Hélène's profileLe voyage de Mandragore ...PhotosBlogListsMore Tools Help

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    January 31

    Mail envoyé le 30 janvier 2009 : Demain, nous passons Panama

    On passe le canal demain, samedi 31 janvier, direction le Pacifique. Une grande étape pour nous... Ensuite Nicaragua en sac à dos. Retour au bateau, carénage, préparation du bateau, peut-être un petit détour par l'Ecuador, puis direction les îles Marquises, un mois de navigation environ, et la Polynésie courant mars. Bises à tous ! A bientôt !
    Laurent et Hélène
    January 30

    Mail envoyé le 16 janvier 2009 : Bonjour à tous et tous nos voeux de Bonne Année !

     
              Après 5 jours de navigation plutôt raide depuis notre départ de Cuba, on vient d’arriver sur l’île bien nommée « Providencia » ! une île colombienne au large du Nicaragua, à 400 Kms au nord du canal de Panama. Cette pause de quelques jours est bienvenue, le temps de récupérer un peu de sommeil et recoudre une partie de notre génois qui a souffert. Dans quelques jours, nous reprendrons la mer direction l’archipel des San Blas et le canal de Panama…

     

    L’île Providencia dispose d’un accès internet qui nous permet de mettre à jour une partie de notre blog (on avait du retard... presque deux mois...), mais seulement le texte, la connexion est trop lente pour les photos... Nous les mettrons en ligne une prochaine fois, sùrement à Panama. Sont nouveaux les récits de notre périple sur St Barthélémy, St Martin, les îles Vierges, Haïti, et Cuba (chapitres 27, 28 et 29). De plus, en annexe du chapitre 28, l’échange réalisé entre la classe de Noirmoutier qui nous suit et une classe d’Haïti.

     

      Bises à tous ! Merci pour vos messages et vos vœux. A vous aussi, encore tous nos vœux de bonne année. Avec nos difficultes d'acces internet sur Cuba et cette dernière navigation difficile, nous n’avons pas eu le temps de répondre à chacun, mais ce sera fait bientôt ! (Nous écrire en priorité sur notre boite mail à bord du bateau / En copie nos adresses habituelles pour les pièces jointes). A bientòt !

     

     Laurent et Hélène

    January 17

    Chapitre 29 : 12 décembre 2008 – 09 janvier 2009, Cuba

    Cuba... Cuba…

     

    Si je vous dis Cuba… quels premiers mots vous viennent à l’esprit ? Salsa, Castro, cigares, Che Gevara, voitures américaines, communisme… Cuba, c’est notamment ça, mais c’est tellement plus… C’est assez délicat de trouver les mots justes pour parler d’un pays si complexe et intéressant. Nous n’allons pas « vous raconter Cuba », mais vous faire partager ce que nous avons ressenti et appris au fil de ces dernières semaines, au fil de nos rencontres et discussions. Un pays qui se révèle aujourd’hui une des plus belles escales de notre année de voyage.

     

    Santiago de Cuba

     

     

    En arrivant sur Santiago de Cuba, nous craignions que les formalités d’entrée ne soient difficiles. Nous avions lu sur des récits de voyage prévenant qu’il fallait obtenir son visa à l’avance, que les autorités cubaines étaient pointilleuses. Finalement, tout s’est bien passé, même mieux que prévu. Nous arrivons d’Haïti après une quarantaine d’heures de navigation. A quelques miles de la marina Punta Gorda, nous entrons en contact avec la capitainerie sur le canal 16, qui nous dit de venir à quai. Se succèdent à bord une bonne dizaine de personnes, le capitaine du port, les douanes, l’immigration, les services anti-drogues et leurs chiens, les services sanitaires, vétérinaires… tous très chaleureux. L’une d’elles nous a même donné de l’argent pour prendre le bus qui nous permettra de nous rendre le lendemain en ville ! Seul point noir, toutes ces formalités cumulées pour entrer dans le pays, visas, permis de navigation, et autres taxes obligatoires, atteignent près de cent euros pour nous deux… plus chères que nos étapes antérieures. La capitainerie nous délivre un permis de navigation que nous devrons montrer et faire tamponner par les douanes à chaque escale. Nous ancrons une dizaine de mètres plus loin. Repos, avant d’aller chercher un nouvel équipier à bord… Quentin, un ami de Laurent, arrive demain pour une quinzaine de jours.

    Santiago de Cuba, premier contact avec une ville cubaine, premières bonnes impressions, musique dans les rues, mais aussi premiers étonnements, très peu de magasins, qui plus est souvent peu achalandés, même en plein centre-ville, des files d’attente interminables pour un magasin de vêtements ou une cafétéria, aucune publicité (ça fait du bien), seules quelques affiches en l’honneur de Fidel, ou annonçant le 50ème anniversaire de la Révolution cubaine. Les festivités auront lieu dans quelques jours, le 1er janvier, grand événement en perspective…

     

    Un avant et après Révolution, un avant et après Embargo

     

     

    Pour mieux comprendre Cuba aujourd’hui, quelques rappels historiques... En gros, deux dates importantes, avant et après 1958 (date de la Révolution), avant et après 1990 (date de l’embargo américain).

                Après une colonisation espagnole de quatre siècles, Cuba obtint son indépendance en 1902. Une grosse partie de sa production de sucre se vendait alors aux Etats-Unis. Les compagnies américaines détenaient aussi une bonne partie des terres et des ressources minérales. Dans les années 20, une mafia américaine, parmi eux le fameux Al Capone, commença à s’installer à la Havane et y développa un tourisme lucratif du sexe, des casinos... Rapidement la Havane devint une plaque tournante de la prostitution, de l’alcool, de la drogue. S’ajoutent à cela la crise de 29 et ses conséquences économiques. Le pays traverse une période noire, présidents corrompus, terreur ambiante. Fidel Castro, alors avocat, aidé de son frère Raul, et d’autres proches rebelles, ne voyaient pas d’autre solution que la force pour renverser le dictateur Batista. Les premières attaques eurent lieu en 1953, Castro fut emprisonné la même année, mais libéré deux ans plus tard. Réalisant que le Président Batista le libéra dans l’intention de l’assassiner une fois sorti de prison, Castro fuit à Mexico. Il y rencontra de nouvelles figures, prêtes à s’engager avec lui pour monter un nouveau plan, tel que Camilo Cienfuegos et le fameux Ernesto Che Gevara. Che Gevara est alors un jeune médecin argentin. Il revient d’un voyage en moto avec un ami à travers toute l’Amérique latine. Ce voyage fut pour lui une révélation, il décida de ne pas rentrer exercer sa profession en Argentine, mais d’engager sa vie auprès de grandes causes, auprès des peuples sud-américains opprimés par les dictatures. Au terme de nombreux efforts et d’un lourd tribut humain, Castro et ses armées rebelles finirent par gagner la révolution. Le 1er janvier 1959, Castro proclame la victoire. Batista s’enfuit du pays emportant avec lui 40 millions de dollars US des caisses du gouvernement. Le Che partira plus tard en Bolivie pour défendre d’autres causes révolutionnaires, mais rapidement se fera capturé et assassiné. Il demeure aujourd’hui une figure si emblématique ! Les posters, photos du Che sont partout… 

