Hélène's profileLe voyage de Mandragore ...PhotosBlogListsMore Tools Help

Blog


    January 07

    Chapitre 14 (écrit par Karen et François) : 29 décembre 2007 - 04 janvier 2008 : Cap Vert (Les îles de Sao Vicente et San Antao)

    chap 14_Iles du Cap Vert (13)chap 14_Iles du Cap Vert (27)chap 14_Iles du Cap Vert (38)chap 14_Iles du Cap Vert (67)chap 14_Iles du Cap Vert (68)chap 14_Cap Vert (32)           

    Karen et François, un couple d’amis, sont venus nous rejoindre dix jours au Cap Vert. Nous leur avons proposé d’écrire à notre place le carnet de bord…

     

    Aéroport de l’île de Sal le samedi 29 décembre à 2 heures du matin :

    C’est avec une grande joie que nous retrouvons Hélène et Laurent venus nous accueillir, puis nous embarquons sur Mandragore ! Il nous faut un petit temps d’adaptation pour nous familiariser à la vie sur un bateau et notamment aux toilettes… Le lendemain matin, nous visitons sous le soleil le petit village haut en couleurs de Palmeira, puis nous levons l’ancre direction Mindelo. La traversée ne dure que 24 heures mais que ces heures furent longues pour des marins d’eau douce comme nous. Eh oui, nous connaissons effectivement les affres du mal de mer pendant une bonne partie du trajet ! Cependant, la beauté du ciel étoilé nous fit rapidement oublier notre état comateux et nous passons le reste de la nuit à contempler  les étoiles, à repérer les constellations et à pousser la chansonnette à l’aide du précieux livre « Diapason » d’Hélène. Nous arrivons le lundi à Mindelo où nous faisons la connaissance de Michel et Mary, les amis d’Hélène et Laurent adeptes de la plongée sous-marine. Nous avons parcouru les rues de cette petite ville portuaire où les habitants sont d’une rare gentillesse. Le soir, les marins se réunissent au club nautique, lieu musical et chaleureux dans lequel on peut faire de très belles rencontres et où il est possible de prendre une petite douche !

     

    Le réveillon du nouvel an :

    Nous débutons la soirée sur Mandragore en compagnie de Michel, Mary et Christophe, un sympathique français originaire des Alpes voulant lui aussi tenter l’aventure d’une traversée transatlantique. Nous avons droit à un véritable festin préparé par Hélène et Mary, nos deux cordons bleus. L’ambiance à bord est très conviviale. Ensuite, nous assistons au feu d’artifice de Mindelo et à la folie de ces jeunes se jetant à l’eau en bordure de plage pour exprimer leur joie et enterrer leurs soucis accumulés pendant l’année. Que de rires, d’hystérie collective, de coups de klaxons et de danses improvisées !! …autant vous dire qu’en France ce type de liesse populaire n’a lieu que dans des occasions telles que la victoire des bleus en 98… Cependant, la ferveur des habitants laisse place rapidement à des rues calmes et désertes. Donc direction le Syrius, la seule discothèque que nous trouvons ouverte sur Mindelo avec banquet, open bar et salsa caliente tout le reste de la nuit…

     

    Mardi 1er janvier :

    Nous nous réveillons tôt pour visiter l’île de Sao vicente après 3 heures de sommeil... Nous louons un « aluguar » (genre de pick up transformé en taxi) pour monter au sommet du « Monte Verde », lieu mythique de l’île. Bon, il faut être franc, cette île n’est pas la plus belle au Monde… du fait de ses terres arides où rien ne pousse. Nous sommes un peu déçus car le paysage est pauvre, le soleil inexistant depuis notre arrivée et le vent omniprésent (normal remarquez pour une île appelée « île sous le vent »). Malgré notre petite déception, nous gardons le sourire et poursuivons notre périple vers la plage de « Baia das Gatas ». Mais malheureusement le soleil continue son jeu de « cache cache » et notre bain de mer tombe à l’eau. Puis tout en dégustant dans un petit restaurant les délicieux « garoupas » (poissons typiques du cap vert), nous décidons à l’unanimité de prendre le lendemain le premier ferry pour découvrir l’île de San Antao dont tout le monde nous a vanté la beauté.

     

    L’île « San Antao » :

    Le mercredi matin, lever 6h30 pour embarquer à bord du ferry direction San Antao. Lorsque nous arrivons, nous voyons une île aride, un peu similaire à celle de Sao Vicente. Mais grande fut notre surprise lorsque nous découvrons l’autre versant de l’île et sa végétation luxuriante. Nous parcourons bon nombre de kilomètres à travers les petits villages et les vallées verdoyantes de cette île typique du cap vert. De belles images et souvenirs de rencontres nourriront désormais nos esprits : ces enfants venus demander des stylos, les anciens des villages au sourire radieux, Sandro le français qui nous a accueillis chez lui, dans ses chambres d’hôte, et qui y vit depuis près de 8 années ! On se souviendra longtemps des paysages de cette île, de ses habitants et du goût parfumé du « grogue », le rhum local.

