à grand bruit sur le muret de la levada. Le seul moyen d’échapper à la douche est de passer dessous le plus près du rocher. Continuons de longer la levada Nova jusqu’à rejoindre sa source. Vous avez alors bien mérité une petite pause ! Reprenons la marche. Descendons le sentier modeste et extrêmement raide vers la Levada do Moinho, passant parallèlement à côté du lit du fleuve. Nous retrouvons des sentiers parfois mouillés et glissants, des passages escarpés et vertigineux, mais la levada récemment entretenue offre un retour plus sécurisant. Après 1h et demie de marche, nous retrouvons la chapelle et le manoir du point de départ. Ca vous a plu ? On s’en fait une autre demain ?
Quant à la ville, il fait vraiment bon s’y balader, elle respire la jeunesse, la vie, son centre-ville est très agréable. Comme à Lisbonne et à Porto, les trottoirs sont faits de pavés noirs et blancs joliment disposés. Les gens y sont accueillants. Je repense notamment à Gloria, cette femme très sympathique et serviable dans le bus. Les décorations de Noël sont déjà installées. Madère est d’ailleurs réputée pour son feu d’artifice de la St Sylvestre, et attire à cette époque de nombreux bateaux de croisière. Avant de repartir, vous ne pouvez occulter la visite du marché aux fruits et légumes. Je vous propose que nous y allions ensemble de suite. Nous avons besoin d’y faire notre avitaillement pour notre prochain départ en mer demain, direction les Canaries… October 23 Chapitre 9 : 9 octobre – 15 octobre : Dernières escales sur le continent européen…
Depuis notre dernière mise à jour du blog, reprenons le carnet de bord… Finalement, suite au remorquage de « Loco », le voilier des français de Vannes, nous sommes restés deux jours de plus à la Corogne. L’équipage de « Loco » rejoindra la France quelques jours plus tard, son propriétaire François reviendra dans un mois terminer la remontée du bateau jusqu’à Vannes, son port d’attache. Nous faisons également la connaissance de quatre compères Franck, René, Christian et Michel. Ils réparent les toilettes de bord de leur voilier (c’est une réparation fréquente en mer !!) avant de descendre comme nous sur Madère, puis les Canaries. Mardi 9 octobre, nous larguons les amarres du port de la Corogne en milieu de matinée, direction Lisbonne. Comme pour la descente du Golfe de Gascogne, trois jours et trois nuits de navigation nous attendent. De quatre personnes, nous ne serons cette fois plus que deux à se relayer pour assurer les quarts de nuit. Nos heures de sommeil seront certes plus limitées, mais ces quarts nous laissent le temps d’apprécier des instants privilégiés avec cet élément puissant et fascinant qu’est la Mer… Moments magiques, plaisirs simples et pourtant intenses. C’est par exemple le plaisir chaque nuit renouvelé de lire le ciel étoilé, y reconnaître ici le pied d’Hercule posé sur la constellation du Dragon, en continuant plus à droite le long cou du Cygne, puis les ailes déployées de l’Aigle… J’ai d’ailleurs entrepris une partie de mes quarts de nuit à écrire, à l’aide de mon guide sur les étoiles et de mes observations, ma propre visite guidée du ciel, comment les retrouver dans le ciel, pourquoi portent-elles ce nom, à quoi font-elles référence dans la mythologie grecque. Vaste programme, mais fort intéressant. Au cours de ces nuits de quarts, nous avons également eu, et ce à plusieurs reprises, l’agréable visite d’un groupe d’une dizaine de dauphins jouant et sautant autour du bateau pendant plusieurs heures ! Il est bien évidemment difficile de décrire un tel spectacle. Mais fermez les yeux un instant… Ecoutez le bruit de la houle qui se fend dans l’étrave, le vent saisit vos oreilles, il fait pourtant pratiquement nuit noire, la lune en est à son dernier quart, et vos yeux sont hypnotisés par ces lumières fluorescentes à la surface de l’eau, le plancton y est dense, puis tout à coup un premier dauphin, puis deux, puis trois, leurs allées et venues s’enchaînent, leurs formes sont bien distinctes, ils sont tout près de la coque, tout près du cockpit, comme s’ils venaient nous offrir le privilège d’admirer leur prestation aux premières loges ! On pourrait penser dommage que ce spectacle soit de nuit, nous pourrions mieux les voir de jour, les filmer, les photographier. Non, qu’importe, non seulement nous aurons sûrement l’occasion d’en rencontrer d’autres de jour sur une prochaine navigation, et ce spectacle nocturne offre à la mémoire un souvenir inégalable. Depuis notre départ, on ne peut pas dire qu’on ne mange pas bien à bord, nous n’avons pas ouvert une seule boîte de conserve. Avec un peu de temps, la cuisine en mer offre finalement plein de possibilités. Belles conditions de navigation, pour une distance de 380 miles, nous ferons une moyenne de près de 6 nœuds sans avoir besoin une seule fois du moteur ! avec des pointes jusqu’à 8 nœuds et demi ! Cette descente vers Lisbonne fut pour ma part également l’occasion d’une bonne leçon : faire attention à sa place dans le cockpit lorsque nous sommes en vent arrière ! Se prendre la baume ou le palan de grand-voile en pleine tête pendant un empannage intempestif peut faire très mal. C’est en effet ce qui m’est arrivé… Laurent m’avait pourtant prévenu… et puis… voilà, juste le temps de prendre une photo, je n’y pense plus, et vlan… Heureusement rien de grave, plus de peur que de mal, mes lunettes ont valsé, mais ont pu être récupérées à temps. Je m’en tire avec quelques bleus, et l’assurance de faire plus attention la prochaine fois.