                  En parallèle la guerre froide s’installe. Castro instaure une politique communiste, nationalise le pétrole, l’électricité, tous les secteurs clés du pays, tenus jusqu’alors par des compagnies américaines. Le Président Eisenhower rétorque en diminuant puis supprimant l’exportation de sucre cubain aux Etats-Unis. Fidel riposte encore en remplaçant le dollar américain, monnaie utilisée par les touristes, par le peso convertible. En effet,  deux monnaies circulent aujourd’hui simultanément, les pesos cubains (monnaie nationale), et les CUC (pesos convertibles). Les relations avec l’Union Soviétique se solidifient, tandis que celles avec les Etats-Unis, deviennent de plus en plus tendues, au point que le gouvernement américain déclare en 1961 un embargo complet avec Cuba. Suit l’épisode de l’invasion de la Baie des Cochons par les américains et l’installation de missiles tournés vers les Etats-Unis par l’Union Soviétique. Finalement, tout rendre dans l’ordre, mais chacun reste sur ses gardes. Ce binôme Cuba-URSS fonctionne plutôt bien, les échanges commerciaux entre les deux pays communistes sont assez complémentaires, jusqu’à l’effondrement du régime soviétique en 1991.

                   Depuis l’embargo, et encore plus depuis l’effondrement du Bloc de l’Est, le système de rationnement est beaucoup plus dur qu’avant. Pas de vêtements, ni chaussures, par personne et par mois seulement un savon, une aile de poulet, dix œufs, un morceau de poisson tous les trois mois… Tout est réglementé et contrôlé. Chaque cubain se voit délivré un carnet avec des tickets de rationnement mensuel, carnet complété à chaque délivrance de produit, puis renvoyé au gouvernement. Comment font les cubains pour vivre dans un système pareil ? Comme ils disent il y a toujours une solution pour tout, et surtout il y a le marché noir ! Apres ces trois semaines à Cuba, on se rend compte que beaucoup de choses se troquent, s’achètent, se vendent, sous la table, entre amis ou voisins. Pour vivre correctement les cubains n’ont pas le choix, le salaire donné par l’Etat oscille en fonction des métiers entre 8 à 16 euros, mais il faut dire aussi que l’Etat prend en charge ce qu’il estime le minimum nécessaire, la nourriture, l’électricité, le logement… Par exemple pour l’électricité, une partie minimum est prise en charge par l’Etat. Si la famille n’a pas de matériel superflu dépensant de l’énergie, elle n’aura pas besoin d’ajouter à la note. De plus, l’accès à l’éducation et à la santé est gratuit pour tous. En somme, pour reprendre une expression de Dania, rencontrée à la Havane, « les riches sont moins riches, et les pauvres moins pauvres ». Certes ils ne peuvent s’offrir aucun extra, s’ils ont besoin de nourriture supplémentaire pour inviter des amis ou de la famille, s’ils veulent s’acheter une nouvelle paire de chaussures ou un tee-shirt, s’ils veulent acheter un livre, il faut qu’ils se débrouillent autrement, mais personne n’est à la rue. L’accès à l’information est également contrôlé. Internet, par exemple, est bien réglementé, les cyber pour cubains permettent seulement d’accéder à sa boite mail, qui plus est c’est très cher, et ceux que nous avons essayés ne permettaient ni d’accéder à skype, msn ou encore de mettre sa clé usb. Seuls les hôtels réservés aux touristes peuvent apparemment offrir de meilleurs accès.

    En théorie, les touristes sont censés utiliser seulement les CUC, mais rien n’empêche d’échanger dans les maisons de change ou dans les petites échoppes ses CUC en « moneda nacional ». Il y a vraiment deux échelles de prix, les pizzas que l’on peut acheter dans la rue à 20 centimes d’euros, les glaces 4 centimes, la bière au litre à 80 centimes, et les vêtements ou chaussures qui s’achètent quasiment au même prix qu’en Europe. Alors les gens se prêtent, et tout est de seconde main. Même les voitures d’ailleurs, aucun cubain ne peut acheter de voiture neuve, d ailleurs il n’y en a pas. Une grande partie des voitures en circulation sont encore des voitures américaines ramenées avant l’embargo. Elles sont superbes, et en tant que touriste en balade, elles apportent un superbe cachet à la ville ! Si pour sa profession, médecin, chauffeur de taxi… on a besoin d’une voiture, il faut faire une demande à l’Etat qui peut en fournir une, sous certaines conditions. L’Etat achète des voitures d’occasion avec quelques pays, on a notamment vu pas mal de Peugeot !

     

                Portillo, les îles du Jardin de la Reine

     

                                              

    15 décembre, nous quittons Santiago pour Portillo. Vingt-quatre heures de navigation, première partie agrémentée d’un bon vent d’est, puis vers minuit… plus rien, pétole jusqu’au lendemain ! Mais la patience est plus facile sous un beau ciel étoilé.

    Portillo… Il ne faut pas y chercher l’animation… pas un bateau dans la baie, ah si un, il s’est mis tellement loin qu’il doit avoir envie de rester tranquille, de la mangrove, un petit village, disons plutôt un hameau, et à quelques kilomètres un hôtel où les clients ne font certainement pas grand chose de plus que manger, boire un verre et le reste du temps se reposer sur la plage. Les douaniers sont censés venir à bord, nous attendons, personne… En fait, ils n’ont plus de barque pour le moment et nous attendent patiemment sur la plage. Cette escale d’une nuit fut bien paisible, marquée par la rencontre de Julia et Victor, une famille vivant dans une petite maison à l’entrée de la plage. Nous sortons de chez eux en nous disant qu’encore une fois la gentillesse cubaine est loin d’être légendaire...

    Nous continuons notre route vers l’ouest en direction des îles du Jardin de la Reine, parait-il superbes, à 150 miles de là. Plongée masque et tuba, baignades en eaux turquoises en perspective, mais Eole en aura décidé autrement… Trop de vent, 35 nœuds continuels, impossible de faire du rase-cailloux et de mouiller d’île en île dans ces conditions. Tant pis ! On poursuit !

     

    Trinidad

     

     

    Du coup, on arrive de nuit sur Trinidad, pour être plus juste Casilda, la ville voisine, il n’y a pas de port à Trinidad. Nous attendons à la cape que le jour se lève à l’entrée du chenal, un chenal long et délicat, avec peu d’eau voire pas assez à certains endroits, d’ailleurs on s’est échoué ! Alors que nous sommes en train de porter des ancres en annexe pour tenter de nous déséchouer, un bateau moteur sortant du port se propose de nous aider. Encore une fois, un accueil très gentil à la marina. On profite de pouvoir accéder à l’eau pour faire le plein des réservoirs et faire une bonne lessive à la main.

    Pour les allers-retours entre Casilda et Trinidad, il faut prendre un bus, un taxi ou faire du stop. Trinidad est classée Patrimoine de l’Humanité par l’UNESCO. Au regard du charme de ses rues pavées, de ses maisons colorées ou encore de ses superbes monuments datant du passé colonial, elle mérite effectivement bien son titre. La meilleure heure est en fin d’après-midi, peu avant le coucher du soleil, les couleurs sont à pleurer… 

    Trinidad est aussi la ville où nous passons Noël et le passage de la nouvelle année… Après un bon petit diner de réveillon à bord (Quentin a ramené du foie gras et du champagne de France !), nous rejoignons le centre de Trinidad. Les rues grouillent de musique et de gens dansant la salsa. On ne s’en lasse pas, superbes à écouter, et superbes à regarder… On pourra mettre en pratique nos premiers cours ! Oui, c’est notre cadeau de noël ! Une prof perso pour 4 euros de l’heure (qui se transforme plus souvent en une heure et demie ou deux heures), on ne va pas se priver. Mais maintenant, il faut pratiquer… et pratiquer !   