     

    Notre retour à bord d’ « Ouekan » :

    De retour à Mindelo, le jeudi en fin d’après-midi un problème se pose : comment allons-nous repartir vers l’île de Sal pour prendre notre avion le dimanche à minuit ? Pas de ferry disponible avant la semaine prochaine, nous sommes coincés sur Mindelo. Les conditions de retour s’annoncent très difficiles (vents contraires, courants…). Nous voulons éviter ce périple à Hélène et Laurent qui nous proposent de nous ramener. Par chance, nous faisons la connaissance de Gérard et Michel qui justement s’en vont en direction de Sal à bord de leur catamaran « OUEKAN » avec un petit détour par l’île de Santa Luzia. Ils acceptent de nous prendre avec eux.

    Nous quittons Hélène et Laurent le vendredi matin 4 janvier, direction Santa Luzia, magnifique petite île déserte aux plages de sable blanc. Nous en profitons pour gravir les cols escarpés de l’ile avec Michel, grand amateur de randonnées. Gérard, lui, préfère nous attendre sur le bateau, occupé à nous mitonner de bons petits plats. (Il viendra nous chercher à la tombée de la nuit avec sa lampe torche, mais l’annexe fut victime de l’assaut des vagues, Gérard tomba à l’eau. Ce fut un moment d’anthologie et de rires…). Nous quittons  l’ile de Santa Luzia le samedi à 17 heures. Nous vivons alors une traversée très difficile en direction de Sal à tel point que nous sommes arrivés in extremis le dimanche soir à 23h30 à Sal pour prendre notre avion. Un grand merci à Gérard et Michel qui se sont battus comme des lions de jour comme de nuit pour nous mener à bon port. Inoubliable !

    Nous tenons à remercier Hélène et Laurent pour cette très belle expérience sur leur bateau et ce séjour au Cap Vert que nous ne sommes pas prêts d’oublier. Nous vous souhaitons une très belle traversée de l’Atlantique et de très belles escales sur le continent américain. Encore un grand merci pour votre accueil et votre gentillesse et surtout nous vous souhaitons bon vent !!!

     

    Karen et François

    Chapitre 13, 16 décembre - 26 décembre 2007 : Traversée de six jours et six nuits entre Canaries et Cap Vert

    chap 13_Canaries_Tenerife_13chap 13_Canaries_Tenerife_18chap 13_Canaries_Tenerife_21chap 13_Canaries_Tenerife_25chap 13_Traversee Canaries Cap Vert_08chap 13_Traversee Canaries Cap Vert_20

    Samedi 15 décembre, après ces deux semaines et demie en France et quelques jours en Chine, mon retour sur Mandragore se solde par une grosse sieste de 14 heures jusqu’au lendemain matin !! Aïe aïe aïe, je devais certainement avoir besoin de sommeil. Mais nous repartons sur les chapeaux de roue ! 7h30, nous voici dans la rue en direction du premier bus qui nous emmène au Mont Teide. Objectif de la journée, se faire une belle rando sur son pic enneigé à 3700 mètres. Malheureusement, des panneaux au pied du téléphérique nous annoncent que les sentiers sont fermés aujourd’hui pour cause de glace dangereuse. Nous nous contenterons d’une grande balade de quatre heures dans la caldeira qui l’environne, balade certes moins sportive, mais très agréable. Comme deux idiots, nous n’avons pas pris avec nous assez d’argent pour rentrer en bus, ce n’est pas bien grave, nous rentrons en stop, cela nous offre l’occasion de faire la connaissance d’un couple d’allemands de notre âge en vacances. Ils nous arrêtent avec eux dans plusieurs lieux touristiques sur le chemin de retour, comme un musée expliquant l’histoire et la formation des îles canariennes.

    Le lendemain dès 4h30, nous quittons le port de Santa Cruz afin d’arriver dans une dizaine d’heures avant la nuit au port de San Sebastian sur l’île de la Goméra, l’île la plus à l’ouest des Canaries. La navigation est belle et tranquille. A défaut de sapin de Noël, un énorme cactus décoré de guirlandes et boules de Noël orne l’entrée du port. Dès le premier soir, nous rencontrons Mary et Michel, un couple de français sur leur voilier de 11 mètres « Lascar ». Ils viennent boire un pot à notre bord, et nous rejoignons le leur à la même heure le lendemain. La suite nous permettra de nous retrouver au Cap Vert, et d’apprendre à connaître deux personnes formidables. Nous profitons de notre escale à la Goméra pour faire une belle rando dans les paysages vallonnés de l’île, mais aussi continuer de petits travaux sur le bateau, ou encore préparer et stériliser des bocaux de viande.