Nous décidons de faire une pause d’une nuit au port de Figueira Da Foz. Cette escale nous rallonge à peine et nous offre le temps de se faire une bonne sieste, une douche, une ballade dans le centre-ville et une bonne nuit de sommeil. Pas grand-chose à Figueira le soir, les rues sont peu animées, mais on se souviendra de ce fameux magasin chinois, telle une caverne d’Ali Baba, où rien est classé dans les rayons, on y trouve quelques petites trouvailles parmi plein de choses qui ne servent à rien…
Lorsque nous repartons le lendemain matin, nous ne sommes plus qu’à 24h de navigation de Lisbonne. Bonnes conditions météo pour cette dernière journée et nuit en mer avant notre arrivée à Cascais, dans la banlieue ouest de Lisbonne. Nous n’avons besoin ni d’eau, ni d’électricité, nous préférons donc nous arrêter dans ce mouillage d’où Lisbonne est facile d’accès par le train, plutôt que de remonter le Tage et payer une place chère au port. Le mouillage est bien abrité et la vue sur la côte est superbe. En revanche, le centre-ville est un peu décevant, certes mignon avec ses petites rues aux pavés joliment disposés, mais on y sent une banlieue neuve et surtout très touristique.
Dimanche 14, nous passons la journée à nous balader dans les différents quartiers de Lisbonne, le centre et ses rues commerçantes, le Castelo médiéval de Sao Jorge, le quartier de Bairro Alto, le Musée Maritme, la Tour de Belem... Située à l’embouchure du Tage, la capitale portugaise, qui compte aujourd’hui plus de deux millions d’habitants, s’est principalement construite sur sept collines, ce qui explique ses nombreuses rues qui montent et descendent ! La pente de certaines est si raide, que les trottoirs prennent la forme d’escaliers, les voitures ne peuvent y circuler, seul le tram y a sa ligne. Les rues du centre en bordure du Tage sont toutes rectilignes, et parallèles. Détruite par une gigantesque inondation au XVIIIème siècle, ses habitants ont ainsi reconstruit la ville suite pour que ce type de drame ne se reproduise plus. Comme à chaque fois que nous entendons quelqu’un jouer de l’accordéon, nous nous arrêtons… La manière dont ce jeune garçon demande l’offrande aux passants est amusante, ou disons plutôt commerciale ! Il ne se contente pas de poser une petite boîte pour recevoir la monnaie. Son chien de la taille d’une brique de lait se charge de porter le panier et attend les clients, mais à chaque fois qu’on y glisse une pièce, trop petit peut-être ou plutôt surpris, il laisse tomber le panier ! Le midi, nous flânons dans le quartier de Bairro Alto, censé être le quartier branché de la ville, mais à l’heure où nous passons, nous y découvrons davantage de petites rues paisibles aux murs colorés. A la nuit tombée les établissements qui les bordent se transforment en discothèques et restos peuplés d'une faune animée jusqu’au petit matin, parait-il ! Nous nous arrêtons dans ce quartier manger dans un petit resto, assez étonnant… Tenu par deux messieurs visiblement en âge d’être à la retraite, on a plus l’impression de les déranger lorsqu’ils nous avouent que le resto est bien ouvert. Mais surtout, leur déco, des portraits de Madone, des tableaux sombres, des oiseaux empaillés… Pour un restaurant, c’est un choix assez bizarre, n’est-ce pas ! Nous poursuivons par la visite du Musée maritime, connu pour être l’un des plus complets au Monde. Ses maquettes y sont en effet superbes, mais nous nous attendions à y apprendre plus de choses. En revanche, nous vous recommandons vivement le planétarium juste à côté si vous avez la chance de tomber au moment de la présentation des découvertes du satellite Hubble. Planètes, étoiles, c’est étonnant tout ce que ce satellite a permis à la science de découvrir depuis sa mise sur orbite en 1998 ! Par contre de l’autre côté de la rue, la vidéo présentant Lisbonne est vraiment éviter. A part le chouette panorama sur tout Lisbonne depuis ce bâtiment, ce film est purement et simplement un film de propagande ! Nous achevons notre escapade par la fameuse Tour de Belem, classée aujourd’hui Patrimoine mondial de l’UNESCO. Autrefois un faubourg et un avant-port, les caravelles aux temps des grandes découvertes coloniales du XV et XVIème siècle partaient principalement de ce quartier. Nous rentrons à Cascais, où est mouillé notre bateau, bien fatigués, mais surtout ravis de tout ce que nous avons pu découvrir aujourd’hui ! Nous consacrerons la journée du lendemain à se promener un peu dans Cascais, préparer le bateau, et compléter l’avitaillement en fruits et légumes frais, avant de reprendre la mer pour 4 jours et 4 nuits de navigation, direction l’archipel de Madère...