    Les alentours de Trinidad valent également la peine, comme « la Valle de los Ingenios » que nous parcourons à cheval dans la montagne, ou une petite rando jusqu’aux rivières souterraines à Topes de Collantes. 

    Petite anecdote, en dehors de la vie cubaine, mais qui nous a bien fait rire. Notre cher ami Quentin n’est pas un timide, disons-même qu’il n’a pas peur du ridicule du moment que ça fasse rire les gens… Nous avons donc fait une camera cachée. Habillé de son short de bain à fleurs, de sa doudoune sous 30 degrés, et de chaussettes de tennis remontant aux mollets, coiffé d’une casquette de capitaine, et pour couronner le tout, avec une bouée canard autour des hanches, Quentin va à la plage, traine sa valise à roulettes, se baigne en fumant un gros cigare, saute dans les flaques, lit son livre et regarde la mer. Quentin était déjà très drôle, mais ce qui nous a fait encore plus rire était le regard des gens autour ! Intrigués, puis rapidement ahuris et pouffant de rire, ils sortaient discrètement l’appareil photo du sac, ou d’autres carrément le téléobjectif.

     

    Vinales

     

     

    Nous laissons quelques jours le bateau au mouillage dans la marina de Casilda, et partons en bus jusque Vinales, à l’ouest de Cuba, une région très vallonnée, de belles falaises calcaires, des grottes, et de nombreuses plantations de tabac ! Deux jours, où nous profiterons de marcher, nous poser en chemin, papoter avec les planteurs de tabac, les fermiers… Nous rencontrons Cristobal. Il plante, sèche et roule son propre tabac, comme beaucoup d’habitants ici. Les graines sont semées d’octobre à décembre, la plante se récolte trois mois plus tard, elle atteint alors 1m50. Les feuilles sont alors suspendues et séchées pendant près de deux mois. Elles jaunissent, puis brunissent. Elles sont ensuite empilées un mois pour une première fermentation. Ce processus réduit la résine des feuilles et leur donne une couleur plus uniforme. Une fois classifiées suit une seconde fermentation de deux mois. Au bout de neuf mois environ, les feuilles peuvent enfin être roulées… et fumées ! Nous sommes arrivés à Cuba tout à fait novices en matière de cigares, mais finalement on se retrouve petit à petit à avoir essayé pas mal de cigares différents, les artisanaux roulés à la maison, les Coiba ceux fumés anciennement par Fidel, les Montecristo assez forts, les Romeo et Juliette plux doux…

    Nous dormons chez Maria, une petite maison en centre-ville. Quentin dort dans une autre maison à côté. Même s’il y a deux grands lits disponibles chez Maria, les cubains n’ont pas le droit d’héberger plus de deux touristes à la fois par maison. Tout est réglementé et surveillé, même par certains voisins qui n’hésitent pas à dénoncer... Chaque famille désirant mettre une chambre de sa maison à disposition des touristes doit demander une autorisation de « casa particular » à l’Etat, qui renvoie un carnet à compléter et renvoyer chaque mois avec noms des voyageurs, numéros de passeport… De plus, chaque maison doit payer un forfait tous les mois à l’Etat de 100 CUC (80 euros) correspondant à une semaine d’hébergement, même si personne n’est venu dormir ! Nous avons beaucoup de chance de tomber sur Maria, une femme qui aime beaucoup discuter, parler de son pays, et voyager au travers de ce que nous pouvons lui raconter du nôtre. Elle nous emmène chez une voisine amie à elle, qui roule son tabac chez elle. Leur fille, encore étudiante, souhaite nous montrer un livre où Fidel cite plusieurs personnages français, politiciens, écrivains, « Cent heures avec Fidel » de Ramonet, un livre qu’elle considère comme une bible pour mieux comprendre Fidel et l’histoire de Cuba.

     

    La Havane

     

    January 16

    Suite chapitre 29 : 12 décembre 2008 – janvier 2009, Cuba

    Suite La Havane

     

    Comme Trinidad, la Havane est classée Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Elle est effectivement superbe. On se plait à flâner de rue en rue autour du Capitolio, la Plaza Vieja, Plaza de Armas… tourner les pages des vieux livres de Lenine, de Fidel ou du Che dans le quartier des bouquinistes, jouer aux dominos avec quatre cubains qui font une pause dans leur atelier de charpentier... La Havane s’est développée dès l’arrivée des premiers colons dans les années 1500, on y sent encore l’influence des conquistadors espagnols dans l’architecture des maisons. La ville se divise principalement en trois quartiers, le vieux Havane, le Havane centre, et Vedado. Mais le Vieux Havana et le Centre sont les quartiers qui dégagent le plus de charme.

    Sur la Plaza de Armas, nous faisons par hasard la connaissance de Dania. Elle est guide, mais une guide pas comme les autres ! Nous ne cherchons pas de guide, elle le sait, mais rapidement le feeling passe. Elle vient de finir sa journée, elle nous indique un resto où l’on mange super bien pour presque rien, puisque nous pouvons payer en pesos cubains. Dania vient avec nous, puis Quentin reprend le bus qui l’emmènera à l’aéroport, retour en métropole… Quant à nous deux, nous ne savons pas encore où nous allons dormir. Dania n’a normalement pas le droit d’héberger des touristes chez elle, mais elle nous propose de venir dans sa maison. Nous arrivons dans une petite maison en banlieue sud de la Havane, maison qu’elle restaure peu à peu grâce à l’argent qu’elle gagne en étant guide. Vivent ensemble trois familles, son fils, ses parents, sa sœur, son beau-frère et leur garçon. Bienvenue nous dit son père en nous tendant un verre de rhum pour l’occasion !  La famille est en ébullition, demain c’est le réveillon… On fêtera la nouvelle année, mais aussi et surtout le 50ème anniversaire de la Révolution ! Tout le monde en parle, Raul Castro vient de faire un discours à la télévision, la sœur de Dania et son mari ont passé leur journée à préparer les langoustes qu’ils ont pêchées. Nous passons des heures à parler avec Dania. Elle n’est pas une guide officielle, mais elle connaît si bien toute l’histoire de son pays, et en plus elle parle très bien anglais. Cela permet d’approfondir davantage nos discussions. Si vous venez à la Havane, elle est un contact à retenir !

                Nous rejoignons Trinidad en bus, un bus pour touristes avec des prix touristes. Il existe d’autres bus moins chers, mais réservés aux cubains… Quelques jours encore sur Trinidad, quelques jours qui nous offrent l’occasion de faire la connaissance de Gwen et Veronika, un jeune couple breton-argentin à bord de « Lady Fish ». Belle aubaine, ils ont dégoté et acheté ce voilier de neuf mètres à budget minima dans les Caraïbes, l’ont retapé pendant deux ans sur St Martin et les voilà partis ! On se retrouvera sûrement au passage de Panama !