    Jeudi 20 décembre. Nous quittons San Sebastian au petit matin, début de journée couvert mais égayé par un magnifique arc-en-ciel. Six jours de mer nous attendent. Nous partons juste après « Lascar », nous nous suivons une bonne partie de la journée. Les conditions météo sont clémentes les premiers jours, mais s’avèrent beaucoup plus sportives à partir du 24 décembre, mer de force 6 avec rafales à 7, et houle courte de 4 à 6 mètres. Avec deux ris dans la grand-voile et le génois bien enroulé, nous avançons toujours entre 6 et 7 nœuds, avec des pointes à plus de 8 nœuds ! A l’intérieur on pense avoir tout calé, mais même le four et le tiroir à vaisselle s’ouvrent, alors que ça n’arrive jamais d’habitude. Après ses quarts, Laurent dort parfois par terre dans le carré. Pour ma part, je persiste à me reposer dans la cabine arrière, mais après tout je ferais peut-être mieux de faire comme lui. Etant le lieu le plus bas du bateau, c’est sur le plancher que ça bouge le moins. Nous passons le réveillon de Noël avec ce roulis bien prononcé, loin d’être agréable, mais on s’y habitue, de toute façon on n’a pas le choix, n’est-ce pas ! Et ce pourrait être pire, il faut relativiser. Nous parviendrons quand même à nous offrir nos cadeaux, et nous faire un rapide petit festin : trouspinette noirmoutrine en apéro, biscottes avec de la terrine de sanglier en entrée, puis un bocal de bœuf bourguignon lentilles. Dommage pour la bûche de Noël au Nutella que j’avais eu peine à préparer, mais rester trop longtemps à l’intérieur commence à nous barbouiller et nous enlève toute envie de dessert ce soir. Tant pis, nous la dégusterons demain ! Nous sommes quand même ravis d’avoir pu marquer le coup ! Joyeux Noël ! Nous pensons fort à nos familles et nos amis. Parmi nos cadeaux, je tiens à recommander le livre de Maud Fontenoy « Le Sel de la Vie ». Je l’ai dévoré en quelques jours. Superbe livre, et sacré bout de femme. Au-delà du défi sportif de cette femme qui a effectué seule à 29 ans un tour du Monde à la voile à contre-courant, j’apprécie beaucoup ses valeurs, son humanisme et son dynamisme à toute épreuve. Sa ligne de conduite : « Ne laissez jamais personne vous dire que votre rêve est impossible ». De plus, on sent qu’elle aime les mots, et apprécie intégrer des citations littéraires qui se marient très bien à ses propos.

    Nous atteignons le mouillage de la Palmeira à Sal le 26 au matin. Bilan de cette traversée, nous sommes toujours aussi contents de notre bateau. Quelques petits soucis, mais rien de grave : une latte qui se défait de la grand-voile, nous la reconsoliderons avant de reprendre la mer, la casse d’un coulisseau de grand-voile, mais nous en avons un de rechange, une petite fuite au niveau de la jaumière du safran, nous y rajoutons de la tresse. Mais il ne faut pas parler trop vite… Alors que nous nous apprêtons à faire une sieste bien méritée, Laurent fait un tour du bateau, lorsqu’il s’aperçoit que le tube inox de 40 mm de diamètre du safran de notre régulateur d’allure a encore cassé !! Exactement au même endroit que l’autre fois, larguant à la mer notre safran auxiliaire !! Quand cela est-il arrivé ? J’assure à Laurent qu’il était encore en place hier en début d’après-midi. Je me vois encore me déplacer à l’arrière et observer le safran fendre la houle. Pourtant depuis le 24, il n’était pas en position embrayée. Vu le vent et la mer, nous avions préféré ne pas l’utiliser et ne faire fonctionner que le pilote automatique pour le préserver. Le constat est flagrant, la mèche du safran est beaucoup trop faible ! Le modèle du constructeur n’est pas au point pour la taille de notre bateau. Que faire ? Attendre à nouveau ? Oui, mais pour quel matériel ? Nous avons déjà perdu plusieurs semaines à attendre les pièces à la Rochelle, puis aux Canaries ! Le constructeur devra nous présenter un modèle plus résistant pour regagner notre confiance. Nous lui écrirons dès demain en espérant qu’il nous trouve une solution, et que cette fois, nous puissions avoir confiance en notre « Hercule » dans la durée autant que nous étions ravis de ses compétences à la barre.