Nous sommes depuis 4 jours sur l’île de Porto Santo, l’île le plus au nord de l’archipel de Madère. Je n’ai malheureusement pas le temps d’écrire la suite du carnet de bord, et celui-ci est déjà bien long !! Il vaudrait mieux écrire moins et plus souvent, mais malheureusement tant que la BLU ne veut pas fonctionner, nous dépendons des connexions internet sur notre parcours. Dans le prochain épisode, nous vous relaterons aussi notre navigation entre Lisbonne et l’île de Porto Santo, nos bonheurs et nos ennuis, notamment la panne du pilote automatique… Nous étions déjà en panne de régulateur dans le Golfe de Gascogne, nous voilà donc contraints à barrer 24 heures sur 24 ! Enfin, ce n’est pas si grave, on se porte bien, c’est le principal, et nous espérons pouvoir réparer le pilote sur l’île principale de Madère à Funchal, au pire ce sera aux Canaries. Nous y attendons aussi le nouveau safran du régulateur d’allure. A bientôt ! October 08 Chapitre 8 : 21 juillet – 07 octobre : Réparations à Noirmoutier et nouveau départ, Trans-GascogneUn peu plus de deux mois se sont écoulés depuis la perte de notre arbre d’hélice dans le Golfe de Gascogne… Deux mois bien occupés à Noirmoutier, entre les réparations du moteur, un mois de travail pour ma part à la Chaloupe dans le cadre des Régates du Bois de la Chaise, quinze jours de vacances superbes en Corse avec Circé et François, mais aussi contretemps moins agréable… pour tous les deux un séjour à l’hôpital d’une semaine début octobre, à cause d’une méningite pour Laurent et d’une ponction lombaire qui s’est mal terminée pour ma part.
Samedi 30 septembre, le bateau et les hommes sont à présent fin prêts, nous profitons de la grande marée de ce week-end pour quitter le port de Noirmoutier. Le cotre corsaire de la Chaloupe nous accompagne dans la baie. Cette fois-ci, le soleil est avec nous ! Nous étions partis sous la grisaille les fois précédentes, c’est donc un bon signe me direz-vous ! Gageons qu’il soit porteur d’une suite de voyage à l’image de cette journée. En attendant la bonne fenêtre météo pour traverser le Golfe, nous rejoignons le port de l’Herbaudière, et profitons de ces quelques jours pour faire des essais dans la baie de Bourgneuf avant le grand saut.