     

    Cayo Largo

     

     

    Pour quitter Cuba, Cayo Largo est le dernier port avant Maria Gorda où l’on peut faire ses formalités de sortie. De petits îlets, des plages paradisiaques, du sable blanc, une eau turquoise, au point que même de nuit on peut voir toute la longueur de chaîne de l’ancre, mais à part ça, l’intérieur des terres n’a rien de bien attirant, une végétation aride sur des terrains plats. Les cubains n’ont pas droit de séjour ici, sauf ceux travaillant sur place, on ne trouve donc que des touristes venant prendre quelques jours ou semaines de farniente. Pas très intéressant donc…

     

    Navigation entre Cuba et Providencia

     

     

    On nous l’avait dit, on l’avait également lu dans différents récits, cette navigation peut être assez éprouvante. En effet, elle le fut : des vents d’Est bien soutenus nous contraignant au pré bon plein, mais surtout une houle de quatre mètres par le travers et de dangereux bancs de sable un peu partout. Le ciré est de rigueur, certaines vagues recouvrent régulièrement le pont. On a deux ris dans la grand-voile et le génois roulé de moitié, mais on maintient les 7 nœuds de moyenne. Ca nous arrive rarement, mais sans être malade à vomir, on est quand même tous les deux bien barbouillés. Dans nos cirés mouillés, alors qu’on en a bien marre, qu’on est fatigué (dix heures de sommeil en cinq jours), Laurent positive et me dit, tout en winchant pour réduire davantage le génois : « On ne galère pas, on se… PROMEEEENE ! Parce que c’est… JOLIIII ! » Ironique, mais ça fait du bien de rire dans ces moments là ! Nous qui avons l’habitude de cuisiner en toutes circonstances jusqu’à présent, cette fois çà bouge tellement qu’on en vient aux boites de conserves. Heureusement, on avait pris de l’avance avant de partir en se cuisinant une galette des rois à la frangipane pour l’Epiphanie et des pains au chocolat et croissants à bord ! On a tous les deux hâte d’arriver, mais on positive… La bande anti-UV du génois se découd sur la moitié de sa hauteur… du boulot en perspective… Dur dur, mais bon, c’est ça aussi le bateau !

    Et si on s’arrêtait à l’île bien nommée dans ces circonstances « Providencia » ! C’est où me direz-vous ? On ne savait pas non plus avant de voir cette crotte de mouche sur la carte. En fait, c’est une ile colombienne au large des côtes du Nicaragua, à 400 Kms au nord du canal de Panama. Et c’est comment ? On vient juste d’arriver, alors la suite… on vous la contera la prochaine fois…

     

                Et pour finir, le petit mot de Quentin, écrit quelques jours avant son départ de Cuba :

     

    « Me voila déjà face a l’ordinateur pour écrire le carnet de voyage… comme une mouette annonce la terre au navigateur, le carnet de voyage annonce le départ du visiteur…que ca passe vite… Je suis confortablement installé dans la cabine arrière pendant que résonnent quelques notes de Gainsbar sur Mandragore… ce cher Mandragore… accueillant, robuste, serein et un brin cabotin… à l’image de son équipage…

    La tradition du carnet de bord veut que l’on raconte ce que l’on a fait pendant ces jours passés ensemble. Pour ma part j’ai rejoint le bord le 13 décembre a Santiago de Cuba… Cuba… mmmmhhh… un nom de plus qui fait rêver… comme on ne peut décidément pas écrire un voyage, je ne vais pas m’étendre sur nos visites et excursions mais plutôt sur ces petites tranches de vie qu’on a partagé ensemble… ces tranches de bonheur…

    ·           Quel bonheur, en effet, de retrouver des amis à l’autre bout du monde… comme si de rien n’était, de se serrer dans les bras et d’aller se boire un p’tit godet sur une terrasse au soleil alors que résonnent autour des airs de salsa…

    ·           Quel bonheur de se retrouver dans le cockpit de Mandragore qui vibre au rythme du vent et des vagues quand défilent les étoilent au dessus de nos têtes…

    ·           Quel bonheur de déguster les bons petits plats de Lenou et les cakes de Gaubert… (il est loin le temps des gouléiades sur le Cap Horn… pour ceux qui n’y ont pas gouté, la gouléiade est un plat qui consiste à mélanger toutes les boites de conserves du bord… comme des raviolis à l’ananas assaisonnés au ketchup, ou du taboulé sauce « crème mont blanc vanille »par exemple…)

    ·           Quel bonheur de mettre des lignes de pèches à la traine en l’honneur d’un ami resté en France (Frannnnnnncccccoiiiiiiiiiis Geeeeeeeerrrraaaaaard) …

    ·           Quel bonheur de se faire réveiller à la corne de brume avec un vieux rire sadique du Gaubert…

    ·           Quel bonheur de voir Lenou et Gaubert danser leurs premiers pas de salsa…

    ·           Quel bonheur de sillonner Trinidad tous les trois quand les cubains célèbrent Noël à coups de déhanchés et de grandes rasades de rhum…

    ·           Quel bonheur de se réveiller, de prendre l’annexe pour aller négligemment piquer une tête sur la plage d’à coté…

    ·           Quel bonheur de se faire trimbaler en taxi ou en stop dans une carriole à cheval genre « Autant en emporte le vent », un pick up ou une vieille Chevrolet de 1953 (dont l’embrayage lâchera à 500m de l’arrivée)…

    Ici comme dans beaucoup de pays, le temps ne se calcule pas, ne se rentabilise pas… ici, le temps n’appartient pas à l’homme… le temps se vit au présent avec simplicité… La simplicité qui permet à un bus de transport en commun de s’arrêter pour permettre à une fille d’aller acheter une glace et de remonter à bord sans que personne ne rouspète… il n’y a pas d’heure d’arrivée prévue, le bus arrivera quand il arrivera…

    Et c’est donc avec cette simplicité acquise ces derniers jours que je souhaite rentrer en France… le corps et l’esprit lavés par la mer et le vent… Merci à Gaubert et à Lenou pour ses merveilleux moments passés ensemble… Ceux qui hésitent : Foncez les retrouver à l’occasion d’une escale, vous ne le regretterez pas… « Grandir, c’est vivre ses rêves de jeunesse… »

    Chapitre 28 (écrit par Hélène) : 05-12 décembre 2008 : Haïti, l’Ile à Vache

     

    Une île à l’abri des troubles de la capitale

     

    Un carnet de bord consacré uniquement à cette petite île haïtienne… La première fois qu’on nous a parlé de « l’ïle à vache », ce sont des amis voileux, Isabelle et Laurent, rencontrés en Martinique. « Arrêtez-vous là-bas, cette île est l’une des rares escales sûres en bateau à Haiti. Elle vous offrira une bonne pause pendant votre navigation entre les îles Vierges et Cuba. Qui plus est, vous verrez, elle en vaut vraiment la peine… ». Leur témoignage nous fait bien envie, mais nous n’avons aucune instruction nautique sur Haïti, encore moins sur cette petite île au sud du pays. Nous recherchons plus d’infos sur internet et tombons sur le récit d’un voilier « Loren » racontant son escale en 1998. Les informations datent un peu, mais leur récit nous conforte sur la sécurité de cet endroit et avive encore davantage l’envie de nous y arrêter…