    Nous retrouvons au mouillage Daniel, qui retapait comme nous son bateau au chantier Folleux en 2004, le chantier dans le Morbihan  où nous avons découvert et effectué les premiers travaux sur Mandragore ! Nous avions d’ailleurs pris un verre a bord de son ancien bateau à Folleux. Cela fait bientôt un mois qu’il est bloqué ici dans l’attente de deux colis envoyés de France, une pièce pour son pilote et sa nouvelle paire de lunettes tombée à l’eau. De notre côté nous profitons de ces trois jours pour nettoyer et ranger le bateau, avant l’arrivée de Karen et François, un couple d’amis qui viennent nous rejoindre au Cap Vert et passer le nouvel an avec nous. 

    Mail du 23 décembre 2007 : « Notre radio BLU refonctionne !! »

    Bonjour a tous !

     

    Notre radio BLU a vraisemblablement décidé de nous faire un beau cadeau de Noël... Pour qui pour quoi, après avoir joué la capricieuse pendant près de deux mois, la voici qui accepte d'envoyer et recevoir nos mails sans difficulté à présent ! La panne incompréhensible se clôture par une remise en route toute aussi mystérieuse. Me direz-vous, le principal est que ca marche ! Nous pouvons donc désormais échanger des courriers textes depuis notre bord, même en pleine mer. Je n ose pas le crier trop fort, on ne sait jamais, je me méfie des sauts d’humeur de Mme BLU !

    Néanmoins, à l'avant-veille de Noel, elle nous permet de vous souhaiter de bonnes fêtes de Noel depuis la cabine arrière de notre bateau ! Le temps s’est-il radoucit en France ? De notre côté, nous traversons bientôt le tropique du Cancer et entamons notre deuxième nuit et troisième jour de mer en direction du Cap Vert, 213 miles parcourus sur les 750 qui nous permettront d’atteindre vers le 27 décembre l’ile de Sal. Nous passerons alors récupérer à l’aéroport Karen et François, un couple d’amis, puis Cap sur Mindelo, l’ile de Sao Vicente où nous fêterons ensemble le cap de la nouvelle année. Nous nous sommes également donnés rdv avec d’autres voiliers de voyage rencontrés pendant nos précédentes escales, comme Mary et Michel, à bord de leur voilier de 11 mètres Lascar. Ils préparent eux aussi une traversée de l’Atlantique courant janvier.

    D ici là, notre traversée se déroule sans encombre. Vitesse entre 4 et 7 nœuds et demi. Vent 15-20 nœuds, Nord Ouest passant Nord Est cette nuit, mer oscillant entre belle et forte. Position actuelle 24°54'90"N / 18)49'47"W. Espérons que ces bonnes conditions de navigation se maintiennent le soir de Noel...

    Nous pensons bien à vous tous. Joyeux Noel ! A bientôt !

     

    Laurent et Helene

     

    NB : Pour nous répondre sur notre adresse mail à bord de Mandragore, de préférence effacez notre texte avant d écrire votre message, nous mettrons ainsi moins de temps à recevoir vos mails.

    Mail du 19 décembre 2007 : « Bonnes fêtes de fin d’année ! »

    Bonjour à tous,

     

    Après près de trois semaines à terre (retour en France pour la présentation de notre défilé « Voiles et Voilages » au Salon Nautique de Paris, puis préparation en Chine de notre prochain défilé pour les JO 2008 à Qingdao), me voici de retour à bord.

    Laurent et Mandragore sont restés aux Canaries, les deux premières semaines sur l’île de Grand Canaria à Las Palmas, puis Santa Cruz sur Ténérife. Cette halte dans le voyage fut l’occasion pour Laurent d’apporter un certain nombre d’améliorations sur le bateau, et de rencontrer d’autres voiliers en voyage. Il a notamment retrouvé « Catafjord », la famille nantaise de trois générations dont nous avons déjà parlé à plusieurs reprises dans nos précédents carnets de bord. Mais je lui laisse la plume... Il m’a promis de nous écrire bientôt un carnet de bord.

    Le but de ce mail est de vous souhaiter à tous de très bonnes fêtes de fin d’année, et tout particulièrement un Joyeux Noël. Quant à nous, nous le passerons en mer entre les îles des Canaries et celles du Cap Vert. Nous nous apprêtons dans un peu moins d’une heure à larguer les amarres pour une semaine de navigation. Malheureusement notre radio BLU est toujours aussi capricieuse, nous ne pourrons donc ni envoyer ni recevoir de mails pendant cette traversée. Mais vous pouvez toujours nous écrire sur gouletlaurent@yahoo.fr et leroyerhelene@yahoo.fr Nous serons ravis de vous lire à notre arrivée à terre.

    Grosses bises à tous ! et encore Bonnes Fêtes de Noël !

     

    Laurent et Hélène