Mardi 2 octobre, la météo annonce des vents un peu faiblards mais dans la bonne direction pendant plusieurs jours. Daphné et Guillaume, un couple d’amis de Noirmoutier, sont dispos cette semaine pour rejoindre notre bord et faire la descente du Golfe avec nous. C’est parti ! Outre la convivialité à bord, naviguer à quatre nous permettra d’effectuer des quarts plus reposants pendant la traversée. 76 heures nous furent nécessaires pour rejoindre la côte espagnole. 380 miles sur trois jours de navigation, un vent variable mais toujours portant. On voit bien que Daphné et Guillaume ont déjà des miles de longues traversées derrière eux. Ambiance excellente à bord, chacun prend très vite ses marques, les quarts et les tâches s’organisent naturellement. Compétition de cuisine à bord, nous attribuons une mention spéciale pour les plats délicieux de Daphné… Presque toute notre traversée fut accompagnée de visiteurs assez incongrus, prenant très vite leurs aises à l’intérieur du bateau et très fidèles : deux petits oiseaux que nous avons prénommés tous deux « Kiki ». Ils sont malins ses Kikis, pour rejoindre les pays chauds, autant ne pas se fatiguer et s’offrir une petite croisière à bord d’un voilier ! La navigation s’est passée sans encombre, excepté la perte à nouveau mystérieuse d’une pièce de notre régulateur d’allure le rendant inutilisable (petit rappel pour les néophytes, il s’agit du pilote automatique fonctionnant avec la force du vent) !! Par vents de force 5, au grand largue, mercredi 3, 22h, nous étions situés en plein Golfe à égale distance de La Corogne, la Rochelle et Noirmoutier, le bateau est soudainement parti au lof. Laurent reprend la barre, mais ne parvient pas à redresser le bateau. Daphné et moi affalons l’artimon, Laurent demande à Guillaume de retourner régler le régulateur. On s’aperçoit alors que nous avons perdu le safran auxiliaire, sa mèche est fendue en deux. Nous n’avons rien heurté, nous étions tous les quatre sur le pont, s’il y avait eu choc ou accrochage, nous aurions entendu quelque chose ! Nous avons pourtant choisi ce qui est censé se faire de mieux sur le marché ! Après la perte du pignon conique en juin dernier, on ne peut accepter ce deuxième défaut de la part du constructeur. Son matériel n’est pas au point, nous l’appellerons demain à notre arrivée à la Corogne. Finalement, celui-ci reconnaîtra ses torts. Un autre bateau à qui il a vendu le même régulateur vient de subir la même avarie. Des modifications censées perfectionner le régulateur ont finalement affaibli la solidité de la structure. Il nous promet de nous renvoyer un nouveau safran auxiliaire d’ici un mois aux Canaries.
Vendredi 5 octobre, 15h, première escale à la Corogne, non loin du Cap Finisterre. Nous devions être tout de même bien fatigués, notre sieste prévue d’une heure et demie avant d’aller boire un verre dans le centre-ville s’est transformée par une grosse nuit de sommeil de 19h à 9h le lendemain matin non stop ! Eh si ! Samedi 6 octobre, renfort du génois, rangement du bateau, plein d’eau et de gasoil, lessive, toutes ces petites choses… avant de se promener dans le centre de la Corogne. Dégustation de tapas, et balade dans les rues animées jusqu’à la nuit tombée. De retour au bateau, nous ne manquons pas de fêter l’anniversaire de Guillaume, champagne et bougies d’anniversaire sur un moelleux au chocolat pour fêter l’événement (mmh, toujours aussi délicieuse ta recette, Nicole !!). Après une soirée pleine d’éclats de rire et de bonne humeur, c’est à regret que nous nous quittons le lendemain midi. Daphné et Guillaume ont deux jours pour rejoindre Noirmoutier et Paris en stop.
De notre côté, nous quittons le port de la Corogne, direction Lisbonne ou Madère, soit 3 ou 7 jours de navigation. Nous adapterons nos escales en fonction des vents. Mais après deux petites heures de navigation, changement de programme, je crois entendre quelqu’un siffler sur un voilier rouge au loin. Ai-je mal entendu ou l’équipage nous appelle à l’aide ? Nous rentrons vite en contact avec eux par la VHF et nous approchons. Ils reviennent des Canaries, après avoir essuyé une grosse tempête et de grosses frayeurs, le vent est complètement tombé depuis trois jours, ils sont en panne de moteur et ne peuvent parcourir la dizaine de miles qui les sépare de la Corogne. Tant pis pour Lisbonne, nous repartirons demain, c’est important de savoir se rendre service en mer. Il n’y a pas si longtemps, nous étions nous-mêmes bien contents que le bateau des Affaires Maritimes prenne du temps pour détourner sa route et nous apporter de l’aide. Nous les remorquons et ramenons « Loco », un voilier Vulcain Acier de 10m, et son équipage jusqu’au port. Une fois amarrés, c’est l’occasion de rencontrer François, Fatya, et François, trois français de Vannes et Paris, qui ramenaient leur bateau des Canaries en France après un trajet aller l’année passée. Apéro à bord, et vous imaginez mon agréable surprise lorsque je vis François sortir son accordéon diatonique… j’ai encore beaucoup de progrès à faire, mais je ne pouvais évidemment pas résister au plaisir de sortir le mien… |
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