    Il y a plusieurs siècles, ce mouillage était déjà réputé pour sa sécurité et sa grande discrétion. C'est ainsi qu'il fut fréquenté, entre autres, par Morgan, le célèbre pirate anglais qui harcelait les espagnols pour conquérir leurs colonies et leurs navires. Aujourd’hui l’île demeure sur de nombreux aspects, telle qu’étaient les Antilles il y a un siècle. 19.000 habitants, pas de route, pas d'électricité, pas d’eau potable, mais des sentiers à travers les vallées, des petites maisons en feuilles de cocotiers ou en pierres, quelques vaches, cochons, chèvres qui broutent autour de la maison, les bruits des enfants qui courent et jouent dans les arbres, les pirogues (bois fouille) et « bateaux pays » qui partent quotidiennement à la pêche dans la baie, les femmes qui font cuire les pois et le riz pour le soir, l’animation autour du chargement et déchargement des produits qu’on ramène de la ville en bateau, une vie à la campagne, au bord de la mer, pleine de simplicité et de chaleur humaine avec ses qualités, mais aussi ses difficultés. Les gens sont pauvres, très pauvres, mais ce n’est pas la misère comme elle peut l’être dans les villes, ils vivent de peu, s’accommodent de ce que peut leur offrir leur île aujourd’hui, à l’abri des troubles politiques de la capitale.

    En effet, à quelques centaines de kilomètres de là, il faut aussi en parler. Haïti, c’est un peuple déchiré par des troubles politiques qui n’en finissent pas, un peuple qui ne s’est jamais vraiment stabilisé depuis son indépendance. Depuis le départ d’Aristide en 2004, un gouvernement provisoire est en place sous contrôle de l’ONU, le peuple haïtien met beaucoup d’espoir dans les prochaines élections présidentielles en 2009, en espérant qu’un jour le mot « politique » en Haïti cessera de rimer avec « corruption » et « intérêts personnels »….

     

    Un accueil plus que chaleureux

     

    Vendredi 5 décembre, nous attendons le lever du jour pour pénétrer dans la baie de Port Morgan devant le village de Kay-Kok et le seul hôtel de l’île (construit par un couple de français il y a une quinzaine d’années). Nous faisons bien d’attendre, elle est truffée de casiers des pêcheurs. De plus la vue des petites voiles blanches ou des pirogues parties à la pêche nous offre un beau spectacle de bienvenue. L’ancre vient à peine de toucher le fond sableux de Port Morgan, plusieurs pirogues viennent nous voir : « Bonjour, Bienvenue à l’île à vache ! C’est la première fois ici ? ». Villeme, Wilness, Wildord, Daniel, Machenzy, Pascal… Enfants ou plus grands sont nombreux, ils viennent vous accueillir, discuter avec vous, proposer leurs services, vous informer des produits locaux que vous pourrez acheter ou troquer. Vous n’aurez que l’embarras du choix en fonction des affinités ! Ils sont nombreux, mais personne n’est insistant, il suffit de leur répondre aussi gentiment qu’ils s’adressent à nous. On aimerait quand même bien trouver une dizaine de minutes pour se reposer de nos cinq jours de mer depuis les îles vierges ! mais ça, il faut oublier ! Toc toc toc ! ah… Oui ? - Bonjour ! et nous passons notre après-midi à discuter ! Les jours suivants, les enfants nous rapportent des noix de coco, des mangues, des citrons, des amandes grillés, Chacun y va de ses spécialités. Wilna propose de partager un repas haïtien dans sa maison, Fausta des noix de cajou grillées et du Grenadia, une boisson qu’elle prépare, les pêcheurs des langoustes de leur dernière pêche… Le troc est également très prisé. Nous échangeons des produits locaux contre des objets de notre bord. Les habitants ont de nombreux besoins : voiles pour les bateaux de pêche, bouts, vêtements, vaisselle, masques, tubas, denrées non périssables, stylos, médicaments…

    Nous ferons tout particulièrement la connaissance de Villeme et Wilnes, deux gars vraiment chouettes sur cette île ! Nous avons une lettre à remettre à Hubert, un ancien de Noirmoutier, installé ici depuis une douzaine d’années. Ils savent où il habite et nous y emmènent le jour-même, c’est à une grosse demi-heure de marche. Cette balade nous offre l’occasion d’une première immersion dans l’île. Les paysages sont splendides.

     

    La naissance d’un échange entre une classe haïtienne de l’île à Vache et une classe française de Noirmoutier

     

    De retour dans le centre de Kay-Kok, nous souhaitions rencontrer une école pour mettre en place un échange avec une école de France. En effet, sachant que nous passions par Haïti, la classe de l’ « Ecole Rose des Dunes » de Barbâtre, à Noirmoutier qui suit notre voyage depuis plusieurs mois, nous avait demandé de leur raconter comment se passait la vie d’un enfant là-bas. Nous rencontrons une première fois Anneley, la directrice de l’Ecole « Etoile du Matin », puis Cean Rose May, l’institutrice et les 46 enfants de 2ème Fondamentale, âgés de 7-8 ans. Nous leur transmettons les 21 questions préparées par les enfants de France. Via notre système radio BLU à bord du bateau, nous pouvons rapidement échanger par mail les questions et réponses de chacun. Avant de plancher sur leur examen de fin de trimestre, ils chantent pour les enfants de Noirmoutier une chanson apprise à l’école et bien connue des nôtres aussi : Frère Jacques ! Frère Jacques !... La directrice, ayant la possibilité d’accéder à peu près toutes les semaines à internet lorsqu’elle se rend en ville, propose de poursuivre l’échange avec les enfants de France, lorsque nous serons partis. Les enfants sont ravis. En annexe de ce carnet de bord, nous avons mis en ligne le résultat de ces questions et réponses entre les deux écoles.

     

    Kay-Kok, et ses combats de coq

     

    « Caille-Coq » ou « Kay-Kok » en créole porte bien son nom ! Tous les samedis et dimanches après-midi, les hommes du village et du village voisin viennent chacun avec un coq, ou en simples supporters. Une cinquantaine de personnes se regroupe autour d’un petit « ring » de deux mètres sur deux en ciment. Les coqs sont pesés, de sorte qu’ils combattent avec un adversaire de même corpulence et de préférence de village différent. Certains ont une chaussette sur la tête jusqu’au début du match pour qu’ils ne soient pas perturbés ou excités par la vue de leurs adversaires. Les paris sont lancés. Les hommes jouent 100, 200 gourdes (soit 3-4 euros). C’est pire qu’un match de foot ! Une foule en délire ! Les yeux fixés sur leur favori, ils crient, l’encouragent, l’adrénaline monte ! Plumes hérissées, coups de bec, le match est fini lorsqu’un des coqs cherche à partir de la scène. Le coq dominant et son club de supporters sont triomphants. Le spectacle est autant de regarder les coqs que de regarder les hommes ! Mais où sont les femmes ? Pas une autour du ring, seulement quelques unes qui vendent de petites collations et du rhum pour les hommes. Une tradition d’avant match est notamment d’acheter une petite dose de rhum en verser un peu autour de l’animal, en boire un peu, puis allumer une cigarette, et toucher le cou du coq avec l’allumette pour lui porter chance ! Néanmoins, ça ne marche pas tout le temps…

     

    « Madame Bernard »

     

    On pourrait croire qu’il s’agit du nom d’une femme. Oui et non… En fait, c’est tout simplement le nom du village principal de l’île « Madame Bernard », le nom vient d’une femme de colon influente qui habitait là. Les esclaves disaient entre eux « je vais chez Madame Bernard » pour dire je vais au village. Depuis le nom est resté.

    Il faut compter une bonne heure de marche pour s’y rendre à pied depuis Kay-Kok, même pour certains des enfants de Kay-Kok qui font ce trajet matin et soir pour aller à l’école ! Madame Bernard est surtout animé les lundis et jeudis, jours du marché dans la rue principale. Au bout de cette rue, se dresse l’église catholique, la messe y est célébrée en créole par un prêtre américain. On y trouve aussi un centre de santé et un orphelinat, mis en place par Sœur Flora, une femme qui a beaucoup œuvré, et œuvre encore, pour les enfants de l’île.

     

    « Les Cayes »

     

    Les Cayes a tout d’une ville, ses avantages et ses inconvénients, un grand marché, des rues animées, des magasins, mais aussi le bruit, la pollution, les voitures, la saleté… On ne peut pas tout avoir ! Depuis l’Ile à Vache, nous rejoignons les Cayes en navette, nous embarquons à une vingtaine de personnes dans une grande pirogue à moteur. Le trajet dure environ une heure. Les Cayes est pourtant la troisième ville du pays, mais même si cela peut paraître surprenant, elle ne possède pas de débarcadère. Une fois près de la rive, les passagers et le matériel sont transférés dans de petites pirogues qui peuvent s’approcher du bord. De là, les pieds dans l’eau ou portés par les piroguiers, les gens peuvent rejoindre la rive.

    Nous voulions retirer de l’argent dans une banque, mais nous avons oublié de prendre nos passeports avec nous... Il n’y a pas de distributeur automatique, seulement à Port-au-Prince. Nous récupérons une photocopie de mon passeport depuis ma boite mail, et heureusement la banque nous fait une petite faveur en acceptant notre photocopie, car normalement il faut les originaux. On fera plus attention la prochaine fois ! Il nous reste un peu de temps pour changer notre bouteille de gaz, aller au marché, faire le plein de fruits et légumes. La navette a du retard, on en profite pour manger du poisson avec du riz au pois, plat typique local. Une bonne heure plus tard, cette fois le bateau est prêt, nous sommes presque partis, in extremis les pirogues emmènent encore quelques derniers retardataires…

     

    Dernière journée à l’île à Vache. Nous la passons à bricoler à bord, discuter avec les enfants et gens qui viennent nous voir en pirogue. « Vous reviendrez quand ? Dans quelques années ? – Oui, avec des bébés ! – Je les emmènerai avec moi à la pêche ! »

    Au-revoir l’île à Vache, une escale intense, inoubliable dans notre voyage…

     

    L’action de l’ONG EMDH, Enfants du Monde Droits de l’Homme à Haïti

     

    Avant de clore ce carnet, un petit mot sur l’action de cette belle ONG, EMDH, Enfants du Monde Droits de l’Homme. Présents dans une dizaine de pays sensibles, ils sont notamment en train de mettre en place un programme à Haïti, dans le Département des Nippes et Port-au-Prince, un programme de reconstruction d’écoles suite aux tempêtes tropicales d’août et septembre dernier. Le programme n’a pas encore démarré, il attend le financement sous peu de l’UNICEF. Mais l’école de Noirmoutier va suivre le lancement du programme. En relation avec le chef de mission sur place, François-Emmanuel Jeannet, ils échangeront avec lui leurs questions. Nous mettrons ses réponses en ligne sur notre blog.

    Annexe chapitre 28 : Echange questions / réponses entre l’ « Ecole Etoile du Matin » de l’Ile à Vache, Haïti et l’ « Ecole Rose des Dunes » de Barbâtre, Ile de Noirmoutier, France

                 

     

    Nous rendant sur l’île à vache, à Haïti, les enfants de l’école Rose des Dunes de Barbâtre à Noirmoutier souhaitaient en savoir plus sur la vie d’un enfant là-bas. Nous avons proposé à l’une des écoles sur place, l’Ecole « Etoile du Matin », zone Caille Coq, de répondre à leurs questions… Voici le résultat de cet échange…

     

    ·           France : Bonjour à tous, les enfants et la maîtresse. Nous sommes très heureux de correspondre avec vous et ainsi savoir comment vous vivez sur votre île. Nous aussi nous habitons sur une île. Voici quelques questions que nous aimerions vous poser.

    ·           Haïti : Bonjour à tous les enfants et les responsables de l’école Rose des Dunes de Barbâtre. Nous sommes si contents de recevoir votre lettre et d'apprécier vos questions pour nous permettre de faire pour vous la description de notre école. Nous aimerions aussi connaître vos réponses à ces questions.

    ·           France : Merci pour vos réponses et voici les nôtres.

     

    1. Avez-vous déjà  fait une correspondance avec d'autres enfants ?

    ·          Haïti : Non, nous n’avons pas encore fait de correspondance avec d'autres enfants

    ·          France : Oui, l'année dernière avec une autre classe de France.

     

    2. Est-ce que votre école est grande? Combien y a-t-il de classes ?

    ·         Haïti : Oui, notre école est grande, elle a 9 salles de classes.

    ·         France : Oui, notre école est assez grande, il y a 5 classes.

     

    3. Combien êtes-vous dans votre classe ?

    ·           Haïti : Nous sommes 46 enfants, 23 filles, et 23 garçons dans notre classe.

    ·           France : Dans notre classe, nous sommes 26 élèves 7 CE1 et 19 CE2.

     

    4. Y a –t-il plusieurs niveaux par classe ?

    ·          Haïti : Il y a plusieurs âges autour de 7-8ans, mais un seul niveau dans notre classe, c’est la 2ème Fondamentale. En Haîti, de 3 a 6 ans, nous sommes en 1ère, 2ème, puis 3ème Kindergarden. De 6 à 11-12 ans à peu près nous avons la 1ère année Fondamentale, puis 2ème année Fondamentale, 3ème, 4ème, 5ème, 6ème année Fondamentale. Nous passons alors un examen d’Etat. Ensuite à partir de 12-13 ans, nous commençons le cycle Secondaire 7ème Secondaire (équivalent de la 6ème), 8ème, 9ème, 10ème,11ème (équivalent de la Seconde), puis Rétho 1ère partie Bac 1, Philo 2ème partie Bac 2. Et enfin, l’université.

    ·           France : Oui, il y a deux niveaux dans notre classe : CE1 (7 ans) et CE2 (8 ans).

     

    5. Avez-vous un programme scolaire à suivre ?

    ·           Haïti : Oui, nous avons un programme scolaire à suivre.

    ·           France : Oui, nous avons un programme scolaire à suivre.

     

    6. Aimez-vous l'école?

    ·           Haïti : Nous aimons beaucoup l'école

    ·           France : On aime bien l'école (Léo dit qu'il n'aime pas toutes les matières)

     

    7. A quoi jouez-vous sur la cour de récréation ?

    ·           Haïti : Nous jouons au ballon

    ·           France : Nous jouons aux loups, au ballon, à la corde à sauter, à l'élastique.

     

    8. Comment allez-vous à l'école? Combien de temps mettez-vous pour venir à  l'école?

    ·           Haïti : Nous venons à l'école à pied. Nous prenons 15, 20 à 30 minutes. (Pour certaines écoles de l'île, les enfants mettent 1h de marche aller, 1 heure pour le retour)

    ·           France : On  peut arriver à pied, en voiture ou à vélo. Nous mettons de 1 minute (au minimum) à 10 minutes (au maximum)

     

    9. Avez-vous classe toute le journée ?

    ·           Haïti : Non, seulement le matin.

    ·           France : Oui, nous avons classe toute la journée.

     

    10. A quelle heure arrivez-vous le matin ? A quelle heure rentrez-vous le midi, le soir ?

    ·           Haïti : Nous arrivons à 7h50. Nous avons classe de 8h à 13h.

    ·           France : De 9 heures à 12 heures et de 13H30 à 16h30.

     

    11. Est-ce que vous travaillez-bien ?

    ·           Haïti : Nous travaillons assez bien.

    ·           France : Oui nous travaillons bien en classe. La maîtresse est fière de nous.

     

    12. A quel âge avez-vous commencé l'école et jusqu'à  quel âge ?

    ·           Haïti : Nous avons commencé l'école à l'âge de 3 ans Kingergarden, Fondamentale de l'âge de 6 ans à 12 ans.

    ·           France : On a l'école maternelle de 2 à 6 ans et l'école primaire de 6 à 11 ans puis le collège, le lycée et l'université.

     

    12. Parlez-vous plusieurs langues ?

    ·           Haïti : Nous parlons créole et français. Le créole est notre langue maternelle.

    ·           France : On parle le français et nous apprenons depuis cette année l'anglais.

     

    13. Qu'apprenez-vous en classe? Faites-vous de la lecture, de l'écriture, de l'anglais, du français, des mathématiques, du sport...?

    ·           Haïti : Dans notre classe, la maîtresse enseigne la lecture, de l'écriture, du français, des mathématiques.

    ·           France : Nous faisons toutes ces matières

     

    14. Que faîtes-vous après l'école ? Avez-vous des devoirs ? Est-ce que vous travaillez ?

    ·           Haïti : Après l'école, nous étudions notre leçon, nous faisons des devoirs et nous aidons nos parents à travailler à la maison.

    ·           France : Oui nous avons des devoirs après l'école et quand on a terminé, on peut jouer.

     

    15. Etes-vous tous habillés de la même façon ? Avez-vous un uniforme obligatoire ?

    ·           Haïti : Nous sommes habillés de la même façon. L'uniforme est obligatoire pour les élèves (jupe ou bermuda + chemise), mais aussi pour les professeurs (tailleur).

    ·           France : Non, nous ne portons pas les mêmes vêtements. Nous avons nos propres tenues.

     

    16. Qu'avez-vous comme matériel scolaire? Avez-vous des manuels scolaires, des bureaux ?

    ·           Haïti : Nous avons comme matériel scolaire une carte de géographie, un globe, une table de Pythagore, et des bureaux.

    ·           France : Nous travaillons avec des manuels, des cahiers... Nous avons chacun notre bureau.

     

    17. D'où viennent vos manuels et matériels scolaires?

    ·           Haïti : Les matériels scolaires viennent de l’école. Nos familles donnent de l’argent à l’école pour les frais de scolarité, l’uniforme, acheter des livres, des cahiers et des crayons pour la classe. Mais nous en manquons…

    ·           France : Les manuels sont fournis par l'école et nous achetons tout notre matériel (cartable, crayon, trousse....)

     

    18. Fêtez-vous vos anniversaires en classe et fêtez-vous Noël ?

    ·           Haïti : Oui, nous fêtons nos anniversaires en classe. Oui, nous fêtons Noël le 24 et 25 décembre, mais pas en classe, nous sommes en vacances.

    ·           France : Pour nous, c'est la même chose. Les anniversaires se font en classe  et Noël tombe pendant les vacances scolaires.

     

    19. Est-ce que vous avez des vacances scolaires?

    ·           Haïti : Nous avons des vacances scolaires, trois fois par an, pour Noel (2 semaines et demie), pour Pâques (2 semaines et demie) et pour les grandes vacances (2 mois). La veille de chaque vacance, nous avons un examen bilan.

    ·           France : Nous avons 5 périodes de vacances : les vacances de la toussaint (1 semaine et demie), les vacances de noël (2 semaines), les vacances d'hiver ( 2 semaines), les vacances de pâques (2 semaines) et les grandes vacances d'été ( 2 mois)

     

    20. Que mangez-vous? Mangez-vous équilibré ? Y-a-t-il une cantine ?

    ·           Haïti : Nous mangeons du blé et de la farine. La nourriture est équilibrée. Il y a une cantine. Nous mangeons à 10h30 pendant la récréation.

    ·           France : Nous mangeons de tout ou presque car certains enfants sont difficiles. Tous nos repas sont équilibrés.

     

    21. Comment faites-vous pour vous procurer de l'eau potable ?

    ·           Haïti : Nous nous procurons de l’eau quand la pluie tombe en conservant dans le château d’eau pour la rendre potable. Nous ajoutons 4 gouttes de chlore par gallon (Le gallon est l’unité de mesure utilisée. 1 gallon = presque 4 litres)

    ·           France : Nous n'avons qu'à tourner le robinet. Nous nous rendons compte du gaspillage que nous pouvons faire et allons essayer d'économiser l'eau désormais.

    Chapitre 27 (écrit par Laurent) : 16 novembre – 05 décembre 2008 : St Barthélémy, St Martin, les îles Vierges

    Alizés soutenus entre La Guadeloupe et St Barth

     

     

    St Barthélémy, Port de Gustavia. Vue sur la baie et sur différents panoramas de l’île. L’accueil chaleureux de Mowgli, Martine, Tania et… Tia ! Premier bébé à bord !

     

     

    A l’ouest de l’île, de l’anse des Flammands à l’Anse de Colombier, sentier superbe, lieu de prédilection de millions de papillons…

     

     

    et des fleurs…

     

    A l’opposé de l’île, sur la pointe est, entre Grand Fond et l’anse Toiny, des piscines naturelles

     

     

    St Martin, Marigot. Le montage de notre panneau solaire. Pendant… Après… On peut même l’incliner vers le soleil pour améliorer son rendement. Le pont de Sandy Ground, relevé trois fois par jour pour laisser passer les bateaux

     

     

     

    Les Iles Vierges Britanniques, Virgin Gorda. The Baths et ses impressionnants blocs de granit 

     

    L’accueil des dauphins alors que nous sommes à quelques miles d’Haïti

     

     

     

                St Barthélémy

     

                Arrivée de nuit :

                3h du matin, le 17 novembre, Mandragore capeye tranquillement sous le vent de St Barth, devant la rade de Gustavia, en attendant que le jour se lève. Nous ne pensions pas naviguer si vite depuis la Guadeloupe, mais l’alizé soutenu nous fait arriver un poil trop tôt. L’entrée du port n’a pas l’air bien compliquée, néanmoins par principe nous préférons éviter les arrivées de nuit dans des ports inconnus. Vers 6h, nous remettons en route et la pioche glisse enfin dans l’eau translucide de la baie. Sous le bateau, deux bestiaux d’un mètre (que nous avons pris pour des petits requins, mais en fait non !) et quelques raies nous invitent à la baignade avant d’aller faire une bonne sieste de quelques heures.

     

                Le St-Trop des Caraïbes :

                Nous resterons trois jours à St Barth. C’est une jolie île, avec des plages de sable blanc, des lagons et des collines volcaniques. Des bretons et normands s’y installèrent les premiers au 17ème siècle, avant que l’île ne soit cédée à la Suède fin 18ème en échange de droit de négoce dans le port de Goteburg. Le port de Gustavia devient franc, ce qui allie à la neutralité de l’île dans la plupart des conflits au fil des siècles, lui assura prospérité et paix. Un siècle plus tard, un référendum rendit St Barth à la France, sous condition de garder le statut de port franc, qui aujourd’hui encore en fait la prospérité.

                On dit que St-Barth est le St-Trop des Caraïbes, et c’est vrai. Ici, le kilo de tomates se vend entre 7 et 12 euros le kilo, et les locations peuvent atteindre 25 000 euros la semaine. A côté des boutiques grand luxe et Jet-set sur les yachts « MATUVU » vivent également des gens « comme nous », que nous rencontrons au fil de nos balades en stop dans l’île. Le cadre de vie est sans conteste très agréable, le climat aéré, les gens semblent heureux… je me sens quand même loin, très loin du vrai monde malgré tout.

     

                Les champions de l’hospitalité

                Nous garderons surtout de St-Barth le souvenir de l’accueil de Mowgli, neveu de Jean-Paul Boulan (association la Chaloupe, Noirmoutier), Tania, sa femme, leur adorable fille Tia âgée de six semaines (un record de jeunesse sur Mandragore et dans l’annexe), et Martine, la mère de Mowgli et sœur de Jean-Paul. Martine et son mari sont arrivés ici en voilier il y a une vingtaine d’années, s’y sont plu, et y ont scolarisé Mowgli. Les années ont passé et Mowgli a épousé Tania, st-barth « pure souche ».

                A notre grande surprise, ils organisent un véritable festin en notre honneur sur le port, avec des spécialités locales commandées chez un traiteur, et nous passons une excellente soirée en leur compagnie à apprendre quantité de choses sur leur île. Une formidable rencontre, trop brève. Nous gardons beaucoup de reconnaissance pour leur accueil chaleureux, et espérons pouvoir leur rendre la pareille lorsque nos routes se recroiseront.

     

                St-Martin 21-27 novembre :

               

                Après une petite journée de mer, nous contournons la pointe Nord-Ouest de St-Martin pour aller mouiller dans l’anse de Marigot. Une grosse houle de Nord se lève pendant la nuit, et dès le lendemain nous allons mouiller dans l’immense lagon qui occupe toute la partie ouest de l’île.

                St Martin est coupée en deux, une partie française, capitale Marigot, et une partie hollandaise, capitale Philsburg. Ici le dollar est roi, l’ambiance et le gros de la clientèle sont américains. Chaque jour sur Philsburg, les paquebots vomissent des milliers de touristes US qui font leur emplettes duty free, piquent une tête dans la grande bleue, enfilent bières sur bières, avant de tituber jusqu’à leur bord et se faire traîner jusqu’à la prochaine escale. 

     

                Escale technique

                Ici, nous n’avons pas envie de faire du tourisme, de nous noyer dans la masse. La semaine sera entièrement consacrée à dorloter Mandragore. En vrac, nous achetons un panneau solaire de 80 watts, une nouvelle hélice pour le hors-bord de l’annexe, 15 litres d’antifooling de la marine américaine (le prochain carénage est prévu au Costa Rica, où il y a 3 mètres de marnage), de la peinture pour le pont (encore… parce que celle appliquée cet été ne tient pas… Sans commentaire, je me suis déjà assez énervé avec ça !), un nouveau transfo 12-220V (l’ancien donnant des signes manifestes de fatigue), des filtres et des courroies de rechange pour le moteur Volvo… et tout un tas de petits équipements qu’on n’est pas prêts de retrouver sur la route vers la Polynésie. Et enfin, pour 100 euros, oui Madame, pas un de plus, nous trouvons un pilote automatique identique au notre en parfait état de marche (il s’agit de la récup d’un électronicien sur un bateau. Il fonctionnait, mais son propriétaire voulait mettre du neuf…) Nous avons donc à présent deux pilotes automatiques qui fonctionnent et un régulateur d’allure qui après moultes déboires semble commencer à coopérer. On se verrait mal 30 jours 24 heures sur 24 à la barre entre le Costa Rica et la Polynésie. Ce serait des coups à revendre le bateau au premier marquisien venu !

                A côté de cela, Hélène s’abîme les yeux devant l’ordi à dévéroler la bestiole infectée au fil des escales dans les différents cybercafés. Impossible d’attraper la bande de malfrats, ils se sont glissés à la racine du disque dur… A force de tentatives, de patience, et finalement grâce à de gentilles âmes venant à son aide, la bête ressuscite au bout de quelques jours, quand moi j’en serais venu au marteau au bout de quelques heures. C’est aussi pour cela que je l’ai épousée ! On se complète !

     

                Iles Vierges Britanniques, Virgin Gorda, 28-29 novembre :

     

                Comme une envie de snober les Vierges !

                Les Antilles, c’est la mer éternellement bleue, un paradis de la voile pour qui aime les plages de sable blanc, les cocotiers, les levers et couchers de soleil clichés mais superbes, les grains, les vents bien établis qui forcissent quelquefois dans les canaux pour faire croire que ça peut barder.

                Parmi les îles visitées, nous avons adoré les Grenadines avec François et Circé, parce que nous étions « presque » le seul bateau en cette fin de saison cyclonique. Cette solitude est un luxe qui devient rare avec la saison touristique qui démarre. Il y a des voiliers partout, en charter, en location, rien de l’esprit voyage comme au Cap Vert ou au Brésil, les gens sont souvent individualistes et peu aimables. Bien sûr il faut relativiser, nous avons rencontré des gens fort chaleureux, mais la sensation d’être un « couillon à plumer » comme d’autres commence à nous envahir, avec le sentiment que si notre périple devait se poursuivre dans ces eaux, on y perdrait l’esprit voyage et découvertes que nous sommes venus chercher.

     

                On nous avait pourtant dit, allez aux Baths très tôt le matin !

                Le couperet tombe définitivement le jour de notre arrivée à Virgin Gorda, aux Iles Vierges Britanniques. Le célèbre mouillage des Baths est une splendide baie bordée d’un dédale de gros blocs de granits ronds, classée Parc National, Patrimoine et tout et tout. Curieux d’explorer cette « Mecque du yachting nord Caraibe », nous  commençons à crapahuter sur le granit (pas rose comme à Perros Guirec, mais le même genre sans la pluie), quand soudain… 300 américains fraichement « dépaquebotisés » déboulent à coup de « Oh my Goooood, it’s gooorgeous ! » et suivent en file indienne une « adventure official guide » aux ongles de cinq centimètres peints en rose. On revient lorsque le gros de la troupe est passé, les paysages sont tout de suite plus beaux ! Mais bon, la coupe est pleine, partons, soif d’autre chose, notre voyage ce n’est pas ça.

                Dès le lendemain, cap sur Haïti…